m.M^^'i't^i'"^ 1^^"^ .~j ANNALES DES SCIENCES NATURELLES TOME Vil. IMPRIME €H£Z PAUL RENOUARD, RUK (JARASCtinE. ir. 5. SCIENCES KATURELLES COMPRENANT la zoologie, la. botanique, l'anatomie et la physiologie comparées des deux RÈGKES, ET l'histoire des CORPS ORGANISÉS FOSSILES J R ÉDIGÉES POUR LA ZOOLOGIE PAR MM. AUDOUÎN ET MÎLNE EDWARDS , ET POUR LA BOTANIQUE PAR MM. AD. BRONGNIART ET GUILLEMiN. TOME SEPTIÈME. — BOTANIQUE. PARIS. CROCHARD, LIBRAIRE-ÉDITEUR, PLACE DE LECOLE-DE-MÉDECINE , N. l3. 1837. #^vx ANNALES DBS SCIENCES NATURELLES PARTIE BOTANIQUE. Notice historique sur AwTOirrE Laurent du Jussieu, Par M,. Ad. Bron&iiiarx. IV y a dans la science des hommes qui ont:élé occupés, du- rant toute leur vie, d'une seule idée, mais d'une idée grande, importante, féconde en conséquences, et qui, par desjtravaux d'une étendue moindre en apparence que ceux dé beaucoup d'autres savans , ont cependant exercé, sur| la marche des sciences, une immense influence, parce que ces travaux sont souvent la base de l'édifice construit par leurs contemporains ou par leurs successeurs. L'homme célèbre dans tout le monde savant, vénéré de tous ceux qui l'ont connu, à la mémoire duquel nous voulons con- sacrer quelques pages, était dans ce cas. On peut dire qu'un seul volume a fait toute sa réputation ; les travaux qui l'ont pré- cédé n'en étaient que le prélude, ceux qui l'ont suivi n'en ren- fermaient que les développemens, et, malgré leur importance, tout le monde reconnaîtra qu'ils n'étaient pas nécessaires pour 6 AD. BRONGWiART. — NoUcc h'istorique ajouter à la réputation d'A, L. de Jussieu, car ce volume unique était le Gênera Plantarûm secundùm ordines naturales dispo- sita, et il renfermait l'exposition la plus profonde de l'ensemble du règne végétal, exposition aussi élevée quant aux principes que parfaite dans ses détails. Il suffisait, sans aucun doute, pour donnera son auteur la haute réputation dont il jouit, et qui n'a fait que grandir à mesure que cet ouvrage a été mieux connu et que ses principes ont été approfondis, discutés et ap- pliqués, tant par A.^-L. de Jussieu lui-même que par les bota- nistes qui ont marché sur ses traces. Quelle preuve plus convaincante pourrait-on même donner de la supériorité des bases sur lesquelles cette méthode a été fondée, que son adoption générale par tous les botanistes les plus distingués de l'Europe , qui l'ont sans doute modifiée et quelquefois perfectionnée, mais qui ont tous pris pour point de départ l'œuvre de Jussieu, dont la plupart se sont même peu éloignés? On peut se demander cependant si la méthode naturelle, telle qu'elle est exposée dans l'admirable ouvrage d'A. L. de Jus- sieu, est destinée à un règne durable; si c'est, en un mot, la méthode la plus rapprochée de la nature, ou si, comme tant de systèmes, elle aura une durée limitée et sera ensuite rem- placée par une autre méthode. Si on ne consultait que l'histoire des sciences, et en particuher celle de la botanique, on serait disposé à croire que la méthode de Jussieu ne jouira que d'une prédominance plus ou moins longue, comme les systèmes de Ray, de Tournefort, de Linné, etc., et sera plus tard rem- placée par une méthode plus en rapport avec les progrès des sciences. Si on ne considère, dans le travail de Jussieu, que la partie systématique, on peut prévoir que des changemens importans pourront être apportés dans quelques points de cette partie de son ouvrage, et déjà des modifications plus ou moins heureuses ont été proposées par les nombreux savans qui se sont lancés dans cette carrière. Mais cette méthode modifiée devra-t-elle encore son origine aux règles établies par Bernard et An- toine-Laurent de Jussieu? Je crois qu'on peut dire d'avance sur AWTi-I presque de considérer l'opinion actuelle du monde savant à son égard, comme l'opinion de la postérité, et cette opinion est si générale et si unanime qu'il serait pour ainsi dire inutile de faire ressortir ici son mérite et son importance. Cependant sans pré- tendre juger ce qui est déjà jugé par les botanistes les plus distin- gués de tous les pays, qu'il nous soit permis de chercher à quel genre de mérite le Gênera d'Antoine-Laurent de Jussieu doit surtout l'inflnence qu'il a eue, non seulement sur la marche de la botanique , mais aussi sur celle de presque toutes les parties de Thistoire naturelle. Jusqu'à l'époque de la publication du Ge/iera plantarum , \à méthode naturelle, on peut le dire, n'était pas entrée dansledo- maine public. Les séries de Linné et de Bernard de Jussieu, très incomplètes et seulement nominales, ne pouvaient que faire ré- fléchir les hommes supérieurs en état d'en deviner les principes; l'ouvrage d'Adanson, sans principes généraux, rompant les rap- ports naturels dans la majorité des cas, était en outre présenté sous une forme qui le rendait nécessairement d'un usage diffi- cile, et qui n'a jamais permis à l'auteur de développer les motifs par lesquels il avait été dirigé pour établir tel ou tel rappro- chement. Aussi de 1 763, époque de la publication des familles des plantes d'Adanson, jusqu'à 1789, pendant q5 ans, la mé- thode naturelle n'a fait aucun progrès dans le monde savant. Ni en France, ni à l'étranger elle n'eut de nouveaux sectateurs ; c'est que la méthode naturelle n'était que pressentie, elle n'était réellement pas encore démontrée. Le Gênera de 1789 eut au contraire une influence non pas immédiate , l'attention était alors portée sur des évènemens étrangers aux sciences d'une trop haute importance, mais très prompte sur la direction des études botaniques. Ainsi au bout de peu d'années, elle avait pénétré d'une manière presque gé- nérale en France dans l'enseignement public , non-seulement dans le haut enseignement des facultés et du Jardin des Plantes de Paris, où elle avait pris naissance, mais dans l'enseignement même de la plupart des écoles centrales, ces foyers trop promp- tement éteints d'une instruction générale et variée. Des ouvrages de botanique d'un usage habituel, la Flore fraii- i6 AD. BRO^GNIART. — Notice historiquo raiseilcLamarketileDeCanrloUe, plusieurs flores locales furent rédigées d'après cette méthode et servirent à la propager ; enfin vingt ans s'étaient à peine écoules» qu'à l'étranger, un botaniste^ d'un talent cminent, se déclara un de ses champions les plus cuUoitOi£ (UU/di^ai^ziy ^^uUhaÂ'J if^ ivodu/i'o , URC AJK^^W^ eMi^tt*<^ y^^ fJonJ\^ <^^<£o^i ojKaJoatj, AS^lo. et Cordons pistillaires. a 5 M. Brongniart fils a dit {^Mémoire sur l'Embryon j p. 5o) que je. regardais comme des faisceaux vasculaires les parties par lesquelles se fait la transmission du fluide fécondant ; et, d'après M. Achille Richard [Elém. bot. 5* éd. p. 359), la matière fécon- dante descendrait, selon moi , aux ovules par des faisceaux de vaisseaux que j'aurais nommés cordons pistillaires. l\Qhl bien vrai que dans mon Mémoire sur le placenta central, qui porte la date de 1816, j'ai dit, cédant à l'influence d'un célèbre phy- siologiste, que « s'il est assez vraisemblable que, dans les Pri- « mulacées, il existe une communication non interrompue des « ovules aux vaisseaux qui, partant du pédoncule, traversent « le support du placenta, il ne l'est guère moins peut-être que « Vaura seminalis arrive jusqu'aux jeunes semences, en passant « par des conducteurs placés dans l'épaisseur du péricarpe » (p. 6) Il est vrai que j'ai dit encore que chez les Caryophyllées à ovaire uniloculairecd'axese composait d'autant de^z/e/^ blancs a et extérieurs qu'il y a de styles _, et d'une substance verte in- o terposée(p. 18) »; que «le faisceau àefilets qui pénètrent dans « l'intérieur des styles, et qui n'ont avec les cordons ombilicaux « qu'une communication latérale, mais qui l'ont toujours , ne « sauraient être que les conducteurs de Vaura seminalis (p. 27); » que, « dans les Portulacées, où ^filets distincts portent les a ovules , chacun d'eux doit nécessairement réunir tout à-la-fois « des vaisseaux conducteurs et nourriciers, etc.(p. 46 etsuiv.)» Mais l'expression de vaisseaux conducteurs de Vaura seminalis appartenait à M. de Mirbel , comme on le verra bientôt ; M. de Tristan s'en était même servi antérieurement à l'impression de mon mémoire, et voici maintenant ce que l'on trouvera à la page 89 de ce même mémoire. « Quant aux deux filets qui vont tt de l'axe au style, il m'ont paru n^aboutir qu'au tissu cellu- « laire de l'axe, et être formés eux-mêmes d'un simple tissu cellu- « laire. Si l'on consulte la convenance et l'analogie, ces filets « doivent nécessairement paraître destinés à transmettre aux « ovules l'ûfwrâf seminalis; Si donc quelques petits vaisseaux a d'une extrême ténuité ne m'ont point échappé, il est clair « qu'ici Vaura seminalis pénètre jusqu'aux ovules par une sorte « dHmbibition. Cela pourrait tendre à confirmer l'idée qui se i6 AUG. DE SAiNT-iiiLAiRE. — Sfir les mots Couducteurs « présente natarelleirient à l'esprit sur la destination au filet « terminal du placenta globuleux des Primulacées; cela pour- a rait faire penser que, chez elles, l'aura seminalis parvient « aux ovules par le canal dn filet, que le faisceau vasculaire « du placenta n'est que nourricier, quelles que soient d'ailleurs m. ses communications(telle paraît avoir été l'idée de M. De Can- « dolle), et que par conséquent ilpeut exister des plantes sans « conducteurs vasculaires. » Quant à l'expression de cordon pistillaire , elle ne m'appar- tient en aucune manière. On la doit à M. Correa da Serra qui s'en sert en 1806 dans ses belles Observations carpologiques et qui probablement l'avait même employée plus tôt dans les Mémoires de la société royale de Londres. Voici comment s'ex- prime le savant et spirituel Portugais: « En observant les fruits « avec réflexion , l'on trouve un ou plusieurs paquets de vais- « seaux qui s'élèvent du fond du réceptacle, suivant la direction a centrale _, ou s'écartent pour se réunir au sommet. Dans l'un « et l'autre cas, ils vont de là se terminer en une substance « glanduleuse que les botanistes ont nommée stigmate. Les grai- a nés se montrent placées sur les branches-mères dQ ces paquets « comme les bourgeons le sont sur les branches de V arbre « Ce paquet de vaisseaux ou ce cordon pis tillaire maîtrise sou- « verainement l'organisation du fruit. Depuis le réceptacle « jusqu'au stigmate c'est lui qui détermine la place et la « manière d'attache des graines. {Observations carpologiquet « dans les An. Mus. vol. vin, 63, 1806.) » Plus loin dans la des- cription du Driandra vernicia et autres, M. Correa a soin d'indiquer en latin les caractères du chordapistillaris , mot par lequel il rend celui de cordon pistillaire. Cependant M. de Mirbel créa l'expression de vaisseaux con- ducteurs de ïaura seminalis. « Les vaisseaux, dit ce célèbre « physiologiste dans ses Observations , si bien rédigées , sur un « système d' anatomie comparée des végétaux {y o\. des Mémoi- « res de la classe des sciences mathématiques de t Institut pour « l'année 1808. p. SSg et suiv. ),les vaisseaux qui entrent dans geiifera, subterranea. Rauices ultra 5o pedes longaî, vix 6 lineas crassae, hori- zontales, iniVa terrae superficiem altitudine fciè 8 poil, repentes, ligaosae, cylin- dricae, laeves, testaceae, varie divisae : rarni consiiniles, hiuc et indè fibrillas ra- mosas agentes : tuberes c primariis crassioribus secundariisque mediocribus ra - mis nascentes, diverse affixi, ferc 6 poil, longi, 8-i4 1. lati, valdè remoti, infor- mes, saepiîis compressi, carnosi, luberculis angulosis conferlisque tumidi, subro- sei, epidermide nigricantc. ScAPt c quovis tubere nascentes, secundùm tubcris magnitudinem et vigorero i-6, nunc simul nunc progressive producli, 8 poil, longitiidiue attingentes, basi ferè i4 1. lati, sessiles, erecti, primùm semiovati, demùm conici, strobili squamosi forinam referentes : explicatio 81. infra strobili apicem incipiens et simul deorsiim seorsiiraque progrediens : squamae ultra loo, ad summum 4 l. longae, lignosae , semiovatae, acuminatae, integerrimîe basi hinc et indè excavatae^ medio productae, extra nigricantes, interne testaceae, inter florum fasciculos, rachidi perpendicubriter (i) affixae. Flores capitati, spicaii; capitulis in séries sex spirales excurreutibus ; inferiores fœminei ; superiorej» raasculi : spica continua : florum masculorum capitula inferiora e staminibus loo, superiora e numéro minore constantia, albicantia; fœmineorum consimi- lia, lutescentia. Rachis striata ; striis capitulis florum interruptis. Planta Aroïdeis valdè affinis; sed habitu, moribus, vesîitu, cum Lalrœophila- ceis (Balanophoreis) conveniens. Habitat in umbrosis sylvarum primaevarum propè flumen Guapiaçu quod in Sebastianopolitanumsinum confluil; necnon in sylvis montis vulgo Tijuca, prope civitatem Sebastianopolim BrasiUensium. Julio augustoquc florebat. De usu hujus plantas nihil invenire licuit. Nomcn genericum a gcnitalium dispositione quœ est Archimedis cocbleae. Note sur le genre Polycnemum et sur une nouvelle tribu de la famille des Paronjchiées , Par A. Moquin-Taivdon. Linné éleva au rang de genre, sous le nom de Polycnemum (2.)^ une petite plante européenne élalée et rameuse, à feuilles li- (i) Il y a ici dans l'original les mots suivans : fulcro lamelloso interne aliquantulum supra basim disco perpendiculari; dont nous devons avouer que nous ne saisissons pas le sens. (q) noW plusieurs et xvyi|iO{ jambes. Vil. BoTAN. — Janvier. 3 34 MOQUiN-TANDON. — Sur le genre Polycnemurn. iK^aires et mncronées : cette plante fut désignée par lui sous ie nom de Polycnemurn aruense. Le genre Polycnemurn présente pour caractères principaux : un calice à cinq folioles persistantes, desétamines au nombre de trois plus courtes que le calice, un style bipartite, un péricarpe membraneux et une semence unique, (i) Ce genre a été augmenté de plusieurs espèces exotiques ; mais la plupart des plantes ajoutées, et particulièrement celles de Paiias, doivent en être éloignées et placées parmi les HalimO" cnemis et les Haiogetoni^i). Dans ces espèces, la graine est dé- pourvue d'albumen et l'embryon tordu en spirale. Après la floraison il se développe, sur le dos de leur calice, de petites ailes en écailles membraneuses. Quand ces appendices n'existent pas, le calice devient épais, ligneux, et forme autour du fruit une enveloppe capsulaire. Dans son Système sexuel, Linné a fait entrer le genre Poly- cnemurn dans la troisième classe, la Triandrie, quoique les éla- inines ne soient pas toujours au nombre de trois (3). Dans ses Ordres naturels, ce célèbre botaniste a placé le genre dont il s'agit parmi les Holoracées (4). Cet ordre est imparfaitement cir- conscrit; on y trouve à-la-fois des Chénopodées, des Polygonées, les Callitriche j les Rhizophora et les Laurus. A.danson a rangé le Polycnemum parmi les Amaranthes (5) et Bernard de Jussieu parmi les Polygonées. (6) Le savant auteur du Gênera les classe dans la famille des Atriplicées (ou Chénopodées) (7). Tous les botanistes modernes ont adopté ce dernier rapprochement. -Le Polycnemurn arvense offre beaucoup de ressemblance, dans le port, avec le Camphorosma monspeliaca de Linné, qui ' (i) Linn, Gen. plant. 53. (2) C. A. Mey. Flor. ait. i, p. 878 et 38i. — Motjuin. Chenop. synops. gen. Ann.Sc. nat. 2. ter, ^ 4> y* 2n c< ai2. (3) Gen. plant, p. aS. (4) Gen. plant, ad calcem, n. xii. (5) Fam. plant, t. 2,p, 268. (6) A. L. Jiiss., Gen. plant., p. lxvitj, (7) Gen. plant, p. 84- MOQUiN-TANDON, '-^ Sur le genre Polycnemum, 35 est une vraie Chénopodée (i); c'est aussi près du genre Cain- phorosma qu'il se trouve rangé dans les Holoracées de Linné, les Polygonées de Bernard de Jussieu, et les Atriplicées de son illustre successeur (2). Adanson trouva la ressemblance des deux genres si parfaite, qu'il les réunit en un seuly sous le nom de Selago, (3) Un examen superficiel du Folycnemum et du Camphorosma suffit pour montrer qu'il existe entre eux de très grandes diffé- rences. Le Polycnemum arvense a deux bractées scarieuses et saillantes; le Camphorosma monspeliaca n'en présente point. Dans le premier, le calice se compose de cinq folioles égales et distinctes qui recouvrent en entier les organes sexuels, et qui protègent imparfaitement le fruit à sa maturité. Dans le second, c'est un tube comprimé, a quatre dents inégalement dévelop- pées , les étamines ont des filets assez longs et saillans hors de la fleur, et le fruit, quand il est mûr, se trouve entièrement couvert par le calice. L'un présente une graine avec un double tégument dont l'extérieur est crustacé, l'autre fait voir une semence avec un tégument simple et membraneux. L'embryon du Polycnème est mince et blanc, il entoure un albumen co- pieux, sa radicule est ascendante; celui de la Camphrée de Montpellier se trouve épais et vert; il embrasse un albumen presque nul, et sa radicule est descendante. L'étude approfondie des caractères et du port des Polyc- nèmes m'a conduit non-seulement à éloigner le genre dont f s'agit du genre Camphorosma ^ mais encore à le tirer de 1;» famille des Ghénopodées; je pense qu'il appartient plutôt au groupe des Paronychiées. (i) Gaspard Bauhin et Magnol désignent le Polycnemum arvense sous le nom de Camplto- ratœ congener. Pin, p. 486 et Bot, monsp.p. 47. Haller l'appelle Camphorata vaglnis spinosis. Enum 83. (2) Gen. plant, loc. cit. (3) Fam. plant, t. ^,p. 268. Âdansoii confondait avec ces plantes le genre Crucita de Lop- fling. Ce dernier genre n'a qu'une espèce iniparfaileoient connue , regardée d'abord comme espagnole {C. hispanica Lœf.) et reconnue plus tard comme américaine [C. americana Lain.) Jussieu l'a rangée parmi les Atriplicées. Autant qu'on peut eu juger par la description de Lœ - fling, le Crucita paraît appartenir aux Amaranthacées, Il se mpproclie assez du PolyenamumeX des Paronychiées. S. S6 MOQUiN-TANDON. — Suv le genre Polycnemum. Plusieurs botanistes paraissent avoir pressenti les rapports des Polycnèmes avec les Paronychiées. Magnol, dans son ou- vrage sur les caractères des végétaux, a considéré notre plante comme wn Hernîaria[\).V\us>t2Lrà Linné,dansson ordre naturel des Holoracées, a placé le ^qxvcq Polycnemum immédiatement après les genres Illecehrum et Herniaria; et Bernard de Jussieu , dans ses Polygonées, a mis ensemble le Polycnemum ^ les Eer- niarîa^ les lllecebrum et les Scleranthus. Le port du Polycnemum. arvense est exactement le même que celui d'un jeune Scleranthus sans fleurs; sa physionomie rap- pelle celle des Lœ/flingia, des Minuartia et des Mniarum. Les tiges du Polycnemum se développent étalées et diffuses. On connaît la direction et les ramifications de celles des Paro- nychiées. Les feuilles de notre plante sont étroites, linéan-es, subulées et plus longues que les entre-nœuds; dans la plupart des Paronychiées, on en observe d'absolument semblables. Ces feuilles ont été décrites comme toujours alternes. M. C. A. Meyer a soupçonné qu'elles naissaient quelquefois opposées (2). Tai constaté, sur deux ou trois individus jeunes, qu'il y avait opposition dans plusieurs feuilles de la base. Il existe, au reste, deux genres de Paronychiées {Telephium, Corrigiola) où ces organes sont alternes. Des écailles petites, scarieuses, blanches et plus ou moins argentées, accompagnent les feuilles et les fleurs des Polyc- nèmes; il en est de même dans les Paronychia , les lllecebrum et beaucoup d'autres genres de la même famille, où ces organes ont reçu les noms de stipules et de bractées. Linné, dans son Specles y a pris ces écailles pour àes folioles calicinales (ce qui Ta conduit à considérer le calice comme une vraie corolle); quelques auteurs les ont regardées commedes bractées.GousLU (3) et M. de Candolle (4) les appellent stipules ^ et M. Guillemin (i) Herniaria foliis longis, angiistis, acuminatis, glabris. Char, plant. p. 5i. (i) Flor. ait., t. x,p. 62. (2") Fulcra 2 • stipulée axillares, oppositce, semen foventes, Flor. monsp. p. 385. — Hort. monsp.p. a4. (3) Flor.franr. t. 3, p. 399. MOQUiN-ïANDON. — Sui' le genre Poiycnemuni. 37 désigne leur ensemble, au dessous de la fleur, sous le nom d'in- volucre (1). Dans le Polycnème vulgaire, ces écailles prennent quelquefois un dévelojDpement assez considérable et donnent, à certaines variétés de cette plante, X habitas d'un Paronychia argentea. J'ai vu dans les herbiers de Desfontaines (2) et de Poiret (3), sous le nom de Polycnemum , une petite plante envoyée de Buénos-Ayres par Commerson, couverte de bractées blanches et brillantes analogues à celles des variétés argentées du Polycnemum ari>ense. Cette même plante, cueillie au Chili par Bertero, se trouve, avec la même dénomination, dans l'her- bier de M. B.De Lessert. J'en ai analysé plusieurs individus et reconnu que Tespèce était un Paronychia (4) : ce fait annonce la ressemblance qui existe entre les deux genres qui viennent d'être mentionnés. Les fleurs des Polycnemum sont petites et peu apparentes; leurs folioles calicinales naissent distinctes jusqu'à la base; plu- sieurs Paronychiées sont dans le même cas. Les Polycnemum n'ont pas de corolle; il en est de même des Mniarum y des Scleranihus , des Queria et de plusieurs autres Paronychiées. On sait que ces dernières plantes présentent des fleurs, les unes avec des pétales bien développés, d'autres avec des pétales rudimentaires, et d'autres sans aucune trace de ces organes. Les étamines, saillantes hors de la fleur, dans le plus grand nombre des Chénopodées, se trouvent dans notre genre petites et cachées par le calice; souvent leuis filets naissent soudés entre eux à leur partie inférieure. Dans beaucoup de Parony- chiées, nous observons une organisation absolument semblable. Ces filets sont insérés sous l'ovaire et paraissent,, par consé-r (1) Dict, class. d'Hist. nat. t. i4, p. i46. (2) Chez mon ami M. W^ebb. (3) Cet herbier très riche, où se trouve la plupart des types des espèces de l'Eucyclopédiç méthodique, fait aujourd'hui partie de ma collection. (4) C'est ]e Paronychia ramosissima I)C. Prodr. t 3, p. 372. [Lœflingia raniosissirnu Weinm. bot. Zeit, p. 608.) — Je possède la plante originale déciite par Poiret [Encycl. siippl. 4) sous le nom de Paronychia lanuginosa. Le soupçon de MM. Adrien de Jussieu eî De CaudoU'^ est bien fondé; c'est une Affiaranthacée. {Voy. prodr. lac. cit.) 38 MOQUiN-TANDON — Suf le fferifû Po\ycnemum. qiient, tout-à-fait hypogynes; quelquefois ils semblent sortir de la base des folioles du calice, comme dans les Queria et les Minuartlay ce qui constitue un commencement de périgynie et établit une légère ressemblance avec l'insertion des Parony- chiées. Mais ce qui confirme le rapprochement que j'ai cherché à établir, c'est que, d'après les observations de M. De Candolle, la tribu des Polycarpées se compose de genres à étamines presque hypogynes et de genres à étamines tout-à-fait hypo- gynes. (i) Au reste cette distinction, d'après Vhypogynie et la périgynie des étamines, n'est pas aussi rigoureusement importante qu'on pourrait l'imaginer. Et quand bien même ces organes resteraient constamment insérés sous l'ovaire, dans les Polycnemum, ou toujours pérjgynes dans les Paronychiées, cela n'infirmerait nullement le rapprochement dont il s'agit. L'hypogynie nous est présentée par des familles où le caractère de la périgynie a été proclamé comme constant. On sait que les Portulacées, par exemple, nous offrent le Talinum^ dont les étamines pa- raissent sortir de dessous l'avaire. D'un autre côté, nous avons des groupes, réputés munis d'étamines hypogynes, qui nous fournissent de nombreuses exceptions en sens contraire. Par exemple, parmi les Caryophyllées, nous trouvons les genres Adenarium Raf. et Larhrœa St.-Hil. , le Cherlerïa sedoides et V Arenaria tetraquetra (2). Enfin, il existe des Mimosées à éta- mines périgynes, à étamines hypogynes et à étamines dou- teuses. A ces faits je puis ajouter que, dans les Chénopodées ( considérées généralement comme soumises à l'insertion hypo- iiynique ) , j'ai observé plusieurs genres dont les filet» staminaux sont portés par le milieu des folioles du calice {Beta L. Teloxys (i) Prodr. t. 3, p. 37S. (3) D'après M. Gay, les individus femelles de VArerearia tetraquetra tar, a. uni^ra, sur- tout ceux dont les jeunes fruits ont déjà acquis un certain développement, présentent un in- tervalle assez riolable entre le point d'attache de la capsule et la ligne circulaire sur laquelle les pétales et les étamines prennent naissance. Dans la variété (3. aggregata , ainsi que dans tous les individus heiTnaphrodites et en Oeur de la var. a, l'insertion peut passer pour am- biguë, c'est-à-dire qu'elle n'est ni visiblement périgyne, ni clairement hypogyne. Hht. de l' Arenuria tctratjuelfa. L. Aitn. Se. nat. t. 3, p. 35. MOQUiN-TANDON. — Stir le genre Polycnemiun, 39 Moq. ) (i). Dans la Iribii des Suœdinées, deux groupes très voi- sins, Suœda Forsk. et Schanginia C. A. Mey. (2), présentent, le premier des étamines ini^ères, et le second des étamines mani- festement supérieures. L'ovaire et les pistils du Polycnemum awense ressemblent tout-à-fait à ceux des Paronychiées, et, comme dans plusieurs de ces dernières, l'ovule est suspendu à \\n funicule long et courbé qui naît du fond de la cavité ovarienne. Le fruit n'est pas caché dans le calice comme cela a lieu dans presque toutes les Chénopodées. Les folioles calicinales, per- sistantes et desséchées, l'embrassent seulement à sa partie in- férieure. Leers a comparé la capsule membraneuse, formée par le pé- ricarpe, à la capsule des Herniaria. (3) La semence des Polycnèmes est unique; dans beaucoup de Paronychiées, on ne remarque qu'une graine. Son tégument est double, il est double aussi dans le Minuartla. Enfin, un embryon cyclique embrasse un albumen copieux et farineux, et la radicule ascendante est tournée vers le hile. Tous ces caractères se retrouvent dans les Paronychiées. M. Robert Brown a décrit nn genre de la Nouvelle-Hollande , Hemichroa, très rapproché du Polycnemum y si rapproché que A. Sprengel a voulu les réunir. Dans ce genre, l'embryon est demi circulaire, comme celui de quelques Paronychiées, et le calice coloré en dedans, comme celui des Herniaria, des Gym- nocarpumy des Cardionema. Voilà deux genres qui se font distinguer, par des tiges étalées et rameuses, des feuilles linéaires et élroites, des stipules et des bractées scarieuses et argentines, des fleurs sessiles et peu re- marquables, un cahce quelquefois coloré en dedans, des organes sexuels cachés, des étamines en nombre déterminé, souveiU soudées à la base, un ovaire unique et libre, un fruit impar- faitement protégé par le cahce, et un embryon roulé circulai- (l) Neva gênera CItenopodearum. Ann. Sc.nat, a sér., f. i, n, içjq, (a) Essai monog. Suœda, Ann. Se. nat. t. 2?, p. 287 etniiv. (]) Flora Herborn. p. 9. 4o MOQUiN-TANDoN. — SuT le genre Polycnemum. rement ou demi-circulairement autour d'un albiniien copieux et farineux. D'après ces caractèrefi, ces genres me paraissent devoir être placés dans la famille des Paronychiées et consti- tuer, dans cette famille, une petite tribu remarquable, surtout par l'alternance habituelle des feuilles et par l'hypogynie des étamines. Nous désignerons les plantes de cette nouvelle tribu sous le nom de Polycnémées. La famille des Paronychiées avait été d'abord séparée en deux sections, celle des vraies Paronychiées , qui comprenait les genres à bractées et à stipules, et celle des Sclérantkëes, qui embrassait les genres dépourvus de ces organes (i). Les Polycnémées semblent former une nuance intermédiaire entre ces deux anciennes tribus; elles olfrent les stipules des pre- mières et la physionomie des secondes. M. A. de Saint-Hilaire avait eu, dans le principe, l'idée de créer une famille distincte avec chacun de ces groupes. Un examen plus approfondi de leurs caractères et de leurs relations, et les conseils de l'auteur du Gênera , l'engagèrent à y renoncer et à les considérer comme i\(iu^ sections d'une seule famille (2). Le nouveau rapproche- ment que je viens de proposer confirme l'opinion de ces deux célèbres botanistes. Dans ces derniers temps, on a découvert quelques genres nouveaux et démembré les deux sections dont il s'agit (3). Les vraies Paronychiées ont été séparées en Illécèbrées, Polycar- pées et PollichiéoSi et les Scléranthées en Scléranthées propre- ment dites y Quériacées et Minuartiées (4); avec les Gênera af- finia de Jussieu , ou a formé les Téléphiées. La nouvelle tribu des Polycnémées se rapproche des Téléphiées par l'alternance de ses feuilles, des Téléphiées, des Illécèbrées , des Polycarpées (i) A. de St.-Hil. Mém. placent, centr. Paru, 1816, p. 56. — Jussieu. Ifote sur les Paronj' ciliées. Mém. mus. t. I ,p. 387. (2) Bartiing regarde ces tribus comme deux familles distinctes. Ordin. plant. p. aaS et a3o. (3) De Candolle, prodr. t. 3, p. 365. (4) La tribu des Minuartiées comprend les genres Minuartia et Lœjlingia. Celîe des Qué- riacées te compose seulement du genre Queria (qui n'a que deux espèces dont une douteuse). M. De Candolle dit [prodr. t. 3, p. 879) après Je caractère du Queria : Genus vix ù Mimiartin dislinrtiim. Si re genre est peu distinrUlu Minuartia, pourquoi en faire une tribu? MOQum-TANDON. — Sw le genre Polycnemum. 4 » et lies Pollichiées par la présence des stipules, des Illécébrées , des Scléranthées et des Quériacées, par l'unité et la position de son ovule, enfin des Scléranthées et des Minuartiées par sa physionomie. POLYCNEME.E. Cheuopodearum Gcn. Auct- Caltx 5 partitus. Pétaxa nulla. Stamina saepius 3, liypogyna (an imo calyci inserta?) Styl,i2, infernc coaliti. Capsula uniloculatis, inoiiosperma. Semen iuniculo longo e centro loculi orto appensum. HeubjE aul suflfrulices? Folia alterna, stipulata. 1. Polycnemum Lin n. Juss. DC. non Pall. Selaginis sp. Adans. Floues hermaphroditi , bibracteati. Calyx (corolla L.) 5-parlitus ovatus, elongalus, corolliniis, persistens, foliolis lanceolatis, subulatis. Corolla nulla. Stamwa j -5 ( plerùmque 3 ) hypogyna , calycinis foliolis opposita et multô brevioia, basi subcoalila ; filameniis copillaribus , erectis ; antheris ovatis minutissimis, bilociilaribus. Pistillum brevissimum ; ovarium superum , orbi- culare, deprcssum; atyli 2,parvuli, infernèvix coaliti, jpice subobtusi ; stigma , superficies extrema stylorum. Fbuctus (utriculus aut capsula) ovatus, com- pressiis, evalvis, indehiscens, stylo persistente terminatus, infernè foliolis cali- cinis scariosis circumdatus ; pericarpio tenui membranacco, distincte. Semen unicum, verticale, rotundato-reniforme; integumento duplici, exteriore crustaceo excavato punctato, nigro, fragili. Albumen copiosum, farinosum, subcarnosum, albidum. Embryo periphericus, annularis; radiculâ teretiusculâ, ascendente, subccntrifugâ ; colyledonibus oblongo-linearibus. Habitus Scleranthi cl Lœflingiœ. Planta annuœ (interdùm perennes ?) ra- mosae, pubcrulae, verruculis minutis cocspersa;. Folia alterna, sessilia, subulata, integeirima, mucronata; siipulis a, subulatis scariosis, hyalinis instructa. Flores parvuli, axillarcs, sessiles, solitarii, Bracteœ (calyx 1.) persistcntes, stipulis conformes. 2. Hemichroa R. Br. Flores hermaphroditi, bibracteati. Calyx 5-partitus, ovatus, corollinus ; foliolis lanceolatis, subulatis, intùs coioratis. Corolla nulla. Stamina 5 vel pauciora %P0gy»3> calycinis foliolis opposita et subbreviora, infernc connata;j/Z/améf«;fis erectis ; araiAem ovatis, bilocularibus. Ovarium superum, orbiculare; slyli s, infernè coaliti, apice obtusiusculi ; stigma, superficies extrema slylorum. Fructus (utriculus) ovatus, compressus, evalvis, indehisccns. Semen unicum, verticjlf, /ja L. et A. uRAVAis. — Disposition des feuilles. lutcgnincnto diiplici. Albumen centrale, farinosum. Embryo hcmicycîicus ; ra- diculd iufeiâ, ascendente. SuFFRUTicEs, litloici. FoLiA allcma , sessilia, semilerelia; stipulée subulatœ , scariosie. Floues axillaies, sessiles, solilarii ; bracteœ stipalis similcs. Obs. Gcniis PoLYCNEMo valdc affine, differt tamen calyce intùs colorato, cm- bryotic bcmicyGlieo, denique facic. Essai sur la disposition des feuilles curviscriées ^ Par MM. L. et A. Bravais. Nous venions de mettre îa dernière main à un mémoire sur la symétrie des nœuds-vitaux dans les plantes, lorsque nous eûmes connaissance des travaux analogues de MM. Schimper et Braun, d'abord par la notice publiée en i833 par le D^ Martins dans les^rchipes de botanique^ et plus tard par les ou- vrages originaux des auteurs allemands. Quoique devancés dans cette carrière, nous vîmes bientôt que, le fond des observations restant à-peu-près pareil, nos résultats différaient des leurs par une généralisation plus grande et par une loi que ces botanistes n'avaient point aperçue ou du moins n'avaient pas cru devoir admettre; aussi ce sujet, repris en sous-oeuvre, nous parut-il pouvoir offrir encore quelque intérêt. Après les anciens botanistes, qui firent connaître la loi du quinconce, le premier qui s'occupa un peu sérieusement de la position des feuilles fut Gh. Bonnet dans son deuxième mé- moire sur les végétaux. Il établit (n° 62) que la spire génératrice peut monter indifféremment dextrorsàm ou sinistrorsàm. Le premier, il élève des doutes sur la constance du quinconce; les feuilles des arbres fruitiers qu'il examine lui paraissent parfois rangées de trois en trois, et parfois de huit en huit. Sur l'Abri- cotier, il voit très bien que les quinconces successifs ne se cor- respondent pas exactement sur la même verticale; mais cette L. et A. BRAVAIS, — DispositioTi des feuUles. 4^ rotation du quinconce n'amène pour lui aucun résultat ; il n'y voit que l'effet vague d'une cause finale tendant à produire dans les feuilles le moindre recouvrement possible. 11 fut plus heureux pour les spirales multiples dont il observa deux cas: 1** celui où trois spirales marchent parallèlement, et où chacune d'entre elles fait en sept pas une révolution entière; 2" celui où cinq spirales parallèles font chacune un tour entier autour de fa tige en onze pas, la douzième feuille revenant alors au dessus de la première. Depuis ce savant, on a reconnu des spi- rales octuples, et M. DeCandoUe (Organ. t. i. p. 3a9)a signalé treize spires parallèles sur le chaton mâle du Cèdre du Liban. Tel était l'état des connaissances botanométriques ^ lors des publications de MM. Schimper et Braun (i) : ils nomment spire génératrice, celle qui, à elle seule, embrasse toutes les feuilles consécutives. La divergence de cette spire est \arc mesuré sur la circonférence de la tige entre la première feuille d'une part , et d'autre part la perpendiculaire abaissée de la seconde feuille sur le plan transversal qui passe par la première: cet arc étant une certaine fraction de la circonférence, cette fraction même peut servir à exprimer la divergence: ainsi 5/i3 indique un arc égal aux cinq treizièmes de la circonférence : cet arc , correspondant à un angle au centre , peut aussi s'exprimer en degrés et minutes ; ainsi !a divergence 5/i3 représente un angle de i38°î*8'. (») A ces termes déjà consacrés dans la science , nous croyons devoir en ajouter quelques autres : nous nommons spires secondaires les spires multiples parallèles qui, par leur réunion, peuvent embrasser toutes les feuilles; le nombre de ces spires sera appelé nombre secondaire y et la divergence qui sépare deux feuilles consécutives d'une de ces spires sera la divergence se- condaire : ainsi lorsque 8 spires parallèles et équidistantes suf- (i) Une notice devant paraître à ce sujet dans les Annales , nous nous dispensons ici de don- ner l'exposé complet de la doctrine allemande; du reste, elle ressortira en grande partie de l'ensemble de ce travail. (2) Il est presque inutile dédire que la circonférence est censée pariaf^éeca 36o df-grés,. ♦■haque degré en 60 minutes, etc. 44 L. et A. BRA-VAis. — Disposition des feuilles. tisent pour embrasser toutes les feuilles, 8 sera le nombre secondaire de ces spires. Nous nommons enfin nombre encyclique le nombre de Ivurs îiécessaires à la spire génératrice pour aller d'une feuille à la feuille suivante d'une spire secondaire ; cette définition devien- dra plus claire par la suite. Pour abréger, nous remplacerons souvent les termes, ^=:— SGo" -i (A^^ n n on pourra affirmer que 8n est négatif, et que l'insertion >? est en défaut: l'insertion n' sera donc en excès; la spire génératrice marchera dans le même sens que la spire secondaire par n\ et par suite elle sera sinistrorse. 54 L. et A. BRAVAIS. — Disposition des feuilles. Si au contraire —j- est plus graud que — , la spire généra- trice sera dextrorse. De là la règle suivante : « Si n est le nombre secondaire des spires dextrorses , n! des « sinistrorses, la spire génératrice sera dextrorse ou siiiistrarse , , Ara Atz' , ..ç • c tf selon que -, sera negatit ou posinh » ^ n n Ladivergencenepeut être ni — 36o% ni — ; 360°; mais ces n n deux valeurs en donnent déjà une idée approchée, et si on passe aux spires par tz -j- /z' on aura une approximation encore , ^ . - A/z+A;?' puis exacte, savoir 5 1 nir ^ — § 1. Examen du cas où les nombres secondaires ont un di' viseur commun. Nous avons déjà vu au commencement du paragraphe précé- dent que, si les nombres secondaires ont un diviseur commun égal à R,il existe, sur la circonférence A B déroulée, un nombre d'intersections précisément égal au nombre K,et que ces inter- sections partagent la circonférence en autant de parties égales : c'est ce qui arrive dans la fig. 5, où les nombres secondaires des spires dextrorses et sinistrorses sont des nombres de la forme 3 n et 3 n : dans ce cas , nos spires ont trois points d'intersection sur la circonférence AB; rie point A ou o; 2° le point o' situé à 120" de A; 3* le point o" situé à 240* de A; à chaque section transversale de la tige, an lieu de tiouver une seule feuille, comme dans le cas précédent, on trouve trois feuilles disposées en verticille ; donc en général : ((7)) Toutes les fois que les deux nombres secondaires ont un diviseur commun égal à R^ il existe, à côté de chaque inser- tiouy R moins une autres insertions situées à la même hauteur et formant avec elles un verticille par R : une spire génératrice unique est alors impossible. Nous désignons ce nouvel ordre de choses sous le noui d'or- dre conjugué, ou de système conjugué : nous distinguons des L. et A. BRAVAiS. — Dlspositioii des feuilles. 5.^ systèmes bijugués , trijugués , quadtijugaès y etc., selon que les feuilles placées à même hauteur forment des verticilles par deux , par trois, ou par quatre, etc. , selon qu'elles sont opposées, teriiées , ou quaternées , etc. Numérotons maintenant i , i', i" les insertions du second ver- ticille, de même que nous avons appelé o, o', o" celles du pre- mier ; numérotons (2, 2', 2''), (3, 3', 3")|, etc., celles des verticilles suivans , et concevons trois spires marchant parallè- lement, l'une allant du point o aux points i, 2,3..., la seconde embrassant les points o', 1', 2'..., et la troisième les points o", j",2".... En nous élevant ainsi de chaque verticille à celui qui lui est immédiatement supérieur, aucune insertion ne pourra être omise; nos trois spirales suffiront pour les con- tenir toutes, et, à chaque fois, nous tournerons d'un même angle autour de la tige: ces trois spires les plus simples possi- bles peuvent être encore désignées sous le nom de spires généra' //'/cei-, ainsi : ((8j) Les tiges dont les insertions conjuguées forment des ver- ticilles par R offrent un nombre égal à R de spires génératrices parallèles et équidistantes j toutes les insertions viennent se ran- ger sur ces spires ^ et la divergence qui sépare deux insertions successives est constante. On se formera une idée exacte d'un système conjugué dont le nombre secondaire des spires dextrorses est , par exemple, égal à 3 /2, tandis que celui des spires sinistrorses est égal à 3 n\ en le comparant à un système simple par n et n spires secondaires ayant conservé leur obliquité précédente, mais qui seraient tra- cées sur une sui-face cylindrique dont la base ABm(£ig. 6) serait le tiers de celle du cylindre primitif w a' «"a. Imaginons que la surface du petit cylindre se déi^eloppe en roulant sur celle du grand, et y laisse l'empreinte de ses insertions; le petit cylin- dre reviendra à son point de dépari après avoir décrit trois ré- volutions sur lui-même, et après avoir reproduit, à chaque nouvelle révolution, de aena\ de a Qna" , et de<2"en«, la même configuration caractérisée par 7i spires secondaires dans un sens, et n dans l'autrie. La fig. 5 est propre à montrer dans le sens vertical les résultats de cette manière de reproduire les 56 !.. et A. BRAVAIS. — DLsposition des feuilles. insertions et les spires propres au grand cylindre. Tout système conjugué peut évidemment se décomposer de même, en élevant, sur les diverses insertions qui composent un même verticille, au- tant de verticales parallèles à Taxe. L'espace compris entre deux verticales voisines représentera le système simple qui corres- pond au système conjugué actuel : il suffit (fig. 5) de supprimer par la pensée tous les accens des numéros 3", l\\ 5", 6' , 7', etc., et de donner à F arc développé 00' une valeur idéale de 360° au lieu de 120% pour rendre l'identité parfaite entre le petit cylin- dre et le tiers du grand cylindre. En étudiant ce qui aura lieu dans le passage du système sim- ple au système conjugué qui en dérive (voyez toujours fig. 5), on doit obtenir les lois complètes de ce dernier. Lts nombres secondaires sont tous triplés, ce que nous savions déjà : mais, comme les numéros des insertions d'une spire se- condaire quelconque, celle par exemple qui va de o à Uy de n à in^ etc. (les accens étant supprimés), n'ont pas changé, les différences des uuméros assignés aux insertions consécu- tives seront seulement le tiers des nombres secondaires, et gé- néralement : ((9)) Les numéros des insertions consécutives d^une spire se- condaire diffèrent entre eux d'un nombre R fois moindre que le nombre secondaire de la spire. De même, toutes les divergences sont trois fois moindres dans ce nouveau système, puisque l'arc qui précédemment représen- tait une circoniérence n'en représente plus que le tiers : ainsi, ((10)) Les dii'ergences d'un système conjugué sont K/ois moin- dres que les divergences correspondantes du système simple qui en dérive y système que l'on obtient en divisant par K. les nom- bres secondaires des spires j et conservant à ces mêmes spires leur ancienne obliquité. Le nombre encyclique An ne change point de valeur; cepen- dant il n'exprime plus ici le nombre de tours entiers nécessaires à la spire génératrice pour arriver sur la verticale de l'insertior» o au point le plus rapproché possible de l'insertion n; mais il expj ime le nombre de tiers de tours nécessaires à une des trois L. et A. BRAVAIS. — Disposition des feuilles, ^7 spires génératrices pour arriver à ce même point. Nous disons que la spire génératrice ^/Y un tiers de tour lorsqu'après avoir coupé la verticale o m elle vient couper à son tour la verticale o' m' , ou lorsqu'elle passe de o m à o^z/z" et ainsi de suite. L'équation (A) appliquée au cas actuel, donne 71 X. Si = An x ( arc 00' )\-{- ^n: or, en passant au système conjugué , l'arc 00', que nous pouvons nommer Varcveiiicil/aire, a pour valeur — — -. doncnotre équation devient, pour ce système , /2 x _j_8>' -f-i3> * ' « 99 ^ i4o° 19' , o -c- • .. nous avons d, nr — -C — — — ^= li') :>o ; mais cette précision est a-peu- près super- flue dans un genre de recherches aussi peu susceptible d'ex'acl il ude. VU. RoTAN. — Février. 5 66 L. et A. BRAVAIS. — DisposHiou des feuilles. 52""" ^=: i-y^-^jS : divergence delà feiiilie 5 =: i""",5 rr= — 3r 37'; divergence génératrice conclue = 1 87° [\i'. Ferbascum Thapsus : circonférence de i8"'"\4 ' divergence de la feuille 5=i""",8 = — 35° 48', d où 5,=: i36" 5o'. Çynara Scofymus ; circonférence = 34"", r3; o vergence de 5-=3"'",2; ^i = i37''i5'. Ces résultats commencent déjà à se rapprocher de l'égalité , et nous pouvons en quelque sorte pressentir que la divergence génératrice a une valeur constante dans les végétaux. Nous pour- rions citer beaucoup d'autres mesures analogues ; mais nous préférons passer de suite aux preuves plus concluantes de l'i- dentité de cet angle dans les tiges à mérithalles courts sut lesquelles les nombres secondaires des spirales multiples sui- vent la série i, 2, 3, 5', 8, i3, etc. Examen des tiges à mérithalles courts. — Nous examinons sous ce titre les tiges à insertions plus ou moins rapprochées , sur lesquelles des spires secondaires d'un ordre un peu élevé deviennent manifestes, et où la spire génératrice cesse au con- traire d'être bien visible. Voyons d'abord , pour première ap- proximation, quelle insertion rencontrera la verticale appa- rente élevée par l'insertion o : car nous savons que, dans ce cas, connaissant par cela même le nombre des rangées verticales, nous pouvons en déduire , par le principe ((4)) , la valeur de la divergence. Ceci posé, il résulte des observations de MM. Schimper et Braun, et de celles faites également de notre côté, que les spires secondaires végétales suivent les nombres de la série récurrente la plus simple possible i, 2, 3, 5, 8, i3, etc. Nous avons déjà vu (fig. i) que les nombres encycliques de 5 et de 8 étaient 1 et 3 , et par le principe ((5)) nous pourrons prolonger dans les deux sens la série récurrente formée par ces nombres ; alors , tandis que les nombres secondaires des spires alternativement les plus apparentes suivent la série 1,2, 3, 5, 8, i3, 21, (a), leurs encycliques Ai, A2,... A/z suivront celle o, I, I, 2, 3, 5, 8, (Ç). L. et A. BRAVAIS. — D'isposUion des feuilles. 67 Cette dernière série ne diffère pas essentiellement de la pre- mière ; seulement chacun de ses termes est en retard de deux rangs : ainsi, dans le cas actuel , An n'est autre chose que le terme qui, dans la série (a), précède de deux rangs le terme égal à 7i. Si la verticale apparente tombe sur la feuille i3, 5 étant le nombre encyclique correspondant, nous aurons 5i = 5/i3.36o% ou simplement 5/i3, en suivant la notation des botanistes alle- mands qui prennent toujours la circonférence pour unité de me- sure des divergences. Si la verticale semble passer au contraire sur des insertions plus élevées, telles que 21 = 13 + 8, ou 34==:2i + i3, ou 55 =34+ '^i , nous aurons pour les valeurs de ^r,8/2i, i3/34, 21/55, et nous pourrons ainsi nous élever jus- qu'à la divergence 89/233 qui représentera d'une manière à-peu- près exacte la divergence des fleurons de VHelianihus annuus. îl semble d'après cela que, s'il existait des agrégations encore plus condensées, de nouvelles spires apparaîtraient encore, avec des nombres secondaires de plus en plus forts toujours fournis par les termes successifs de la série («), mais sans présenter jamais une rangée d'insertions évidemment super- posées sur la même verticale qui puisse être considérée comme une des spires apparentes, une des spires caractéristiques de l'agrégation. Nous allons donner d'abord le tableau des valeurs de ^i pro- pres à chacun des systèmes de rangées verticales en nombre dé- fini: ce tableau nous servira au besoin à comparer une diver- gence génératrice obtenue par des mesures directes, avec les divergences théoriques qu'il nous fournira. Tableau I. 5 Ra'ng. vert... 144*^ 8 » » 1 3 5" i3 » )> i38^28' 21 )) » 137° 06' 34 » « i37°39' 55 Rang. vert... 137" 27' 89 ). » 187° 32' 144 » « i37°3o' o" 233 » » ii7''3o'4o" Passons à quelques mesures prises dans la nature. Nous avons déjà vu qu'on pouvait obtenir la divergence d'une spire secon- 5. (]8 r.. et V. EKAVAis. — Dispositiv/i des feuilles. (Jaire en observant en combien de pas cette spire revenait sur hi verticale apparente tracée à partir de la feuille servant de point de départ; par là nons répartissons les erreurs possibles sur une échelle bien plus étendue, et nous avons l'avantage reconnaî- tre au besoin la limite de l'erreur que nous avons pu com- mettre. Antérieurement même à la connaissance des lois géométriques des spires multiples, l'observation d'un cône de Pin maritime uous avait montré la spire secondaire par 8 revenant siu* la ver ticaîe après i8 pas : ce qui nous donne «^8= — -- =20°. Pour 1 nous donner une idée de l'erreur qui peut exister sur cet angle , supposons qu'on se soit trompé d'un pas entier; nous aurions 360" , 36o° n ^' , 1, 1 . alors cTszzi: ==:2i° II , OU = 10° 07 ; terreur la plus *7 '9 forte possible est donc de i " i i '. D'après la valeur de cTs, on trouve 1" 1 1' «Ti =r= 1 37° 3o', et Terreur la plus forte possible est de — —-- =9- Même observation dans la spire par 8 d'une branche de Pl- nus sylvestris ; sur une longue branche de cet arbre, la spire par i3 fait le tour de la circonférence en 3o pas ; d'où «ri3 = — 12% et c/^i:=r 137° 3 1' 20". Sur un pied de. Lepidium campestrc , nous trouvons pour les spires apparentes de l'épi floral 5 S, 8 D, t3 S : comptant onze pédoncules dans une des spires 5 S, nous arrivons à la fleur 55 située à vue d'oeil sur la verticale : ainsi «^5 = — 32°44'> et «/"i = 137° 27', et dans la spire par 8 nous arrivons aussi sur la verticale, mais après 18 pas. Sur une tige de Sisymbrium Sophicij nous étions indécis pour savoir si la spire par 5 revenait sur la verticale en 1 1 ou en 12 pas; dans la seconde supposition nous avons 6^5 = — 3o°, «ri = i38% tandis que la première donne 137° 27', comme nous ve- nons de le voir sur le Lepidium; la moyenne 137" 4^' n..^peut différer de la vérité que de 1 7', là' E uphorbia Cyparissias nous montre aussi la spire par 5 re- venant en T[ pas sur la verticale élevée par la feuille de la- quelle on est parti. L. et A. BR AVAIS. — Dlsposuion des Jeuilles. 6i) On peut aussi employer des mesures directes pour mesurer la diverfijence secondaire. La circonférence de l'involucre d'un Carduus nutans était de 67""°; la distance horizontale entre o et 34 était !'"■": ainsi nous avons ^i^=^ — 5" 23',crir=:i37'' 29'. Nous pourrions multiplier ces citations; mais ces exemples suffisent pour bien faire connaître les méthodes que nous avons constamment employées pour obtenir la divergence ; il est seule- ment bon de faire remarquer que la divergence obtenue par notre seconde méthode doit être corrigée de l'effet de la torsion, toutes les fois que celle-ci aura une valeur sensible et pourra être évaluée par une observation postérieure, (i) Discussion de la dwergence génératrice. — Au point où nous venons d'arriver, il nous avait paru, avant la connaissance des travaux allemands , que la discussion sur la valeur et la con- stance de la divergence ne pouvait être longue. Par des mesures diriictes, nous trouvons sans cesse un angle différant très peu de 137° ou i38°, et cette précision pourra même surprendre, si nous faisons remarquer que sur une tige de grosseur moyen- ne , par exemple d'un centimètre de diamètre, l'arc de 1" ne surpasse pas les 8 centièmes d'un millimètre, quantité à-peu- près inappréciable à l'œil nu : il nous avait paru très probable que cet angle était réellement constant, et que les légères dit- férences obtenues provenaient de Timperfection de nos moyens d'investigation; mais comme l'opinion contraire est étayée de l'autorité des botanistes allemands, et de tout le poids de l'an- îériorité de leurs découvertes, nous devons examiner avec ,'i)(Nole matliématique ). Eu supposaul la, torsion coaslante dans la.pattie, Je la lige (jue l'eu examine, il est facile d'évaluer ses effets. Imaginons une soolioii l'aile à la lianteur de l'in- serliou o , une autre à ia hauteur de l'insertion n, et soit / la longueur d'une arête du f:^j\\\^- di e inlerceptce entre ces sections ; soit t la torsion autour de l'axe du cylindre, e la quantité angulaire dont est tordue une fibre végétale partie de la section inférieure, lorsqu'elle ai rive à la hauteur de la section supérieure; on aura e=t l : c'est la correction à faire sur la diveigence de Uiir^erUon «. Si lesmérilhaMes sont égaux entre eux, la déviation angulaire de l'insertion i l f. sera égale à t X — > ou plus simplement à — ; c'est la correclion qui doit être faite en pliib ou en moins à la divergence de la spire génératrice. Exemple : sur une tige de Linaria a spire iinisirorse la torsion est dextrorse , el, sur une étendue de 21 mérilhalles, la déviation due à la Jorsioft est évaluée à 1 5° : il faudra ajouter à la diverg.ence =::; //i .. 70 L. et A. BRAVAIS, — UlsposïtioTi (les feuilles. quelques détails cette question. La controverse possible à cet égard est immense sans doute, puisqu'elle n'embrasse rien moins que la totalité des végétaux appendiculés; aussi ne prétendons- nous en donner ici qu'un simple aperçu, en tâchant sut tout de faire ressortir les motifs qui nous ont décidés, MM. Schimper et Braun admettant le système des rangées verticales définies, les divergences a/S, 3/8, 5/i3,8/2i^, i3/34, 21/55... {y) , qui correspondent aux angles du tableau I, sont pour eux autant de types qu'ils pensent exister réellement dans la nature. Or ces fractions sont les réduites consécutives d'une fraction continue périodique ( i ) de la forme » ■^'r+... et convergent toutes vers la fraction génératrice supposée pro^ longée à l'infini. L'algèbre apprend à calculer sa valeur, la- quelle est ici égale à ,1/5" exprimant, comme chacun sait, la quantité irrationnelle (2) qui, multipliée par elle-même, donne le nombre 5. Le botaniste qui veut maintenant admettre une divergence unique et invariable doit chercher, parmi les diverses valeurs 2/5, 3/8, etc., celle qui offre le plus de chances d'être en effet cet angle invariable. La probabilité à cet égard est loin d'être la même pour toutes les fractions; car elle croît en rai- son diiecte de l'état plus ou moins dense des feuilles agrégées d'où ces valeurs ont été déduites (voyez page 62): or l'expé- rience prouve que les agrégations les plus condensées sont aussi celles qui mènent aux réduites du rang le plus élevé; ainsi des probabilités de plus en plus fortes existent pour ces dernières réduites , et la chance d'erreur attachée à leurs valeurs diminue sans cesse lorsqu'on passe de l'une d'elles à lasuivante.Une induc- tion très forte nous porte à étendre ces résultats aux réduites su- périeures que la nature n'a pas encore fait observer, telles que (£j Voyez ces termes à la note de la page 45. (2) Une quantité irrationnelle est celle qui n'a pas de commune mesure avec la quantité prise pour unité de mesure ; une quantité lalionnelle est celle qui a une commune mesure avec l'unité : ainsi 7/y qui offre avec l'unité la commune mesure d'un neuvième. L. et A. BRAVAIS. — Disposition des feuUles. 71 8 44/^77, îi33/6io- ^77/987, etc., et dans ce cas la probabilité de- vient infinie pour la fraction génératrice, ^z^f ri est autre que la ré- duite d'un rang infini. Cette fraction génératrice limite de toutes ces fractions sera donc la divergence unique cherchée, et, cette 3-1/? limite ayant pour valeur , on aura pour la divergence in- variable 180° (3-1/5") =r: i37°3o' 28'', c'est-à-dire un arc irra- tionnel avec la circonférence. La seule théorie que l'on jiui^e élever contradictoirement à celle d'une divergence invariable est celle d'un angle variable (lui suivrait les valeurs des diverses réduites , et qui offrirait la particularité d'être toujours rationnel avec la circonférence, et c'est effectivement à cette hypothèse que MM. Schiraper et Braun se sont arrêtés. Une fois la question posée ainsi, les mesures directes sont à-peu-près inutiles pour la résoudre. Si nous arrivons , par cette voie, à un^ divergence de 137" 10' dans l'Artichaut, le partisan de la théorie allemande trouvera toujours , parmi les angles rationnels qu'il a à sa disposition (voy. tableau!), un angle encore plus rapproché de 137" 10' que celui-ci ne l'est de notre angle invariable ; mais , si l'erreur actuelle , qui est ici égale à s>o', est comprise dans les erreurs possibles de l'obser- vation, ce fait ne prouve rien en foveur de l'angle variable et rationnel; or c'est lace qui se passe dans la nature, ou du moins tel est jusqu'à ce jour le résultat de nos observations. Cette objection une fois repoussée, et puisque les mesures di- rectes ne prouvent rien contre la théorie allemande et peuvent seulement faire varier V indice de dii^ergence sous lequel se ran- gent les diverses agrégations d'organes. foliacés, nous essaie- rons d'attaquer cette théorie par ces lois d'analogie d'après lesquelles nous rattachons une même cause à des effets sembla- bles, et par cette induction qui nous fait préférer la loi la plua simple parmi toutes celles qui expliquent également bien les faits observés. En effet, la divergence rationnelle variable est sujette à changer non-seulement dans les divers végétaux , non-seule- inent dans les divers individus d'une même espèce , mais encore ya L. et A. BRAVAIS. — Disposition des feuilles. dans les diverses parties d'un même végétal; elle augmente ou diminue , en variant à la vérité entre des limités étroites, mais sans cause ni ordre appréciables. Ainsi le Sempeivivurn tectorum présente dans les feuilles radicales de pieds peu développés les spires par 3 et par 5; sur une plante plus fournie^ les spires par 5 et par 8; si ces feuilles sont très nombreuses, la spire par i3 se manifeste à son tour : que la tige florale s'élève alors ; petite, elle montrera 2 et 3 spirales; plus grosse, elle aura 3 et 5 spires secondaires, et même 5 et 8, si elle est bien nourrie. Les cônes du Pin maritime montrent, dans letu- par- tie la plus renflée , les spires 5, 8, i3 et même quelquefois 21 ; à leur extrémité plus allongée, 21 et i3 disparaissent et sont remplacées par les spires par 3; quelquefois même les spires par S cessent d'être apparentes. Dans le jeune involucre de l'Artichaut, on observe tes spirales par 3 et par 5 ; plus tard sa base renflée montrera les spires par 8, par i3 et par 21 : l'extrémité supérieure non épanouie a tou- jours des spires d'un ordre moins élevé que celles de la base. Ce que nous disons de ces plantes en particulier peut s'ap- pliquer à toutes en général. Plus une tige est grêle, plus les nom- bres secondaires des spires apparentes diminuent; si la plante grossit , beaucoup de nouvelles insertions se développent et les spirales multiples deviennent évidentes. Dans tous ces cas divers, en suivant les conséquences de la théorie allemande, nous devrions admettre des divergences différentes. De plus il résulte de la première partie de ce chapitre que presque toutes les plantes appartenant en apparence aux in- dices 2/5, 3/8 et 5/[3, etc. des auteurs allemands, doivent être reportées à des systèmes de rangées verticales définies d'un ordre bien supérieur aux nombres 5, 8 et i3: or, nous le de- mandons, est-il probable que des nombres aussi élevés existent dans le plan de la nature, lorsque les nombres inférieurs de la même série ne s'y trouvent pas? A la vérité il pourrait rester en- core dans la catégorie des divergences 2/5, 3/8, 5/i3, quelques plantes à tiges grêles, à mérilhalles allongés, pour lesquelles une observation directe ne pourrait suffisamment prouvei- la non- f'Oircspondance de la feuille o avec la feuille 5, ou 8, ou f3. L. et A. BiiwAis. — Disposition des feuilles. 73 Nous demanderons alors pourquoi nous no trouvons sous ces premiers indices que des plantes de cette sorte , et jamais des agrégations im peu condensées; pourquoi ce sont précisément les plantes où la détermination exacte de la divergence est la plus difficile qui viennent se ranger dans cette même catégorie. Le botaniste qui examinera ces variations nous paraît ressembler à un astronome qui aurait plusieurs observations d'un même astre, mais faites dans des circonstances inégalement favorables; si les jours de grand vent ou de brume lui donnent des résul- tats un peu diffcrens, il ne pensera pas que l'astre ait subi des perturbations précisément à ces mêmes époques. Faisons cependant remarquer encore une fois que nous ne prc>- tendons point démontrer d'une manière rigoureuse l'invariabilité de la divergence , mais que nous la donnons comme plus vrai- semblable dans l'état de nos connaissances actuelles; ne serait-elle même qu'une idée théorique à vérifier, ce serait encore un guide utile dans l'étude de la symétrie des feuilles, de la PhjUolaxis , comme l'appelle M. Schimper. Nous concevrons maintenant comment il se fait que des agré- gations de feuilles, ou de fleurs, ou plus généralement de nœuds-vitaux, quoique d'aspects fort différens, soient soumises à une seule et même symétrie « la disposition des insertions sur « une spire génératrice continue, avec une divergence réciproque « de 137° 3o'. » Tout dépendra de la forme cylindii([ue, ou conique, ou co- noïdale, ofi plane , ou même en cône renversé du lien des in- i^ertions, de la forme variable de l'inseriion elle même ou plutôt de l'organe inséré, enfin de rallongement plus ou moins grand des mérithalles qui les séparent. Si cet allongement est considérable, la spire génératrice est seule visible : diminuez la distance verticale des feuilles, les spires secondaires pai -i paraîtront, puis celles par 3 et par 5; en surbaissant encore les mérithalles, les spires par 8 et par i3 deviennent seules dis- tinctes au moment où les insertions 8 et i3 sont, parmi toutes celles de la série («), les plus rapprochées de l'insertion o ; enfin dans les Synanthérées nous arrivons aux spires encore plus élevées 21, 34, 55, etc. Ces spires secondaires successives sont 74 L. et A. BRAVAIS. • — Dià/jositio/t des feuilles. toutes alternativement dextrorses et sinislrorses ; leurs diver- gences secondaires, alternalivenjent positives et négatives : mais comme, selon nous, ces divergences ne deviennent jamais nulles, il n'existe pas de rangées verticales, les feuilles sont réellement ciuvisénées. Nous donnons ici le tableau des divergences théoriques des feuilles dont les numéros d'ordre suivent la série («), calculées d'après le principe ((3)) et d'après la divergence génératrice u-rationnelle i37''3o'28". Tableau IL J^x — r37«3o' 28" JN, ==r — 84"59' cTs =4-52''3i' «TS r=_32°-28' cTjSzzz:^ J-^°24' cTar = + 7" 40' cTss = + 2" 56' cTSg — — I<'49 crx44=+ r07' . ERAVAis. ■ — Disposition des feuilles. -yy i" Le premier de ces caraclèies est la divergence irrationnelle qui exclue lout arrangement suivant des verticales en nombre défini. Ce caractère éloigne le genre anomal Echinops de la gi-ande liimille des Composées. Ses capitules présentent en effet des fleurons disposés suivant un certain nombre de rangées verticales définies, et chaque involucre partiel est formé de fo- lioles imbriquées rangées suivant cinq verticales, d'après la di- vergence 2/5; mais il serait possible de trouver plus tard des capitules de Synanlhérées rectisériés, ce qui diminuerait beau- coup la valeur de ce caractère. 2° La grandeur des nombres secondaires dans chaque agré- gation végétale. Si l'on nomme, avec MM. Schimper et Braun, spires diagnostiquer celles qui se présentent de la manière la plus évidente et par le contact presque immédiat des inser- tions, on verra que dans le chaton mâle du Cèdre au Liban les spires diagnostiques ont 1 3 et 21 pour nombres secondaires, nombres plus élevés que ceux des chatons de Pins et Sapins : pour son strobile, c'est précisément le résultat inverse qui se manifeste. Ce caractère est susceptible de varier sin* la même plante, selon la force de la végétation, mais entre des limites qui, le plus souvent, sont peu écartées. Dans une Synanlhérée, une Globulaire, etc , on peut aussi comparer les nombres secondaires ofierts par l'involucre avec ceux offerts par les spires diagnosti- ques des fleurons : ainsi, dans le Xeranthemwn bracteatum^ on trouve 5 spires dans un sens, 8 dans l'autre à l'involucre; 34 spires et 55 spires aux fleurons : la Bardane offre au contraire 2 1 et 34 spires à son involucre , et des spires diagnostiques par 5 et par 8 à ses fleurons. 3° Le nombre des insertions dans la spire génératrice , ou dans une spire secondaire quelconque. Ainsi le cône du Pin ma- ritime offre généralement de 22 à 25 écailles dans la spire se- condaire par 8, ce qui suppose 175-200 écailles pour former l'agrégation complète ; mais ce caractère est encore plus va- riable que le précédent, 4° La netteté ou la déformation des spires. Il est des plantes où les spires sont d'une netteté parfaite {Anthémis tinctoria^ Rud- beckia purpurea, laciniata, etc.); la netteté est moindre sur le 7<^ I'. et A. BBA.VAIS. — Disposition des feuilles. ChijsantheinumLeucanthevium, le chaton du Cèdre; parfois les spires sont tellement déformées qiie les nombres secondaires ne peuvent pas toujours être comptés d'une manière exacte {^Arnica montana, etc.). Quelle est la cause de ces déformations? nous l'ignorons. Habituellement il est une certaine époque , soit après, soit avant la floraison, où les spirales sont plus net- tes : ainsi on étudie mieux les spires, tantôt sur les fleurons non éclos {^Anthémis, Aster sinensis)^ tantôt sur les cicatrices du ré- ceptacle iheontodon Taraxacuni), ou même sur les fruits {^He- lianthus, Carduus lanceolatus, Arctium Lcippa) : quelquefois il est avantageux de couper transversalement les fleurons (Car- lines, Xéranthèmes), ou les feuilles radicales [Statice , Plantago) lorsqu'on veut découvrir leur ordre spiral. La déformation des spirales sur les tiges aplaties des Opun- tia mérite de fixer plus long-temps notre attention. Si ces tiges provenaient d'un cylindre devenu elliptique par aplatissement, en conservant dans leur intégrité les distances des nœuds-vitaux, les spirales secondaires couperaient sous le même angle chaque arête de ce cylindre elUptique. Il n'en est point ainsi, et chaque spire remonte brusquement lorsqu'elle passe d'un des côtés du limbe à l'autre, et reprend ensuite du côté opposé son ancienne obhquité. Le compas à la main, nous trouvons la longueur de chaque mérithalle à-peu-près constante, excepté, selon l'usage, dans la partie supérieure et non encore suffisamment dévelop- pée de la tige. Mais on voit bientôt qu'un arc transverse de même longueur représente un plus grand nombre de degrés lorsqu'il est placé près du bord que s'il était placé vers le milieu du limbe, aux points où la courbure est presque nulle. Parta- geons en trois longueurs égales la distance qui sépare du cen- tre l'un des bords de la tige, distance qui représente un quart de circonférence ou go*" : nous trouverons que le tiers le plus central correspond à une divergence de i8", le second tiers à une divergence de 22°, tandis que le dernier vaut à lui seul 30°; en partageant encore celm-ci en deux parties, nous trouvons que l'avant-dernier sixième représente une diver- gence de i4% tandis que le dernier sixième, celui dont la cour- bure est la plus forte, équivaut à 36", Plus la tige est apla- L el A. RR AVAIS. — Disposition des feuilles. nc) We, plus cette disproportion existe; mais, si une jeune pousse est cylindrique, elle offre la régularité habituelle. La déforma- tion des divergences est ici un fait purement local, et le résultat d'une variation exceptionnelle de la tendance spirale. Ces faits bizarres sont même de nature à jeter quelque jour sur la cause première qui préside à la distribution des feuilles curvisériées : on ne reconnaît plus ici de cause finale ayant pour but le moin- dre recouvrement mutuel <\^à feuilles, attendu que les nœuds-vi- taux tendent à se porter tous à-ia-fois vers la partie de la sur- face où la courbure est la plus grande. 5* Le dernier caractère dont nous parlerons ici est la con- vergence des spires secondaires : nous entendons par là la réu- nion de deux spires en une seule, ou, si l'on veut, la disparition d'une spire en vertu du rapprochement de ses deux voisines. On peut expliquer ce phénomène, soit par la soudure de deux ran- gées d'insertions en une seule rangée, soit par l'avortement de toute une rangée, et si on rejette cette explication , on est forcé d'admettre des changemens brusques et irréguliers dans la di- vergence de la spire génératrice, comme nous le verrons au § 4'; , ■ Supposons donc que , dans la figure 2 qui nous représente le développement d'un cône de Pin, les écailles 26, Sg, 52, Çi^^ viennent à disparaître, et que les voisines se rapprochent pour remplir ce vide. Les spires i3D se changeront en 12'D; mais le rapprochement pourra se faire de deux manières différentes : i" les écailles du cône séparées par la spire manquante pour- ront aller l'une vers l'autre dans le sens de la spire par 8, c'est- à-dire 34 vers 18, 47 vers 3i, etc.; alors le nombre secondaire des spires par 8 ne changera pas : 2° ou bien elles se rapproche- ront dans le sens de la spire par 3, c'est-à-dire 21 vers 18, 34 vers 3i, etc. : dans ce cas la spire secondaire 2, 10, 18, s'arrête brusquement après cette dernière écaille, et au dessus nous ne trouvons plus que sept spires secondaires au lieu de huit. Les résultats seraient pareils, si la rangée o, 8, 16, 24 venait à avorter immédiatement après avoir fourni l'écaillé 24: les spires i3D ne changent point, si l'écaillé 45 reste dans la rangée spirale 6, 19, 32, mais elles diminuent d'une unité si 45 passe 8o L. et A. RfiAVAis. — Disposition des feuilles. dans la rangée spirale i, i4, 27. Cette explication nous rend compte du fait suivant : « Une eonvergence dans un sens en en - « traîne fort souvent une autre dans les spires apparentes qui « vont en sens contraire. » L'une des deux conuergences est probablement alors la cause de l'autre. Nous avons aussi quelques exemples de deux spires voisines disparaissant toutes les deux à-la-fois. Au reste la soustraction d'une seule spire secondaire , et par suite d'une unité dans le nombre secondaire, fait diminuer de plus en plus les nombres secondaires supérieurs. Lorsque, par exeniple , sur un cône offrant iH et 2 i spires, une des spires par i\ disparaît, ce changement occasionne celui de 34 en 33, de 55 en 53, et ainsi des autres. 11 suffit de retrancher la série 1, I, 2, 3, 5.., de la série des nombres secondaires supérieurs; ainsi dans le cas présent l'on aurait, j3, 21, 34, ^^, 89, i44,-- o, I, I, 2, 3, 5,.. 10, 20, 33, 53, 86, 139,.. Les nombres secondaires inférieurs éprouvent aussi des alté- rations analogues. Les convergences sont fréquentes à la partie supérieure des capitules allongés et vers le centre des Caiathides de Synan- thérées : on peut les observer facilement sur les Dipsacus : elles sont plus ou moins fréquentes, et plus ou moins hâtives dans chaque agrégation selon les genres et les espèces. Des feuilles alternes ayant l'apparence verticillaire. — Cer- taines plantes ont des feuilles réellement alternes, quoique ver- ticillées en apparence. Ce cas se présente toutes les fois que 2, 3, 4 o'' 5 feuilles consécutives de la spire génératrice se réunis- sent à même hauteur, ou presque à même hauteur sur la tige, et lui donnent l'apparence d'une tige verticillée. Dans XOxalis corniculata, il arrive quelquefois que les feuil- les naissent de deux en deux, à-peu-près à la même élévation, et deviennent ?ims\ géminées. Au premier abord, on est tenté de les croire opposées ; mais celte opposition n'est pas parfaite. D'un côté de la tige existe un petit angle, et de l'autre un angle L. et A. BRAVAIS. — DlsposUlon des feuilles. 8t complémentaire plus grand que 180°: le petit angle est très probablement égal à 137° 3o\ Il est deux autres signes pour re- connaître ces feuilles géminées. \° Une petite différence dans la hauteur d'insertion des deux feuilles, différence dont le sens est constant, indique assez bien la direction dextrorse ou sinis- trorse de la spire génératrice. 2° En passant constamment d'un des petits angles à celui des deux feuilles géminées qui suivent on décrit une spirale d'une direction inverse de celle de la gé- nératrice, avec un angle de 85° à chaque nouveau pas parcouru dans cette spire secondaire : cette spire n'est autre chose en effet que la spire par 2; elle embrasse les feuilles o, a, 4, 6, 8^ etc., et retourne sur la verticale après quatre pas successifs. Les deux feuilles primordiales d'un rameau à feuilles disposées suivant le système ordinaire naissent souvent ainsi deux à deux et géminées j comme on peut l'observer facilement sur le Chry- santhemum Indicum, les pédoncules des Fragaria, Rananculus. Nous soupçonnons que les feuilles de certains Géranium [Ro- bertianum y etc.) sont également alternes et géminées^ quoique opposées en apparence : les feuilles radicales de ces plantes sui- vent l'ordre curvisérié ordmaire, et il est bien rare qu'à cette disposition succède sur le même axe l'ordre déçusse. Le Piper hlandum est rangé par les botanistes parmi les plan- tes ternées, et cependant ses feuilles ne forment que de fdux verticilles : car, entre les trois feuilles de l'anneau, il existe deux grands angles et un petit; chaque grand angle est sans doute égal à 137° 3o', et le petit, à la divergence secondaire de la feuille 2, ou à 85°. Observez en effet la succession de ces petits angles; ils contournent la tige suivant une spirale continue, et en sept pas vous revenez au dessus du point de départ. Vous avez donc parcouru la spire secondaire par 3, dont la divergence est de 52° 3i', et vous êtes arrivé au dessus de la feuille o à la feuille 21=7 fois 5. Dans le bas des jeunes tiges, on trouve des anneaux à 4, 5, 6 feuilles, sur lesquels il devient facile de suivre la spire génératrice, ou même les spires secondaires par 2 ou par 3 : mais ces premières feuilles ont un caractère fort singulier : petites et arrondies dans le principe, elles deviennent de plus en plus grandes, oblongnes et acuminées, à mesure qu'on s'élève dans Vir. Boi AN. — Février. 6 8^ L. et A. BRWAis. — Disposition des feuilles. la spire génératrice. Il est aussi facile de reconnaître la suite tles insertions de cette spire en se laissant guider par la forme et ks dimensions des feuilles que par les propriétés connues de cette spirale. Le Piper inœqualifolium présente aussi sur ses tiges des faux verticilles formés le plus souvent par citiq feuilles un peu iné- gales dans la hauteur de leurs insertions : il n'est pas difficile de les embrasser toutes dans une seule spire génératrice avec une divergence de iSy" 3o' : dans le bas des tiges, on voit quelque- fois des anneaux de 8 feuilles, sur lesquels on peut suivre très distinctement les spires par 2, par 3 et même par 5. M. Guillemin (Ann. de Fromont. 9® leçon) reconnaît que les feuilles du Lis Mart;tgon ne paraissent vertTcillaires qu'à cause de kur rapprochement de distance en distance aux mêmes hau- teurs, mais en nombre variable. Dans le bas et le haut des tiges, ces feuilles sont souvent isolées, alternes, même géminées comme dans Y Oxalis corniculota : ^u milieu existent trois oti quatre étages d'anneaux composés chacun de 5 ou 7 feuilles, rarement 4 ou6.Un examen attentifprouve que, malgré leur rapprochement, elles ne sont pas réellement à la même hauteur, qu'on peut les ranger suivant une spire génératrice dont la divergence sera de iS'y" 3o', que les spires secondaires par 1 et par 3 sont éga- lement bien distinctes, et parcourent le contour de la tige, la première en quatre pas, et la seconde en sept. Les feuilles du Lis Martagon sont donc .) , cet angle se mesurant sur la circonférence du rameau d'après la règle habituelle. L'observateur plaçant ce rameau entre son œil et la tige centrale trouvera donc la première feuille située soit à sa droite , soit à sa gauche : or l'observation nous a prouvé depuis long-temps que, dans le premier cas, la spire raméale était constamment dextrorse , et constamment sinistrorse dans le second ; ainsi la spire génératrice partie de la première feuille se rend à la seconde feuille en passant entre le rameau et la tige- mère. Cette deuxième feuille paraît souvent presque opposée à la première, surtout si son mérithalle est court, auquel cas elles deviennent bigéminées; mais la troisième feuille dans l'ordre de la spire dépassera la verticale tracée sur le rameau en prenant pour point de départ la feuille-mère. Son écarlement est mesuré par un angle un peu variable qui paraît être le plus souvent de 1 5°" à 20°. C'est cette correspondance inexacte de la troisième feuille au-dessus de la feuille-mère à ]5 ou 20 degrés près qui offre le moyen le plus prompt de vérifier notre loi de la spire raméale, comme nous l'avons fait en réalité sur un très grand nombre de végétaux; nous avons, il est vrai, remarqué quelques excep- tions à cette règle, mais ce n'est point le cas d'en parler dans ce Mémoire. (i) Depuis l'époque où ce Mémoire a été écrit, MM. Schimper et Braun d'un côté, et nous d'un autre, avons observé des cas nombreux où le sens de laspiie raméale est déterminé par celui de la spire de la tige-mère. (2) Bien entendu qu'ici nous considérons seulement les rameaux qui apparlicnueut dès leur origine à l'ordre alterne ordinaire. L. et A. BRAVAIS. — DisposUion des feuilles. 87 § 3. Des séries récurrentes autres que la série i , 2 , 3 , 5 , etc. Les organes foliacés ne sont pas toujours disposés d'après la loi de la série (a), quoique ce système irrationnel soit très ré- pandu : les systèmes suivans, reconnus déjà par MM. Schimper et Braun, doivent aussi fixer un instant notre attention. Ces systèmes correspondent généralement à des séries de la forme. . . . . i, 3, 4» 7» »i-- (^) 1, 4, 5, 9, \l\... (c) I, 5, 6, II, 17... (0) eli généralement i, /z, 7zH-i, iu-\-\... Si nous nous leportons àce qui a été dit vers la fin duChap. 1, § I , nous verrons que les nombres encycliques des insertions 71 et/2-4- I sont nécessairement égaux à 1, et qu'ainsi, tandis que les numéros des premières insertions de chaque spire secon- daire suivent la série /z,/z+ i, 2/7+1, 3/z-t- 2., leurs nombres encycliques suivent la série ordinaire 1,. 1, 2, 3... : il n'existe donc ici nulle difficulté pour obtenir ces nombres encycliques. La divergence de la spire génératrice sera toujours comprise 360" Seo*» j , n .. . j , entre et , de sorte quelle dimmuera de plus en plus, à mesure que le terme rz augmentera de valeur; quant au sens de cette même spire , il est évidemment le même que celui des spires par /j + 1 . Tous ces nouveaux arrangemens ont cela de remarquable qu'ils paraissent se rencontrer çà et là sans ordre fixe et géné- ralement sans prédilection bien marquée pour telle ou telle es- pèce de végétal. Pour nous rendre plus intelligibles, concevons qu'on soumette à l'examen cent cônes ou tiges de Pins ; il devient dès-lors probable que sur ce nombre on en rencontrera quelques- uns appartenant à un des, systèmes plus moins rares que nous allons citer, et que tous les autres seront organisés suivant le système ordinaire. Prenons au contraire cent involucres de Carduus , ou cent fleurs à'Uelianthus annuus , ou encore cen- tiges ^ Euphorbia Characias, etc.; nous verrons toujours le sys- 88 L. et K. BRAVAIS. — Disposition des feuilles. tème ordinaire prédominer, et les systèmes actuels se présenter de loin en loin dans chacune de ces diverses séries d'agrégations foliacées. Delà série récuiTente i, 3, 4^ 7, 1 1..- — ^On peut observer cette série dans deux cas différens, analogues à ceux que nous avons déjà distingués dans l'étude du système ordinaire : ou bien la spire génératrice est évidente et distincte au premier coup- d'œil, ou bien elle est indistincte et ne peut se déduire que de l'observation des spires secondaires les plus apparentes, varia- tion qui dépend, comme nous l'avons vu, de l'allongement plus ou moins grand des mérilhalles. Dans le premier cas, nous serons frappés de prime abord , en voyant que la spire génératrice après trois pas n'a point encore atteint la verticale (fig. 7); ce n'est qu'entre la feuille 3 et la feuille 4 que cette intersection s'opère. En formant des spires secon- daires avec les insertions o, 3, 6, 9 d'une part, et o, 4? 8, 12 de l'autre, nous trouvons 3 S, 4 D si la spire génératrice est dex- trorse (fig. 7) , et 3 D, 4 S si elle est sinistrorse. Reportons-nous alors à la feuille 7 ; il serait possible que cette feuille se trouvât placée précisément au-dessus de o, et la tige appartiendrait alors à un groupe de tiges rectisériées que nous examinerons dans un second Mémoire; dans le cas contraire, cette feuille sera en défaut A\\n angle d'environ 20% et si le groupe insertionnel est suffisamment garni, la spire par 7, savoir o, 7, i4- • ^ d<^it faire le lourde la circonférence en 18 pas. Tels sont les caractères aux- quels nous reconnaîtrons ce nouvel arrangement. M. Braun a cité de nombreux exemples de cette disposition, et il est sans doute inutile de relater ceux que nous avions ren- contrés de notre côté. Nous nous contenterons de signaler le Se- dum reflexum comme semblant affectionner plus particulière- ment cette nouvelle manière d'être. Sur une tige de cette plante suffisamment allongée, nous avons vu la spire secondaire par 7 revenir sur la verticale en 16 pas , d'où nous pouvons conclure o / 2.36o° — 22" 3o' „„ , <Î7=:— 22° 3o' et II = =99" 39'. Passons maintenant au cas d'agrégations plus condensées : cette disposition qui n'est pas rare dans les Pins, comme M. Braun L. et A. BRAVAIS. — Disposition des feuilles, 89 en a cité des exemples, nous a offert sur le Dipsacus sylpestris\es spires par r 8, 29 et 47 > q"i sont les nombres secondaires les pka élevés que nous ayons encore observés dans le système actuel. Dans la théorie des auteurs allemands, ce système s'explique par une suite de divergences correspondant aux cas de 7, 11, 18 , etc. , rangées verticales définies, et Ton peut en former un tableau analogue au tableau I : Tableau III. 7 Rang. vert. <5^= 2/7.360" = 102" 5 1' II » » 8t= 3/[i = 98° II' 18 » » ^i=z 5/18 =100° o' 29 » » §1-=. 8/29 = 99° 18' 47 » » 5i = i3/47 = 99" ^4' Du moment où l'observation directe des fibres nous prouve que la position de la feuille 7 sur la verticale n'est qu'apparente, celle-ci entêtant réellement écartée d'une divergence d'environ 2o*, les mêmes raisons qui nous ont porté à admettre pour la série («) une divergence invariable et irrationnelle se présentent encore à notre esprit. L'analogie nous porte à croire qu'avec des moyens plus parfaits d'observation nous trouverions aussi les insertions 11,18,29,47 hors delà verticale, comme cela a lieu en effet lorsque l'agrégation devient très condensée. Considérons donc encore ici les fractions i/3, 1/4, 2/7, 3/i i, 5/ 18 comme étant les réduites consécutives de la fraction continue ^l , ^ , 4. etc. et supposons cette fraction périodique indéfiniment prolongée; „ , ,, , , . 5—1/5 . . 1 algèbre montre que sa valeur numérique est ; ainsi notre divergence constante pour toute la série sera 36o°x 5 — j/5 =99° 3o' 6", angle qui diffère peu de 99° 34' obtenu en supposant 47 rangées réellement verticales. Cet angle s'accorde bien avec les mesures directes prises sur la nature par les procédés du Ch. II. § i. Le Sedum reflexum nous a déjà donné 5i =99° 39'; sur un cône de Pin maritime, nous f)o L. et A. BRAVAIS. — Disposition des feuilles. trouvons 99° 2 5', et sur le Dipsacus syluestrisc^m offrait des cir- constances encore plus favorables, nous avons pu suivre la spire 1 1 jusqu'à son retour après aS pas sur la verticale du point de départ, d'où nous déduisons 5i =99° 3o'; ici, comme dans le § i de ce chapitre, les angles sont de plus en plus coni^ergens , à mesure que les plantes qui les fournissent se trouvent dans des conditions plus favorables. Il est facile, d'après le principe ((3)), de calculer la valeur des divergences secondaires consécutives, et de là résultera le ta- bleau suivant : Tableau IV. eTi = + 99"3o' cTis^i— S^SS' «Ts = — 6r 3o' 7i iï » 18, 29. C'est en effet ce qui a lieu, et si nous mettons en regard les numéros des insertions de la série ordi- naire avec les nombres variables de ces pas , nous aurons le tableau suivant: Tableau V. 2. 3. 5. 8. i3. 21. 34. 4. 7- II. 18. 29, 47- 76. 8. 21. 55. i44- 377. 987. 2584- La colonne transverse inférieure acst le produit du nombre L. et À. BUAVAis. — Disposition des feuilles. 91 secondaire par le nombre de pas faits dans la spire, et donne le numéro de l'insertion à laquelle on arrive après ce nombre de pas. Si nous considérons au contraire les spires correspondant à la série (cT) , nous trouvons que les nombres de pas qui sont né- cessaires aux spirales par 3,4, 7? ï ï-? pour revenir à la verti- cale suivent la série 5, 10, i5, aS, l\o.., qui est le multiple par 5 de la série ordinaire : toutefois les deux premiers termes sont un peu inexacts ; on pourra donc former un tableau pareil : Tableau VI. 3. 4- 7- lï- '^- 29. 6. 9. i5. 25. [\o. 65. 18. 36. io5. 275. 720. i885. Mais !a démonstration de cette singulière propriété , peu utile du reste dans la pratique, ne saurait trouver place ici. De la série récurrente i, 4> 5)9? i4" — Nous avons éga- lement observé des exemples de spires secondaires suivant les termes de cette série (e), et l'existence de ce nouveau mode ne nous paraît pas pouvoir être contestée. Voici les caractères aux- quels il devra se reconnaître. Si la spire génératrice est visible, elle ne doit r^^ncontrer la verticale qu'après avoir dépassé la feuille 4 ( fig- 8 ) , et avant d'arriver à la feuille 5 : on trouvera ainsi 40? 5S ou 5D, 4S, selon le sens sinistrorse ou dextrorse de la spire génératrice. Nous nous reporterons alors à la feuille 9=^=4+ 5, en faisant faire deux tours à la spire génératrice, et nous examinerons si cette feuille n'est pas située sur la même verticale que la feuille o, auquel cas la plante rentrerait dans le domaine des plantes rec- tisériées : dans le cas contraire, cette feuille 9 sera en défaut d'un angle d'environ 20" qui mesurera sa divergence, et la spire 0,9, 18, 27..., devra faire en 20 pas le tour entier de la tige, si les insertions sont assez nombreuses pour qu'on puisse la suivre jusque-là. Dans le cas où l'agrégation serait trop condensée pour suivre 9* L. et A. BRAVAIS. — DisposiUon des feuilles. à vue d'œil la spire génératrice, nous devons trouver sur les spires secondaires les plus apparentes les nombres secondaires 5 et 9, ou 9 et i4, ou i4 et ^3, ou 23 et 37 : ce dernier cas est jusqu'ici l'exemple des nombres les plus forts possibles , et nous a été présenté par trois cépbalanthes de Dipsacus sylvestris. Nous n'hésitons pas alors à ranger dans celte nouvelle catégorie l'agrégation végétale qui satisfait à ces conditions. 11 existera, dans tous ces cas pareils, une divergence unique et invariable, mais différente de la divergence 137" 3o' du sys- tème ordinaire et de la divergence 99° 3o' donnée par la série (cT). Tandis que les insertions suivent la série 4? 5, 9, i4, ^3, 37.. ., les nombres encycliques suivront celle-ci: I, 1, 2, 3, 5, 8..., et nous aurons pour les valeurs approximatives de plus en plus exactes de l'angle cherché, 1/4, i/5 , 2/9, 3/i4, 5/23, 8/37.... Toutes ces fractions indiquent, pour les auteurs allemands, au- tant de divergences distinctes, et elles proviennent des diverses réduites de la fraction continue périodique -Jx— . '+7+ etc. Mais, pour nous, ces fractions n'indiquent que des valeurs approchées de la divergence unique que l'on obtiendra en sup- posant la fraction continue indéfiniment prolongée , et l'algèbre 7 — W^5 nous montre que la fraction génératrice a pour valeur : on aura donc «ri==36o° x '= 77" ^1 19". Les mêmes rai- 11 sons qui dans les cas antérieurs nous ont fait rejeter l'angle in- variable se présentent encore ici, et telle est l'analogie de cette disposition avec les deux précédentes que le botaniste qui ad- mettra pour le système ordinaire soit la théorie des divergences variables, soit celle de la divergence invariable, devra admettre une théorie pareille pour le système que nous examinons ac- | tuellement. Sur un spadice de Pothos crassinetvia disposé suivant les lois de cette nouvelle série, nous avons pu observer les révolu- tions entières autour de la tige des spires secondaires par 5 , par 9, par 14 et même par 23, et en déduire les divergences secondaires de ces insertions : nous avons trouvé alors,, par le L. et A. BRAVAIS. — DisposiUon des feuilles. 93 principe ((3)), que la spire par 5 nous donnait J't = jf 1^6' ; celle par 9, cTi =1^ 77' 61'; celle par i4, eri = 78"; enfin celle par 23, eTi = 77" 56'. Ainsi, plus la spire secondaire que nous observons est élevée, plus l'échelle sur laquelle se répartit l'er- reur de l'observation devient grande, et moindre, par suite, de- vient Terreur elle-même. Quant aux divergences secondaires calculées par le prin- cipe ((3)) d'après la divergence irrationnelle précédente , elles forment le tableau suivant : Tableau VIT. iTi = -h 77° 57' A3 = — 7° 02 ' A = — 48° 1 1 ' cr37 = + 4°2l' cTs — + 29° 47' «r6o = --2'4i' J^g = — 18° 24' «^97 ==+ I°4o' ^)-"» les plus probables seront dont celles qui au- ront 2 pour leur premier terme , et qui formeront la suite (2,5), (2,7), (2,9), f2,ii)... La première est jusqu'ici la seule que nous ayons encore rencontrée, (i) Après ces séries, viendraient les séries (3,7), (3,i i), etc. Toutes ces modifications différentes forment-elles réellement autant de types distincts plus ou moins rares ? ou ne sont-elles que des variétés d'un seul et même type? C'est une question sur laquelle nous n'osons hasarder de conjectures. § 4' Des systèmes conjugués dans les végétaux. Nous avons déjà annoncé qu'il existait des spirales multiples dont les nombres secondaires avaient un diviseur commun 2, ou 3, ou 4 , etc.: nous avons montré que, dans ce cas, les (s) L'un de nous a observé depnis un cas extraordinaire de la série 2, 7, 9... 96 L. et A. BRAVAIS. — Disposition des feuilles, insertions sont toujours disposées sur un certain nombre de verticilles formés chacun de 2, ou 3, ou 4 feuilles, et nous avons étudié les lois particulières à ce nouvel arrangement. Il nous reste actuellement à l'examiner dans la nature. Système bijugué de la série i, 2, 3, 5.. . — Ce système, le plus répandu à beaucoup près parmi tous les systèmes conjugués, offre des spirales multiples dont les nombres suivent la série 2, 4» 6, 1 o, 16, 26.., et sont précisément doubles de ceun de la série ordinaire. MM. Schimper et Braun ont cité de nombreux exemples de cette disposition qu'ds font voir être un cas particulier de feuilles opposées dont les paires , au lieu de se couper à angle droit , se coupent sous un angle différent. Le premier exemple de ce genre cité par les auteurs nous paraît être celui du Globulea obvallata et de VJjuga Geneç^ensis dont parle M. De Candolle. (Org. Vég. I. p. 326.) C'est principalement sur les capitules des Dipsacus ^ Scabiosa, jdrnica , Zinnia ^ Spilanthus ^ sur les épis floraux des ^ero/izc^ , Verbena^ sur les fleurs des Cactus et Cafycanthus^ que nous avons rencontré le plus fréquemment le système bijugué. Du reste la plupart de ces plantes présentent plus souvent encore le sys- tème ordinaire : toutefois il est digne de remarque que c'est le plus souvent sur les plantes à feuilles opposées décussées que cet état de choses se rencontre. Ainsi le système bijugué n'est point une disposition essentielle à tel ou tel végétal; on peut même facilement le considérer comme une simple variation du système ordinaire. Les lois de celte disposition n'étant encore exposées dans au- cun ouvrage français, et sa symétrie étant un peu plus diffi- cile à saisir que celle des cas précédens, nous croyons devoir entrer dans quelques détails à ce sujet. Jetons d'abord les yeux sur les involucres d^esScabiosa succisa, aruensisy columbarîa , etc. Nous en trouverons de deux sortes. Les uns (fig. 10) suivent le système ordinaire; l'hexagone formé par les six premières folioles offre un petit angle de 32° 28' situé entre deux angles de 62° 3 1', et à l'opposé un angle de 52" 3i' se trouve placé entre deux angles de 85°. Les autres (fig. 11) suivent le système bijugué, et offrent deux petits angles L. et A. BRAVAIS. — Disposition des feuilles. c,'^ opposés par le sommet, égaux chacun à l[i° 3o', et quatre grand-^ angles de 68° 45' ; les folioles sont ainsi opposées deux à deux. A la vérité, dans les invokicres qui suivent le système ordinaire, la feuille 4 est presque opposée à la feuille o, puisqu'elle en est distante de 170°: mais ces feuilles sont loin d'être insérées à même hauteur; la feuille 4 est recouverte en partie par ses deux voisines, et la feuille 5 est recouverte presque en entier par la feuille o. Pour fixer les idées, supposons (fig. 4) qu'il existe 6 spirales dextrorses et 10 sinistrorses. Les points d'intersections des pre- mières spires avec la circonférence relative au pomt de départ seront situés à des distances de o", 60°, 120°, 180% 240°, 3oo% 360°= 0°, et celles des secondes spires avec l;i même circonfé- rence auront lieu à des distances successives représentées par les arcs o", 36°, 72% ioB% i44% 180°, 216°, 252», 288°, 324% 36o°=o". Outre l'intersection qui a lieu au point o, il en existe donc une autre placée à 180° de distance sur la même circonférence : ainsi à chaque insertion correspond une autre insertion qui lui est diamétralement opposée. Examinons maintenant la partie de gauche de la fig. 4» et les insertions comprises entre la verticale élevée par le point de départ et la verticale élevée par le point o' qui est situé à i8u° du précédent. L'ensemble de toutes ces insertions peut être con- sidéré comme provenant des intersections de 3 spirales dextror- ses, et de 6 spirales sinistrorses. Une spire génératrice unique pourra les embrasser toutes ; la spire secondaire par 3 partie du point o devra contenir les insertions o, 3, 6, 9...; la spire par 5 contiendra les insertions o, 5, 10, i5... Ainsi on ne doit pas , dans un système bijngué 6D, 10 S, numéroter o, 6, 12.., les in- sertions successives d'une spire par 6; mais on doit les marquer de numéros moitié moindres o, 3,6.., et de même pour les spires dont le nombre secondaire est 10. Ainsi à chaque système bijugué correspond un système sim- ple qui est son analogue, et réciproquement à tout système simple il peut correspon.dre un système bijugué que l'on formera en doublant les nombres secondaires des spires multiples. Par là on obtient deux spires génératrices au lieu d'une : chaque YII. BoTAN. — Février. 7 <)3 T. et A. Bii AVAIS. — Disposition des feuilles. divergence devient moitié moindre que ce qu'elle était précé- demment; car la divergence est toujours le rapport de l'arc qui sépare les fibres avec la circonférence entière , et cet arc reste le même ici pendant que la circonférence devient deux fois plus grande. Nous ne pensons pas qu'on puisse élever le moindre doute sur l'existence dans les végétaux bijugués d'une divergence in- variable égale à 1/2 {l'^f 3o' a8") = GS" Zj5' j4", une fois qu'on a admis la divergence invariable pour ceux qui suivent la loi du système ordinaire. L'organisation des premiers est tellement liée avec celle des seconds, que la divergence de ceux-là sera tou- jours moitié de la divergence de ceux-ci, et que la théorie adop- tée pour les uns devra aussi être admise pour les autres. Nous nous contenterons de citer quelques exemples de mesures directes, pour que l'on puisse bien saisir la manière d'employer au besoin la formule (A') laquelle nous devient nécessaire ici. 1° Chaton de Piper blandinn offrant les spires 4 S, 6D. Dans une des spires secondaires 4 S, la circonférence entière est par- courue après 9 pas : auisi ^2 r=r ^rr — 40° j 1 msertion 2 ou plutôt l'insertion ^'(fig. 4) ^^l en défaut: ainsi 5i =: 2 =1-; 7o\ Dans la spire par 6 , après 12 pas la circonférence est . . 36o° ^ 180°+ 3o° parcourue : amsi (Î3 = z=z 30° , et ^i ==^ = 70° : ces angles sont trop forts, mais ils sont mesurés sur un pédon- cule très grè!e. 2° Strobile de Pin maritime offrant les spires 6D et loS. Après 1 3 pas dans la spire par 6 on revient sur la même verti- 36o° cale; donc ^3 = — ^-== 27° 4^'? ^^ ^=.^^°il\. 3» Tige de Pinus palustris offrant les spires loD, 16S et 26D bien apparentes. Dans la spire secondaire par 10, après 36o- 21 tours, nous arrivons a la verticale : ^5 = -=:— -17° 8 21 ' 2. 180"+ 17° 8' 343° 5?/ ^o„Q,/ et ^v =- ^ ^ — -= —7; = 68» 34'. L. et A. BRAVAIS. — Disposition des ftiidles. c)q 4" Dipsacus syhestris offrant les spires i6D, 26 S et l[iD. En 36 pas, la spire secondaire par 16 achève sa révokiîion ; . . ^ 3. ]8o°-4- 10" ,,,, ,, ainsi 5s = + 1 0°, §1 =^ ^ zr= 68" 45 . o Dans le système bijugué , la divergence de chaque spire se- condaire étant devenue moitié moindre, chacune de ses spires est obligée de faire ua nombre double de pas pour contourner entièrement la tige : ainsi, en doublant tous les nombres du tableau V , il peut nous servir également pour le système bijugué. Systèmes bijugués des autres séries. — Il est très rare de ren- contrer des bijugués provenant de séries autres que la série 01 - dinaire ; cependant, par l'observation d'un grand nombre de capitules de Dipsacus syhestris^ nous avons pu en découvrir quelques-uns. I Bijugué de la série i, 3, 4, 7 , 1 1... Un capitule de Dipsci" eus nous offre les spires 14S, 22D, 36S : si l'on voulait ratta- cher ces nombres secondaires au système ordinaire, ii faudrait supposer qu'à côté des rangées par r3 une autre rangée paral- lèle est venue s'intercaler, il faudrait supposer qu'il y a eu su- perfétation ^ ou si l'on veut, dédoublement d'une spire en deux aulres, phénomène que rien jusqu'ici ne nous a autorisés à ad- mettre. 2° Bijugué de la série i, 4 , 5 , 9 , i4- • • Dt3ux capitules de Dip- sacus nous ont offert les spires 18 S, 28 D, 4^ S : un troisième nous a offert les spires lyD, 28S que l'on peut rattacher à ce même système par la siq3position de l'avortement d'une des spires secondaires par 18, mais que l'on peut aussi concevoir comme provenant de la série i, 5, 6, 11, 17, 28... Des autres systèmes conjugués et de quelques cas douteux. — Ce que nous devons diie ici des systèmes trijugués, quadriju- gués, etc., se rattache en grande partie à l'examen fait avec soin de 35o capitules de Dipsacus sjluestiis : nous allons donner le tableau du résidtat de cette observation : L. el A. Disposition des feuillps. Tableau IX. Nombre de capitules. i5. 272. 16. 4. I. 1. I. 3. i~\- 1? 1. 4. 3, I. 35o. L'existence de systèmes quintijugués et octijugués, sans les intermédiaires plus simples de conjiigations par 4, par 6 ou par 7, est déjà un fait assez extraordinaire en lui-même. Mais que de- vons-nous penser des capitules de !a forme 16, 25, 4^ ? ou i5, 26 et 4'? Si nous examinons leur in volucre externe, il nous paraîtra bijugué ou mal conformé; dans les quintijugués eux-mêmes, on ne peut découvrir de verticille par 5 à cetinvo- lucre. Ainsi nous sommes conduits à rapprocher ces faits de ceux où l'on voit une ou deux spires voisines disparaître subitement (Chap. II, § 2). Il n'est pas rare, en effet, de trouver 16 et 26 au bas du capitule, et tout-àcoup, un peu plus haut, 16 et 25, ou i5 et 26, ou même i5 et sS, ou encore 16 et ^4 : nul doute alors au sujet del'avortemcnt des spirales disparues, puisqu'elles sont aussi évidentes que leurs congénères dans le bas du capi- Spires les plus visibles. Syst. (r,-2) .3. 21. 34. Syst. (i,2)bij. . . . 16. 26. 4'^- Syst. (r,2) trij. . . 1 5. 24. 39. Syst. (1,2) quintig. i5. 25. l\o. Syst. (1,2) octij. . . 16. 24. l\o. Syst. (i,3) 18. 29. 47- Syst. (1,3) bij. . . . 14. 22. 36. Syst. (1,4) 14. 23. 37. Syst. (1,4) bij. . . . 18. 28. 46. Syst. (1,5) 17. 28. 45. Syst. (2,5) 12. 19. 3i. Syst. (2,7) 16. 25. 41. Syst. (4, II) . . . . .5. 26. 4'. Syst. indéterminés . Confuses. Total L. et A. BU A VAIS. Dispos m 072 (leS felÙlUs. 101 tule. La divergence nouvelle qui conviendrait au système de 16 et iS spirales serait comprise entre 7/16. 360°= \S-]° 3o', et 1 j/25. 360° = i58° 2^' '• celle indiquée par les nombres i5 et 126 aurait une valeur intermédiaire entre 96° et 96° 56' : la diver- gence relative à i5 et a5 serait — ^^ =27° 3o', et celle rela- tive à 16 et il\ serait de 17" 1 1'. En refusant d'accorder ces avorte- mens de spirales secondaires, on est obligé d'admettre un chan- gement brusque dans la valeur de la divergence, même parfois dans le sens de la spire généraîrice, et à chaque nouvel avorte- ment la ménîie difficulté se reprodiiit. îl resterait de plus à expli- quer comment deux dispositions aussi contradictoires peuvent se juxtaposer tellement bien que toutes leurs spires secondaires, à part une ou deux , soient le prolongement exact les unes des autres, et pourquoi l'on n'observe pas, au moins aussi fréquem- ment, le passage d'un système donné à un autre système dans lequel les nombres secondaires seraient subitement altérés de plusieurs unités. Quoique, dans les capitules de Dipsacus les mieux conformés, les avortemens ne se manifestent que vers le quart supérieur, il est fréquent néanmoins de les voir commencer aux deux tiers ou à la moitié du capitule : parfois une rangée disparaît après avoir fourni un très petit nombre de fleurons, tel que 4 ow 3 ou 2. Quelle que soit la cause qui amène cette disparition , l'in- volucre lui-même en ressent quelquefois les effets. Si une spire qui disparaît à moitié, aux 3/4, ou aux 9/10% dé- termine dans la partie supérieure du céphalante des nombres secondaires de la forme (16,26) ou (i5,26), etc., ne doit-on pas penser que c'est à son avortement complet que sont dus les qua- tre capitules (i5,25) de notre tableau iX, les trois capitules (i6j25) et même aussi le capitule (16,24) ? Dans ce dernier nous observons de plus quelques déformations dans le bas des spires par 24, lesquelles sont devenues un peu flexueuses. La même consécjuence ne peut, ce nous semble, s'appliquer aux capitules trijugués de la forme (i5, 24). Il est sans doute possible que, sur les 16 capitules nous offrant ce mode d'arran- gement, quelques'^uns doivent leur origine à un avortement de loa L. et A. liiiA-VAis. — Disposition des feuilles. deux spires dans un sens et d'une spire dans l'autre; mais ce concours de circonstances doit rendre cet état de choses encore i)]ijs rare que ceux que nous venons d'examinei", et c'est tout au plus si nous pouvons admettre qu'un ou deux des ï6 capitules proviennent d'une telle origine. On reconnaîtra l'existence de ces capitules trijugués avec d'autant moins de répugnance qu'il n'est pas rare de voir les feuilles caulinaires du Dipsacus disposées en verticilles ternaires, au lieu de leur décussation habituelle: ajoutons enfiu.que, sur les seize capitules trijugués, treize d'en- tre eux étaient conformés avec la plus grande régularité. Le système trijugué qiie nous venons d'observer sur le Dipsa- cus, et que nous avons aussi rencontré sur les cônes des Pins, se reconnaît à ses nombi'es secondaires 3, 6, 9, i5, 24, Sg.. , triples des nombres 1, 2, 3, 5, 8, iS.., de la série ordinaire, et la figure 5 nous en donne la représentation. Toutes ses divergences sont trois fois moindres que les divergences correspondantes dans le système ordinaire, et la divergence de chacime des trois spires , , . , i37' 3o'28" , ^ _ , , génératrices a pour valeur — - — = 45'' 00 9 . Sur les cônes de Pin maritime, nous voyons la spire secon- daire par 6 revenir sur la verticale après 12 pas et 2/3 de pas: • • . 36o" ,, ^, 120°— 28° 2 5' ,^ , ainsi cTa =z~ = — -28" 25 eX<^i=2 =^A5°47 . Sur le Dipsacus syhestris , il faut 34 pas à la spire secon- daire par i5 pour effectuer le même trajet : ainsi (55 = — 10° 35' 2. 120" 10° 35 et or ^=1— ^=45° 53', résultats aussi conformes 5 à la théorie qu'on puisse le désirer. Le système quadrijugué ne s'est point encore offert à nous dans la nature ; certains cônes de Pin maritime nous en ont of- fert l'apparence dans leur partie supérieure; mais toutes les fois que nous avons trouvé 8D, 128 dans le haut, nous avons rencontré 8D et i3S dans le bas; ainsi cette apparence pro- venait d'un avortement qu'il était facile de constater. L. et A. ciiAVAis. — Disposition des feuilles. io3 §5. Conséquences de Vaportement ou convergence des spires secondaires. Le principe de i'avortement fréquent des spirales multiples vient de nous expliquer d'une manière satisfaisante les nombres secondaires anormaux de notre tableau IX; il peut servir aussi à éclaircir les deux faits suivans. Le premier est le capitule déjà cité à la page loo (17 D, 28 S, 45 D), qui pourrait bien pro- venir d'un capitule primitif bijugué delà forme 18I), a8 S, 36 D. Il est assez difficile de se décider entre ces deux suppositions, d'autant plus que le système j, 5, 6, 11. . . dont la divergence génératrice se présente sous la forme 360" x -3-777 , , T-r"7-^eic. :=:64''4o' 44" a une assez forte probabilité en faveur de son exis- tence dans la nature; et cette supposition deviendrait encore plus plausible par la découverte incontestable de cette série nouvelle sur d'autres végétaux. Le second fait est celui d'un cône de Pin maritime offrant dans ses quatre cinquièmes inférieurs les spires 9 S et i3D qui indiqueraient une nouvelle série de la forme 4? 9^ j3, dont la divergence génératrice serait égale à SGo" x TTl_l = 82" 9' 6". On peut expliquer ce fait en supposant que les spi- res normales étaient 9 S et i4 D, et qu'une des spires secon- daires par i4 a avorté à sa naissance même. Dans le dernier cinquième de ce cône, une des spires par 9 avorte à son tour, les spires par i3 restant inîactes, et le cône présente alors l'as- pect d'un cône ordinaire. Les partisans déclarés de l'unité végétale admettront sans peine le principe des avortemens des spires secondaires, et se- ront même tentés de l'étendre autant que possible pour voir diminuer le nombre de ces séries rares qui, au premier abord, semblent exceptionnelles et sortir du plan de la nature. C'est donc ici le lieu d'examiner l'objection suivante que l'on peut élever, soit contre la théorie des avortemens, soit contre J'exis- J04 L. et A. BiiAVAis. — Disposition des feuilles* tence des séries rares du Cb. II, § 3. as- siint par l'insertion i : ce point correspond ici à l'insertion ï6. O. Intersection des spires secondaires, inverses l'une de l'autre, passant par le point o : il correspond ici à l'insertion 4o. qq'. Arête sur laquelle se trouve située l'insertion i3 , et le long de laquelle glisse celt<» insertion, lorsque la spire génératrice s'exhausse ou se surbaisse, sans que les divergence» varient. Si nos lecteurs éprouvent quelques difficultés à se représenter toutes ces lignes sur une tige, 1 leur sera utile de calquer la figure i sur une feuille de papier dont la largeur soit égale à A B, et de la coller sur une bougie dont la circonférence soit aussi égale à AB, en ayant bien soin que les points A et B coïncident entre eux; ils pourront employer le même procédé pour les fig. 4, 5, 7. 8 et 9. Fig. 2. Représentation plane d'un strobile à écailles hexagonales, sur lequel les spires par 5 par 8 et par i3 sont fort apparentes : o /n est une arête longitudinale du strobile passant par l'é- caille o, et laissant alternativement à droite et à gauche les écailles i3, ai, 34 et même 55 xy est la représentation de la section transverse du strobile faite à la hauteur de l'écaillé o. Fig. 3. Représentation plane d'un réceptacle de Synanlhérée, conique, ou plan, ou en cône lenversé. C. Le centre. C o ou C A , le jayon, laissant alternativement à droite et à gauche les inser- tions 2 1, 34, 55 et 89. Fig. 4. Représentation plane du système bijugué d'une tige cylindrique. o, a', 4. .; r, 3', 5. . j o', 2, 4'. •; i', 3, 5..; spires par 4. o, 3', 6. .; 1,4', 7. .; 2, 5', 8. .; o', 3, 6'. .; 1,4, 7'. ; i\ 5. .; spires par 6. o, 5.., 3', 8'.. 4 I, 6..; 4', 9'..; 2,7..; o', 5'..; 3, 8..; i ', 6'. , , 4, 9. .; 2', 7'..; spires par 10. Fig. 5. Représentation plane du système trijugué d'une tige cylindrique. A»n, Brt, représentent l'arête passant par o et suivant laquelle la surface a été fendue. o' m', o'' m" sont les deux autres arêtes passant par les insertions o' et o" lesquelles for- ment avec l'insertion o un verticille ternaire. 0, 3'', 6 ' . . ; I, 4 ', 7 ' . . ; etc. , etc. ; spires par 9. 1, 3'', 5'..; o', 2, 4"..; etc. etc.; spires par 6. Fig. &. a a' a'' représente la coupe d'un cylindre creux à parois très minces et que l'on sup- pose transparentes. ABm représente la coupe d'un cylindre plein dont le diamètre est trois fois moindre que celui du précédent et sur la surface duquel sont gravées des insertions rangées suivant le sys- tème ordinaire. Le petit cylindre en roulant en dedans du cylindre creux figurera sur la surface intérieure de celui-ci un système trijugué. Fig. 7, 8, 9. Représentations planes du système r, 3, 4 . ., du système i, 4, 5 . . . et du sys- tème 2, 5, 7. . . Elles reposent sur les mêmes principes que ceux de la fig. i, et n'offrent au- cune difficulté, lorsque celte dernière a été bien comprise. Nous devons prévenir cependant qae nous avons figuré plusieurs insertions et diverses por- tions de spires dans l'espace situé à gauche des arêtes (o, i8), (o, 2 3) et (o,|3i), ce qui nous est permis, puisque la manière dont on déroule la surface de la tige est tout-à-fait arbitraire. I lO AUG. DE SA.IIVr-HîLAlRE. .S«/' V Ind'lgO. Fig. lo. Les six premières feuilles d'uQ involucre de Scabieiise disposé d'après le systèmt: ordinaire, et vu eu dessous : la Qèrhe indique le sens de la spire géaérairice. Ou a joint les extrémités des feuilles par uue circonférence de cercle, sur laquelle on a écrit la grandeur des angles que font entre elles les feuilles conliguës. Fig. II. Les six premières feuilles d'un involucre de Scabieuse disposé d'après le système bijugué et vu en dessous : les flèches indiquent le sens des deux spires génératrices. Histoire de l'Indigo , depuis l'origine des temps historiques jusqu'à l'année i833. Par M. Auguste de Saint Hilaire, de l'Institut. Quoi qu'il exige des préparations assez difficiles, l'art de fa- briquer l'indigo était déjà connu aux époques les plus reculées des temps historiques. Pour Dioscoride et pour Pline, Xindikon ou indicum était l'écume d'un roseau ; mais on ne peut douter que la substance tinctoriale qu'ds appelaient de ces noms ou du moins l'une des substances qu'ils désignaient de cette ma- nière, ne fût l'indigo véritable. C'est ainsi qu'au commencement du siècle dernier, on avait encore dans quelques parties de l'Al- lemagne les idées les plus fausses sur îa nature de celte fécide, et pourtant l'on y faisait bien réellement usage du produit des Indigofères. Une substance tinctoriale bleue ne cessa jamais de venir de l'Inde et de circuler dans le commerce sous les noms à'indikon, indicum^ Inde, endice ^ pierre indique, and ou indigo; celle que l'on recevait était celle que l'on avait toujours reçue, et, si à une sorte d'indigo, les Indiens en avaient substitué une autre plus parfaite, quelque auteur, médecin, historien ou na- turaliste n'eût pas manqué sans doute de signaler ce chan- gement. Après Plir.e et Dioscoride, les Européens, pendant une lon- gue série d'années, considérèrent l'indigo comme une pierre; mais, dans le treizième siècle, Marco Polo reconnut la véritable nature de cette substance, et ce qu'il en dit prouve qu'alors ou AUG. DE SAlNT-HII.AIRE. SUT VludlgO. I I I la fabriquait dans Tlnde à-peu-près de la même manière qu'au- jourd'hui. Je citerai le texte même de l'illustre Vénitien, tel qu'il a été rendu dans la traduction française de i586. « Oultre croît en ce pays, dit le traducteur de Marco Polo, dans le chapitre du royaumedeCoylam(i),oiiltre croît une certaine herbe de laquelle les teincturiers font une couleur qu'ils appellent endice qui est merveilleusement plaisante et agréable, et se prépare telle herbe en ceste forme. Premièrement ils la font tremper en certains vaisseaux pleins d'eau, puis, l'ayant fait dessécher au soleil, la divisent bien menu et rompent en petites pierres en telle forme qu'elle est à présent transportée au pays deçà.» .... Mais, comme l'on sait, Marco Polo fut long-temps traité d'imposteur ; on oublia ce qu'il avait écrit sur l'indigo , et l'on continua à prendre celte fécule pour une substance minérale. Lorsque les Portugais pénétrèrent en Asie par la route du Gap Bonne-Espérance, ils trouvèrent l'indigo répandu dans les différens roarchés de l'Inde , et plusieurs de leurs écrivains le désignent parmi les premiers articles de commerce qui furent rapportés de ce pays à Lisbonne. Alors il devenait facile aux Européens d'observer la culture et la fabrication de l'indigo. Ce- pendant les idées erronées que l'on avait sur cette substance, ne se rectifièrent que fort lentement; car Mathiole, qui écri- vait en i54/i, ne connaissait point encore sa véritable nature, et, suivant Beckmann , des lettres de privilège accordées en 1705, aux mineurs deHalberstadt et de Rheinstein, indiquaient encore l'indigo comme appartenant au règne minéral. Ce fut,au rapport deRumphius, un négociant de la Compagnie Hollandaise, nommé Jean van Tv^ist qui, le premier, dans les temps modernes, donna des renseignemens précis sur l'origine et la fabiication de l'mdigo. Après lui, une foule de voyageurs parlèrent successivement de cette teinture et de la plante qui la fournit. Je me contenterai de citer deux Français, Pyrard et Tavernier. (i) Le royaume de Coylam ou Coylum u'existe plus depuis loDg-iemps. Sa capitale, noaimée Coulan ou Qui/on par les moderaes , appartient aux Anglais, ( Nouvelles Annales des 'voyages. ) I (2 AUG. DE SAINT-HILAIRF. S/IT rindlgO. On doit à lUieecîe la première figure passable destinée à re- présenter rizz/Z/^^e/'a tinctoria L. , fespèce d'Iiidigofèrela plus répandue. Mais la connaissance de ce végétal s'introduisit aussi lentement parmi les naturalistes que celle de l'origine de sa fé- cule; car, en 1718, l'Académie dts Sciences crut devoir publier dans son recued un travail oùMarch;jtit indicpie ce même végé- tal à-peu-près comme une espèce nouvelle. Plus tard,Rumphius fit paraître une figure que Linné rapporta avec celle de Rheede, à son Indigofera tinctoria, mais qui peut-être conviendrait éga- lement bien aune variété de X Indigofera anil L. Par une telle figure, Rumphius ne pouvait être fort utUe à la science; il lui rendit un plus grand service, en donnant de curieux détails sur les Indigofèresen général , et principalement sur les procédés qu'ont adoptés, pour la culture de ces végétaux, les habitans d'Agra et de la Chine. On s'est disputé pour savoir si la plante qui donne l'indigo avait été transportée de l'Inde en Amérique, ou si elle était na- turelle ta cette dernière contrée. Il paraît incontestable cjue très anciennement les Espagnols, jaloux d'augmenter leur commerce, transportèrent de l'Asie dans le Nouveau-Monde une ou plu- sieurs espèces d'Indigofères, ou, si Ton veut, plusieurs variétés de ï Indigofera tinctoria ; mais une espèce tinctoriale de ce genre, X Indigofera anil croissait déjà en Amérique. François Colomb parle de l'indigo dans la vie de son illustre père; et Hernandès indique un Indigofera parmi les plantes tinctoriales qui appartiennent au Mexique. Un Indigofère propre à la tein- ture croît aussi au Brésil; mais comme je ne me rappelle pas de l'avoir trouvé ailleurs que dans le voisinage des habitations et les lieux jadis cultivés, je n'oserais, sans le témoignage de Pison, assurer qu'il fût indigène. Quoi qu'il en soit, les Européens ne tardèrent pas à répandre dans le Nouveau-Monde la culture des Indigofères. On s'en occupa à Guatimala et à Mexico; Saint-Domingue fut la pre- mière des îles Antilles où l'on se livra à cette cidture, et, vers 1747, on commença à l'introduire h la Caroline. La culture de i'indigo a également passé à Malte^ à Madagascar, en Egypte et dans plusieurs autres parties de continent africain. Du temps de AUG. DE SAINT-HILAIR£. SuT l'IncligO. Il3 Pison, les Brésiliens ne savaient point encore tirer parti de leurs Indigofères; mais l'on a cru à tort qu'il en avait été ainsi jusqu'à nos jours : vers la fin du siècle dernier, on fabriqua des quan- tités considérables d'indigo dans la province de Rio de Janeiro, et les colons de plusieurs parties du Brésil en préparent encore aujourd'hui pour I^ur propre usage. Les voyageurs qui successivement écrivirent sur l'Aniérique, oublièrent aussi peu que ceux qui visitèrent l'Inde, de parler de l'indigo. Ainsi, en 1667, le P. Dutertre donna des détails in- téressans, mais un peu tronqués, sur la méthode que suivaient, de son temps, les colons de nos Antilles pour la culture des In- digofères et l'extraction de la fécule colorante. Plus tard, le P. Labat, bon observateur, homme d'esprit, réfuta quelques pré- jugés qui s'étaient glissés parmi nos planteurs sur la nature de l'indigo , et traita assez longuement de sa fabrication et de la manière de faire venir la plante qui le produit. Cependant l'abaissement du prix de l'indigo amena bientôt une révolution dans la culture de nos contrées. Tant que cette substance n'était arrivée en Europe que difficilement par l'Ara- bie et par l'Egypte , les Italiens, les Allemands et les Français avaient consacré de grandes étendues de terre à la culture du pastel. Ne pouvant plus soutenir la concurrence contre les fa- bricans d'indigo, ceux de pastel jetèrent les hauts cris; les gou- vernemens s'intéressèrent à ces derniers, et, dans plusieurs pays, l'on défendit entièrement l'importation de la fécule extraite des Indigofera. Les Nurembergeois allèrent jusqu'à ordonner que, tous les ans, leurs teinturiers jureraient qu'ils n'emploieraient point l'indigo, et il paraît qu'en 179g, tout en violant ce ser- ment, ils le prêtaient encore. Sur les représentations des Etats de Languedoc, le gouvernement français défendit, en 1698, l'usage de l'indigo, et, seulement en 1737, nos teinturiers ob- tinrent l'entière liberté de se servir, absolument comme ils vou- draient, de l'indigo et du pastel. Peu-à-peu la culture de cette dernière plante a été presque entièrement négligée, et c'est en vain qu'à l'aide de gendarmes, on prétendit il y a une tren- taine d'années la remettre en honneur. Certains agronomes ont ménie voulu que l'on plantât de l'indigo dans ces campagnes Vn. BOTAH. — Février, 8 'm4 aug. dk sAiiNT-niLAini:. — Sur l'Indigo. qui naguère élaient couvertes de pastel. L'indigo a été semé dans la Toscane, il l'a été dans le midi de la France ; mais on n'a donné aucune suite à ces essais probablement beaucoup trop préconisés. Il est temps que je donne ici une légère idée des procédés les plus généralement usités parmi les planteurs pour la culture des Indigofères et l'extraction de la fécule colorante. On prépare le sol à la charrue ou à la houe. On sème ou l'on plante dans la saison des pluies; on sarcle la terre, et l'on coupe la plante au bout de quelques mois. Les indigoteries se composent générale- ment de trois cuves disposées les unes au dessous des autres, comme les degrés d'un escalier. Dans la première appelée pour- riture ou trempoiref on fait macérer l'herbe. La seconde cuve porte le nom de batterie ^ parce que, après y avoir fait passer l'eau de la trempoire, on bat cette eau pour réunir en grains la matière colorante. Enfin le troisième vaisseau, appelé diablotin, 'bassinoVoM voleur^Gst destiné à recevoir la pâte de l'indigo séparée du liquide, et jadis il se construisait dans l'intérieur d'une cuve plus grande et assez inutile appelée reposoir. On tire la pâte du diablotin; on la manipule, on la divise, et on la fait sécher pour s'en servir et l'expédier au loin. Tel est partout l'ensemble de la fabrication de l'indigo ; mais, dans les détails, ces procédés dont plusieurs sont fort difficiles, varient à l'infini, suivant les localités. Ce qu'il faut reconnaître, c'est que l'art de l'indigotier est du aux habitans des Indes orientales, et que les Européens n'ont fait qu'y apporter des perfection nemens. Le premier ouvrage spécial qui ait été publié, du moins dans notre langue, sur l'art de faire l'indigo est intitulé : Le Parfait indigotier^ il est dû à Elie Monnereau, qui commença à le com- poser en 1736, et il a eu plusieurs éditions. Monnereau, plan- teur du quartier de la Limonade à Saint-Domingue, savait faire de l'indigo beaucoup mieux qu'il ne savait écrire. Son livre man- -que d'ordre; il n'y montre aucune science; il y parle de beau- tîoup de choses qui auraient pu trouverleur place tout aussi bien ailleurs, et sans cesse il s'abandonne à ce commérage un peu niais qui caractérisait les ouvrages techniques de cette époque. Je justifierai cette critique par un exemple. Une des AUG. DE sxmT-mLMRE.'^ Sur l^Indige. ii$ grandes difficultés de l'art de l'indigotier, c'est, comme l'on sait, de reconnaître le point où il faut faire cesser l'opération de battage. « Cette opération, dit Monnereau, est l'émétique du « métier. Comme l'indigo, ajoute-t-il, est extrêmement délicat, « il demande un esprit tranquille pour le gouverner. Un flegma- a tique , un taciturne sont gens à y faire grands progrès, et « j'oserais même décider que la douceur naturelle aux dames « influe beaucoup sur leur habileté, car il semble que cette fa» « brique ne veuille point d'obstination. » Au reste , malgré les défauts nombreux qu'on y trouve, le livre de Monnereau est intéressant pour l'histoire de l'art de faire l'indigo; l'auteur avait une longue expérience, et il entre dans une foule de détails précieux pour celui qui pratique. Tl n'y avait pas long-temps qu'on avait publié une nouvelle édition du traité de Monnereau, lorsque parut un ouvrage beau- coup plus important, VJrt de l'indigotier de Beauvais Razeau, inséré en 1770 dans le grand recueil des Jrts et métiers ait l'Aca- démie des Sciences, et réimprimé, en 1778, avec quelques ad- ditions relatives à la botanique , dans l'édition de Neufchâtel. Beauvais n'est pas beaucoup plus savant en chimie que Monne- reau; mais on voit par son livre qu'à l'époque où il écrivait, un peu de science commençait à s'infiltrer dans les procédés des fabricans, peut-être même à leur insu. D'ailleurs Beauvais Ra- zeau possédait une grande expérience, et savait faire un livre. Dans la première partie de son ouvrage, il indique, par des extraits, les pratiques en usage pour la fabrication de l'in- digo dans les différentes parties du globe. Dans les deux antres parties, il donne, avec autant île clarté que d'intelligence, la description des procédés suivis par les indigotiers des Antilles. C'est dans l'excellent ouvrage de Beauvais qu'ont puisé, jusqu'à nos jours, les rédacteurs de dictionnaires, lorsqu'ils ont bien voulu faire autre chose que se copier entre eux. Quelques années s'étaient à peine écoulées depuis la publica- tion du livre de Razeau, lorsqu'une société de négocians remit à l'Académie des Sciences une somme de 1200 francs pour celui qui présenterait le meilleur mémoire sur l'état du teinturier. Pour sujet de prix. l'Académie choisit l'analyse de l'indigo; I 1.6 VUG. DE SAIJMT-HILAIUE. Sur l'IndîgO. trois mémoires concoururent, et furent imprimés, en 1780, dans le recueil des savans étrangers; mais un seul , celui de M. Quatremer Dijonval, renferme des détails sur la culture des Iiidigofères et l'extraction de leur fécule. M. Quatremer n'avait pas lu sans doute l'ouvrage de Razeau ; car, à l'exception peut- être de ce qui concerne l'emballage de l'indigo, il aurait trouvé les améliorations qu'il propose plus ou moins indiquées dans l'écrit de son prédécesseur. Pendant que Quatremer rédigeait son opuscule, un homme d'un véritable mérite préparait un livre d'une bien autre impor- tance. Charpentier de Cossigny, correspondant de l'Académie tles Sciences, appliqua à l'art de l'indigotier les principes delà chimie tels qu'il les concevait; il donna de nouveaux préceptes sur la coupe de l'indigo, et sur les moyens de reconnaître le de- gré convenable pour la macération et le battage; il indiqua de quelle manière on pouvait rendre simultanée la macération de l'herbe et hâter la précipitation de la fécule; il donna des mo- dèles pour la construction des vaisseaux et ustensiles qui com- posent l'indigoterie; il fit connaître un nouveau semoir et di- verses machines pour le battage; il conseilla de repiquer les jeunes pieds d'Indigofères comme on repique le tabac, pratique usitée à la Chine depuis un temps immémorial, mais dont il ne paraît pas avoir emprunté l'idée aux Chinois; il décrivit i5 espèces ou variétés d'Indigofères; enfin il remania, dans tous ses détails, l'art de faire l'indigo, et, pour parvenir au but qu'il s'était proposé, il ne ménagea ni ses peines ni sa fortune. L'ou- vrage de Cossigny fut imprimé à l'île Maurice, en 1779, sous le titre d'Essai sur la fabrique de l'indigo^ mais, fort rare en France, il tomba bientôt dans l'oubli, et aucun compilateur mo- derne ne s'est donné la peine de le consulter. Les Anglais ren- dirent plus de justice à Cossigny; car, en 1789, ils imprimèrent à Calcutta une traduction de son livre; et, fort polis envers l'auteur , ce n'est point lui qu'ils accusèrent de la prolixité qu'on peut lui reprocher; ils rejetèrent ses longueurs sur le ^éme même de la langue française. Dans son Voyage à Calcutta imprimé en l'an vu, Cossigny AUG. DE SAINT-HIL^IHE. Sur VlndtgO. I I7 parla encore de l'indigo, et décrivit les procédés en usage à la côte de Coromandel et ceux que l'on suit au Bengale. C'était le sujet favori de Cossigny; il y revint une troisième fois. Dans un nouvel ouvrage, ses Moyens d'amélioration, etc., il réfute quelques idées de Barré de Saint-Venant et de Dutrô- ne; il répète le lésumé de son premier écrit; il indique les moyens de fabriquer l'indigo avec les herbes âgées, et traite plnsieurs autres parties de son art. Pendant les guerres si longues qui privèrent la France de toute communication avec ses colonies, on ne songea plus aux indigoteries de l'Amérique et de l'Inde. Mais lorsque enfin la paix fit refleurir le commerce et l'agriculture , le gouverne- ment commença à s'occuper des améliorations que l'on pou- vait introduire dans la fabrication des produits coloniaux. M. le professeur Plagne habitait les Indes orientales depuis plu- sieurs années; il fut chargé par le ministre de la marine d'exa- miner s'il n'y aurait pas d'utiles changemens à faire dans les procédés suivis à la côte de Coromandel, pour l'extraction de la fécule des Indigofères, et il répondit aux questions du minis- tre par un mémoire fort intéressant , écrit à Pondichéry en 1823, et réimprimé parmi les pièces dont se composent les An- nales maritimes de l'année iSaS. M. Plagne décrit les pro- cédés en usage dans la partie de l'Inde qu'il habitait, c'est-à- dire la fabrication de l'indigo avec la feuille sèche ; il montre que, du moins à la côte de Coromandel, ce mode de fabrication est préférable à celui qui consiste à se servir de la feuille verte; et enfin il conseille plusieurs perfectionnemens. L'emploi de la feuille sèche remonte à des époques très reculées, et avait déjà été indiqué par Van Twist; mais on voit, par le mémoire de M. Plagne, que, depuis les premiers voyageurs, la fabrication de l'indigo avait éprouvé, aux Indes orientales, des modifica- tions importantes, telles que l'usage de la presse, celui de l'eau de chaux pour la précipitation de la fécule, celui enfin de l'eau bouillante pour achever la fabrication. Le gouvernement tâchait de faire refleurir l'ancienne colonie du Sénégal,, lorsque M. Plagne composait son mémoire: ce fut ce chimiste que l'on chargea d'introduire la fabrication de l'in- Il8 AlIG. DE SAINT-HILAIRE. SuF l^ludlgO. dîgo dans nos établissemens d'Afrique. Les procédés qu'ensei- gna M. Plagne, devaient être naturellement ceux qu'il avait suivis à la côte de Coromandel; il les retraça dans une instruc- tion succincte, mais claire et très méthodique, et il fit insérer cet écrit parmi les diverses pièces qui forment le volume des Annales maritimes pour 1826. M. Plagne ne resta pas toujours au Sénégal. Bientôt la direc- tion des cultures du gouvernement dans cette colonie fut confié à M. Perrottet connu par ses longs et nombreux voyages, et par sa Flore de la Sénégambie qui lui est commune avec MM. Guillemin et Richard. M. Perrottet a fait en Afrique de nombreux essais sur la culture des Indigofères et la fabrication de leur fécule colorante, et il en a consigné le résultat dans un travail intitulé : Mémoire relatif à la culture des Indigofères tinctoriaux et à la fabrication de Vindigo, Il n'entrait point dans son plan de tracer une histoire de l'indigo, et, parmi tous ceux qui ont écrit sur la fabrication de cette substance, il ne nomme que M. Plagne. Il adopte en très grande partie les pro- cédés aujourd'hui en usage à la côte de Coromandel et détaillés par M. Plagne lui-même , tels que la précipitation par l'eau de chaux, l'emploi de l'eau bouillante pour la fécule déjà extraite et celui de la presse; mais sans rejeter entièrement la fabrica- tion par la feuille sèche répandue dans plusieurs parties de l'In- de , il lui préfère l'emploi de la feuille verte. Son mémoire pré- cis, méthodique, généralement clair, est en harmonie avec l'état des connaissances actuelles , et je ne crois pas qu'il existe dans notre langue un meilleur traité pratique sur l'art de faire l'indigo. M. Perrottet s'est resserré dans un cadre fort étroit ; mais nous pouvons espérer que son travail n'est que le germe d'un ouvrage plus étendu, un Manuel complet de V indigotier ^ qui manque aujourd'hui à nos colons (i). Toujours infatigable, ce botaniste a entrepris de nouveaux voyages pendant lesquels il aura sans doute augmenté ses connaissances sur les Indigofères (1) Il ne faut pas oublier que celte histoire ne s'étend que jusqu'en i833. Je n'ai fait aucune recherche sur ce qui a été fait depuis celte époque pour l'enseignement des indigotiers. AUG. DE SAmT-IIILAIRE.. — SuF V ludigO. Iig et leur précieuse fécule. S'il se livrait au travail que nous lui indiquons, il faudrait l'engager à étudier soigneusement tout ce qui a été écrit avant lui sur l'art de l'indigotier; à s'étendre davantage sur certains détails; à indiquer quelque remède con- tre les ravages des chenilles et autres insectes; à ne point omettre de parler de l'usage de l'huile pour abattre l'écume ; à décrire les principales espèces ou variétés d'Indigofères tincto- riaux ; à signaler sa cuve de réposition, vaisseau inconnu aux Antilles, comme uniquement indispensable dans certaines loca- lités ; enfin à motiver davantage l'utilité de faire bouillir la feuille, procédé sans lequel on a si souvent fabriqué en Amérique un indigo de qualité supérieure. Je ne terminerai pas cette histoire abrégée sans répéter un vœu qui déjà avait été formé par Cossigny. La culture des Tn- digofères épuise promptement le sol, et il s'en faut que tous les terrains lui conviennent. Il est donc à désirer que l'on fasse des essais plus multipliés sur les autres plantes qui, comme celles- là, fournissent une teinture bleue. Je me contenterai de citer un Solarium brésilien dont on peut tirer une couleur bleue foncée pluti belle que l'indigo lui- même, et que M. Dunal, auteur de la Monographie des Solanum y croit devoir être rapporté au Solanum nudum HBK. C'est un arbrisseau qui se trouve près du village de Piumhy, dans la pro- vince des Mines, et qui , si je ne me trompe, existe dans tous les bois vierges un peu humides des provinces de Rio de Ja- neiro, Espirito Santo , Minas Geraes et probablement ailleurs encore, (i) (i) Avant que M. Dunal eût déterminé celte espèce , je l'avais appelée Solanum indlgo/erum, nom sous leqnel elle a été indiquée dans le Dictionnaire de matière médicale par Mérat et de Lens, vol. vi, p, 416 ; mais je n'ai jamais dit, comme l'avancent ces auteurs, que la plante fût cultivée, et elle ne l'est certainement pas. On trouvera sur le Solanum indigofcre du Brésil des détails plus étendus dans la relation encore inédite de mon Foyage dans la province de Goyaz. 120 NEES AB ESENBECK. — Gênera plautarum. Gênera, plantarum Florce germanicœ iconibus et descriptioni- bus illustrata, auct. Th. Fr. Lud. Nées ae Esenbeck. (Fasc. v^-i3. Bonn. Henry et Cohen.) Depuis que nous avons fait connaître, dans les Archives de Botanique (vol. 2, p. 159), le plan de cet ouvrage, et. annoncé dans ces Annales (vol. 1, p. i85) la seconde livraison, l'auteur a marché si rapidement qu'il serait difficile maintenant de don- ner un extrait détaillé de tout ce que contiennent les treize livraisons qui ont paru. Le Gênera plantarum étant un recueil de planches nécessaire non-seulement aux botanistes qui étu- dient les plantes d'Allemagne, mais encore à ceux qui s'occupent des espèces européennes en général, n*est guère susceptible d'a- nalyse, et il suffit d'indiquer à nos lecteurs le contenu sommaire des cahiers qu'accompagne un texte descriptif rédigé avec soin. Le troisième fascicule se compose des Myricacées,JuglandéeSy Ulmacées , Artocarpées , Urticacées , Euphorbiacées , Empêtra- cées^ Elœagnées et Santaïacées. Dans le quatrième fascicule , sont traitées une grande partie des Liliacées et le genre Narthecium qui appartient aux Joncées. Le cinquième fascicule comprend une grande partie des Or- chidées et les Iridées. Le sixième renferme quelques genres de Liliacées, les Ama- ryllidées, les Colchicacées , les Lemnacées, les Fluviales , les Hydrocharidées, les Alismacées et les Butomées. Le septième comprend le genre Thesium des Santaïacées y quelques Thjméléacées, le genre Laurus des Laurinées, les Che- nopodiacées et quelques Amaranthacées. Le huitième se compose des Cynocrambées {Theligonum)^ des Phytolaccées, et de quelques Amaranthacées y des Scléranthées , Poljgonées, Cératophjllées , Hippuridëes , Haloragées , Callitri- chées, Trapacées, Aristolochiacées et Sanguisorbées. A ce cahier est joint le texte d'une nouvelle disposition de la sous-classe des Monochlamjdées . Le neuvième renferme les Cypèracées. ANNE LiBERT. — Sur la famille des Hypoxylons. 121 Le dixième se compose du genre Caulinia appartenant aux Fluviales j du genre Chamœrops [Palmiers), du genre Urginea {Liliacées)^ de quelques Amaryllidêes, Orchidées et Graminées. Le onzième et le treizième sont entièrement composés de Graminées. Enfin le douzième renferme les Primulacées et les Lentibu- lariées. Précis des observations sur la famille des Hypoxylons. Par M"* Anne LibiiRt (de Malmedy.) Minioiis partibus, per totum naturae campum, certitude omnis ioDititur, quas qui fugit, pariter naturam fugit. LiHW. Phil tôt. (Mémoire lu à la seconde section du congrès scientifique de Liège, le i" août i836.) Dans un mémoire particulier placé à la tête du premier fas- cicule des Plantes cryptogames des Ardennes, j'ai fait sentir la nécessité d'introduire une réforme dans la classification des Py- renomycetes ou Hypoxyla , en retouchant les groupes créés par M. Fries, après avoir soumis à une observation réfléchie les détails d'organisation des genres et des espèces. C'est d'après un grand nombre de faits recueillis dans mes observations microscopiques que j'ai proposé d'instituer, pour cette grande tribu, une section particulière sous la dénomina- tion ^ Ascochytacei ainsi nommé de Aaxo? et y^-^<^^. Cette sec- tion me paraissait devoir être un jour la plus nombreuse de toutes en genres différens ; j'en avais observé trois qu'il me sem- blait convenable d'y réunir, ce sont les Jsleroma, Cheilaria et Ascochytaj composés de petites espèces qui n'attirent point les regards, mais dont l'organisation de la substance sporidiifère 123 AKNE LiïîEKT. — Sur la famille cles Hypoxyloiis. examinée au microscope , offre dans sa délicatesse extrême des particularités remarquables. La méthode de classification des Pyrenoinjcetes owHypoxyla d'après l'état de la substance interne et la déhiscence du Peri- theciam, est incontestablement la seule à l'aide de laquelle on puisse arriver à la connaissance des genres et des espèces : M. Fries, et après lui M. A. Brongniart sont partis de ces bases pour coordonner leurs divisions ; mais l'organisation du iVw- cleus proligère exigeait des recherches trop minutieuses pour qu'il fût possible à ces célèbres naturalistes, qui n'ont fait qu'en- trevoir CQJSucleus dans la plupart des espèces, de se prononcer d'une manière bien conséquente sur les caractères qu'elle présente. J'ai entrepris une analyse du Nucleus des Pyrénomycètes dans une multitude de plantes appartenant à tous les genres de cet ordre, et j'ai cherché à saisir les caractères communs et es- sentiels qu'il pourrait m'offrir. Les diverses modifications que j'ai reconnues dans la structure de cet organe m'ont paru pou- voir être rapportées presque toutes à quatre groupes parfaite- ment distincts renfermant ensemble vingt-et-un genres dans lesquels toutes les espèces connues , bien déterminées, pou- vaient trouver naturellement leur place. Voici en conséquence la distribution que j'ai cru devoir pro- poser pour l'étude de cette nombreuse famille. Xjlomyci Willd. Hfpoxflons DC. Pjrenomycetes Fr. Hy- poxyla A. Brongn. Sporidia ascis inclusa aut libéra perithecio vario obducta. Seciio prima. Pha.cidiacei. Perithecium varie deUisceus ; nucleus cereus ; asci fixi para- physibus tcnerrimis mixli; sporidia varia. 3e comprends dans ( elte section les goures Dolhidea. Sle- ANNE LiBEET. — Sur la famille des Hypoxylons. 1^3 giay HjsteriuiTiy Jjlographum, Glorilum, Rhjtisma^ uàctidium, Phacidium. Sectio secunda, Sphaeriacei. Perithecium ostiolo perforatiim aut rima dehiscens; niicleus gelatinosiis; asci convergentes paraphysibus tenerrimis mixti; sporidia varia. Cette section contient les genres Sphœria, Lophium. Sectio tertia, Ascochttacei. Perithecium astomum aut varie dehiscens ; asci tenerrimi f'usiformes aut cyhndrici in gelatina nidulantes; sporidia minu- tissima globosa. Cette section est nombreuse, très naturelle en général, et bien caractérisée. J'y comprends les genres ^scochyta, Asteromaf Cheilaria, Pilidium, Fermicularia , Actynothjrium, Leptothyrium, Li- hertella. Sectio quarta, Cytisporei. Perithecium astomum , aut ostiolo perforatum ; sporidia mi- nutissima globosa in gelatina nidulantia. Les Cytisporei réunissent les genres Cytispora, Sphœronema, Leptostroma. Pour donner à l'idée que je me suis faite de la structure des Hypoxjlons un degré de vraisemblance sensible, j'ai joint à la suite de ce Précis un tableau synoptique des genres. En faisant usage de ces distinctions assez exactes, je démon- trerais dans les auteurs une multitude d'erreurs découlant de ce qu'ils ont méconnu l'organisation des parties qui constituent la substance interne de ces plantes ; mais ce serait m'éloi- îa4 ANNE LiBERT. — S UT lu famille de S Hypoxylons. gner de la brièveté que je me suis prescrite dans le sujet que je traite. Il est pourtant quelques espèces que je ne puis me dispen- ser de mentionner: en considérant leur synonymie, l'on verra à combien de genres elles ont été rapportées, et quels rap- ports on leur a trouvés avec tant de cryptogames différentes. La Septaria Ulmi Link., Septoria VlmiFr., a été portée suc- cessivement par divers auteurs dans plusieurs genres très dis- tincts les uns des autres. M. De Candolle qui , le premier , la publia , en a fait une Stilbospora, Bivona Bernardi une Sphœ- ria; Schmidt et Kunze ont placé cette plante parmi les Fu- sarium , et cependant elle n'a les caractères d'aucuu de ces genres. On n'aura pas de peine à reconnaître qu'elle appartient à la famille des Hypoxylons et au genre naturel Ascochyta que j'ai établi. Le Phoma Filum et la Dothidea latitans de Pries, le Xyloma ruhrum et le Polystigma fulvum de Persoon devront également y être compris. Le Phoma saligna et la Dothidea typhina de Fries, appar- tiennent au genre Sphœria; cette dernière est extrêmement voisine de la Sphœria citrina Pers. ! La Dothidea alnea Fr. est un Leptothyrium ; la Dothidea jé ne fnones ¥r. une Sphœronœma ; \ii Peziza strigosa Fr. une Vermicularia 'f enfin le Xyloma yirgaureœ D. C. est une Pue- cinia que j'ai placée dans ma collection sous le nom de Pueci- nia solidaginis. Je m'estimerai heureuse si cet essai, fruits d'observations longues et pénibles, est jugé digne de l'attention des botanistes; s'il peut prouver au sujet des Pyrenomycetes ou Hypoxyla, le besoin d'une révision scrupuleuse des espèces ; si enfin il pou- vait contribuer à en débrouiller l'étude. PERITHECIUM. > a -a "5 2-B ^ S S i ^ % s si = -, O C 05 (S — '" n o 3 3 il If s:» s ^ g g. — o BJ 3 C 5- O- = S — 3 e- » s 5 ►T3 >. W O 3 2 m o d :^ K if j Q i;' E:S.I| tr" c- |> 2 H s 2 o a a H o 2 ^ ? 5 ? g ? o :.. I 2 s^^ri ^ = H w 2*2 «"5 r» 5 1^ ? «> 2. 5 2. > «^ 2. S m 11 n r > »— 1 en O W o 2, H 5 sïrs c. s. KUNTH. — Sur la famille des Graminées. Distribution méthodique de la famille des Graminées; par M. C. S. KUNTH. (2 vol. in-folio avec 220 planches. Paris, chez Gide.) Malgré les nombreux travaux publiés sur la famille des Gra- minées, aucun n'a satisfait entièrement l'attenie des personnes qui , ne se bornant point à étudier les formes extérieures des végétaux, cherchent à pénétrer plus avant dans leur structure. L'ensemble de l'organisation des Graminées présente encore quelques points qui demandent à être éclaircis; leurs rapports avec les familles voisines méritent d'être fixés avec plus de pré- cision ; les organes de la fructification doivent être examinés avec soin dans un plus grand nombre d'espèces. 11 faut peut- être rechercher la cause du peu de progrès qu'a fait jusqu'ici l'agrostographie dans l'organisation si simple des Graminées. Les fleurs dépourvues de calice et de corolle n'offrent plus ici autant de modifications que dans les autres plantes phanéroga- mes, et le fruit y présente aussi une grande uniformité de struc- ture. C'est donc sur les parties essentielles de la fleur, les éta- mines et le pistil, que les auteurs qui se sont occupés de l'étude de cette famille, auraient dû porter toute leur attention. Mais ces organes offrent des différences peu sensibles; les plus sou- vent, d'une petitesse extrême et difficile à observer sur les plan- tes sèches, ils ont été ou entièrement négligés ou décrits d'une manière incomplète. Dans la plupart des cas, on s'est borné à examiner les enveloppes florales, toujours plus apparentes et d'une forme très différente dans les diverses espèces, mais qiii sont sujettes à varier à l'infini. Comme ces caractères ont servi jusqu'ici de base a l'établissement des genres , on conçoit com- bien le nombre de ces derniers a été multiplié inutilement. M. Runth a de tout temps dirigé ses recherches vers cette fa- mille , dont l'étude offre de si nombreuses difficultés. Le pre- mier volume des Nova gênera et species Plantarum y renferme déjà un grand nombre d'espèces nouvelles recuillies par MM. de c. s. KUNTH. — Sur la famille des Graminées. 127 Humholdt c-t Bonpland, et décrites par lui; il a publié en outre beaucoup d'observations sur des espèces connues, et présenté en 181 5 la première classification naturelle de tous les genres de Graminées. Depuis cette époque, plusieurs ouvrages impor- tans ont paru sur le même sujet. Avant d'entreprendre celui que nous annonçons aujourd'hui, M.Runth a étudié tous les travaux des auteurs modernes; il a comparé leurs idées avec les siennes et analysé avec soin toutes les Graminées que renferment les riches herbiers de Paris, et celles qui lui ont été communiquées par ses amis d'Angleterre et d'Allemagne. Son ouvrage présente le résultat de toutes ses recherches; on peut le considérer comme le fruit d'un travail long et pénible, et il doit intéresser toutes les personnes qui se livrent à l'étude des végétaux en général, et des Graminées en particulier. L'ouvrage de M. Runth contient deux cent dix-huit descrip- tions de Graminées nouvelles ou peu connues et un Gênera complet de la famille où les genres, caractérisés avec plus de précision , se trouvent rangés d'après une méthode naturelle. Adoptant des principes nouveaux pour la fixation des genres, l'auteur s'est vu forcé d'en établir plusieurs nouveaux; mais il en a supprimé un grand nombre d'autres admis jusqu'ici dans tous les ouvrages , et qui, par l'incertitude de leurs caractères, ne contribuaient pas peu à obscurcir l'étude, déjà si difficile des Graminées. Comme en histoire naturelle les meilleurs descriptions ne dis- posent pas quelquefois d'avoir recours à de bonnes figures, M. Kunth a jugé nécessaire d'accompagner ses observations dé- licates et souvent difficiles à vérifier, d'un grand nombre d'ana- lyses. Des planches gravées avec le plus grand soin présentent toutes les espèces décrites dans l'ouvrage. Madame Eulalie Delile, dont les beaux dessins pour la Flore brésilienne rivalisent avec ce que l'on a produit de plus parfait dans ce genre, a été chargée de leur exécution et en a surveillé la gravure ; les détails des parties de la fructification ont été dessinés par M. Runth lui- même. La Disiribution méthodique de la famille des Graminées fait partie de la division botanique du grand ouvrage de MM. de 128 c. s. KUNTii. — Sur la famille des Graminées. Hiimboldt et Bonpland. On a cru rendre un service à la science en la réimprimant avec des planches en noir, pour mettre, par la modicité de son prix (le quart de l'édition avec planches co- loriées), à la portée d'un plus grand nombre d'acheteurs. L'ouvrage entièrement terminé forme deux volumes in-foHo de 170 feuilles d'impression, sur papier jésus vélin, accompagnés de 220 planches. Pour en faciliter l'achat, l'éditeur vient d'ou- vrir une nouvelle souscription. Il l'a divisé en 44 livraisons qui paraîtront le 1 et le t5 de chaque mois, à partir du i^^juin 1837. Le prix est de 12 fr. la livraison. On souscrit, sans rien payer d'avance, à la hbrairie de Gide, rue Saint-Marc, 23. Le souscripteur s'engageant à retirer les livraisons à mesure qu'elles paraîtront, toutes celles qui dépasseraient le nombre de 44 hû seront fournies gratis. Note explicative d'un passage de la Notice historique sur AlfTOINE-LAURENT DE JUSSIEU. Dans cette Notice {^Ann. Se. nat.^ vir , 21), il est dit que a M. de Jussieu ajouta aux familles admises dans le Gênera plantarum de 1 789, celles des Loasées, des Passiflorées, des Mo- nimiées,desPolygalées et desParonychiéesw.Cette dernière n'ap- partient point à M. de Jussieu; elle fut formée par M. Auguste de Saint-Hilaire, dans son Mémoire sur le placenta central. Après la lecture de ce mémoire à l'Institut, M. de Jussieu fut chargé de faire un rapport sur son contenu ; il adopta la famille nou- velle établie par M. de Saint-Hilaire, et il en rédigea les carac- tères en termes techniques pour la seconde édition qu'il se propo- sait de faire de son Gênera plantarum. M. de Saint-Hilaire l'ayant prié de joindre ce morceau à son mémoire, M. de Jussieu vou- lut bien se rendre à ses désirs; la rédaction de l'illustre profes- seur fut imprimée dans les Mémoires du Muséum à la suite de celui sur le placenta, et elle est précédée d'un préambule de M. de Jussieu , où lui-même détaille les faits que nous venons de rappeler. GiRou DE BUZAREiNGUEs. — ^ccroissement des Exogènes. 129 MEMOIRE sur V accroissement en grosseur des exogènes. Par M. Gmou de Buzareiwgues , Correspondant de l'académie royale des Sciences. L'observation m'ayant appris qu'au printemps les rayons médullaires se propagent excentriquement, au-delà de la zone périphérique du bois de l'année précédente; que dans l'entre- deux de ces rayons se forment des tubes, sous l'influence d'un obstacle que fait éprouver à la progression centrifuge de ces lames saillantes la résistance de l'écorce ; qu'au-delà, et souvent en deçà de ces tubes, l'espace se garnit de tissu utriculaire al- longé dont une partie se convertit en vaisseaux et que traver- sent de nouveaux rayons médullaires ; j'ai conclu que la cuuche nouvelle du corps central était le produit de la végétation cen- trifuge des rayons médullaires. La saillie extraordinaire de ces rayons aux premiers jours du printemps , a été à mes yeux un fait principal dominant tous les autres et suffisant à les ex- pliquer. Cependant, averti que quelques savans botanistes cher- chaient encore la solution du problème que je croyais avoir ré- solu , et que , s'ils consentaient à attribuer à la végétation des rayons médullaires la partie de la couche nouvelle qui en était évidemment la continuation, ils persistaient à rapporter à la végétation longitudinale et descendante des bourgeons la partie fibreuse de cette couche; voulant, d'ailleurs, obéir à l'Acadé- mie, qui m'a demandé des développemens et de nouvelles preuves à l'appui des observations que je lui ai déjà soumises sur la question qui est l'objet de ce Mémoire , j'ai dû en faire le sujet de nouvelles recherches. J'examinerai et je discuterai successivement les deux ques- tions suivantes : VII. BoTAH. — Mars. n i3o GiRou DR BuzAREiNGUES. — ^ccroîssement des Exogènes. La partie 6breiise de la couche nouvelle descend-elle des bourgeons? Si elle n'en descend pas, d'où vient-elle? PREMIERE QUESTION. La partie fibreuse de la couche nouvelle descend-elle des bourgeons? Si elle en descendait, elle devrait provenir, ou des bourgeons nés l'année précédente et qui font leur évolution ou se conver- tissent en feuilles et en tige en l'année actuelle (c'est ainsi, si je ne me trompe, que l'ont entendu de Lahire et M. Dupetit- Thouars, et que l'entendent leurs disciples), ou des bourgeons qui naissent en l'année actuelle et qui se développeront l'année prochaine. Or, 1° elle ne saurait naître des bourgeons de l'année pré- cédente, puisqu'ils ne se continuent point dans elle, mais bien dans la couche périphérique du corps ligneux de l'année même de leur naissance; fait anatomique que j'ai déjà énoncé et décrit dans deux mémoires que j'ai présentés à l'Académie en i833(i), et dont celui-ci offrira de nouvelles preuves. 2° Elle ne provient point des bourgeons qui naissent en l'an- née même de son apparition et qui doivent faire leur évolution l'année suivante, bien que ceux-ci se continuent dans elle; car la couche nouvelle pourvue de sa partie fibreuse , c'est-à- dire de ses utricules allongées, est en partie formée avant que (i) J'y ai distingué, dans la partie ligneuse de l'année, deux couches concentriques, dont l'une, celle qui sépare l'autre de la moelle, se rapporte aux feuilles, en ce que leurs nervures sont la continuation de ses vaisseaux et des Qbres qui les accompagnent; tandis que l'autre, celle qui est la plus voisine de l'écorce et qui embrasse la précédente, se rapporte aux bourgeons. Lorsque les premiers bourgeons font leur évolution en l'année même de leur naissance , il se forme une troisième couche qui représente celle qui se serait formée l'année suivante, si les bourgeons, ou leurs feuilles, ne se fussent développés que la deuxième année. Celle troisième couche de la première année, ou à son défaut la couche unique de la deuxième année, répond jonc à la troisième et non à la deuxième génération de feuilles. Ce sont des faits anatomiqnes dont je garantis l'exactitude , et qu'il es! facile de vérifier. GiRou DE BUZA.RE1NGUES. — ^ ccroissement des Exogènes. i3i ces bourgeons naissent, et a déjà reçu une grande partie de son accroissement, lorsqu'ils commencent à devenir perceptibles au microscope, et ne se présentent encore que sous la forme d'une petite masse de tissu utriculaire arrondi, hors de toute proportion avec l'épaisseur déjà acquise par la couche nouvelle. Aux faits qui déjà ont été opj)osés à la théorie de M. Dupetit- Thouars , j'ajouterai les suivans : 1° Il arrive souvent qu'en automne le bétail mange la cime des jeunes pousses de frêne, de cytise, de robinier, d'où il ré- sulte que la partie supérieure de cette tige sèche ensuite , de haut en bas, jusqu'au bourgeon le plus haut de ceux qui res- tent; mais, souvent aussi, le progrès de cette dessiccation des- cendante n'a pas, au commencement du printemps suivant, atteint ce dernier bourgeon , au-dessus duquel cependant la couche nouvelle commence à se former. 2° Dans le cytise et dans le mûrier, les bourgeons situés à l'extrémité des tiges avortent souvent sur près d'un demi-mètre de longueur. Cependant la couche nouvelle se montre quelque- fois en ce cas sur près de la moitié de cette longueur. 3» Si, aux premiers jours du printemps et avant le mouve- ment de la sève , on fait, avec du fil de fer, une forte ligature sur le trajet d'une tige , un bourrelet et la couche nouvelle se forment tant au-dessus qu'au-dessous de la ligature; et, dans cette dernière partie, la couche nouvelle se forme entre la liga- ture et le plus haut bourgeon, tant sur le corps central que sur l'écorce. Là comme ici, elle se montre, à la fin de l'été, pourvue de ses feuillets fibreux, de ses tubes ou de ses vaisseaux. J'ai répété plusieurs fois cette expérience , et j'en ai obtenu tou- jours le même résultat, même entre les ligatures lorsque j'en ai fait plusieurs, l'une au-dessus de l'autre, et qu'aucun bour- geon n'existait entre elles (t). Voyez ci-après les expériences. (i) J'ai fait, ainsi, jusqu'à cinq ligatures sur des tiges de chêne, et ne me suis pas aperçu que les deux premières années la tige devînt sensiblemeul plus mince entre les ligatures, ou au-dessous qu'au-dessus, hors le cas cependant où la tige était douée d'une puissante végéta- tion vers le sommet ; alors même la première année elle devenait plus épaisse au-dessus qu'au-? 9- i32 ciROu DE buzaheingues. — ^accroissement des Exogènes. DEUXIÈME QUESTION. D'où vient donc la partie fibreuse de la couche nouvelle ? Afin de ne rien omettre sur cette question, je vais considérer d'abord la formation de la couche nouvelle dans le corps li- gneux ou dans l'aubier ; j'ajouterai ensuite , quelques mots sur sa formation dans l'écorce. Formation de la couche nouvelle dans V aubier. Une couche ligneuse se compose de rayons médullaires, de tissu ulriculaire allongé, ou fibreux, de tubes et de vaisseaux. Les tubes manquent quelquefois, ou deviennent difficiles à dis- tinguer (le genévrier.) Des rayons médullaires. J'appelle de ce nom toute masse utriculaire , aussi mince et étroite qu'elle soit, dont les ufricules et leurs fluides ont une direction radiée de l'axe de la tige vers sa périphérie. Ces masses transversales ne sauraient être toujours comparées à des lames qui divisent la tige du centre à la circonférence, dans toute sa longueur, mais très souvent à des raies de roue, disposées d'une manière en apparence peu symétrique , de forme ovale ou el- liptique, quelquefois très allongée , et dont le grand diamètre qui se dirige dans le sens longitudinal de la tige exprime la lar- geur du rayon ; tandis que le petit diamètre en exprime l'épais- seur (2) , en sorte que le même rayon paraît dans les coupes dessous de la ligature ; mais le surcroît d'épaisseur dans la partie supérieure était dû princi- [lalement à l'écorce ; il n'était pas sensible dans le corps central , où l'on retrouvait d'ailleurs à -peu-près le même nombre de feuillets fibreux et de tubes au-dessus et au-dessous de la ligature. (i) J'appelle longueur d'un rayon sa dimension rayonnante de l'axe de la tige à la périphé- rie; largeur, sa dimension longitudinale parallèle à l'axe de la tige; épaisseur, sa dimension iangeûtielle parallèle à la langenle menée à l'exlrémité périphérique du rayon. GiROU DE BuzARE[NGOEs, -— ^ccfoissement des Exogènes. 1 33 transversales de la tige plus ou moins épais, disparaît même tout-à-fait , suivant que ces coupes se rapprochent ou s'éloi- gnent de son petit diamètre , ou du point de sa plus grande épaisseur. Cette description ne saurait convenir à toutes les plantes, ni à tous les rayons d*une même plante : dans la vigne, la cléma> tite, etc., les mêmes rayons conservent la même épaisseur d'un nœud à l'autre; et dans bien des plantes, dans toutes peut-être, il en est (les primitifs surtout) qui la conservent sur une bien grande longueur (le chêne). Les rayons médullaires s'interposent entre les faisceauK fi- breux. Ils sont d'autant plus larges et plus épais, que les masses fibreuses qu'ils séparent sont plus surcomposées. Ils sont tous, ou presque tous, à-peu-près également minces et à peine appa- rens , dans les sujets dont les feuilles sont 1res simples , très nombreuses et ne s'attachent à la tige que par un seul faisceau le genévrier). Ceux-ci n'ont que l'épaisseur d'une utricule. Mais, dans les exogènes vivaces à feuilles nervées, il en existe de diverses épaisseurs. Les rayons médullaires deviennent irréguliers, indéterminés, non apparens , lorsque, par l'effet du développement , du rap- prochement et de la distribution des tubes et autres vaisseaux, ils éprouvent des inflexions nombreuses dans une direction ra- diée ; ce qui arrive non-seulement aux plus minces et qui par leur ténuité seraient d'ailleurs à peine apparens , mais encor© à d'autres qui seraient très apparens, si leur direction naturelle n'était pas infléchie. Si l'on soumet au microscope une lame longitudinale dû corps central d'une clématite prise entre deux rayons médullaires et sur un point où la section transversale montre l'impossibilité d'un rayon qui irait directement de Taxe à la périphérie à cause de la distribution irrégulière des tubes, on aperçoit, cependant, dans cette lame, du tissu utriculaire transversal qui croise à angk droit les vaisseaux , d'où l'on ne peut s'empêcher de dé- duire l'existence de rayons qui ont cessé d'être apparens , en perdant la forme radiée. Les rayons médullaires sont ou primitifs, ou secondaires, ou i34 GiROU DE BuzAiiEiNGUES. — Accroissement des Exogènes. tertiaire^ etc., suivant qu'ils communiquent avec la moelle ou qu'ils s'en approchent plus ou moins. On peut encore les diviser en simples et en composés, suivant qu'ils sont formés d'une seule couche ou de plusieurs couches d'utricules transversales. Les rayons médullaires non apparens dans une couche peu- vent devenir apparens dans celle qui l'embrasse; il suffit pour cela, qu'ils ne trouvent plus d'obstacle à leur progression radiée. Le même rayon , qui est apparent dans une coupe transver- sale de la tige, peut cesser de l'être dans une autre coupe, soit supérieure, soit inférieure; en sorte qu'on ne peut toujours juger par l'épaisseur apparente d'un rayon de sa plus grande épaisseur. Le rayon composé peut paraître simple lorsqu'il se rapproche de la moelle. Les rayons simples deviennent composés en s'éloignant de l'axe de la tige , lorsque la pression cesse de s'opposer à leur végétation en épaisseur. Le rayon simple n'étant qu'un diminutif du composé qui lui-même peut être considéré comme un augmentatif du sim- ple , l'un peut provenir ou n'être qu'une transformation de l'autre. On voit sur beaucoup de sujets (la ronce, la clématite, le Cytise, le robinier, le chêne, etc.), les rayons médullaires croître en épaisseur en allant vers la périphérie ; et ceux qui sem- blent naître dans une couche ne sont bien souvent que la con- tinuation des rayons soit simples, soit composés, mais non ap- parens, des couches qu'elle embrasse. On ne peut cependant supposer que tous les rayons médul- laires de la couche périphérique d'un gros arbre soient la con- tinuation des rayons primitifs de la couche centrale, et l'on doit admettre des rayons adventifs (secondaires ou tertiaires , etc.), nés hors de cette première couche. J'ai vu, dans le houx, des utricules allongées, appartenant au corps fibreux, s'allonger transversalement, et recevoir la direction, radiée par l'effet de la pression latérale qu'exerçait sur elles, des deux côtés, le corps fibreux. J'ai pu, souvent, assigner la même origme, dans la vi- gne et dans bien d'autres sujets, aux rayons qui, ne partant pas GiRou DE BiJZAREiNGDEs. — AccToissement des Exogèucs. i35 delà moelle, naissent entre deux rangées situées elles-mêmes entre deux rayons, soit primitifs, soit adventifs. Lorsque des utricules ont reçu celte direction radiée, elles s'y maintiennent par la facilité de la suivre qui croît ordinairement en allant vers la périphérie. Le rayon médullaire d'une couche peut ne pas se continuer dans celle qui l'embrasse , soit parce qu'un obstacle s'est opposé à sa progression centrifuge, soit parce qu'il a réellement pris fin dans la dernière couche où son existence est apparente, par l'effet des envahissemens latéraux des vaisseaux ou du corps fibreux. Les utricules transversalement allongées dont se composent les rayons médullaires sont accompagnées de conduits inter- utriculaires. Le liquide et le gaz s'y distribuent, comme dans l'axe médullaire ; mais, ils se meuvent transversalement, au lieu de se mouvoir parallèlement aux vaisseaux longitudinaux. Là, comme ici, la dilatation du gaz est le principe du mouvement du liquide^ cette dilatation du gaz et, par suite, celle de ses con- duits doivent, par la pression qu'ils exercent sur les vaisseaux longitudinaux, influer sur le mouvement des liquides dans ces vaisseaux. Du tissu fibreux (utriculaire allongé). La forme et les dimensions de ce tissu sont absolument lès mêmes dans la couche nouvelle^ qu'à la superficie de la couche précédente (fig. i, 2, 3). On n'en peut rapporter la formation aux tubes ou aux vaisseaux : car il leur est préexistant, et con- tribue à les former euxrmêmes. Il se montre souvent, dans la couche nouvelle, avant les tubes : il en est donc indépendant sous le rapport de sa formation, bien qu'il en reçoive plus tard sa nutrition. Mais il ne se montre dans le corps ligneux qu'en- tre les rayons : et, dans la formation de la couche nouvelle, qu'après les rayons. Lorsqu'il ne rencontre aucun obstacle à son dé-veloppemenf , les utricules qui le composent sont plus nombreuses et plus grosses auprès des rayons que vers la ligne médiane qui divise l'espace compris entre deux rayons. C'est i36 GiRou DE BuzAREiNGUEs. — AccToissemeut des Exogènes. vers cette ligne, qu'on les voit quelquefois prendre la direction radiée et donner naissance à de nombreux rayons. De cette décroissance du corps fibreux, à mesure qu'il s'éloi- gne des rayons , et de ce que , dans la formation de la couche nouvelle, on voit toujours les lacunes que ceux-ci laissent en- tre eux se remplir de ce tissu , en allant de leur limite latérale vers la ligne médiane, je me crois autorisé à dire que c'est des rayons principalement que lui vient d'abord la nutrition qui le multiplie. Lorsque leur végélation centrifuge éprouve quelque obstacle, la sève qu'ils conduisent afflue sur les côtés et y déter- mine celle du corps fibreux. Il y a continuation non-seulement entre les élémens de ce corps et, sous ce rapport, entre la couche nouvelle et la précédente, mais encore, entre le corps et les rayons : on voit que la même cloison cellulaire se conti- nue dans le rayon et dans la série d'utricules allongées qui le borde : et chaque rayon se propage excentriquement accom- pagné de sa gaine, ou plus exactement de son rebord d'utricules allongées ou fibreuses, lesquelles se prolongent au-delà des li- mites du rayon qu'elles ont accompagné dans toute sa largeur (fig. I, 2, 3, 4, 9). D'où il résulte que tout le corps fibreux, qui sépare deux rayons apparens et qui ne leur est pas contigu , peut être une continuation longitudinale des bordures fibreuses des rayons qui ne paraissent pas dans la coupe que l'on a faite, mais qui eussent été apparens, si cette coupe eût été ou un peu plus haute, ou un peu plus basse, sur le trajet de la tige. Dans ceux des conifères où n'existent que des rayons simples (le genévrier) entre lesquels n'existe qu'une rangée d'utricules allongées, les connexions de ces utricules avec les rayons sont incontestables, et chacune d'elles peut tout aussi bien recevoir sa nutrition des deux rayons qui l'embrassent, que de l'utricule de formation antérieure à la sienne et qui lui est contiguë. Il devient aisé quelquefois, à l'aide du microscope , d'aperce- voir dans les utricules allongées du corps fibreux, une disposi- tion élémentaire confervoïile, qui rend facile de comprendre la transmission latérale des sucs nutritifs, des rayons au corps fi- breux. J'y ai vu nettement des cloisons transversales, qui divi- sai d'une lisière large , claire , sans nombre ni ordre déterminés. Dans toute la moitié supé- rieure de ces rameaux fructifères toute trace d'articulation disparaît : à leur place on ne trouve qu'un grand nombre de petites extrémités entremêlées. t. 12. Clodostephus selaceusS. — Des mers du Chili, et haut de 3 à 4 pouces. Les fils delà tige, gros comme une soie, présentent, à-peu-près uu pouce au-dessus de la base petite et scutiformCj des divisions au nombre de 8 à 12, à distance un peu inégales. Les anneaux ne sont pas de longueur égale. La tige et les rameaux portent des rameaux latéraux longs d'une ligne, entièrement simples et en forme de soies. Les principaux fils manquent d'articulations et ne prennent une espèce de di- vision que par la juxta-position des rameaux. Les petits rameaux latéraux qui recouvrent la plante dans toute sa hauteur s'écartent înférieurement en angle droit; plus on monte, plus l'angle qu'ils forment devient aigu, et au sommet ils sont presque parallèles aux fils principaux. Le fruit, placé aux extrémités des rameaux supérieurs, montre beaucoup d'affinité avec celui des Sphacellariaàe Lyngbye. La couleur de cette plante est vert-sale ; la consistance n'est pas fort raide ; desséchée la plante est encore flexible. i3. Conferva hrei'iarticulata S. — Des îles Canaiies et t/'ouvé parasite au Cys' 176 J. N. DK suHR. — Matériaux pour V étude des Algues. toseirafibrosa. Cette plante, quoique n'atteignant que 3 ou 4 lignes de hauteur, présente dans les fils presque la grosseur d'une soie. Tous ces fils sont munis d'une base tuberculeuse, simples, épaissis vers le haut, s'amincissant en ligne oblique vers le sommet. Les articulations sont un peu enflées ou étranglées aux ligues de séparation : celles de la partie inférieure sont aussi longues que larges; plus on monte plus elles s'élargissent en devenant moins longues et à l'extré- mité leur largeur présente au moins le double de leur longueur. Au milieu de chaque articulation on voit une petite boule qui, sous le microscope composé, paraît quelquefois compacte et qui quelquefois renferme des graines isolées. La couleur est bai, la consistance relativement très considérable. A côté des grands fils et sur la même base l'auteur en trouve encore d'autres , longs seule- ment de 1/10 ligne, et présentant absolument en miniature la structure des grands fils: ils étaient entremêlés d'un assez grand nombre de sphacelles petits, oblongs, marginés, sur les fonctions desquels l'auteur n'ose émettre d'avis. Celte espèce, de même que le C. cornea Dillw. et peut être le C fiaccida, s'écarte tellement des autres espèces du même genre dans la manière de former leurs fruits ou embryons , que la chose mérite un examen attentif : peut être ces plantes devront-elles former par la suite un genre distinct. i4. Zygnema linearis S. — Dans les ruisseaux des Antilles. Lorsqu'on ra- mollit la plante une partiedes filsse présentent isolés; d'autres se couchent les uns contre les autres dans toute leur longueur et forment de la sorte une espèce de membrane : d'ailleurs ces deux espèces de fils ne présentent aucune autre dif- férence, si ce n'est que les articulations paraissent cylindriques par suite du rapprochement intime des fils de la seconde espèce. Dans ceux au contraire qui restent isolés, les articulations sont un peu renflées au milieu ou vers le bord. Les granules qui se réunissent plus tard pour former ce que l'auteur appelle des embryons sont disposés longitudinalement dans les tubes eu 5 ou 4 rangées li- néaires. Toutes ces articulations ne sont pas de longueur égale; quelquefois leur longueur égale à peine le triple de leur largeur, d'autrefois elle en est au moins le quadruple ; elles sont opaques vers les points de séparation. L'auteur a réuni provisoirement cette plante au genre Zygnema pour ne point fonder sur elle seule un genre nouveau ; sa structure et sa manière de fructifier la rapprochent des Zygnema ^ mais la structure développée des articulations la rapproche davantage des conferves et la fait placer encore plus haut que les Mougeotia» j. E. A. GiJiLLEMiN. — Zephyritis Tailensis. i '7 '7 Zephyritis Taitewsis. — Énumération des plantes découvertes par les voyageurs dans les Iles de la Société ^ principak- ment dans celle de Taïti; Par J. B. A. Guillemin, Aide de botanique au Muséum d'Histoire naturelle de Paris. (Suite. Voy. tom. vi, nov. i836, p. 297. ) PANDANE7E. i36. Pandanus odoratissimus Linn. Syst. 878. Forst. PI. esc. p. 38. Ar- throdaciylis spinosa Forst. Char. gen. j5. — Ubique iater tropicos (Forst.) DIOSCOREjE. 137. Dioscorea pentaphylla Forst. Prodr. n. 374, — Ins. Societ. (Forst.) i38. Dioscorea hulbifera Linn. Forst. Prodr. n. S/S. — Ins. Societ. (Forst.) Taiti (Bertero et Mœrenb.) ORGHIDACE^. 139. Oberonia iridlfolia Lindl. Orchid. i5. Malaxis ensiformis Swartz. Cymbidium iridlfolium Roxh. Catal. 63. Cymbidium equitans Herb. Banks, non Sw. — Taiti (Banks.) i4o. Oberonia brevifolia Lindl. Grch. 16. Brongn. in Duperr. bot. p. 199 t. 4o. f. B. Epidendrum equitans Forst. Prodr. n. 3i6. Cymbidium equitans Swartz Act. Ups, vi. 72. Du-Petit-Thouars Orch. Afr. t. 92. Pleurothallis disticha Ach. Rich. Orchid. Maurit. p. 55. t.8. f. 1.— Ins. Societ.(Lay etCollie). Bora-Bora (D'Urv. et Lesson). Taiti (Bertero et Mœrenh.) V ulgô Erima-rima. Radix fascicularis.filamentosa, fîlamenlis albis flexuosis, parasitica , truncis ramisque arbo- rum iunascens. Folia equitantia, ensiformia, compressa, ancipitia, acuminala, plana, glabra, subcarnosa, palmaria. Scapus nudus, palmaris, erectiusculus, in maximam partem foliis tectus. Racemui filiformis, nutans, terminalis, simpHcissimus. PedicêUi minuti. Flores minimi. Spatha: VII. BoTAH. — Mars, 12 j-yS j. B. A. GUiLLEMiN. — Zephyritls Taitcnsis. ^agœ. 5y3ar//x simplicissimus. Perianthiuin piopiium nuHum. Petala quinque oblonga, paten- tissima. Nectarium deorsum posilura bilabiatum : tubus brevissimus; lab. siiperius brevissi- mum, Slam.filamenta dun brevissima, pisti!!o insidentia. ^«//(c/œ tecise labio supen'ore iiec- tàrii. Cfl/;Wa subglobosa, infera, contortd. Stam, pliiiima, mituitci, scobiformia. (Forst. mss.) i4i. TVVa/^if'a mwia/fl! Endlich. FI. Norf. n. 71. Oberonia Myosuras Lindl. Orch. 16. Epidendrum Myosurus Forst. Prodr. n. 317. Dendrobium Myosuru» Swartz Act. Ups. vi. 82. — Archip. Societ. (Forst. Lay et Collie.) Radix filamentosa, parasitrca. FoUa radicalia circiter 6 biasi infima eqnitanti vaginantia, inde oblique subdivaricata , linearia obtiisa, integerrima , siibcarnosa , supra canaliculata, gla- bra,apice parum reflexa , palmaria spithameaque. Scapus nudus erectus, racemo simplicissimo uutante terminatus, PedicelU sparsi , brevissimi. Spatliœ nnWœ.. Spadix simplicissimus. Caetera ut in Epidendro equitanli {Oheroniâ hrevifolm). (Forst. mss.) 142. Mlcrostylis Rheedii Liudl. Orcli. 21. Epidendrum resupinatum Forst. Prôdr. n. 322. Malaxis Rheedii^^ \\\à. Sp. iv. 90. Crepidium Rheedii Blum. Bijdr. 387.— Taiti (Banks. Forst.) £aJ/;r ûlamentosa, parasilica, fibrillis undulatis. FoUa petiolata, ovato-laaceolata, ecu- minata, integerrima, glabra , quasi plicata seu canaliculata, sublus carinata, carina dorsali longitudinali , suprà laete viridia, subtus lucidiora , patenlia , sesquipalmaria. Pef/o/i equi- lanles, partem tertiam scapi vaginantes, dorso carinati , intus canaliculati, laeves, semi-pal- mares. 5caD«5 teres, sulcatus, lîevis , erectiusculus, sesquipedalis. i?acem«i bipalmaris, sim- plicissimus, cylindricus. PedicelU brunnei, tereles, suîcati, sparsl, brèves, abeunt ia fructum. Rracteœ lanceolalae, sessiles, planas, j;4 poil, longœ, ad basin pedicellorum. Corolla resupi- nata. Petala 5 subreflexa , saturate purpurea ; horum 2 inferiora sursum spectantia , parabo- lica , reliquis paulo breviora latiora; 2 lateralia tenuia, lineari-oblonga, superius terram spectans iûler lobos labii inferioris nectarii , sub labio superiore protensura. Nectarium bila- biatum patens. Labium superius brevissimum, truncatum , sinuatum , iiferiora spectans; inferius longitudne petalorum, semi-orbiculare, basi profundè sinuatum, labio superiore in fundo sinus affixo, lobis s. angulis deorsùm spectantibus subacutis, denticulis acutis 4-notatis, quorum 2 intermedii reliquis 'breviores latiores. Foveolaî 3 labio infeiioris centre ad basin labii superioris. Capsula hexagona, 3-valvis, unilocularis. Semina scobiformia. (Forst. mss.) i43. Liparis revolutaMiook. et Arn. in Beecli. Bol. p. 80. t. 17. — Ins. Societ. (Lay et Collie.) i44. Liparis Clypeolum\Ànà\. Orch. p. 29. Cymbidium ClypeolumVi\[\à. Epidendrum Clypeolum Forst. Prodr. n. 323. — Taiti (Forst.) Radix parasilica. Bulbus ovatus, lateralis, emittens radiculas filiformes a latere folio op- posite. Fo/ium radicale, unicum, subrolundo-cordatum, acutum, cucuUatum é lobis basi ronniventibus , mullinerve, glabrum, sublus lucidum, palmare , reflexo-patens. Fagina pal- maris, crassa , erecta, basi connivens , apice bians, dorso carinata, carina in dorsum folii ex- currente. Foliola oblonga, erecta, alternatim vaginam folii iterum vaginantia. Scapus spitha- meus, tenuis, debilis, suberectus, mullangulus astriis pluribus excavatis totidemque elevatis carinatis, folio ad médium usque maginatus, apice racemifer. PedicelU multisulci , teretes, con- lorti, patentes, tenues, remoli, semipollicHren. Ffores longitudine pedicelli, vircnles, Bracfece j. B. A. GuiLLEMiN. — Zephyntls Taltensis. i^g squamaceae, minimae , ovalœ , aculse, connatœ , ad basin cujusvis pcdicelli. Petala 5 sumn, linearia, margine reflexa, palenlissima, postico lemolo, reliquis extrorsum spectantibus. Nec- tarium: tubus brevissinms; limbus bilabialus, Labium superius brève, tenue; inferius maxi- mum, orbiculatum, emarginatum, plauum, patentissimum. Scam. filamenta duo pistillo ad apicem neclarii adnata. Anlhcrae.... Germen inferum, turbinalum', contorlum. Stylus brevissi- mus, labio superiori nectarii adnatus. Stigma.... Capsula turbinataj contorta, 3-valvis uuilo- cularis. Sem. plurima scobiformia. ( Forst. mss.) i45. Cirrhopetalum Thouarsii Lindl. Orch.p. 58. C. umbellatum Hook. et Arn. in Beech. bot. p. 71. Oymbidium umbellatum Spreng. Syst. m. 723. Zy- goglossum umbellalum Reinwardt in Syllog. pi. 11. 4. Bulbophyllum Ion- gijlorum Du Petit-Thouars Orcli. t. 98, Epidendrum umbellatum Forst. Prodr. n. 323. non Swartz. — Ins. Societ. (Forst. Lay et Collie.) Radix filamentûsa, parasitica, filamentis undulatis. Foliitm unicum radicale, ovale, sub- carnosum, strictum, vix emarginatum, iutegerrimum,longiludinaIiter sulco in medio exaratum, énerve, palmare, lucide viridi. Petiolus pollicaris , laevis , carnosus, compressus, profunde canaliculatus , insidens basi ovata 4-5 s. 6 carinis anguiata , laevi, semi-pollicari. Scapus pe- dalis, teres, lœvis, crassitie pennsé anserinse, articulatus, arliculationibus circiter tribus constans. Umbella terminalis simplex, uniialeralis, 5-7 s. 8 fiera. Involucrum : spathœ concavœ subulaJae, ex numéro pedicellorum , ad eorum bases , quadrantem pollicis \ongx. Pedicel/i poUicares, teretes, tenues, sulcati, ad unum latus patentes, uniflori. F/orcs ûa\'i , pollicares. Corolla : Petala quinque ; i summum subrotundum, profunde concavum, cirrho termina- tum ; a lateralia paolô minora, ovato-lanceolala, acuta, obliqua, ciliata, ciliis ravis longio- ribus; 2 inferiora lineari-lanceolata , reliquis'quadruplo longiora, acuta , porrecta , convolula. Nectarium biîabiatum. Labium superius sub petalo summo , concavum, subtrifidum , laciniâ inlermediâ concavâ , lateralibus subulatis cirrho longo terminatis. Labium inferius articulatum : articulatione prima longiludine labii superioris incurva, adscendente , tereti^ suprà plana; secundâ recurvâ priori paulô majore , basi crassâ , ulrinque denticulalà. Capsula hexagona , unilocularis, contorta. 5emirta scobiformia. ( Forst. mss. ) i4G. Dendrobium bijlorum Swartz in Act. lîolm. 1800. p. 246. Ach. Rich. Fi. Nov.-Zel. t. 26. Lindl. Bot. rcg. n. 1766. Epidendrum bijlorum Forst. Prodr. u. 3i8. — Ins. Soeiet. (Forst. Lay et Collie). Taiti (Mattliews.) 147. Denarobium linguœforme Swartz 1. c. p. 247. Smith Exot. bot. t. il. R. Br. Prodr. p. 333. —Ins. Societ. (Banks.) i48. Dendrobium crïspatum Swartz 1. c. p. 247. Epidendrum crispatum Forst. Prodr, n. 3i5. — >Ins. Societ. (Banks. Forst.) i4g. Calanlhe veratrifolia Ker in Bot. reg. t. 720. Bot. mag. t. 26i5. Hook. et Arn. in Beech. bot. p. 71.-— Ins. Societ. (Lay et Collie.)] i5o. Limodorum Fasciola Swartz l.c. p. 23o. Epidendrum Tasciola Forst. Prodr. n. 32o. Vanilla Fasciola Gaudich^ in Freycin* bot. p. Itij. — Ins. Societ. (Forst.) Rûdix parasitica arborum , ûbrosa; fibris palmaribus, simj^icibus, fascicukim t'olioruna i8o T. B. A. GUiLLEMiN. — Zephjritis Taitensis. emittentibus. Folia radicalia plurima , trunco arboris appressa , linearia , carnosa , compressa-, undulata, flexuosa, laevia , obtusa , palmaria , pallide viridia. Scapi plures ex cenlro fascicuH foiioriun, tenues, teretes, flexuosi, vix bipollicares. PediceUi uniQori, alterni , incurvi , sensim versus apicem incrassati, albidi, brevissimi. Bracteœ squamaceae, alternœ, distichse, brevissimœ, ad singuluni pedicellum singulse. Cor. Petala 5, obliqua, longitudine dimidii pedunculi, concava; horum 3 superiora, intermedio majore; 2 iiiferiora ad latera labii in- ferioris neclarii. Nectarium bilabiatum : labium superius, brève, cuculiatum, pislillo adna- tum : inferius inter petala protensum, lisque paullo brevius, ejusdem lalitudinis, coneavum, calyptriforme s. calcaratum , calcare obtusiusculo, longitudine fera ipsius labii , huic fere per- pendiculariter insertum. i5i. Pterochllus plantagineaYLooV. et Arn. in Beecli. bot. p. 71. t. 17 — ïns. Societ. (Lay etCollie). Taiti (Bertero et Moerenh.)? Vulgo Tupu, tupu. Les fleurs de l'Orchidée rapportée par M. Moerenhout sont eo trop mauvais état pour que je puisse être certain que ce soit le Pterochilus plantnginea de MM. Hooker et Ârnott Cependant tout le reste de la plante est conforme à la figure donnée par ces auteurs. AMOMEiE. i52. Zingiber Zerumbet Rose, in Trans. Linn. soc. viii. 384. Amomum Zerumhet Linn. spec. 1. Forst. Prodr. n. 1. — Ins. Societ. (Forst.) Taili (Ber- tero et Mcerenh.) Vulgo Rea. i53. Amomum ? — Taiti (Bertero et Moerenh.) Vulgo Obiii Les échantillons de cette espèce sont en trop mauvais état pour suffire à sa détermination. Elle paraît voisine de XAmO" mum echinatum. MUSACEiE. i54. Musa paradisiaca Linn. Spec. 1477. — Ubique inter tropicos culta (Forst., etc.) PALMiE. i55. Cocos nucifera Linn. Spec. i658. Lam. III. t. 894, — Ubique inter tropicos ( Forst. , etc. ) CASUARINEiE. 106. Casuarina equisetlfolia^ Forst. Prodr. n. 334. — Taiti (Bertero etMœ- reiib. Less. et D'Urv.) Vulgo Aito. j. B. A. GUiLLEMiN. — Zepyhr'itis Taitensis. i8 PIPER ACEiE. 157. Piper TtiethYsticum, Forst. Prodr. n. 21. PI. escul. p. "jS. Deless. ïcou. sélect. 3. tab. 89. — Piper inebrians Berteromss. in herb. P. spurium Forst. ia herb. mus. Par.! — Ins. Societ. (Forst.) Taili (Bertero etMœrenh.) Vulgô Ava. Cette belle espèce de poivre, s: remarquable par les usages que les insulaires de Taiti en font pour préparer une boisson eni- vrante, n'ayant pas été figurée, M. B. Delessert a jugé néces- saire d'en publier une belle gravure dans le troisième volume de ses Icônes selectœ^ d'après les échantillons rapportés par M. Mœrenhout. Elle est voisine du Piper Belle Linn. {Beetla codi deRheede, Hort. malab. 7, p. 29, t. i5), mais ses feuilles sont plus cordiformes , et ses épis plus petits. i58. Piper latifolium Forst. Prodr. n. aa.Hook. et Arn. Bot. Beech. p. 70. P. methysticum L. F. Suppl. non Forst. — Arcb. Societ. (Forst. Lay et Collie) Taiti (Bert, et Mcerenb.) Vulgô Ava-irai (ex Mœrenh.; Caw/w suffrutescens , ereclus, flexuosus, teres, lœvis, glaber, ad geniculos nodosus , annu- lis elevatis ciuctus. Folïa alterna , petiolata , cordata , subrotunda , laliora quam longa , acuta , integerrima , nutanlia, suprà îucidè viridia , glabra , nervis novem elevatis flavescentibus è basi divergentibus , pollices très longa, quatuor lata. Petioli alterni , fere toti membranacei, con- cavi , vaginanles, apice tanlum teretes, glabri, lœves, patentes, vix longitudine foliorum. PeduncuU axiilares inter vaginas petioloruni et caulem très sive quatuor, brevissimi, teretes, lœves, indivis. Spicœ teretes, filiformes, erectœ , apice parum attenuatœ, palmarès, Spathœ Quilae. Spadix filiformis fructiGcationibus tectus. Perianth. nullum, Cor. nuUa. Stam. fila- menta nulla. Antherœ sessiles, oblongœ , quadrisulcae, numéro indeterminato inter gemina sparsse. Germen ovato-globosum. Stylus nuUus. Stigmata : puncta tria elevata. Sem. imnia- tura solummodo vidimus. Crescit in insulis Societatis, Marchionis , Amicorum, Novarum Hebridum, in nemoribus. Awai-waidai Taiteusibus. Wawa-vauree incolis ins. Tongatabu. Amgovimo ins. Malîi- collo incolis. Hïhob incolis ins. Tannœ. (Forst. mss.) lôg. Peperomia rejlexa Dietr. Sp. pi. 1, 180. Piper reflexum L. suppl. 91. Vohl Enum. 1, 353. Piper tetraphy llum Forst. Prodr. n. 25.— Ins. Soc. (Forst.) CauUs herbaceus, prostralus. Folia parva, terna, quaterna rarius quina, verticillata , rhombeo-subrotunda , carnosa , petiolata , nervis 3 vix conspicui. PetioU teretes , brèves , erecti. 5^icœ terminales, soiitariae, breviusculœ. (Forst. mss-. ) 160. Peperomia rhomhoidea Hook. et Ara. Bot. Beech. p. 70.— Piper acii- minatum Forst. Prodr. n. 23? non Linn. — Ins. Societ. (Forst. Lay et Collie) Taiti (Bert. et Mœrenh.) Caulis herbaceus, flexuosus. Folia alterna, sub-peholata , ovata, acuminata, 5-nervia, carnosa. Pe/ioli teretes, brèves, patentes. Spicœ axiilares, solitariae , tenuissimœ. ( Forst. mss. ) iHt. j, b. \, GuiLLEMïiv. — Zephyritis Taitensis. 161. Peperomia pallida Dietr. Sp. pi. 1. i53. Piper pallidum Forst. Prodr. n. 24. — Ins. Societ. (Forsl.) CHLORANTHACEiE, 162. Ascarina polYStachya Forsl. Char, gen. n. 69. Prodr. n. 354. — 1ns. Societ. (Forst.) Taiti (Bert.[et Mœrenh.). Vulgô Earaihau. Caulis arboreus, ramosus. Rami ascendentes, patentes, teretes, FoUa opposita, petiolata , obovata, saepe oblonga, serrata, serraturis apice callosis, versus basin intégra, attenuata, gla- bra, Isetèviridia, bipollicaria, patentia. Petioli scmipoUicares, compressi, supra unisulci, erecto- patentes, longitudine iuternodiorum. Peé'^ j3<3r c/^w^dont la divergence (voy. notre mém. sur ladisposit. des feuilles) doit être de 85° (2). Ainsi déjà, dans un grand nombre de cas, on peut distinguer un premier et un se- cond nœud d'une hauteur organique différente : continuons à examiner si cette distinction est toujours possible pour les fleurs à estivation quiuconciale dont les deux bractées sous-flo- rales sont décussées. . Recourons dans ce but à l'observation des faits qui signa- lent le passage de l'ordre déçusse à l'ordre alterne. M. Dutrochet, dans son intéressant mémoire sur la dissociation des feuilles (Ann. Mus. t. 3. 160), a très bien observé ce phénomène; mais nous ne pensons point qu'il soit dû à une force anormale des rameaux. Il se présente souvent dans la transition de la par- (1) Ce fait a déjà été remarqué par M. Poileau, à propos du Silène compacta (Annales de Soc. d'Hort. i5. 139 ) , et M. Schimper en fait également mention (Mémoire sur le Sfmp'hy- lum Zeyheri). (2) Ce résultat ne doit pas être étendu trop loin : ainsi sur le Ihyrsc des Labiées', Ipin de rtilrouver l'ordre spiral alterne dans le développement successif des gemmes déçusses , il semble que c'est à d'autres lois plu"> complexes qu'il faut recourir : certaines f^ero/iica offrent des séries de poils aflologues à celles de l'Âhine , si ce n'est qu'elles existent des deux côtés. L. et A. BRAVAIS. — Disposition des inflorescences. 2 1 3 tie végétative à la partie florale d'un même axe végétal : conten- tons-rjous de citer ici les Salicaires, Dipsacées, Synanthérées à tiges décnssées, ^ntirrhinum^ Verbena : la partie végétative elle-même en offre aussi des exemples fréquens (^Linum mariti^ mum^ EupatoriumCorsicwn), et pour prouver combien le voi- sinage de la fleui tend à faire prédominer l'ordre alterne, nous citerons ici le fait de la tige décussée du Melaleuca hjpericifolia qui devient alterne curvisériée à l'épi floral et se prolonge , l'an- née d'après, en une tige foliacée décussée. Quoi qu'il en soit, voici un exemple, pris sur un rameau de Genisia juncea, des divergences variables qui amènent ce changement de disposi- tions : o est la feuille-mère , on a ainsi de à I = 90°. 1 à 2 == 170% presque opposiciôn. 2 à 3 = ii4o. 3 à 4 =i43°- même hauteur, presque opposition. 4à5:=i4o*. 5 à 6 = 1 20". 6 à 7 = i55'': uiême hauteur, presque opposition. 7à8=i:i3l°. 8 à y r= i38°, et les suivans de même. Angle moyen ( I ) = 1 34°. Nous avons choisi cet exemple de préférence à d'autres, à cause de l'Isolement accidentel où se trouve ici la feuille 5 qui d'ordinaire est accouplée avec 6, lorsque les quasi- oppositions se prolongent jusque-là, La valeur apparente ou réelle des diver- gences est donc déterminée en grande partie par la longueur des mérithalles, les angles se déformant plus ou moins lorsque les feuilles sont insérées à même hauteur, et cette déformation tendant toujours à reproduire les angles du verticille ana- logue. (2.) ( i) , Ces angles ont été pris avec toute la précision dont ce genre de recherches est suscepti- ble, et en. s'aidaat du compas. La divergence oi doit être moins exacte que les autres. (a) Nous croyons devoir reproduire ici l'extrait d'une note additionnelle., envoyée le<2 3 avril i83ô aux commissaires chargés d'cxamincrnotre Mémoire sur la disposition des fmill es. «Nous 2i4 L. et A. uRAVAis. — DisposUiou des infloresceuces. Il résulte de là que la position de la feuille 3 est très sujette avarier, et que sa divergence secondaire peut occuper toutes sortes de valeurs entre l'angle théorique Sa* 1/2 et l'angle nul qui correspond à la décussation réelle. Même , dans certains cas où l'ordre alterne est incontestable, on reconnaît facilement que la divergence secondaire de la feuille 3 est trop faible : ainsi, sur les dernières ramifications de l'agrégat floral corymbiforme d'un Achillea , la feuille-mère se soude avec le pédoncule de la cala- thide jusqu'à toucher l'involucre : les feuilles i , 2 et 3 du ra- meau deviennent les premières folioles de cet involucre dont l'ordre spiral curvisérié est évident, et cependant l'angle dont la feuille 3 se trouve en excès est moindre que la divergence en sens contraire de la feuille 5 et ne peut guère s'estimer qu'à 3o°: sur le Genista cité plus haut, cet angle était de 24° : sur les jeunes pousses curvisériées du Cactus phyllanthus ^ sur les ra- meaux des Diosma fragrans, Laurus nobilis ^ etc., on observe des faits pareils. Un genre analogue de déviation se retrouve dans le quinconce calicinal formé par les cinq feuilles 5, 4> 5, 6, 7; en vertu de la tendance verticillaire des feuilles géminées, les angles, au lieu d'être alternativement égaux à 52° 1/2 et à 85°, paraissent tous à-peu-près égaux entre eux et à 1/5"" de la cir- conférence ou 72" : le sépale 4 est tout-à-fait adossé contre l'axe (fig. 37), et les sépales 3 et 5 sont à une distance égale de la ligne médiane antérieure : on peut très bien observer cette dis- position [sur les fleurs sessiles des Salsola, etc. Les trois sépales - avons été coudukis à réfléchir sur un cas où la constance des divergences semble être un peu en <> défaut, nous voulons parler de celui où les feuilles sont rangées en faux verticilles. Il est rare « alors que l'inégalité observée entre les angles de l'anneau atteigne la valeur que notre théorie - lui assigne; or, ceci peut tenir en grande partie à la pression latérale que les feuilles ou les « nœuds vitaux contigus exercent les uns sur les autres, et c'est là une de ces. causes de pertur- • bation locale qui, atteignant isolément chaque insertion, rentrent parmi celles dont nous • parlions au § 3 du Chap. premier , et n'altèrent en rien l'ensemble du système » ; et plus loin : B On peut rapporter chaque insertion en un point idéal placé sur un cylindre ou cône « interne idéal hù-même; on la concevra ne pouvant dévier de sa position typique et normale " que dans des Wmiies déjuùes , quel que soit l'allongement delà tige, et peu importe alors de « considérer comme réelles les déviations observées , ou de les croire simplement apparentes. « Quelle que soit l'opinion adoptée dans cette question, laquelle se rattache à celle soulevée - par M. Cassini sur la position relative des cotylédons dans les plantes à feuilles alternes, la « loi sur la constniK-e de la divergciicp n'en est pas sensiblement altérée. >> L. et A. BRAVAIS. — Dispositiofi clcs inflorescences. 21 5 7, 4, 6 paraissent supérieurs aux deux autres 5 et 3, ce que nous exprimons par la formule ^ ou plus simplement 7: cet état de choses est même tellement fréquent , qu'il peut être considéré comme étant l'état normal des fleurs quinaires : les cinq pétales alternent ensnite dans les intervalles angulaires du quinconce calicinal. Il est très digne de remarque que les fleurs axillaires irrégulières n'en ont pas moins un plan de symétrie passant à-la-fois par l'axe central et leur axe propre, et tel que les or- ganes semblablement placés à droite et à gauche de ce plan sont semblables : ainsi, à part l'influence de l'estivation , lorsqu'elle existe, les sépales 6 et 7 ne diffèrent point; il en est de même des sépales 3 et 5 (1), et l'on retrouve la même loi sur les pé- tales et même sur les étamines. Ce groupement symétrique a été très bien aperçu par M. Moquin (Ann. t. 27. 225 et suiv.), et antérieurement à lui par M. A. Brongniart (Ann. 23. 238); mais nous ne pouvons, avec ce dernier savant, y reconnaître l'effet de l'ordre spiral qui ne joue ici qu'un rôle secondaire. Des phénomènes analogues se présentent par/bis dans les ra- meaux déçusses, et principalement dans l'inflorescence; ainsi, sur plusieurs Jusliciay Pogostemon plectranthoides, la rangée de fleurs adossée à l'axe avorte, et son opposée située au-dessus de la feuille-mère est plus fournie que les latérales : dans le thyrse central, ces différences disparaissent, de même que dans une fleur terminale péloriée. Sur le Thuya, les deux rangées la- térales de droite et de gauche sont stériles sur chaque rameau; la rangée adossée à Taxe, et celle située au-dessus de la feuille- mère sont seules fertiles, et offrent même des relations particu- lières qu'il est inutile de considérer ici. Quelquefois le calice, au lieu d'être organisé suivant là for- mule habituelle \ , l'est suivant la formule |, comme on le voit dans beaucoup de Légumineuses (fig. 1 2 ) et sur les Rhododen- drum : nous pensons que cette diversité ne vient que de la pe- titesse actuelle de la divergence secondaire de la feuille ou sé- pale 3; Ton peut même supposer ce premier sépale déçusse avec (i) Ainsi sur uoe fleur de Polygoniim Convolvuliis , le sépale 3 ( fig. 37 ) esl foliacé, tandis que le sépale 5 a sa moitié de droite prlaloïd<' par suite du recouvrement auquel elle est soumise. •2 1 6 L. et A. BRAVAIS. — DlsposUion cles inflorescenccs . les deux feuilles primordiales , et l'ordre spiral alterne sera censé venir immédiatement après. Les Cassia , en effet , offrent presque tous les intermédiaires possibles entre les valeurs ex^ ^rémes de cet angle depuis o° jusqu'à Sô"* : l'estivation est très ^rsible dans ce genre ; elle est encore distincte sur les jeunes boutons du Cercis Siliquastrum ; et les deux bractées sous -flo- rales, si rares dans les Légumineuses, cessent d'avorter sur ses pédoncules (C^mi-), et même elles y naissent ordinairement à des hauteurs différentes. Ajoutez à ces preuves que le sépale premier est le plus souvent externe aux autres et placé évidem- ment en dehors ( Robinia hispida , quelques Oaonis , Pisum salivum et la plupart des Viciées). Dans le cas actuel, c'est le sépale 6 (fig. 12) qui est symétrique avec 5, et 7 avec t\. Les mêmes mutations ont eu lieu pour les pétales : amsi le plan de symétrie n'a pas changé. On peut donc dire en généralisant que a dans une fleur quinaire dicotylédone qui termine un « pédoncule axillaire binodal, le calice étant organisé d'après « la formule \ ou d'après celle \ , il existe un plan de symétrie « passant par la feuille-mère et par l'axe géométrique de la tige « centrale ». Les belles recherches de M. Moquin (Ann. t. 27, p. 2 56 et suiv. ) ramènent toutes les corolles quinaires à l'une de ces deux classes de faits , et confirment , sauf quelques cas fort rares, notre proposition. La cause la plus influente sur le développement des organes floraux est donc leur position rela- tivement au plan de symétrie; on peut même présumer que, dans certaines familles , les Labiées et les Légumineuses par exemple, c'est sur le plan de symétrie qu'il faut chercher les organes normaux non déviés du type originaire, du type de la fleur péloriée : ainsi il suffirait, pour expliquer les fleurs résupi- nées des Arachis , Trifolium resupinatum , etc., d'admettre un léger changement de position de la feuille 3 ou sépale premier, en lui faisant dépasser la verticale d'un angle de 36°. Quoi qu'il en soit, l'étendue des variations de position de la feuille 3 permettant également d'admettre la décussation pri- mordiale, ou une simple gémination, nous pouvons encore ici distinguer, au besoin , ww premier et un second nœud situés aux aisselles des doux bradées sous-florales. L. et A. BRAVAIS. — DlsposUion des inflorescences, a 1 7 L'ordre de notre travail nous conduit actuellement aux feuilles quinaires, dont l'estivation calicinale diffère du quinconce. De- puis l'époque où M. De Candolle (Organ. t. i. p. SaS) considé- rait ce dernier mode comme un état anormal, une déviation de l'ordre symétrique, les idées ont changé sur ce point, et la plupart des botanistes paraissent aujourd'hui portés à consi- dérer les calices quinaires comme une spirale contractée. Toutes leurs estivations possibles se réduisent aux cinq suivantes : 1° lavalvaire; 2" contournée, qui n'en est peut-être qu'une dé- rivation par torsion ; 3° quinconciale ; 4' spirale; 5° involutive ou papilionacée. M. A.Brongniart (Ann. t. 23. p. 228etfig. i3) a déjàrattaché au quinconce les deux derniers modes. Il est à noter de plus que ces estivations sont, comme le quinconce, susceptibles de deux formes différentes, la forme dextrorse et la forme sinistrorse , liées avec le sens de la spire pédonculaire : ainsi dans le Cercis Siliquastrum .,s>\ la spire pédonculaire est dextrorse, l'estivation involutive de la corolle aura la forme (fig. i3) , et dans le cas in- versenous aurons la forme contraire (fig. i3 bis). L'on retrouve donc encore ici l'influence de l'ordre spiral sur l'estivation, et probablement cette cause réside dans la spire génératrice pé- donculaire. Nous croyons de plus que les estivations valvaire et contournée doivent encore se rapporter au même type. N'existe- t-il pas des Caryophyllées gamosépales et valvaires à côté d'autres polysépales et imbriquées? des Solanées et Borraginées gamosé- pales à côté des Pétunia et Cerinthe, des Personées Acanthacées et Labiées à estivation quinconciale [DigitaliSy Scrophularia, Justi- cia, Betonica, etc.) à côté d'autres dont l'estivation est indistincte? Et dans le même genre {Andromeda, Echiuni) certaines espèces ne sont-elles pas quinconciales et d'autres valvaires? On ne peut guère admettre que des formes calicinales essentiellement diffé- rentes existent dans des plantes d'une affinité si marquée. Si donc l'un de des deux états est une dérivation de l'autre, c'est l'état val- vaire qui doit être subordonné au quinconce, et si ce dernier n'était qu'une anomalie de l'autre , on ne verrait pas pourquoi la spire calicinale serait toujours exactement la continuation as- cendante de la spire du pédoncule. En admettant notre théorie^ ai8 L. et A. BRAVAIS. — Disposition des inflorescences. il est facile de concevoir l'estivation valvaire : l'état gamosépale de certains involucres de Composées (Tage tes jHelminthiaj etc.), la comparaison de l'involucre trifide des Lavatera avec l'invo- lucre triphylie et spirale des Mauves seront des inductions de plus en sa faveur. Enfin sur V Hfpericum peiforatum ^ si la spire pédonculaire est dextrorse, l'estivation de la corolle est contour- née dextrorsum , et elle l'est sinistrorsum dans le cas contraire. C'est donc par le moyen de l'estivation quinconciale, masquée ou apparente , que se fait le passage de l'ordre alterne de la tige à l'ordre verticillaire par cinq, comme on peut le vérifier entre autres sur les fleurs terminales de XAquilegia vulgaris.'Da reste, les déformations de la spire quinconciale sont fréquentes; par- fois la déformation est constante, et M. A. Brongniart en a cité des exemples; parfois elle est accidentelle et variable, comme nous aurons occasion d'en citer divers cas par la suite. C'est surtout lorsque les sépales se recouvrent dans l'ordre de la spire génératrice (boutons d'Helleborus/oetidus) que les défauts de chevauchement sont le plus faciles à reconnaître : souvent, dans cette plante ( fig. i4 et i4 l>is) ^ le deuxième sépale recouvre le premier, ou le troisième le second, ou etc, , et pour compléter ces bizarreries, nous avons vu une fois le premier sépale ou feuille 3 recouvrir la bractée sous-florale n" i. Il n'est pas sans intérêt d'étudier l'influence d'un faux recouvrement sur la va- leur apparente de l'estivation ; mais ce point spécial nous en- traînerait trop loin de notre plan. Ce n'est pas seulement dans les fleurs à cinq sépales que nous sommes conduits à admettre une spirale calicinale suite de la spirale des bractées. Dans les fleurs à deux sépales , nous cite- rons comme appartenant à la même loi celles des Portulaca, lalinum, Calandrinia, Papaver Rhœas et bracteatum , Cheli- donium majus ; dans celles à trois sépales, le Ranunculus Fica- ria, et dans celles à 4 ou 6 sépales on retrouve encore parfois des traces de l'ordre spirale. Enfin quelquefois, les pièces du périgone étant décussées , les deux bractéoles doivent l'être aussi: ainsi dans les Fumana, Corydalis, Basella, Enca.Evonjmus, Sagina, Epimediam, etc. , on trouve les deux sépales externes déçusses , l'un antérieur et L. et A. BRAVAIS. — Disposition des inflorescences. 21^ l'autre postérieur.!! n'est plus possible d'admettre ici un premier et un second nœuds ; aussi nommerons-nous Cimes orthogones celles qui appartiendront aux plantes ainsi conformées. Ainsi c'est de l'aisselle des deux bractées sous-florales que pro- viennent les fleurs successives de la cime binodale , et , quand ces bractées avortent, les pédoncules axillaires naissent du lieu qu'elles auraient dû occuper. Nous aurons à examiner d'abord le cas où un seul des deux nœuds est fertile, circonstance qui donne aux cimes dicotylédones un faciès particulier propre à les faire reconnaître au premier coup-d'œil. Résumons maintenant les conséquences principales de ce pa- ragraphe préliminaire; elles peuvent se réduire aux suivantes. 1" Le plus grand nombre des fleurs dicotylédones ont leur pédoncule muni de deux bractées latérales , tantôt développées, tantôt plus ou moins complètement avortées; 2» Ces deux bractées sont le plus souvent les premières feuilles d'une spirale qui part de la feuille-mère et se continue avec les sépales ; et quand elles sont insérées à des hauteurs inégales , cette circonstance suffit pour indiquer si le pédoncule est dex- trorse ou sinistrorse ; 3° Dans les calices à sépales libres, il est souvent aisé de re- connaître le sens de la spire calicinale, et de leur estivation l'on arrive à conclure le sens de la spire pédonculaire ; 4° Dans les calices gamosépales, l'analogie prouve que l'or- ganisation intime est la même ; 5° Dans les Légumineuses, le premier sépale est plus rappro- ché qu'à l'ordinaire de la ligne médiane, ce qui modifie la forme de la fleur, sans détruire ses rapports d'organisation générale; 6* Les deux bractées peuvent être opposées-décussées : elles peuvent aussi ne pas exister. 2 20 L. et A. BRAVAIS. — Dispositioii des inflorescences. § 5. Cime unipare hélicoïde. Cette sorte de cime sera évidemment susceptible de deux mo- difications, selon qne la reproduction du pédoncule aura lieu par le premier ou par le second de ses nœuds ; c'est le nœud supérieur qui nous a paru se développer constamment dans les cas incontestables de cime unipare hélicoïde observés sur les plantes suivantes : Linwn strictum, Ipomœa Bona nox, cocci- nea, purpurea et ISil^ Hjpericum humifusum, E Iodes elperfo- ralum. Prenons pour exemple \ Ipomœa Bona nox (fig. ï5 ). En examinant dans sa position axillaire le premier segment du pseudothalle , nous trouvons une fleur terminale à spire quinconciale dextrorse ou sinistrorse : les premier et troisième sépales occupent leur position normale*, les deux bractées laté- rales existent , mais petites et caduques. Nous distinguons facir lement la bractée inférieure par le sens de l'estivation ; elle est située au point de dichotomie qui sépare le pédicelle de la pre- mière fleur et le pédoncule suivant ; la seconde bractée, au con- traire, donne naissance à un nouveau pédoncule et se soude plus ou moins avec lui , mode de soudure dont nous aurons bientôt de nombreux exemples. Le second pédoncule est orga- nisé de même que le premier : le sens de sa spire est pareil ; il en est de même du troisième et des suivans. Nous trouvons ainsi sept ou huit fleurs consécutives toutes homodromes, ran- gées autour du pseudothalle en une spirale apparente qui, après quatre pas , revient sur la verticale , résultat conforme à la divergence secondaire de la feuille i , que nous savons être de 85°. Ordinairement ces cimes sont dichotomes à leur base, c'est-à-dire que, sur le premier pédoncule, le nœud inférieur est lui-même fertile, quoique d'un développement moindre et fleurissant un peu après l'autre : mais le pédoncule que fournit ce nœud est antidrome , et la cime partielle qui en provient , quoique hélicoïde dans son ensemble , est antidrome avec l'autre cime partielle provenant du nœud supérieur. Les Ipomœa purpurea et coccinea nous offrent parfois de ces erreurs d'imbrication cidicinale dont nous nous sommes occuprs L. et A. BRAVAIS. — DisposiUon des inflorescences. 221 précédemment : un peu d'habitude suffit pour ramener ces ca- lices déformés à leur valeur normale. Les cimes de ces plantes, celles àwLinum strictum y sont moins faciles à reconnaître au premier coup-d'œil que celles de Vlpomœa Bona nox, vu qu'elles offrent un moindre nombre de fleurs ; mais leur organisation est identiquement la même. Nous avons donc ici un premier exemple de cimes dans les- quelles le nœud supérieur a une prédominance marquée de dé- veloppement sur l'inférieur , et où l'évolution des nœuds vitaux d'un même axe se fait en quelque sorte de haut en bas , évolu- tion fréquente dans l'inflorescence, et que nous désignerons sous le nom d'étfoluiion descendante. Les cimes biflores des Géranium français peuvent être consi- dérées comme des commencemens de cime hélicoïde, avec cette différence que le développement a lieu par le nœud inférieur ; mais ces cimes étant plutôt terminales qu'axillaires , il est con- venable de n'en rien conclure. Voyez § 6. ("La suite au prochain cahier J Observations d'Esprit Fabre sur la structure^ le déi>eloppe' ment et les organes générateurs d'une espèce de Marsilea trouvée dans les environs d'Agde. 11 y a près d'un siècle, le botaniste le plus distingué de l'é- poque, le savant et modeste Bernard de Jussieu, professeur au jardin du Roi, directeur du jardin de Trianon, appela l'atten- tion des naturalistes sur rorganisatiori singulière d'une petite plante aquatique, le Pilularia. Aujourd'hui, c'est un homme tout autrement placé dan? l'é- chelle sociale comme dans l'échelle scientifique , qui va attirer les regards des sa vans sur une autre plante de la même famille; c'est un simple jardinier maraicher de la ville d'Agde, qui, sans autre éducation que celle des écoles primaires, sans autre se- 222 EsmiT FABRE. — Nouuelle espèce de Marsilea. cours que la Flore française et une simple loupe, a étudié avec succès l'intéressante végétation des environs d'Agde. Mais cet lionime est également distingué par cette exactitude et cette sagacité qui font les grands observateurs, et par son aimable modestie. Entre le Mont St-Loup d'Agde et la mer Méditerranée, au milieu d'un terrain entièrement volcai:ique , on trouve un petit enfoncement où séjournent, pendant l'hiver, les eaux pluviales. Dans cette petite marre qui esta sec la moitié de l'année, M. Es- prit Fabre a trouvé une espèce de Marsilea qui me paraît nou- velle, et que je me propose d'appeler Marsilea Fabri , nom sous lequel elle est déjà désignée au Jardin des Plantes de Paris, (i) Nous allons en donner la description , et dévoiler la struc- ture mystérieuse de son appareil générateur; mais ici, c'est M. E. Fabre qui va parler, nous ne faisons que lui prêter notre plume. Le Marsilea Fabri (2) peut être caractérisé de la manière suivante : Marsilea Fabri ; foliis approximatis , duplici série dis* positisj quadrifoliolatis, longe petiolatis ; foliolis pubescentibus; petiolulis crassis rubris ; involucris capsuliformibus , pilosis , approximatis , biserialibus. Il a une tige cylindrique, d'environ une demi-ligne de diamètre , légèrement noueuse et un peu fléchie alternativement à droite et à gauche, horizontale, cou- chée sur la terre et ordinairement recouverte d'eau. De sa par- tie inférieure, appuyée sur le sol, naissent de nombreuses ra- cines noirâtres, filiformes et simples à leur naissance, plus tard chargées de chevelu dans toute leur longueur. De sa partie supérieure, s'élèvent des feuilles alternes, disposées en deux séries parallèles fort rapprochées. Les feuilles sont verticales, composées d'un long pétiole cylindrique, terminé par quatre folioles. Les pétioles, dont la longueur est de 3 à 4 pouces, et le diamètre d'environ un huitième de ligne, sont filiformes, un peu podus, verts dans la plus grande partie de leur lon- (i) Voyez pi. 12, fig. I, où la plante entière est représentée de grandeur naturelle. (2) Cette plante serait-elle le Marsilea pubescens de Tenore, caractérisé par cette courte phrase: M. rvzzsczvs : foliis quaternis, integerrimis ^ pubescentibus ; fructibus sessilibus , aggregatiSf villotis? ESPRIT FABRE. — Noui>elle cspèce c/e Marsilea. 2^5 giieiir, mais jaunâtres à leur base et rougeâires à leur sommet. Les folioles qui les terminent sont presque verticillées ; cepen- dant deux d'entre elles , contigiiés , sont un peu plus infé- rieures que les deux autres qui sont également géminées ; cha- cune d'elles a un pétiolule assez épais, presque glanduleux, très court et fort remarquable par sa couleur rouge. En forme de coin , arrondies , demi cartilagineuses et très légèrement crénelées à leur bord supérieur, ces folioles portent à leur base et sur leur surface inférieure, de longs poils mous, blanchâ- tres (i); elles sont d'un vert glauque et très finement striées par de nombreuses nervures flabelliformes. On voit, à la base de chaque feuille, un très court pédioelle (de deux lignes de longueur environ), horizontal, perpendi- culaire à la feuille, conique, aigu, arqué, auquel adhère étroi- tement, dans toute sa longueur, un involucre capsuliforme qui est véritablement sessile, puisque le pédicelle en fait par- tie, étant compris entre les deux valves qui le composent. Cet involucre à deux valves, épais, coriace, est à-peu-près globu- leux-lenticulaire, presque triangulaire, d'une à deux lignes de diamètre sur une ligne d'épaisseur. Jeune, il est vert, revêtu de poils courts et terminé par une pointe presque glanduleuse, rouge» luisante et obtuse (a); il devient glabre et d'un roux noirâtre en vieillissant; sa position est un peu oblique sur la tige. Ces involucres ont souvent été pris pour des fruits. Comme on en trouve un à la base de chaqne feuille, et que celles-ci sont très rapprochées, il en résulte que les involucres se touchent^ et sont disposés en deux séries parallèles très rap- prochées. Quand on coupe en deux parties égales un de ces involucres, en faisant passer l'instrument tranchant par le pédicelle et par la suture ventrale, on le divise en deux parties, dans l'intérieur de chacune desquelles on aperçoit quelque chose d'analogue à des cloisons incomplètes qui divisent l'involucre en loges, où l'on voit de petits corps secs, globuleux ou elliptiques de deux (i) PI. I, fig. laa , où l'on voit une sommité de feuilles grossies. (2) Voyez la fig. i b. de la planche r, où un jeune involucre est représenté grossi. a24 ESPraT FABRE, — Noupelle espèce de Marsilea. dimensions différentes (i). Cette observation, faite dans une ou plusieurs autres espèces de Marsilea , a porté les botanistes à dire que les involucres des Marsilea étaient divisés en loges par de minces cloisons. Nous verrous bientôt que ce n'était qu'une apparence trompeuse. Tant qu'il y a un peu d'humidité dans la petite mare où se trouve le Marsilea Fabri, sa tige continue à pousser horizon- talement, en donnant naissance à de nouvelles racines et à de nouvelles feuilles. Celles-ci, lorsqu'elles commencent à paraître, sont légèrement roulées en crosse à leur sommet. Dans la der- nière pousse de l'année, on ne voit pas ordinairement d'invo- lucres naître à la base des feuilles. (2) Dès que les Marsilea manquent d'humidité, leurs feuilles s*^ dessèchent et tombent. On voit alors, couchées sur la terre, les tiges horizontales chargées de leurs involucres, telles qu'elles sont représentées pi. 12, fig. 1. Si ces plantes conservent de l'hu- midité pendant toute la belle saison, sans être complètement inondées, leur végétation n'est plus arrêtée que par le froid de l'hiver (3). Dans ce cas, ce n'est pas la sécheresse de l'été, mais le froid de l'hiver qui produit le dessèchement ainsi que la chute des feuilles; et ce n'est qu'à cette époque qu'on voit les tiges involucrifères dénudées au fond de la mare. De nouvelles feuilles ne naissent pas de ces tiges. (4) Au retour de la saison nouvelle, quand il ne reste dans là mare qu'une petite quantité d'eau, et qu'une chaleur vivifiante ranime tous les êtres , le M. Fabri se reproduit par le dévelop- pement de l'appareil générateur renfermé dans ses involucres. Ceux-ci étant sous l'eau, la chaleur les dilate et les fait ouvrir ( i) Pl. i3, fig- 3 , où l'on a représenté l'intérieur de h moitié d'un^iavolucre. (2) Pl. 12, fig. I c. (3) Peut-être des inondations considérables qui recouvrent la plante de plusieurs pieds d'eau arrêtent-elles aussi la végétation ; mais nous n'en avons pas la certitude, et , s'iren'est ainsi , nous ne savons pas quel est alors le mode de destruction des feuilles. (4) M. Fabre, dans un second mémoire qui seia bientôt imprimé , reconnaît que ceci est une erreur , et que la plante est vivace. ( Note de l'éditeur.) ESPRIT FABRE. — Nouvelle espèce de MarsiLea. 22^ en deux valves (1). Si l'on détache une de ces valves (2), on voit que le pédicelle placé entre les valves est articulé dans sa partie moyenne ; on voit aussi que sa portion située au-dessus de l'articulation donne naissance à des ramifications qui recou- vrent tout l'appareil générateur. Ces ramifications, examinées lorsqu'elles sont flétries par la dessiccation , sont les organes qui ont été pris jusqu'ici pour des cloisons; elles naissent à l'in- térieur de l'involucre , de l'article supérieur du pédicelle , que nous nommerons désormais réceptacle. EWes s'anastomosent entre elles, et se subdivisent d'autant plus qu'elles s'éloignent davan- tage de leur point de départ (3) ; leurs dernières divisions sont d'une extrême ténuité, et vont se terminer dans les petits épis dont nous parlerons bientôt. L'involucre étant ouvert, on en voit bientôt sortir un cordon mucilagineux qui porte six à dix épis sessiles, et qui est roulé en anneau (4)- Si l'on enlève les deux valves de l'involucre , quand l'anneau mucilagineux est à demi développé, on voit que les ramifications du réceptacle vont se terminer dans les épis latéraux (5). Un peu plus tard, l'anneau mucilagineux, en gran- dissant, entraîne les épis qui restent sessiles sur sa surface, et ainsi se trouvent rompues les' communications de ces derniers avec les dernières ramifications du réceptacle (6). Plus tard en- core, on voit l'extrémité supérieure du cordon mucilagineux qui constitue l'anneau, se détacher de l'intérieur de l'involucre auquel elle adhérait (7). Bientôt ce même cordon se redresse complètement (8). Ce n'est plus alors un anneau, mais un pé- doncule dressé qui porte sur chacun de ses côtés trois à cinq (i) PI. i3, fig. 5 et 6 : fig. 5 de grandeur naturelle; fig. 6 très grossie. (2) Pi. i3, fig. 9, qui représente très grossi un involucre gonflé par l'eau, dont on a déta- ché une valve. (3) Dans la figure 8a, elles sont représentées isolées d« l'appareil générateur qu'elles ren- ferment. (4) PI. 13, fig. 7. (5) PL i3, fig. II. (6) PI. 1 3, fig. 7. (7) PI. 1 3, fig. 10. (8) PI. i3,fig, 12, lia. VII. BoTAH. — Avril. i5 aaô ESî»Riï FAERE. — NouvcUe espèce de Marsilea. épis sessiles, tantôt opposés à ceux de l'autre côlé (i), tanlêt alternes (2). La portion terminale de ce pédoncule esttoujonrs nue; il est composé d'un tissu cellulaire extrêmement délicat, à peine anguleux, très diaphane, gorgé de sucs muqueux, dans les cellules duquel on observe au microscope quelques globules sphériques excessivement petits. (3) Les épis , de forme elliptique et de 2 à 3 lignes de longueur sur environ une ligne de diamètre (4) , sont d'abord enveloppés d'une sorte de membrane muqueuse. Ils se composent de deux sortes de corps serrés les uns contre les autres, rangés en spi- rale d'après la disposition 2/5, si la petitesse des objets ne nous a pas induit en erreur dans la détermination de cette disposi- tion. Les deux sortes de corps qui composent ces petits épis sont des ovules et des anthères. Tantôt ils sont mêlés les uns avec les autres; plus souvent les ovules se trouvent d'un côté de l'épi, et les anthères du côté opposé (5). La position des épis est ordinairement telle , que le côté qui porte les ovules est supérieur à celui où se trouvent les anthères. (6) Les ovules , au nombre de dix ou quinze dans chaque épi , sont de petits corps blanchâtres, demi transparens, ovoïdes, obtus à une de leurs extrémités, terminés à l'autre extrémité par un étroit mamelon jaune (7) , entouré d'une sorte de calotte circulaire (8) proéminente, mais que le mamelon dépasse. La cavité de ce corps est remplie d'un liquide demi transparent, dans lequel nagent de nombreux granules elliptiques ou sphé- riques (9). Le mamelon terminal des ovules est toujours tourné vers les anthères. Les anthères (10) sont de petits parallélipipèdes aplatis, ar- (i) Pl. i3, fig. la très grossie. (a) Pl. i3, fig. i3 , de grandeur naturelle. (3) Pl. i3,fig.2i. (4) Pl. i3,fig. iZeee. (5) Pl. i3,fig. i4-i5-i6. (6) Pl. i3, fig. 16. (7)P1. i3,fig. 17. (8) Pl.i3,fig. 17*. (9) Pl. i3, fig. 18. (10) Pl. i3, fig. i5a, 16 a, et 19 qui représenle une anthère isolée 1res grossie. ESPRIT FABRE. ' — Nouvelle cspèce de Marsilea. 227 rondis à leurs deux extrémités. Elles se composent d'un sac membraneux , fort mince et fort transparent, dans lequel on voit de nombreux grains de pollen. Ceux-ci sontsphériques ou elliptiques, souvent pointus d'un côté. Quand on les écrase sous le microscope , on en voit sortir des granules sperma- tiques d'une extrême ténuité, (i) Quand la fécondation est opérée, les ovules se détachent et tombent au fond de l'eau , où nous observerons tout-à-l'heure leur germination. Mais, dira-t-on sans doute, sur quelle preuve assure-t-on que les corps qu'on nomme ici des ovules sont fécondés par ceux qu'on nomme des anthères? Le voici : M. E. Fabre a isolé dès anthères et des ovules dans des vases différens, où se trou- vait l'eau nécessaire à l'exercice de leurs fonctions réciproques. Les uns et les autres sont restés stationnaires jusqu'au moment de leur décomposition putride; tandis que, lorsque les an- thères et les ovules ont été réunis dans le même vase , on a vu les parois des anthères se rompre et les grains de pollen se ré- pandre autour des mamelons jaunes des ovules , à la surface de l'eau ; enfin il est arrivé un moment où les ovules se sont déta- chés des grappes pour gagner le fond de l'eau , et, au bout de sept à huit jours, du mamelon jaune qui termine chaque ovule, et qui paraît avoir joué le rôle de stigmate pendant la tfécon- dation , on a vu naître un petit caudex cylindrique , jaunâtre , qui, après avoir pris quelque accroissement, s'est implanté dans la terre par son extrémité. De chaque côté de la partie in- férieure de ce caudex, sont nées bientôt des radicelles de même couleur qui se sont implantées dans la terre , et sont devenues vertes en même temps que le caudex , dix à douze jours après la naissance de ce dernier. De l'origine de celui-ci , on a vu , à cette époque , s'élever verticalement un filet capillaire qui n'é- tait autre chose que le pétiole d'un cotylédon dont le limbe s'est montré lancéolé ; d'autres pétioles ont paru successivement après le premier , les uns terminés par une seule foliole cunéi- forme, d'autres par deux, par trois et enfin par quatre. (0 PI. Il.flg, ÎO. i5. TiîS ESPRIT ïABRE. — Nout^elk cspècc de MarsiJea. La tige du Marsilea Fabri s'étend horizontalement ; nous l'avons déjà dit, elle offre de légers renflemens de distance en distance, d'où naissent d'un côté de nouvelles racines , et de l'autre de nouvelles feuilles ; c'est à l'aisselle de ces dernières que se forment, comme nous l'avons dit aussi, les involucres floraux. Quand on veut observer le développement de l'inflorescence renfermée dans les involucres floraux, il suffit de mettre une poignée de ces involucres dans un verre d'eau. Au bout de vingt- quatre heures , quelques-uns commencent à s'entr'ouvrir , et , pendant huit jours, on en voit chaque jour un certain nombre commencer leur évolution. Au bout de huit jours , tous les in- volucres, encore fermés , restent stationnaires ; on n'en voit plus s'ouvrir. Mais que l'on sorte de l'eau les involucres qui ne sont pas épanouis, et qu'on les fasse sécher au soleil ; si , après cette des- siccation préalable, on les replonge dans l'eau, on verra un certain nombre d'entre eux s'ouvrir et leur contenu se dévelop- per. On peut réitérer cette opération plusieurs fois de suite avec succès. Lorsqu'on brise les involucres avant de les mettre sous l'eau, aucun développement ne s'effectue. L'intégrité de ces sortes de bourgeons est donc nécessaire pour que leur évolution ait lieu. Remarques sur V appareil générateur des Marsiléacées. Grâce aux curieuses observations que M. Esprit Fabre a eu îa constance de poursuivre pendant trois ans consécutifs , l'ap- pareil générateur des Marsilea , sur lequel on n'avait eu jus- qu'ici que des notions incomplètes ou fausses , est aujourd'hui le mieux connu de ceux que présente l'intéressante famille des Marsiléacées. Ici , comme dans les autres genres de la famille, Pilularia, balvinia et AzoLla , nous trouvons deux sortes de corps générateurs , les uns plus gros qui sont évidemment des ovules dans ie principe , et ensuite des graines , puisqu'ils don- nent naissaîice à de nouveaux individus après qu'ils ont été fé- ESPRIT FABRE. — Nouvelle espèce de Marsilea. 229 coudés; les autres plus petits, qui sont évidemment des an- thères, car ils se composent de sacs membraneux , remplis de grains de pollen , sans la présence desquels la germination des ovules n'a jamais lieu. 11 est fort remarquable que les ovules et les graines dont il est ici question sont entièrement nus , et reçoivent immédiate- ment la fécondation. Dans le Marsilea Fabri, comme dans le Saîuinia natans y il a été bien constaté que la fécondation est nécessaire pour que les ovules puissent germer. Paolo Savi (i) a mis ce fait hors de doute dans le Salvinia natans , qw montrant que des ovules et des anthères , isolés les uns des autres, ne produisaient jamais de nouvelles plantes , tandis que lorsque les ovules avaient sé- journé pendant quelque temps dans l'eau avec les anthères, ils acquéraient la faculté de germer. A la vérité , MM. G. L. Du- vernoy et W. Bischoff ont annoncé , chacun de leur côté , qu'ayant répété les expériences du professeur Paolo Savi , ils avaient vu les ovules isolés germer san§ fécondation. Mais le docteur Pietro Savi (2) , frère du professeur Paolo, a montré , par de nouvelles expériences publiées en i83o, que MM. Du- vernoy et Bischoff avaient été induits en erreur : il a vu que lorsqu'on met dans l'eau , au printemps, des ovules de Salvi- nia non fécondés , ceux-ci s'ouvrent en trois lobes et émettent une sorte d'expansion herbacée, mais que ces corps restent sta- tionnaires après cette émission, tandis que ceux de même na-- ture qui ont été mêlés avec des anthères, continuent à végéten, M. E. Fabre n'a vu aucune expansion herbacée sur les Qvules de Marsilea qui avaient été de bonne heure séparés des an-- thères. Des expériences semblables n'ont pas été faites, à notre con- naissance , sur le Pilularia ; mais l'analogie porte à penser que ses ovules ne germent qu'après avoir été soupiis à l'action du pollen renfermé dans ses anthères. (i) Biblioteea italiana, tom. xv, pag. 352. (a) Nuovo giornale di liUerali, di Pisa, Scienze, n. 5t, i834, et Bulleliu de Férussact. i33o. 23o ESPitiT FABiiE. — Nouuelle espèce de Marsilea. Dans le Marsilea Fabri, comme dans le Pilularia globuli- fera, l'action fécondante paraît s'exercer sur le mamelon jaune qu'on observe au centre de la calotte demi sphérique qui ter- mine l'ovule (i). Ce mamelon remplit donc ici les fonctions de stigmate, à moins que ces fonctions ne soient le partage du cercle proéminent dont il est entouré. Dans les deux hypo- thèses, la fécondation a lieu directement sur l'ovule. Disons quelques mots, en passant, de la ressemblance que présente le phénomène de la fécondation chez les Marsilea^ plantes aquatiques, et chez certains animaux aquatiques, les batraciens et les poissons. Les pédoncules mucilagineux des Marsilea ont une assez grande analogie, au moins en appa- rence, avec le frai des grenouilles et des poissons qui ren- ferme les oeufs imprégnés de la laite. La fécondation et la for- mation de l'embryon s'opère dans les uns et les autres à la sur- face de l'eau. On ne peut méconnaître que la cicatricule des œufs sur laquelle paraît s'opérer la fécondation , et au centre de la- quelle se développe l'embryon, ne présente aussi la plus grande ressemblance apparente, avec la calotte hémisphérique des Marsilea y au centre de laquelle se trouve le mamelon jaune qui, après avoir joué vraisemblablement le rôle de stigmate, devient enfin capable de reproduire. C'est ce mamelon dont le développement fournit la pre- mière portion du caudex, d'où naît la première feuille ou coty- lédon , tout-à-fait comme on l'observe dans les graines mono- cotylédones. Les Marsiléacées proprement dites (Marsil^ées; Marsilea et Pilularia), doivent donc être rangées parmi les monocotylédones, si Ton n'a égard qu'à leur germination. Les organes sexuels des Marsiléacées, sont d'une grande simplicité, puisque l'organe femelle est réduit à un ovule nu, et l'organe mâle à une simple anthère uniloculaire; cependant elles n'en ont pas moins un appareil sexuel évident, et doivent être rangées parmi les Phanérogames ; car leurs noces n'ont maintenant rien de caché, pour ceux qui veulent se donner la peine de suivre ces plantes, dans toute la série des phéno- (t) Marsilea Fabri, p!. i3, fig; 17 a. Pilularia, Dict. class. tab. 44 , fig. /[e. ESPRIT FABRE. — NomelU espèce de Marsilea. aSi mènes qu'elles présentent jd^ns leur développement. Les Mar. siléées {Marsilea et ^tlularia)^ ayant leurs organes irjâles et femelles dansée même épi, sont monoïques à la manière des Carexli épis androgynes, ou , si Ton aime mieux, à la manière des Aroïdes. Les Salviniées {^Sahinia et Azollà)^ sont évidem- ment monoïques, à inflorescence nnisexuelle; mais l'histoire du développement de cette inflorescence, ainsi que celle delà Pilulaire, mérite de fixer encore l'attention des savans, pour être portée au point d'évidence et de clarté où est maintenant celle du MaTsilea\Fahri, On trouvait surprenant que les Marsiléacées, que l'on con- sidérait comme des Cryptogames, eussent une végétation sem- blable à celles des. Phanérogames. Les considérations dans les- qu'elles nous venons d'entrer, montrent que cette anomalie n'était qu'apparente, puisqu'on a enfin reconnu que ces plan- tes, si long-temps regardées comme Cryptogames, sont toutes évidemment munies de deux sexes; ne serait-il pas possible qu'on trouvât aussi un jour, clans les capsules de certaines Fou- gères deux sortes de corps générateurs ? Je ne hasarde ici cette hypothèse que pour appeler sur ce point l'attention de ceux qui auront occasion d'observer avec détail et profondeur l'ap- pareil générateur des fougères dont les feuilles, comme celles des Marsiléées, sont roulées en crosse à leur naissance. Je ferai encore remarquer que, si l'on compare à une feuillie de Marsilea^ un involucre de la même plante, on trouvera la plus grande analogie de structure à ces deux organes. En effet le pédicelle de l'involucre, même quand il est renfermé entre les valves de celui-ci, comme dans le M, Fabri^ est évidemment analogue au pétiole d'une feuille; le corps glanduleux rougeâtre qui termine le pédicelle n'est pas différent des pétiolules glan- duleux des folioles, et les deux valves de l'involucre, quoique renversées sur le pédicelle et soudées entre elles comme avec lui, ne sont autre chose que les analogues de deux folioles. Au Jardiadu Roi à Montpellier, le 24 octobre i836. FÉLIX DUNAL. a32i ESPRIT FABRE. — Noupelle espèce de Marsilea. EXPLICATION DES PLANCHES. PLANCHE XII. Fig. I. Plaate en végétation de grandeur naturelle. a. Sommité d'une feuille grossie, où l'on voit que les folioles , quoique en apparence . verticillées , sont disposées par paires; les pétiolules glanduleux et rouges y sont repré- sentés ainsi que les poils blanchâtres qu'on observe à la surface inférieure de ces folioles. b. Base d'un pétiole grossi, ayant à son aisselle un jeune involucre très grossi; on y voit la glande rouge qui termine le pédicelle , les poils blanchâtres qui recouvrent l'in- volucre et la forme presque triangulaire de ce dernier. c. Jeune pousse d'automne. dd. Involucres sur la tige principale. ee. Feuilles en place. Fig. 2. Tige ramifiée garnie d'involucres et dépourvue de feuilles, comme ou les voit sur le terrain sec pendant la sécheresse de l'été. PLANCHE XIII. Fig. 3. Moitié d'un involucre sec , fendu en deux parties égales par un instrument tran- chant qu'on a dirigé de la suture ventrale sur le pédicelle. On y voit des lignes semblables à des cloisons, et dans les intervalles de ces prétendues cloisons, des globules de diverses grosseurs. Fig. 4. Moitié d'un involuCTe sec, coupé dans un sens perpendiculaire à la section de la figure 3. On y voit aussi des globules de diverses grosseurs. Fig. 5. Involucre de grandeur naturelle , s'entr'ouvranl après vingl-quatre heures de séjour dans l'eau. Fig. 6. Le même iovolucre très grossi. Fig. 7. Involucre ouvert, d'où sort un cordon mucilagineux courbé en anneau qui porte I es épis floraux sessiles sur sa surface. Fig. 8. Portion de tige sèche qui porte deux involucres fermés et trois pédicelles dont on a détaché les involucres; deux de ces pédieelles sont réduits à leur partie inférieure; l'autre présente sa partie supérieure ou réceptacle a, articulée sur la première, et d'où naissent des ramifications nombreuses qui s'anastomosent entre elles. Fig. 9. Involucre gonflé dans l'eau , qu'on a représenté très grossi , et dont on a enlevé une valve pour montrer que les £lamens ramifiés qui naissent du réceptacle et qu'on avait pris pré- cédemment pour des cloisons, renferment tout l'appareil générateur avant son développement. Fig. 10. Involucre ouvert dans lequel on voit qu'une des extrémités du cordon qui forme l'anneau mucilagineux se détache de l'involucre pour se redresser. Fig. II, Pédicelle et réceptacle dont on a détaché les valves. On y voit un anneau mucila- gineux de profil dans le commencement de son développement. Cette figure montre que les der- nières ramifications des filamens du réceptacle se terminent dans les épis latéraux. L'accrois- sement de l'anneau finit par rompre ces adhérences des épis avec les ramifications du récep- tacle , et alors les épis deviennent sessiles sur la surface de l'anneau comme on le voit dans la figure 7. ESPKiT FABRE. — Nouvclle cspèce de Marsilea. 233 Fig. X2. lavolucre ouvert d'oii sort un pédoncule mucilagineux , redressé, portant latérale- ment ses épis opposés deux à deux. Figure très grossie. Fig. i3. Involucre ouvert représenté à-peu-près de grandeur naturelle{ il en sort un pé- doncule mucilagineux redressé , d'oii naissent cinq épis alternes qui paraissent disposés en spi- rale d'après la disposition a/S. Fig. 14. Épi représenté du côté des ovules, Fig. i5. Épi représenté du côté des anthères a. Fig. 16. Épi placé horizontalement, les ovules du côté supérieur et les anthères a du côté Inférieur , dans la position où ces épis sont ordinairement sur les pédoncules. Fig. 17. Ovule très grossi à l'une des extrémités duquel on voit en a un mamelon jaune au centre d'une calotte hémisphérique proéminente b, Fig. 18. Ovule ouvert transversalement par le milieu, de l'intérieur duquel îort un liquide mucilagineux rempli de [granules, Fig. xg. Anthère très grossie, entière. Fig. 19 a. Petit fragment d'anthère plus grossi, où l'on aperçoit des grains de pollen qui pa- raissent adhérer à des filamens très courts et extrêmement déliés. Fig. 20. Grains de pollen , et granules spermatiques qui sont sortis de quelques-uns de ces grains vus au microscope avec un grossissemeut de aoo fois le diamètre. Fig. 21. Petit fragment du tissu cellulaire du pédoncule mucilagineux, qui sort de l'invo- lucre, roulé en anneau, vu au microscope avec un pouvoir amplifiant de !|oo fois le diamètre. Note sur la Liane des voyageurs , Par M. A. Poiteau. Ayant eu besoin de consulter le n** de septembre des An- nales des Sciences naturelles, j'y ai aperçu un article de M. C. Gaudichaud , intitulé : Obserçations sur Vascension de la sève dans une Liane ^ etc. Après avoir lu cet article, j'ai reconnu qu'il était basé sur un fait très anciennement connu, et d'où est venu le nom de Liane des voyageurs ; que l'auteur s'était proposé de le rattacher à la théorie de l'ascension de la sève, tandis que ce fait n'a aucun rapport avec cet acte de la vie vé- gétale, et qu'on pourrait au contraire l'appeler descente de la sève. a 34 A. poiTEAU. — Sur la Liane des voyageurs. M, Gaudichaud, se trouvant au Brésil en iSSa, a eu occa- sion de couper en deux une Liane qu'il a reconnue pour être la tige d'une espèce de Cissus. La sève n'a coulé ni de la plaie inférieure, ni de la plaie supérieure; mais, ayant détaché un tronçon de cette tige, c'est-à-dire un morceau coupé par les deux bouts, il s'est aperçu qu'en tenant ce morcea^a dans une direction verticale, la sève coulait abondamment par la plaie inférieure. Alors l'auteur a cru pouvoir rattacher ce fait à la théorie de Tascension de la sève, et s'est livré à des considéra- tions physiologiques , fort intéressantes sans doute , mais aux- quelles le fait observé reste tout-à-fait étranger, car il peut s'ex- pliquer sans le secours d'aucune connaissance botanique. Quand, en 1794? je partis du Jardin des plantes pour aller en Amérique en qualité de botaniste du gouvernement , j'avais entendu parler de la Liane des voyageurs , et appris, je ne sais plus comment, que ce devait être la Fitis indiva Lin. Arrivé à Saint-Domingue, j'ai trouvé dans les mornes secondaires une vigne qui s'élevait jusqu'au sommet des plus hauts arbres , et que je crus reconnaître pour la Fltis indica ou Liane des voya- geurs, c'est-à-dire Liane qui contient dans sa tige assez d'eau pour les désaltérer. La plupart des tiges de cette vigne étaient de la grosseur du bras, longues de 3o à 40 pieds, sans bran- ches, ressemblant à des haubans de navire, et dont les ramifi- cations, les feuilles , les fleurs et les fruits se confondaient avec la cime des arbres qui les soutenaient. Si on me demandait comment il se fait que, dans les forêts sauvages, des Lianes non volubiles puissent se trouver accrochées dans les branches des arbres à 60 et 100 pieds de hauteur, je répondrais que les arbres et les Lianes ont commencé à croître en même temps; que les arbres étaient encore petits quand les Lianes se sont attachées après, et qu'à mesure que les premiers s'élevaient, les rameaux des secondes, accrochés dans leur cime, étaient obli- gés de s'élever aussi. Ayant donc cru avoir trouvé la Liane des voyageurs, j'en ai coupé une tige en deux avec le sabre dont tout botaniste doit être toujours armé dans les forêts de l'Amérique : la sève n'a coulé ni de la plaie inférieure, ni de la plaie supérieure. Je m'y A. poiTEAU. — Sur la Liane des voyageurs. ^35 attendais; aussi, pour compléter l'expérience , je coupai de suite un tronçon long tle quatre pieds au bout pendant de la tige ; aussitôt la sève s'est échappée par la plaie inférieure de ce tron- çon , avec une abondance telle, qu'en quelques secondes il en est tombé plus d'un verre dans mon couis. Elle était très lim- pide , très fraîche, légèrement acidulée, agréable, et je l'ai bue avec plaisir, sans aucune crainte. J'ai eu par la suite occasion de me rafraîchir ainsi plusieurs fois. Après avoir décrit cette vigne sur le lieu , j'ai écrit aussi de suite comment je concevais que la sève ne pouvait pas s'échap- per par la section qui terminait le bas de la tige coupée pendant que tous les tubes étaient bouchés par en haut, et comment, dès que j'eus mis l'air à même de peser sur ces tubes au moyen d'une section supérieure, la sève contenue dans les tubes du tronçon fût forcée par le poids de l'atmosphère à s'écouler par la section inférieure de ce tronçon. C'est ainsi que je m'expliquais l'écoulement de la sève de la Liane des voyageurs à Saint-Domingue en 1796, explication que je conserve encore en manuscrit. Il m'a suffi, pour arriver à cette conclusion, d'avoir quelques notions de physique , d'a- voir compris que c'est parce que le tube d'un baromètre est bouché par en haut que le mercure qu'il contient ne s'échappe pas par l'ouverture du bas ; que c'est parce que le marchand de vin met le pouce sur le trou supérieur du tube qu'il a rempli de vin par la bonde d'un tonneau, que ce vin ne s'écoule pas par le trou inférieur du tube. (1) Notice sur les Phyteuma scorzonersefolium et Betonicœfolium Vill. {filora i836, pag. 397.) Les deux espèces citées , quoique souvent admises par les auteurs et par les Aoristes, laissent encore des doutes sur leurs différences spécifiques. Les figures que Villars en donne sont (i) Ces faits et les explications qu'en donne M. Polteau ne contredisent en rien les expé- riences de M. Gaudichaud et les conclusions qu'il en a tirées. Nous renvoyons les lecteurs au Mémoire de ce savant. Réd. 236 Sur les Phyteuma scorzoneaerifolium et Betoniciaefolium. très grossières. Voici les résultats obtenus par l'auteur anonyme de la notice dont nous présentons l'analyse. Les deux plantes sont très distinctes, mais leurs caractères distinctifs ne doivent être recherchés ni dans la configuration des feuilles, ni dans leurs dentelures. La forme plus ou moins cordée des feuilles^ radicales, que d'ailleurs on trouve très rarement, est également variable. Voici les caractères distinctifs des deux plantes : Le Ph. betonicœfolium atteint au plus un pied de hauteur; son épis , long d'un pouce , est ovale-oblong ; les feuilles et les pétioles sont un peu poilus; les premières le sont surtout sur les nervures de la face inférieure {Jblia pubescentia , petioUs ciliatis Gaudin. ). Mais le prinxîipal caractère de cette espèce se trouve dans le stigmate trifide , quoiqu'en disent quelques au- teurs dont l'opinion est évidemment fondée sur quelque erreur. L'Allemagne ne présente comme localité de cette espèce que les environs de Kitzbûhl en Tyrol , où la plante est cependant très répandue. LePA. scorzonerœfolium atteint deux pieds de haut, porte un épi de 4 1/2 à 5 pouces et cylindrique quand il est entièrement fleuri ; auparavant il est pyramidal. La plante est entièrement dépourvue de poils {omnino glabra Gaudin. ). Le stigmate est toujours bifide. Cette espèce est la luéme que le Phyt. persicifo- lium Hoppe. Centur. desicc. Dans son Iconographia , Reichen- bach a bien représenté les deux plantes, mais les caractères qu'il leur attribue dans son Flora excursoria ne sont pas entièrement exacts. l^tPh. bcorzonerœfolium est très répandu dans la Carin- thie et dans le Salzbourg. L'auteur trouve que le caractère du stigmate bifide est très constant, et divise de la manière suivante les espèces qu'il a eu occasion d'examiner : Espèces à stigmate bifide : Ph. humile y Michelii, scorzonerœ- folium , spicatum y Halleri, comosum. Espèces à stigmate trifide : Ph. globulariœfolium , paucijlo- ruiiiy hemisphœricum 3 orbiculare 3 fistalosum , Scheuchzeri, eh Upticum, betonicœfolium y Sieberi. REicHENBACH. — Flota gcrmanica exsiccata. •xi'] Flora germanica exsiccata, swe herbarium normale plan- tarum selectarum crîticarwnve ^ in Oermania propria vel in adjacente Borussia ^ Austria , Hungaria , Dalmatia, Tj- roli , Helvetia^ Pedemontio^ Belgioque nascentium, concin- lantum editumque a societate florœ Germanicœ, curante Lud. Reichenbach. Phaiierogamia, cent xii. Leipzig, Hofmeister, 1837. Prix 24 fr. M. Reichenbach vient de publier une nouvelle Centurie de son herbier normal d'Allemagne qui acquiert une importance toujours croissante par le nombre assez considérable de plan- tes rares qu'il contient. Nous allons en indiquer quelques-unes des plus curieuses. M. Nolté a fourni le Zostera minor, espèce nouvelle de la mer Baltique. Le Zanichellia polycarpa de la même localité est à ajouter aux différentes espèces ou prétendues espèces de ce genre publiées antérieurement. Le Potamogeton fili- jormis Pers. du Holstein se retrouve en France; nous le possé- dons d'Avignon et de la Corse. M. Noé a donné plusieurs plantes du littoral autrichien, dont quelques-unes se retrouvent dans le midi de la France. Nous avons encore remarqué le Campanula Zoysii de la Styrie, les Orohanche SalvioBi Salix meyeriana, JSuphar pumilum du Salz- bourg, les Gentiana nana et Frœlichii de la Carinthie le Gagea bohemica, qui se retrouve à Angers et en Corse les Salix myr- tilloïdes Qlpruinosa de la Silésie. Les plantes rares les plus nombreuses proviennent de quel- ques botanistes de la Carniole; elles viennent des environs d'I- dria et de Laybach; Allium odiroleucum j Lilium chalcedoni- cum, Géranium incarnatum, Scorzonera rosea j Homogyne sjlvestris , Pœderota Ageria^ Plantage altissima, Pastinaca helixoides j Heracleum siifolium j OEnanthe silaifolia , Ligus- ticum Seguieri^ Trifolium noricum^ etc. Nous avons en annonçant les Centuries antérieures , ré- clamé contre l'exiguïté de certains échantillons : la même remarque esta refaire pour quelques-uns de la douzième, par ii38 REiCHENBACïi. — FloTu germanica exsiccata. exemple les Danthonia calycina , Gentiana nana, Campanula Zoy^iV. Certaines espèces, quelques rares quelles soient, perdent à-peu-près toute valeur par l'état incomplet dans lequel elles se trouvent; ainsi il n'existe pas de traces de fruits dans le Medicago Carstiensis ; nous devons dire la même chose pour quelques Om- bellifères, telles que les Pteroselinum glaucum , Pastinaca sii- folia^ OEnanthe silaifolia; c'est dans ces plantes que l'absence du fruit est d'autant plus regrettable que cet organe y est le caractère le plus important. Comment reconnaître, par exem- ple, les caractères du genre Pteroselinum^ établi par M, Rei- chenbach sur une plante dont Rucb fait son Peucedenum pe- trœum, quand l'organe qui sert de base au caractère générique n'est pas sur la plante ? Nous soumettons ces observations à l'é- diteur, dans l'espoir qu'il mettra à l'avenir plus de sévérité dans l'admission des espèces que lui transmettent ses collaborateurs, et certes, la valeur de la collection ne pourra que gagner à une telle sévérité. Note sur deux rectifications à/aire dans la Notice sur les Cryp- togames a ajouter à la flore française. Par M. Montagne. Je n'ai pas le dessein de relever ici toutes les erreurs qui se sont glissées dans les différens mémoires dont se compose ma Notice sur les Cryptogames à ajouter à la flore française-, mais il en e.«t deux qu'il importe surtout de corriger. La première se rencontre au n° 22 des Hypoxylées (Ann. Se. nat. 2® série mai ï834), où secedens a été imprimé pour dece- dens et Montag. mss. pour Pers. Un lapsus calarni du profes- seur d'Upsal m'avait fait croire que cette espèce du genre Sphœ- ria était inédite, puisque je ne voyais nulle part un S. secedens c. MONTAGNE. — Sur les Cryptogames. 2 3g et je l'avais décrite comme nouvelle sans imaginer que le 5. dececlens Pers. , que je connaissais pourtant bien, pouvait être la même espèce. Je m'empresse de reconnaître que je me suis trompé. La seconde erreur est moins grossière et d'ailleurs ne pèse pas entièrement sur moi. Pour bien faire comprendre en quoi elle consiste je crois utile d'entrer dans quelques détails histo- riques qui ne seront pas dépourvus d'intérêt pour les personnes qui s'occupent de ces matières. Feu Balbis publia dans le temps sous le nom de Marchantia fragrans, une excellente espèce d'Hépatique : à cette époque on n'avait point encore démembré le genre linnéen. Schîeicher ayant trouvé ensuite dans le Valais une Marchantiée qu'il pen- sait être celle de Balbis, la publia dans ses Centuries sous le même nom spécifique, sans s'inquiéter si les caractères de sa plante étaient identiquement les mêmes que ceux de l'espèce du professeur piémontais. Trompés par Schîeicher, la plupart des auteurs, qui n'avaient pas de moyen de comparaison, s'en rapportèrent à lui et crurent à l'identité des deux espèces, d'au- tant plus qu'elles étaient originaires des mêmes contrées. Aussi quand on vint plus tard à diviser en plusieurs autres le genre Marchantia, la plante de Balbis et celle de Schîeicher furent- elles réunies sous le même nom de Fimhriaria fragrans, quoi- que la fronde de la dernière n'ait pas d'odeur. Faute d'un échan- tillon authentique de la première de ces espèces, j'ai partagé jusqu'ici l'erreur générale. M. Aunier m' ayant adressé sous le nom de MarcJiantia fra- grans, une espèce qu'il avait rencontrée aux environs de Lyon et à laquelle je ne trouvai pas les caractères du genre Fimbria- riajje prononçai que ce ne pouvait être l'espèce en question, et que c'était positivement un Grimaldia. J'ouvris le beau mé- moire de M. Bischoff ^ intitulé : Bemerkungen ûber die Leber- moose u. s.w., et je reconnus que cette Hépatique, soumise à mon examen, y était décrite et admirablement figurée sous le nom de Grimaldia barbi/rons, ainsi que je l'ai publié dans ma Notice. Mais par suite de mes relations suivies avec l'illustre prési- 24o c. MONTAGNE. — Sur Ics Crjptogames . (lent de l'académie des Curieux de la nature, je lui adressai à mon tour quelques frondes fructifiées de la plante de Lyon, en le priant de me donner son avis sur ma détermination. Il me répondit d'abord que cette Hépatique était son Grimaldia fra' grans ou Marchantia fragrans Balb. Comme cette réponse ne me satisfaisait qu'à moitié ^ je m'enqnis de nouveau si ma plante était effectivement la même que celle de M. Bischoff et, dans ce cas, je lui demandai comment accorder avec la vérité la syno- nymie qu'on trouve dans cet auteur. Une seconde lettre du professeur deBreslau ne se fit point attendre, et elle contenait les renseignemens qui suivent. Le Marchantia fragrans Balb., dont M. Nées a vu des échan- tillons authentiques dans l'herbier de M. Schwaegrichen est un Grimaldia^ et partant une plante toute différente du M. fra' gr<27z^ Schleich. , qui est un Fimhriaria, La première seule de ces deux espèces est remarquable parla forte odeur balsamique que répand sa fronde soit à l'état frais, soit quand on l'humecte après qu'elle a été desséchée. L'espèce publiée par M. Bischoff, sous le nom de Grimaldia barbifrons, nom que j'avais adopté dans mon supplément (Ann, Se. nat. 2* sén, décembre i836.), n'est pas différente de la plante de Balbis, et doit conséquem- ment porter le nom de G. fragrans^ que lui donne l'auteur des Hépatiques d'Europe, Bien que l'opinion de ce savant célèbre m'inspirât et méritât toute confiance, je dois ajouter qu'ayant appris que M. Aunier avait un échantillon authentique de la plante litigieuse qu'il tenait de Balbis lui-même, j'ai vouki m'assurer de l'exactitude des faits dont je viens de me constituer l'historien. J'ai donc de- mandé et obtenu en communication cet échantillon dont le plus scrupuleux examen n'a fait que confirmer tout ce que m'avait écrit à ce sujet le professeur de Breslau. J. B. A. ÊTJiLLEMiN. — Zephjritis Taitensis. 341 Xephyritis Taitensis. — Énwnèration des plantes découi^ertes par les voyageurs dans les Iles de la Société , principale- ment dans celle de Tditi; Par J. B. A. Guillfbtin, Aide de botanique au Muséum d'Histoire naturelle de Paris. (Suite. Voy. tom. vi, i836, p. 297., et tome vu, page 177. ) SCROFULARINE^. 205. Scopaiia dulcis Liun. Spec. 168. — Ins. Societ. (Lay et Collie.) 206. Vandellia crusiacea Benth. Scrophul. ind. p. 35. Capraria ciustacea Linn.mant. 87. Lam.in herh. unis. Par.! Capraria unijlora Burm. Fl.ind.t. i4? Torenia crustacea Cham. et Schlect. in Linn., 2, 570. Gratiola ludda Roxb. PI. Corom., ?). 2. t. 202. Morgania lucida Sprengel Syst. 3. 802. Gratiola aspera Roth Nov, spec. 11. Hornemannia ouata Link et Otto Abbild. 1. 9. t. 3. Tittmannia ouata B.eichcnh.Iconogr.exot. p. 27. Antirrhinum hexandrum Forst.Prod. n. 23o. — Taiti (Forst. Bertero et Mœrenh.). Vulgo Mom.oai-heere ex Forst. CauUs herbaceus , procumbens , diffusus , quadrangularis , laevis , angulis parum elevatis. Folia opposita, petiolata, ovata, acuta, serrata, laevia, patentia , intégra, subcordata, senii-pol- licaria. Petioti brèves, patentes, lœviusculi. PeduncuU axiilares solitarii, uniflori, teretes, pa- tentes, bipollicares. Cal. inferus persislens, 5-fidus, pentagonus, laciniis subulatis , acutis, duobus inferioribus magis divaricatis. Cor. monopelala ringens, violacea. Tubus cylindricns compressas, superiùs lalior calyce paullo major. Limbus bilabiatus ; labium superins brève, recliusculum, ovatum emarginatum ; labium inferius majus trifidum, patentius, laciniâ medià majore. Stam. Filamenta 4 ad lobum superiùs corollœ ; horum duo majora. Rudimenta etiam adsunt staminis quinti et sexti castrati, ad latera staminum minorum. Antherse conniventes. Pist. Germen superum. Stylus liliformis, ferè long, corollae. Stigma subbifidum. Capsula conica, acuta, bilocularis, polysperma. Sem. numerosa minuta. ( Forst. mss. ) CYRTANDRACEiE. 207. Cyrtandra\biflora Forst. Char. gen. t. 3. Hook. et Arn. Bot. itin. Beech. p. 67. — Besleria hijlora Forst. Prodr. n. 236. — Taiti {Forst, Lay et Collie. Bertero et Mœrenh.) Vulgo Aape (ex Mcerenb.) E-Pua (ex Forst.). Canlis arboreus, procerus, ramosus. Rami teretes, patentes, apice quadrangulares, laeves, cicatricibus petiolorum emortuorum quasi articulât!, virescentes. Fo/ïa opposita, petiolata. VII. BoTAN. — Avril, 16 ^[\'x T. B. A. GUfLLEMiN. — Zephffitis Taiteps'is. Gvato-lanceolata, acuta , integerrima, viridia, laevia. subliis viridi-lutea, spithamea. PtùoU semiterctes , Ireves , apice folii disco decurrenle subalali, pollicares. Pedunculi axillares, soli- tarii, erecli, tereles, lœves, pollicares. Pedicelli duo , iinifloii , tereles, lœves, clavati, pol- licares, involucrali, ex apice pedmicnli. /«co/wcr/.'/w magnum, inflatum , biflorum , in apice petiunculi, in laf inias 2 vel 3 dehiscens, caducum, albidiim. Flores speciosi, aibi , a-pollicares, inodori, iutiis slriis concoloribiis exarati. Cal. mooophyllus, ovato-oblougus, inferns, 5-fidns, deciduus, laciniis acuminatis acutis, superioribus tribus minoribus, inferioribus duabus pro- fundiùs divisis. Cor. monopetala, irregularis. Tubus cylindricus calyce longior, basi obliqué scissus, ad faucem amplialiis, erectus, dein paullulùm inflexus. Limbus 5-fidus, laciniis orbi- culatis margine undulalis; duabus superioribus plauis, horizontalibus , subreflexis, minoribus; tribus inferioribus patentissimis, toncavis. JVect. urceolatum , l)revissimum , germen ambiens , flavum. Stam, Filamenta duo brevia, filiformia , spiralia , (-orollae faiici sub labio inferiori adnata. Antherre ovatag, compressae, hinc glabrœ, indè pollen emissurœ. Rudimenta duo filiformia , tenuia, in tubo corollœ, infrà stamina fertilia. Pist. Germen conicum. Stylus cy- lindricus, rectiusculus, longitudine tubi corollse. Stigma clavatum, bifidum, posl fruclifiCH- tionem connive.os. liacca oblonga, albida, succulenta, bilocularis, sœpè basi neclario persi- stenle cincta. Sem. plurima, minima,in arcubus involutis disposita. Foliorum varietates numerossB, à figura ovalo-lanceolatâ in ellipticam; à margine integro in crenatnm , vel etiam serratum : à petiolo snbalalo in petiolum subnudum scabrum. (Fcrst. mss, } MYOPORINE^. ao8. Mjoporum? euphrasiuides l-look. et Ain. Beech, bot. p. 67. — Ins. Socicl. (Lav et Collic.) VERBENACE^. 209. Verbejia bonariensis Linn. Sp. a8. — Ins. Societ. (Lay et Collie.) 210. Premna iniegr^folia Linn. Mant. 253. Corniitia corymhosa'^uxxn.^\. ind. i33. t. 4i. f. 1. (ex Decaisne Timor, p. 74). — Ins. Societ. (Lay et Collie.) LABIAT^. 211. Ocymum gratissimum Linn. Spcc. 832. Benth. Lab. pag. 7. Jacq. ic. rar. 3. t, 493. — Insul. Societ. (Lay et Collie), Taiti (Bert. et Mœrenh.), 212. Plectranthus parviflorus WiWd. hort. Berol. t. 65. non Br. P. austra- /tsHook. et Arn. in Beeeh. bot. 92. non Br. P. panicalatus Jacq. fragm. 62. t. gi . — Ins. Societ. ? (ex Benthani Lab. p. 3 7.) 21 3. Leucas decemdeniata Smith in Rees Cycl. Benth. Lab. p. 609. Sla- cliys decemdentata Forst. Prodr. n. 626. Phlomis decemdentata Willd. Spec. 3. 124. Leucas stachyoides Spreng. syst. 9. p. 743. — Taiti (Forst. Matthews. Cuming.) Caulis herbaceus, tetragonus, pilosus, pilis reflexis, sîmpliciusculus. FoUa opposita, villosa. Florescentia verticillata. Caljx decemdentatus , decemsulcatiis. Cor. monopetala , ringens. Labium superius minus, concavum, dorso et margine villosum, margine pilis longioribus pec- tinatum. Labium iaferius majus, long, tubi, trifidum, planiusculum , glabrum, lacinià mediâ productiore ovali obtusà subemarginatà , lateraiibus brevibus parvulis. Tubus longitudine ca- lycem paullô superaL Stam. Filamenta didynama, superiora s. in labio superiori minora. j. B. A. GUiLLEMiN. — Zeplifutis Tuitensis. ^43 Plst. Gertn..,. Slylus staminibus brevior, filiformis. Stigma bifidum, laciniâ alterna bre- viore. (Fcrstmss.) ACANTHACEiE. 21 4. ^denosmafragrans Spreu^. Syst. veg. 2. p, 829. Buellia frugrans Forst. Prodr. n. 2 J3. — Taiti (Forst., Bertero et Moerenh.) Vulgo Mapua (ex Mœrenh.), Bojaru ( ex Forst.) Caulh herbaceiis , simplex, teres , substriatus , semi-pedalis. Folia opposita , sessilia , oblonga, obtuse serrata, la&via, patentia, internodioruin circiter longitudine, semi-pollicaria. Flores solitarii axillares, sessiles, albi. Bracteœ 2 s. 3 lineares subHlatae,ad basin calycis, ejus foliolis simillim?e. (7rt/. quinquephyllus , foliolis Bequalibus, subulatis, persistentibus. Corolla mouopetala, calyce duplofere longior. Tubus cylindricus, ealyce longior. Limbus quinquefi- dus , subœqualis : lab. superius bifidum,^ paullô breviiis; lab. inferius tripartitum, laciniis om- nibus obtusis. Stam. Fi lamenta quatuor, tubo inserta, liorum duo longiora. Antherae didymœ-, parvo apice bifido. Pist. Germen oblongum. Stylus fdiformis, longitudine tubi. Stigma com- pressum ad latus alterum oblique flexum , apice subbifidum . divisurà altéra minore. Capsula ovata,acuta, bilocularis ; receptaculo in medio capsulœ conico. Sem. plurima, brunnea, angu- îata, — Odor fragrans. ( Forst. mss.) 2i5. Dianiheraclavata Forst. Prodr. n, i5. — Ins. Societ. (Forst.). Caulis arborescens, ramosus, orgyalis ferè. Rami articulati, teretes, laeves , articulis brevi- bus basi clavatis, Ramuli decussatim oppositi, articulationibus longioribus. Folia opposita, petiolata, ovata, integerrima, acuminata, laevia, pubescentia, semipalniaria, patenti^deflexa, saturatè viridia. Petioli brèves, teretes, intus plani, laeves. Pedunculi axillares, sœpè gemini , striatuli,ancipites, palmarès, apice dilatati. Umbella fasciculata decomposita. Pedunculi partiales circiter sex, ex apice pedunculi universalis, pollicares, apice similiter dilatati. Pedunculi partiales aliquot precedentibus simillimo apice affigeutes joe^ice/Zo^f "circiter 3-5 clavatos, brevissimos unifloros. Involucra universalia {Bractées) partialia et partialissima diphylla, foliolis lineari- bus brevissimis Flores semipollicares albi. Periantidum duplex; exterius 2«phyllum persistens , foliolis spatulatis, apice reflexis, subtus concavis, altero majori longitudine fere tubi corollae; interius brevissimum, monophyllum, inferum , 5-fidum, laciniis subulatis , subœqualibus. Cor. monopetaia. Tubus cylindricus erectus. Limbus 2-partitus, laciniis subaequalibus, obovatis, reflexis, longitudine tubi, altéra 3-dentatâ. Stam. Filamenta duo medio tubi, alba, filifovmia, longitudine corollae. Antherae in singulo filamento duae, distinctae, distantes, oblongae, infe- rior major , superior incumbens. Pist, Germen ovatum. Stylus filiformis , longitudine ferè staminum. Stigma nrevissimum bifidum. Capsula siliculosa , obovala , compressa , styli parte persistente acuminata , bilocularis , bivalvis , valvulis navicularibus. ^em. solitaria, lenticula-^ ria , compressa. ( Forst. mss. ) 2i6. Dicliptera frondosa Juss. Rœm. et Schult. Syst. veg. 2. p. 172. Jus- ticiafrondosa Vahl Enum. I. p. i45. — Taiti (Bertero et Mœrenh.). CONVOLVULACEiE. 217. Convolvulus peltatusYot&i. Pr. n. 78. — Ins. Soc. Taiti et Rictea (Forst.) 218. Ipomœa Turpeihum R. Br. Prodr. 485. ConvoLvulus Turpethum Linn. Sp. 221. Forst. PI. cscul. 5i. Prodr. n. fS. — Ins. Societ. (Forst.) 16. i[\(\ j. B. A. GUïLLEMiis, — ZephyrUis Tailensis. 5>ig, Ipvmœa Batatas Lara. ConvolpulUs Batatas Linr.. — Ins. Socief. (Forst.). 220. Ipomœa Bona ricx Linn. Spec. 228. Bot. mng. l. 702. Forst. Prodr. n. 82. Calonyction apeciosum Choisy Convolv. oticnt. Sg. — Taiti (Bertero et Mœrcnh.) 221 . Ipomœa maritima R.Bi:. Prodr. Fl.Nov. Holl. 476. Conuolviilus bra~ siliensis Linn. Forst. Prodr. n. 8 » . Convolfulus Pes caprce Linn. — Ins Societ. (Lay et Collie.) Taiti (Bertero et Mœrenh.). Z22* fpomcea tarnea Forst. Prodr. n . 83, —Ins. Societ. Huaheine (Forst.) 223. Ipomœa pentaphy liai aut affinis. — Taïti (Bert. et Mœrenh.) L'échantillon était sans fleurs et en trop mauvais état pour ponvoir être déterniiné. 2 24, Ipomœa obsçura Rœm. et Schult. 4. p. 336. Bot. reg. 3. n, 23g. /. insunpis Blum. Bijdr. 716? Convoivuliis ohscurns Linn. Spec. 220, — Taiti ( Bertero et Mœrenh,). Vulgo Papati. Cette espèce ne diffère de 1'/. insuauis de Blunie que par ses feuilles plus étroites et presque triangulaires. SOLANEiE. ' 225. Phy salis fîaccidn Soland. ex Forst, Prodr. n. 5o6, — Ins. Societ, (So- laiid, et Forst.) 226. Phy salis angulata Linn. Hort. Cliflf. 62 — Ins. Societ. (Lay et GoUie, ) Taiti. (Bert. et Mœrenh.) Vulgo Tamara huaru. 227. Solanum, viride Soland. ex Forst, Prodr. n. 607. Pi. excuL 42. — Ins. Societ. (Foi st. et Soland.) 228. Solanum astroites Forst. Prodr. n. 5o8. — Ins, Societ. (Forst,) 22g. Solanum repandum Forst. Prodr. n. io5. — Ins. Societ. (Forst.) CauUs suffrulescens , flexuosus , teres , Iseviusculus, bipedalis. FoUa subrotunda, ovala, al- terna, petiolata, repanda, flaccida, siiprà villosa-sericea , subtùs Tiridi-Iaclea, villo molli stellato tomentosa, bipalmaria. Petioli teretes, subvillosi, patentes, semipalmares: PeduncuU teretes, pollicares, subaxillares terminales, racemulum seu cymam apice ferentes , subviIJosi. Pedicelli Mmïiovi , quinque seu sex, teretes, pollicares, patentes, tenuiores. Perianthium â-ûdum, tomcntosum, laciniis acutis, aequalibus. Cor. i-petala , quioquefida, alba, extus to- tnentosa , calyce duplo longior. Stam. Filamenta 5 brevissima. Antherœ oblongae, acuminal» , sub'?ouniventes. Pisi. Germen globosum tomenlosum. Stylus longiludine staminum obsolète quadrangularis. Sligma obtusum. Bacca subrotunda , villo.sa , saepius obsolète quadrilocularis. Sem. ovata, acuta, compressa, nidulanlia. (Forst. mss.) 33o. Solanum nigrum Linn. spec. 266. — Ins. Societ, Taiti (Forst, Ber- tero et Mœrenh») j. B. A. GUiLLEMiN. — Zepfhrïùs Taitensis. 246 23i. Solanum aviculare Forst. Prodr. n. 107- Decaisue Heib. Timor, doser, p. 46. Ach. Rich. Flor. Nov.-Zeel. p. 242. (exei. syn. S. laciniatum Ail.) S. glaberrimum Dana]. Synops. Solan. p. 9 ex Decaisne. Taiti (Bert. et Mœrenh.) Vulgo Poro-poro. — S. Zuccagniano aif. ? Ce Solanum diffère du S. Zuccagnianum de Dunal par sesï^ pédoncules niullifiores el ses Veuilles le plus souvent entières. 232. Solanum Quitense Lam. illnstr. n. 2326. Hook. et Arn. Boî. BeecL. p. 6j. — Ins. Socier.(Lay et Ccllie) Taïti (Bcrtero et Mœreiih.) — S. macrantho Dun. aff. Cette espèce a beaucoup de rapports avec le S. macranthum Dunal, mais ses feuilles ne sont pas épineuses. 233. Lycopemicuni esculentum Dun. Synops. 4. Solanum Lycoperelcum Linn. — Ins. Societ. (Lay et Coliie). 234. Nicotiana Tabacum Linn. Spec. p. 258. — Taiti. (Berleio et, Mœ- renh.) Vulgô Ava-Ava. 235. Capsicumfrutesce ns Lwiïi. — Wilid. Spec. pi. 2. p. loSi. — Taiti. (Bertero et Mœrenh.) Vulgô Oporo-papa. CORDIACEyE. 236 Cordia orientalis R. Brown Prodr. Nov. Holl. p. 498. C. Rumphii Blura. Bijdr. FI. ned. ind, p, 843. Cordia Sebestena'SovsX. Prodr. n. 108? — Ins. Societ. (Forst.). — Taiti (Bert. et Mœrenh.) Vulgô Tou. 25j.<'€ordia discolor Cham. va Linnaeâ VIÏI. i3o. — Ins. Societ. (Lay et CoUie.) BORRAGINE^E. 238. Héliotropium? anomalum Hook. et Arn. Bot. Beech. p. 66.— Ins. Societ. (Lay el Collic. ) 239. TourneforUa argenlealÀnn. Spec. 189. — Ins. Societ. (LayelCoUie) TaïK'Bert. et Mœrenh.) Vulgô Tahenu. 34o. Tournefortia guaphalodes R. Brown Prodr. FI. Nov. -Holl. 496, H«- liotropium gnaphalodes Linn. — Ins. Societ. (Lay elColUe). ASCLEPIADE^. 24i. Asclepias Curassauica Linn. Spec. 3i4. — Ins. Societ. (Lay. et Coliie.) APOGYNEiE. 242. Cerbera Manghas Linn. Forst. Prodr. U; ï2o. — Ins. SoGict. (For8f.| Taiti (Bertero et Mœrenh.) Vulgô iFret'a. •246 j. B. A. GUiLLEMiiv. — Zephyritis Taitensis. Diffère Ju Tanghinia de Du Petit-Tliouars, par ses feuilles lancéolées, ses fleurs beaucoup plus grandes, et les segmens de la corolle arrondis. 243. Inocarpus edulis Linn. Forst. Prodr. n. 179. — Ins. Societ. (Forst.) Taïli et Boiabora (Bert. et Mœrenh. Less. et D'Urv.) Vulgo Mapé. Arbor excelsa, crassitie corporis humani, cortice fusco rimoso. Rami ligaosi, teretes , pa- tenteî, varie divisi, fusci , rimosi. Folia alterna, petiolaîa, ovato-oblonga , obtusa, interdiim acuta, integerrima , laevia, patentia , venis plurimis reticulata, palmaria, spilhamea, pedalia. Petioli patentes, braves, tereliiisculi , transversim striati, semipoUicares. PeduncuU uni- versales, axillares, subboJitarii ?, patentes, teretes, pilo nigro lecti, palmarès. Racemus simpUcissimiis. Pedicelli brevissimi, sparsi, conferti. Flores vix semunciales. Perianihhtm mouophylluni, bi6dum; laciniis subœqualibus rotundatJs, pilo nigro veslitis. Cor. mo- nopelaia,tubulosa, albida. Tubos cylindricHs longitudine calycis; limbus 5-s. 6-partilus , ca- lyce longior, laciniis linearibus, undulatis, patenti-reflexis. ^tow. Filamenla 10 (rarius xa) Lrevissima, tubo duplici ordine iuserta, ordine superiore in ipsâ fauce. Antherse parvaj, ovatœ, erectje. Plst. Germeu oblongum, subvillosum. Stylus nuUus. Stigma parvum excavatum. Vntpn viridis, magna, ovata, compressa, piilpâ carnosâ tenui, nionospenna. Niix solitaria , ovata, constans puipâ crassiore, e fibris sublignosis intertexiis, nucleo ovali, compresso, albo. ( Forst. mss. ) Selon M. Lindley , la place du t',enre Inocarpus est auprès du ^enrçi Hem andia j, dans la famille des Hernandiacées. 244. Alstonia costata R. Brown ioMem. Wern. Soc. I. 4i3. Echites costata Forst. Prodr. n. laS. E. corynihosa Ejusd. in herb. non Jacq. — Ins. Societ. (Forst.) Ins. Taiti et Ulietea inter juga montium (Banks. Bert. et Mœrenli.) Vulgo Attahè. Caulis arboreus, erectus. ^«toï appendenti-patentes, teretes, cicatrieibus foliovum cincti , tune quasi articuiati, internodiis poUicaribus, i^o//a opposita , petiolaîa, elliptico-lanceolata , acuminata, integerrima, margine undulata, subcartilaginea, parallelo-uudulata, ramisque transversis rectiusculis parallelis notata, glabra , patentia, 1/2 palmaria. Petioli oppositi , de- cussati, patentes, laeves, suprà i-sulci, cum squamulâ laterali undique ramum amplecten- tes, 2-s. 3-unciales. PeduncuU terminales, recti, teretes, paniculati. Cjma magna patens, composita, subcorymbosa. Bracteœ sqnamaceae, brevissimse, acutse, solitariae ad basin cujusvis pedunculi et pedicelli. Flores alhi, erecti, r/2-unciales. Pe/iani/tii/w 5-partitum , inferuffi , brève, laciniis lanceolatis acutis. (7or. i-petala infundibuliformis ; tubus cylindraceus vix calyce longior ; limbus 5-fidus, contortus, laciniis lineari-lanceolatis obliquis, lobis basi imbricatis, tubo longioribus. Nect. Corpuscula 5 calyce insidentia , germen cingentia, minuta, vix armato oculo conspicua. Stam. Filamenta 5 brevissima in medio tubi. Antherœ erecto-acuminatae. Pist. Germen superum. Styius cylindricus, tubo brevior, a-partibilis. Stigma capitato-globosum, 2-partibiIe. FolUculi duo longissimi, torti, cylindrici. ^em. elliptica, membranacea, margine cylindrica , receptaculo tereti carnoso longitudinali adnata , appressa. Obs. Folia variabt à lanceolatis ad subrotunda ovato-acuminata. Loc. Taiti et ins. Socie- latis nemora. Stn, Atahè seu Ahimara incol. ins. Taiti. ( For si. mss. ) .T . B . A . G u I Li-E Al I IV , — ZepliyrUis Taiteiisia . 1 1\ 7 245. Alyxia stellata Rœni. et Schult. Syst. IV. 439. Gynopogon stellalum Fotst. Char. gen. n. 36. t. 18. Prodr.n. 117. Labill. Nov. Caled. t. 34. AUau- Cunningham Synops. Alyx. in Bot. mag. April i854, n. 33i3. Ann. Se. iiat. 2* série IV. p. 3o3. — lus. Societ. (Foist.) Taïti (Bert. et Moerenh.). Caules arborei aut friiiicosi ditïusi, lœviusculi , cinferei, determinatè ramosissimi. Ra^-ni terni, patentes, teretes, iiijnosi, tenuissinii, îoWo&i. Folin vurliciliata, terna, rariùs quaterna et quina, subpetiolata , lanceolala, integerrima, obtusa, glaberrima, lucida , patentia, polli- caria. PetioU extùs teietes, introrsum plani. Pedunculi axiliares, solitarii, erecto-palentes , te- retes , tenues , vix pollicares. Cjma parva, sparsa, tennis, composita. Pedunculi partiales qua- tuor seu sex figura et magnitucline peduncuii universalis, purpurascenles. /'ed'/6e//i i-flori, e singulo peduncuio pnrtiali circiter 4 , brevissimi, tenuissinii, ptirpnrascentes, Bractece \villosa, paten- tia, palmaria. /'ef/o/i lerelcs, patentes, oppositi, internodiis uiultô breviores , villosi , semi- pollicares. Cjma terminalis, irregularis, palmaris, composita. Pedunculi et pedicelli omnes teretes, villosi, fere pollicares, Perianthium quinquepartitum , germini adnatum, villosum, laciniis subulalis, acutis, horum sœpè unâ excrescente in folium petiolatum ovato-lanceola- tum, lœve, integerrimum, album, persistens. 6oro//a monopelala, infundibuliformis, flava; tubus longus cylindricus, leniter villosus : limbus patens, qiiinquefidns, laciniis oblongis obtusis; fauce villosà. Stam. Filanienta 5 brevissima in fauce corollse. Antherœ obîongœ. Pist. Germen inferum. Stylus filiformis, longitndine corollœ. Sdgma leviler bifidnni. Capsula globosa, medio umbilico notata, nigricans , bilocularis. Sem. plurima, niinima. (Forst mss.) 259. Stylocoryne racemoaa Cavan. Icon. 4. p. 45. t. 268. Gîertn. fil. Garp. 3. t. 197. f. 5. DC. î. c. p. 377. Hook. et Ain. Bot. Beecb. p. 64. — Ins. Societ. (Lay et Gollie.) 260. Gardénia Taitensis DC. 1. c. j). 38o. Vulgô Tiare. Forst. — Taitt (^Gardénia Florida Forst. Prodr. n, 122. D'Urv., Bertero et Mœrenti.) 261. OpJiiorrhiza subumbellataYovsX. Prodr. n. 66. — Taiti (Forst.) Coulis fruticosus, bi-seu triorgyalis, ramosus, erectiuscuius. Rami patentes, teretes, tenues, apice herbacei , foliati. Folia alterna , petiolala , lanceolata, acuta , integerrima, tenera, lœvia , suprà viridia, subtus laete-virentia, bipollicaria, patentia. Petioll teretes , brevissimi , tenues. Pedunculi axillares, longiludine folioruin , subsolitarii , teretes, tenues, erecto-patenles, sub- umbellati. Umbella t^ax-mx , laxa,pedunculis partialibus circiter quatuor composita. Pedunculi partiales, teretes, patentes, tenues, triflori. Pedicelli uniflori, brevissimi. Calyx. Perianthium monopliyllum, brevissimum , quinquefidum , 5-angulare ; laciniis acutis aequalibus. Corolla monopelala, infundibuliformis; tubus filiformis, longissimus, rectus; limbus quinquefidus patenti-reflexus , laciniis œqualibns , oblongis, medio sulcatis ! Stam. Filamenta qninque bre- vissima, seu vixuUa, supra médium tubo inserta. Antherœ iineares, ereclae, supra suam basin filamenti insertae, faucem non attingunt. Pist. Germen inferum. Stylus filiformis, longitndine tubi corollae. Stigma oblongo-clavatum. Capsula infera, ovata, compresso-angulata, bilocularis, polysperma, calyce persistente coronata. Sem. minima, plurima. (Forst. mss.) 262. Morinda citrifolia Linn. Spec. 25o. DC. 1. g. p. 445. Forst. Prodr. n. 100. Hook. et Arn. Bot. Beech. p. 65. — Ins. Societ. (Forst. Lay et Collie) Taiti (Bertero et Blœrenh.) Vulgo A'b^o. 263. Morinda.... Spec. nov. ? Taiti ( Bertero et Mœrenh ) Vulgo Ta///ï. Cette espèce, probablement iioiiveile, appartient à la sec- tion du M. Roioc. 264. Morinda iimheUata Forsl. Prodr. n, 9g. an Lînn.? — 'Ins. Societ. f Forst. 1 a5'J! j. B. A GuiLLEMiw. — ZcphyriUs Taitensis, 'i^b. Guettarda speciosa Linn. Spec. i4o8. DC. 1. c. p. 455. Lam. lUustr. t. i54. 1'. 1. Hook. et Arn. Bol. Beech. p. 65. Cadamba jasminijlora Sonner. A^oy. t. i'2%. PciLlantia odorataVovsX.mss.~liM'. Societ. ('Forst.) Tai!i(Bcrtero et Mcerenh.) > S foliis lanceolatis , acuminatis , acumine productiore. Tarotea s. Oroëa incolis ins,[Societatis. (Forst. mss. ) 269. Pavetla triflora DC. 1. c. p. 492. Coffèa triflora Forst. Prodr. n. gS. Chiococca triflora Spreng. Sysl. 1. p. j5Q. — Ins. Taiti (Forst.) 370. Psychotria asiatica Forst. Prodr. n. 90. Au Linn.? — Taiti (Forst.) 271. Psychotria? speciosa Forst. Prodr. n. 89. DC. 1. c. p. 523. Cephaelis speciosa Spreng. Syst. i. p. 749. Psychotria ? grandiflora Forst. in Herb. Mus. Par.? — Ps. involucrata Forst. mss. non Wild. nec Swartz. — Taiti (Forst.) Caulis arboreus, habilu negleclo. Rami arliculati, teretes, varié divaricati, cortice cinereo scabro. Fclia opposita, peliolata, oblonga, modo acuta, modo obtusa, integerrima, basi atte. nuata , margiue subcartilaginea , crassiuscula , suprà saturatè viridia , glabra , subtùs pilo raro aspersa, patentia , palmaria. Petioli teretes, patentes, oppositi, decussati, lœves, in api- cibus ramulorura, brèves. Fasciculus florum, terminalis, triflorus. Involucrum fasciculi deci- duum, diphyllum , ante eruptionem in conum connivens, foliolis ovatis, concavis, transversim rugosis, apice reflexis, bifidis, poUicem longis. T^'/ore^ candidi, bi-pollicares, spectabiles, odo- rati. Col. Perianthium tnbulosum, tenue, brève, difforme , germini insidens, dentibus quinque, acutis, inœqualibus. Cor. monopetala, tubulosa. Tubus longus cylindricus, rectus, œqualis, ses- quipoUicaris. Limbus 5-fidus, laciniis lineari-oblongis , acutis , apice inflexo-uncinatis , cras- sis, intùs villosis , tubo dimidio brevioribus, patentissimis. Faux villosa. Stam. Filamenta 5 intrà tubum corollae versus faucem. Antherîe lineares filamentis dorso longitudinaliter adnatae, apice filamenli paululum suprà apicem antherae prominente. Pist. Germen inferum, Stylus filiformis rectus, tubo ferè longior , villosus. Stigma bilobum, patens. Bacca aurantia, oblonga pulposa transversim rugosa , apice umbilicata , unilocularis, disperma. Sem. duo ovata, intùs plana, extùs excavato-canaliculata , lineolâ elevatâ in medio partis excavatœ, laetere ulrinque sulcata, pulpà divisa. (Forst. mss.) ■2 54 J. E. A. GUiLLEMiN. — ZephyriUs Taitensis. Le Cephœlis? fragrans Hooker et Arriott. 1. c. p. 64. t. i3, 'est cité comme voisin du P. speciosa de Forster; mais il en diffère par la forme de ses feuilles, si toutefois l'échantillon éti- queté Psychotrla? grandiflora par Forster, et conservé dans l'herbier du Muséum, est le même que le P. speciosa de son Prodromus. Outre le caractère des feuilles, qui n'est pas fort important, puisque cet organe varie beaucoup dans notre es- pèce, celle-ci diffère encore par le nombre des divisions du ca- lice et de la corolle, ainsi que par celui des étaraines, lequel nombre y est quinaire, tandis qu'il est quaternaire dans le Ce- phœlis fragrans. 272. Geophila reniformis Chamisso et Sclilect. in Linnaeâ (1829) p. \7>j. DC. l. c. p. 537. Hook. et Arn. Bot. Beecli. p. 66. Psychotria herbaceu Linn. Spec. 245. Jacq. amer. t. 46. Cephaelis reniformis Kunth Nov. gen. am. vol, p. 877. — Ins Societ. (Lay et Collie.) Taili in aquis fluentibus (Forst. Beitero et MoerenL.) 273. Diodla rigida Chara. et Schlect. in Linnœâ (1828) p. 34î. DC. 1. c. p. 564. Hook et Arn. 1. c. p. 66. Spermacoce apicula et rigidaV^ iWà. in Schult. Syst. 3. p. 53i. — Ins. Societ. (Lay et Collie.) 274. Mitracarpum hirtum DC. 1. c p. 672. Hook. et Arn. î. c. p. 66. Sper- macoce hirta Swartz obs. 45. —Ins. Societ. (Lay et Collie.) LORANTHACEiE. 275. Viscum articulalumBurm.Fl. ind. 3i 1 . DC. Prodr. 4. p. 284. F', com- pressum Poiret Encycl. nieth. Supl. p. 861. Decaisne Herb. Timor, descr.p.87. f^. opunlioides Hook. et Arn. 1. c. non Linn. V. moniliforme Blunie Bijdr. FI. ned. ind. 6Ô7? T^. platycaulon Bertero in herb. — Ins. Societ. (Forst. Lay et Collie.) Taiti (Bert. et Mœrenh.) Vuîgô Piripapa. 276. Lorant Jms Forsterianus Schuli. Syst. 7. p. 11 4.,DC. Prodr. 4. p. 295. L. Stelis Forst. Prodr. n. 157. L. reflexus Forst. in herb. Mus. Par ! — Insul. So- ciet. (Forst.) Taiti (Bert. et Mœreoh.) Vulgo Upaupa Tame ore. Radix parasitica , teres , lignosa, ramis arborum se longitudinaliter affigens , radiculis ex parte inferiore prodeuntibiis, tenfaculis SœpiîB siinilibus. CauUs arborescens, aliis arboribus insidens, à pedali ad semiogyalem altitudinem excrescit. Rami lignosi, teretes, patentes, cortice viridi- brunneo scabriuscula. Folia opposita, petiolata, ovata, obtusiuscula, inferiora, acuminata, integerrima,lœvia, Isetèviiidia, semipalmaria. Pe^/o/« patentes , brèves, teretes. Racemi bxW- lares, solitarii, corymbosi , floribus basin ramorum spectantibus. Pedunculus universalis pollicaris , teres, Isevis, subhorizontalis. Pedunculi partiales à latere inferiore affixi, brevissimi, tri^OYi. PedicelU uniflori minuti, terram spectantes, apice squamulâ niinimà acutâ terminati. F/orej pollicem et ultra longi. Calyx. Perianthium cylindriciim brevissimum, germini adna- HUBENiiR et GENTif. — Hépatlques d' Allemagne. 2 55 tum, laeve, margine supero integerrimo truncato. Perianth. germinis? Margo miiiimus supe- riis, vix conspicuus, in apice germinis, styliitn cingens, inlra calycem interiorem. Corolla : Pelala qiiinque (rariùs sex) superi, iingi.es erecti liueari-oblongi , in flore juniore conniventes in tubum angustatum, flavo-rubentes. Lamina purpureas, elasticè desilientes, reflexœ seu iin- guibusadpiessae, iisqiie triplé breviores, ejusdemque latitudinis . oblongae. Stam. Filamenta quinque ( rariùs sex) longitudinaliter unguibns petalorum adnata, eosque parlera tcriiam excedunl. Anlherajrectae oblongse. Pist, Germen inferum. Stylus filiformis corollâ paullô longior- Stigma simplexoblusum. 5acca ovata, albida, calyce coronata , uuilocularis , monosperma, pulpà exteriore carnosâ , interiore viridi , viscidà. Sem. unicum , baccam explens. (Forst. mss.) ( La suite à un prochain cahier. ) Deutschlands lebermoose , ou Collection des Hépatiques de r Allemagne , publiée -pari. V^ . P. Hueener et CF. F. Genth. (Mayence, i836. Kupferberg. in- 8°, i»'e et i^\\sv., à 4 fr.) Il y a quelque temps que M. Hûbener annonça le projet de publier une collection complète des Hépatiques de l'Allemagne. L'étude de cette famille pour la publication de son Hepaiicolo- gia germanicaXuï a procuré de nombreux matériaux; des corres- pondans dans diverses parties de l'Allemagne lui fourniront ce que dans ses propres voyages il ne pourra recueillir. M. Hûbe- ner s'est associé, pour la publication de ces cahiers, M. Genth, l'auteur de la Flore cryptogamique du duché de Nassau. Les deux livraisons publiées sont très bien exécutées : chaque es- pèce ou variété , munie de son étiquette, est collée sur un feuil- let de beau papier blanc ; les échantillons sont complets , au- tant du moins qu'ils peuvent l'être pour certaines espèces : les auteurs promettent d'ailleurs de donner par la suite à l'état complet les espèces dont la fructification manque jusqu'ici. Un certain nombre de Jungermannes sont munies de leurs pol- linaires , organes dont l'étude a été généralement négligée jus- qu'à ce jour. Les localités où les échantillons ont été cueillis sont indiquées : les auteurs promettent plus de détails à ce sujet dans un Synopsis qui paraîtra plus tard, et dans lequel les es- pèces ou variétés nouvelles non décrites dans X Hepaticologia seront également admises. Parmi les cinquante espèces contenues dans les deux livrai - sons publiées, nous avons remarqué, à côté des espèces plus 2 06 Réclamation de M. Turpin. communes, un assez grand nombre d'autres que les amateurs de cette famille, dont le nombre augmente toujours, y verront avec beaucoup de plaisir. Nous sommes convaincus que tous ceux qui s'occupent de l'étude de ces petites plantes si élégantes s'empresseront d'acquérir les belles plantes de MM. Hùbener et Genth, ce qui nous dispense d'indiquer le contenu des deux cahiers qui ont paru à la fin de l'année i836. Réclamation de M. Torpin au sujet d'une -publication de M. Panckouke, qui a paru sous le titre de Flore usuelle, (?^c. De i8igà 1820, je fis quelques centaines de dessins peints, destinés à la tlore médicale et aux Leçons de Flore, deux ouvrages publics il y a plus de 16 ans par M. Panckoncke. Dans ces publications, mes dessins, acquis depuis à grands frais par un auguste personnage, ont été graves et coloriés de manière à les rendre entièrement méconnaissables , et à me faire rougir d'y voir mon nom at- taché. Depuis lors je n'ai plus rien fait pour M. Panckoncke, et cependant il a continué de reproduire ces mauvaises figures et mon nom sous d'autres titres, sans que j'y prisse aucune part. Aujourd'hui il publie le prospectus d'une Flore usuelle recueil de plantes peintes par M^ Ern. Panckoucke et P. J. F. Turpin, membre de l'Institut j toujours sans ma participation ; de plus, ce pro- spectus dit: (C Si MM. les souscripteurs le désirent, il sera joint à cette collection une Explication de tous les systèmes de botanique par M. ïurpin. » Cet emploi continuel de mon nom dans des ouvrages dont je n'apprends l'exis- tence que par la voie des journaux m'afflige véritablement, et m'oblige, enfin , à réclamer contre un tel abus, qui me paraît au moins inconvenant, et à déclarer, dans l'intérêt de la vérité, que je désavoue, comme je l'ai toujours fait, les gravures coloriées qui figurent dans ces ouvrages, aussi bien que dans ceux qui pourraient encore paraître à l'avenir , sous quelques titres que ce fût , et dans lesquels M. Panckoncke trouverait bon de répéter ces mêmes gravures. Je déclare en outre qne jamais je n'ai eu l'intention de publier sur ce qu'il plaît à M. Panckoncke d'appeler une Explication de tous les systèmes de bo- tanique. Turpin, membre de l'Académie des Sciences. scHULTz. — Sur les vaisseaux du latex. iSj Mémoire de M Schultz de Berlin, sur les vaisseaux du latex, extrait par M. Auguste de Sa.int-H[laire. Lorsque le Mémoire de M. Schultz sur les vaisseaux du latex ^ qui, en i833, remporta le prix proposé par l'Académie des Sciences (V. ^rch. de bot. i. 420), fut envoyé à Paris, M. Au- guste de Saint-Hilaire se trouva du nombre des commissaire ~> chargés de l'examiner; et, afin de mieux s'en rendre compte, il en fit pour son usage un extrait détaillé. Comme l'impression du travail original a été retardée par des circonstances dont il serait inutile de rendre compte, on a engagé M. Auguste de Saint-Hilaire à faire imprimer son extrait , afin que le public ne fût pas davantage entièrement privé de ce que le mémoire de M. Schultz présente de curieux et d'intéressant. M. Auguste de Saint-Hilaire s'est rendu à cette demande , mais il déclare qu'il ne prend sur lui la responsabilité d'aucune des idées de l'auteur . § f- Organisation des vaisseaux du latex. Les vaisseaux du latex changent aux différens âges de leur existence. Dans le premier degré de développement, la membrane vas- culaire se trouve contractée en un canal étroit. Les vaisseaux se trouvent en grand nombre les uns à côté des autres, et il est difficile d'examiner chacun d'eux en particulier. Ils présentent en général l'image d'une substance extensible, reconnaissable à des raies fines et pour l'ordinaire un peu ondoyante, dans laquelle on aperçoit un latex granuleux. Ils paraissent d'abord uniformément resserrés; mais bientôt ils offrent des gonflemens et des resserremens alternatifs, et l'on y voit souvent de longs intervalles considérablement élargis par l'accumulation du la- Yir. BoTAN. — Mai. Xf 2 58 scHULTz. — Sur les vaisseaux du latex. tex, tandis qu'en d'autres endroits ils se montrent resserrés et sans sucs. Dans l'état que nous venons de décrire, les vaisseaux du latex sont appelés par l'auteur vaisseaux du latex en état de contraction. Les vaisseaux du latex en état d'expansion représentent le plus haut degré de développement. Dans cet état, on les voit prendre un diamètre considérable, gonflés par le latex dont ils sont remplis , et dont la couleur plus foncée les rend faciles à apercevoir. Souvent ils sont dans toute leur longueur remplis de sucs, mais souvent aussi ils offrent des intervalles vides. Tantôt aucun rétrécissement n'a lieu aux places vides , tantôt des resserremens se manifestent aux endroits d'où le la- tex s'est retiré. Quelquefois des vaisseaux où se montrent des intervalles vides sans aucun resserrement, existent à côté d'au- tres vaisseaux chez lesquels des étranglemens se font voir aux intervalles vides. Dans d'autres cas , des gonflemens se forment en manière de nœuds, au lieu d'étranglemens, et ces gonfle- mens semblent devoir leur origine à un resserrement intérieur de la paroi vasculaire, qui a lieu sans que la périphérie exté- rieure éprouve aucun changement. Quant à la longueur, les vaisseaux du latex en état d'ex- pansion ne montrent plus la même extensibilité que les vais- seaux en état de contraction , et ils ne peuvent non plus se rac- courcir uniformément. Néanmoins, quand ils sont dégagés, ils se plient en décrivant des ondulations; mais, pour cela, il ne faut point qu'ils soient parvenus à un âge trop avancé. Les resserremens et les formations de noeuds dans les vais- seaux du latex en état d'expansion mènent , par une transition graduelle , à \ articulation complète de ces vaisseaux. Les articu- lations se forment aux endroits où étaient les resserremens ou les nœuds. D'abord , on voit les resserremens ou les nœuds se raccourcir au point de ne plus paraître que des lignes transver- sales, et enfin les articulations se développent de manière à pouvoir sans peine se détacher les unes des autres. Le resserre- ment des articulations ne va cependant point jusqu'à fermer entièrement la cavité du vaisseau, de sorte qu'un passage de sucs reste toujours possible. Alors , néanmoins , ce passage de- scHULTz, — Sur les vaisseaux du latex. ^Sg vient fort difiicile, les vaisseaux ne sont plus susceptibles de contraction et de dilatation , et l'activité des vaisseaux du latex peut être considérée comme étant à son terme. On voit , d'après ce qui précède , que le vaisseau en état de contraction, celui en état d'expansion, et enfin celui en état d'articulation , ne sont que des modifications du même vais- seau, dues à des différences d'âge. Il y a des plantes ou des parties de plantes où ces différentes formes se trouvent mêlées : on les voit passer de l'une à l'autre par une suite d'intermé- diaires; quelquefois même, de Xarticulation d'un vaisseau par- venu à la dernière période , naît un autre vaisseau en état de contraction. Chez les plantes annuelles, la transformation est en général rapide ; mais , dans les rhizomes d'une végétation lente, elle se fait moins prompteraent, et il est des plantes où l'on n'observe jamais en même temps les trois degrés de développe- ment. C'est dans l'état d'expansion que la plupart des vaisseaux du latex offrent le plus grand diamètre , le terme moyen est de 0,014. Trois sortes de caractères distinguent les vaisseaux du latex des cellules allongées et des vaisseaux spiraux : 1° ils renferment le suc vital, qui, par les globules qu'il contient intérieurement, donne aux vaisseaux un aspect trouble ; 2° la membrane des vaisseaux est uniformément transparente , sans aucune raie ni aucun point, de sorte qu'après l'évacuation du suc ils sont par ' faitement transparens, et ne font voir des lignes transversales et des resserremens que sur les noeuds dans Y état d'articula- tion ; 3° ils sont contractiles dans l'état d'expansion et de con- traction ; et dans Xétat d'articulation, ils se distinguent des cel- lules allongées parce qu'ils ne sont point entièrement fermés. Dans les familles où un grand nombre d'espèces offrent un suc propre laiteux, il est d'autres espèces qui ne sont point lai- teuses. Chez les unes comme chez les autres, l'auteur a trouvé les vaisseaux du latex. Passant de là aux familles où l'on n'observe aucun suc laiteux , il a encore observé les vaisseaux du latex dans un grand nombre d'entre elles. a Go zOlUir.Tz. — Sur les vaisseaux du latex. §n. De la préparation des vaisseaux du latex. T^'exanien des vaisseaux du latex offre des difficultés beau- coup plus grandes que celui des vaisseaux spii aux du liber et du tissu cellulaire. Cela explique pourquoi Ton n'a jusqu'ici connu que très imparfaitement ces vaisseaux , quoiqu'on en ait tou- jours supposé l'existence. Une macération de cinq à six jours les sépare des cellules et des autres vaisseaux environnans , et c'est alors seulement qu'on peut les étudier avec succès. § ni. Quelle est la place des vaisseaux du latex. Si l'oa examine attentivement les vaisseaux vasculaires , on découvre qu'ils ne se composent pas seulement de vaisseaux spiraux et des cellules du liber qu'on rencontre fréquemment dans le voisinage, mais encore de vaisseaux du latex qu'on trouve ordinairement à côté des vaisseaux spiraux. Ceux-ci sont généralement placés plus à l'intérieur; au milieu du faisceau se trouvent les vaisseaux du latex , et, plus en dehors, les cel- lules du liber. 11 s'en faut bien cependant que ces diverses places soient invariables. Ainsi, dans le Tragopogon porrifolium y les vaisseaux du latex se trouvent à l'extérieur du faisceau ; plus intérieurement, viennent les cellules du liber; plus intérieure- ment encore, les vaisseaux spiraux, et davantage sur le centre de nouvelles cellules du liber. Chez les plantes où les vaisseaux spiraux ne sont point réunis en faisceaux, mais en couches concentriques cohérentes, les vaisseaux du latex ont aussi une place différente : dans X Euphorbia dulcis, les vaisseaux spiraux réunis aux cellules hgneuses, plus extérieures qu'eux, forment une couche ligneuse, et les vaisseaux du latex se trou- vent, à l'extérieur de cette couche, dans une autre couche un peu interrompue ; un rameau de trois ans de X Euphorbia scHULTz. — Sur les vaisseaux du latex. -iGi Caput Medusœ offre une couche ligneuse interrompue par du tissu cellulaire succulent en faisceaux entourés d'une couche de cambium , et les vaisseaux du latex sont épais dans le tissu cellulaire cortical , ainsi que dans la moelle , etc. Jusqu'à présent il n'a été question ici, pour la place àesvais- seaux du latex, que des plantes où il est laiteux; dans celles où il ne Test pas, cetle place est également susceptible de grandes niodifications. L'auteur les fait connaître dans un nombre pro- tligieux de figures accompagnées de leurs explications. S IV. Des différens organes sécréteurs que Von trouve dans la moelle et dans le tissu cellulaire cortical de plusieurs plantes. Outre \es vaisseaux du latex, il existe dans plusieurs plantes des canaux qu'il ne faut pas confondre avec eux, savoir : les canaux aériens , qui, dans les plantes aquatiques , se trouvent au milieu des faisceaux; les vésicules sphériques , qui, dans plusieurs espèces, telles que ï Ipomœa purpurea ^ le Ruta gra- veolens ^ etc., se montrent remplies d'une huile éthérée; et en- fin les canaux veineux ou gommeux des Térébentliacées , des Ombellifères, des Malvacées, etc. § V. hes vaisseaux du latex sont-ils séparés les uns des autres , ou réunis en un réseau par des anastomoses ? Dans Vétat de contraction , on trouve les vaisseaux du latex liés partout à l'aide d'anastomoses; cependant cette continuité n'est pas très frappante, parce que les vaisseaux sont très fins, disposés parallèlement en faisceaux et juxtaposés. Ce n'est que quand les rameaux fourchus s'écartent les uns des autres, pour entrer dans ï état d'expansion ^c\ui?. se montre l'aspect réticulé des anastomoses. Mais les anastomoses se verront déjà facile- ment dans l'état de contraction, si, au moyen Ciwne aiguille, on étend latéralement une couche des vaisseaux du latex. 262 scHULTz. — Sur les vaisseaux du latex. Dans i'état d'expansion , le réseau des vaisseaux du latex se voit très distinctement chez un grand nombre de plantes. Outre l'anastomose réticulée, on trouve, dans beaucoup de plantes, une ramification plus ou moins parfaite, de sorte qu'il existe ici des tiges vasculaires distinctes qui se partagent en un nombre de rameaux plus ou moins grand, et, dans VEuph, Caput Medusœ^ la ramification est tout-à-fait en forme d'arbre. Chez un petit nombre de plantes, Fauteur a trouvé, dans les parties qu'il a examinées , les vaisseaux du latex sans anasto- mose; cependant il ne voudrait pas répondre que quelques autres parties de ces mêmes plantes n'en présentassent pas, ou que les anastomoses ne lui aient pas quelquefois échappé. Dans l'état de développement complet, X^'s, vaisseaux articulés du latex se montrent ordinairement simples, parce qu'aux en- droits où l'on trouve les anastomoses, se forment les articula- tions par le moyen desquelles s'isolent les vaisseaux placés parallèlement. Dans la même partie , le nombre des vaisseaux du latex con- tractés est toujours beaucoup plus considérable que celui des vaisseaux en état d'expansion, et d'articulation qui se montrent plus tard à la même place, et il semble qu'une partie seulement des vaisseaux en état de contraction parvient à un développe- ment complet. Le phénomène de l'avortement, qui joue un rôle si important dans les organes du développement des fleurs et du fruit , paraît avoir la même importance dans l'organisation intérieure. On voit souvent, par exemple , chez les vaisseaux en état d'expansion, les branches latérales qui forment les anas- tomoses avorter, tandis que les vaisseaux eux-mêmes conti- nuent à se développer, et se séparent de manière que le nombre des anastomoses va toujours en diminuant; ce que l'on peut observer avec évidence chez les Syngenèses et les Campa- nulacées. Les vaisseaux du latex en état d'expansion et d^ articulation sont en général plus gros chez les plantes qui ont un latex plus ou moins laiteux, et, au contraire, plus rainccî? chez celles où le latex n'est pas laiteux. sctiULTz. — Suj' les vaisseaux du latex. 263 § VI. Des familles de plantes chez lesquelles ont été observés les vais- seaux du latex. L'auteur dit avoir reconnu les vaisseaux du latex dans 56 fa- milles qu'on peut réduire à 53. § VIL Des familles de plantes où Von ne trouve pas les vaisseaux du latex. La plupart des plantes qui sont privées de vaisseaux spiraux ie sont aussi des vaisseaux du latex, et, d'un autre côté, il n'y a que quelques plantes où l'on ne trouve point de vaisseaux du latex, quoiqu'on observe dans quelques parties des vaisseaux spiraux ou du moins des vestiges de vaisseaux spiraux. A cette dernière catégorie, appartiennent en particulier les familles des Characées , le Stratiotes , les Hydrocharidées et le Trapa. Les familles qui n'offrent ni vaisseaux s^^ïvaw'&jwi vaisseaux du latex, sont les Vallisnériées, les Podostéraées, les Cératophy liées , les Fluviales, les Zostérées, les Lemnacées, et une autre encore. Chez plusieurs plantes de ces familles, on trouve, dans les diverses cellules ouutricules dont leur tissu se compose unique- ment, la même rotation de sucs que Corti a observée le premier dans les Ckara. Cette rotation est extrêmement facile à observer dans les ra- dicelles capillaires et horizontales du Stratioles aloides. Celles- ci, qui se composent d'utricules allongées, sont parfaitement transparentes, et l'on peut observer facilement ce qui s'y passe. Dans les utricules, on voit le long des parois un double cou- rant de sucs , au milieu duquel reste un espace vide ; un cou» rant s'avance longitudinaleraent dans un sens, et le courant opposé marche parallèlement au premier , en sens contraire ; mais aux deux bouts opposés et fermés de l'utricule, chaque 264 scHULTz. — Sur les vaisseaux du latex. courant se courbe et se confond avec l'autre, ou, pour parler (l'une manière plus exacte, il n'y a réellement qu'un courant unique qui sans cesse circule autour d'un tube allongé. Le même mouvement s'observe dans les nervures utriculaires des feuilles et du pétiole, et, comme les utricules de la feuille sont hexagonales et non allongées , la rotation y est presque parfaitement circulaire. Vers le déclin de la végétation, un pelit amas de «.ucs se forme au milieu d'abord vide de chaque utri- cule, et il finit par s'établir une rotation sphérique. Au nombre! des familles qui sont à-la-fois sans vaisseaux spi- raux et sans vaisseaux du latex ^ doivent être encore comptées les Mousses, les Hépatiques, les Lichens, les Algues et les Conferves. Mais dans les Agarics lactescens , on observe un mouvement remarquable du suc propre laiteux , qui pourrait faire suppo- ser l'existence de vaisseaux du latex. Sur une section transver- sale du stipe de Vudgaricus deliciosus, on voit le suc jaune suivre de très fines ouvertures ; et si l'on coupe le même stipe longi- tudinalement, on trouve le parenchyme traversé en tous sens par des veines jaunes où l'on remarque un courant. Celui-ci n'a cependant pas lieu, comme chez les vaisseaux du latex, en di- rection ascendante et descendante dans les différentes veines, mais dans une direction seulement ascendante. Enfin , la com- paraison des diverses parties du Champignon tend à prouver que les veines ne sont point des vaisseaux, mais simplement des utricules allongées. § VIIL Quels sont l'origine , la nature et la destination des sucs conte- nus dans /^«vaisseaux du latex? Depuis Malpighi , différens sucs ont été confondus avec le suc propre sous le nom de latex. Les huiles éthérées, les résines et les gommes, sont différentes du latex par les organes où elles se fornpent , aussi bien que par leurs propriétés. L'huile éthérée se dépose dans des bulles cellulaires séparées qui se trouvent , scHULTz. - - Sur les vaisseaux du latex. 266 ou sur la superficie de l'épiderme, comme dans la plupart des Labiées , ou dans l'intérieur du parenchyme et des différentes cellules, comme dans les Laurinées. Elles se distinguent du la- tex par leur transparence, leur volatilité, et principalement par l'absence de toute formation de globules. La dernière pro- priété surtout distingue aussi les résines fluides qui se forment chez les Ombellifères et les Térébinthacées dans de longs et larges canaux {meatus) entre les cellules. La gomme ne se dé- pose entre les cellules que dans des cavités qui n'ont point de parois particulières. Elle se distingue du latex par sa complète dissolution dans l'eau en une liqueur mucilagineuse , par sa transparence parfaite, et par la non-formation des globules. De plus, ni la gomme, ni les huiles éthérées, ni la résine, n'ont la faculté de se coaguler qui distingue le latex d'une manière si frappante. Le latex est un suc très préparé et très organisé qui ne se forme pas immédiatement des substances nourricières fluides absorbées du dehors. Quoique \es vaisseaux du latex soient par- tout juxtaposés aux vaisseaux spiraux , et se trouvent même placés plus extérieurement que ceux-ci, l'auteur n'a jamais trouvé, dans ses expériences sur l'absorption des liqueurs co- lorées, que le latex se fût coloré dans la racine ou dans la tige, quoique les vaisseaux spiraux se fussent bientôt complètement remplis de la liqueur colorée. Reichel,Comparetti, Duhamel et Link,, n'ont jamais remarqué non plus que les liqueurs colo- rées eussent passé des vaisseaux spiraux dans d'autres organes. En revanche , on trouve dans le Père Serrabat , qu'il mit une Euphorbe dans une liqueur rouge ; que la liqueur monta tout entière dans le bois , sans colorer le moins du monde le suc lai- teux de la plante ; mais que la liqueur se communiqua aussi, quelque temps après , dans les feuilles, au suc laiteux , et que celui-ci se colorait en rouge de haut en bas^ dans t'écorce , au lieu que la colorisation des vaisseaux spiraux se faisait de bas en haut. L'auteur a répété ces expériences chez un grand nombre de plantes , mais elles lui ont réussi dans deux seu- lement. Il a vu cette coloration dans les feuilles d'un ra- meau de Ficus Carica j et dans des individus complets des 266 scHDLTz. ■ — ■ ifc/- les vaisseaux du latex. Euph.Peplus et Cyparissias , trois jours après que la liqueur co- lorée était montée dans le bois. Cependant il n'a pu apercevoir qu'une seule fois un mouvement du latex coloré en bleu , tan- dis qu'il a encore souvent trouvé dans une agitation très vive le suc coloré dans les Chara vulgaris, Hydrocharis Morsus ranœ et Stratiotes aloides. Si l'on compare à présent entre eux le phénomène de l'ab- sorption des liqueurs colorées chez les plantes où se trouve une rotation du suc, en particulier le Chara vulgaris ^ avec le même phénomène dans le Ficus Carlca, etc. , il s'ensuivra que, dans le Chara _, le suc immédiatement absorbé circule aussitôt, tandis que , dans les plantes à latex laiteux, le suc n'est recueilli que dans les vaisseaux spiraux ou le bois, et passe de là dans les vaisseaux du latex. Par conséquent , dit l'auteur, il est vrai- semblable que la lymphe du bois est l'origine du suc contenu dans les vaisseaux du latex, ou plutôt que le latex ne se forme que du suc hgneux. Le latex est en général d'une consistance visqueuse, et ne se dissout point dans l'eau. Ce qui le distingue des autres sucs vé- gétaux, ce sont les globules qui constituent son organisation intérieure. Entre le latex le moins trouble et le plus parfaite- ment laiteux , il y a une foule d'intermédiaires. Chez les plantes qui , dans l'état développé , ont un suc parfaitement laiteux , on trouve, à leur naissance, un suc presque incolore, et la couleur laiteuse disparaît à son tour presque entièrement dans les vieux jets des arbres. A cet égard , il y a cependant de grandes diffé- rences , suivant les espèces , et l'influence du climat en produit aussi de très grandes dans les mêmes espèces. La couleur plus ou moins laiteuse dépend du degré de con- centration du latex, et de la plus ou moins grande quantité de latex contenue dans les vaisseaux de chaque plante. A l'organisation intérieure du latex se lie la faculté qu'il a de se coaguler, faculté qui ne se retrouve dans aucun des autres sucs des végétaux. Tout le monde connaît les expériences faites par Fourcroy sur le suc de XHeçeaj mais l'auteur en a fait de très intéressantes sur ceux de XAsciepias Sfriaca, du Mimosa pudica et du Papaver somniferum. Si l'on garde le suc de \A. scHULTZ. — ■ Sur les vaisseaux du latex. ^^67 Syriaca à l'état de repos dans un verre légèrement fermé, il se conserve plusieurs jours et même des semaines sans se coagu- ler; mais on peut hâter la coagulation en remuant le verre; on la hâte encore en ajoutant de l'eau au suc, ou mieux encore , de l'acide muriatique oxigéné. La coagulation s'opère avec une grande facilité, si le suc est mis dans un vaisseau plat, et en contact immédiat avec l'air ambiant. Alors il se décompose en un coagulum blanc , et en un sérum brun qui, peu-à-peu, commu- nique sa couleur au coagulum. Celui-ci est tenace et élastique comme du caoutchouc, et fond à la chaleur comme de la cire. Des vers infusoires naissent par la macération du latex lai- teux ou non laiteux , et jamais l'auteur n'en a vu naître des autres sucs des végétaux. Le latex du Papaver somniferum se sépare en un coagulum d'une nature tenace comme du caoutchouc , lequel fond en partie étant exposé à la chaleur , et surnage sur l'eau chaude. Dans un contact plus long avec l'air, il prend la nature coriace du caoutchouc, et il fond alors comme de la cire, ainsi que le caoutchouc du commerce. Si l'on compare le latex avec la lymphe du bois, on trouvera que le premier est infiniment plus concentré, et contient beau- coup plus de parties solides. Aussi, dit l'auteur, la perte de petites quantités au. latex nuit beaucoup à la plante, tandis que celle de grandes quantités lui nuit fort peu. Si l'on fait attention a l'organisation du latex, aux globules qui le composent, à la faculté qu'il a de se coaguler et de se sé- parer en sérum et en une espèce de fibrine , on sera tenté de croire qu'il existe une grande ressemblance entre le latex et le sang des animaux. L'accroissement des couches Hgneuses et corticales peut être arrêté, si, parle resserrement ou par le retranchement d'an- neaux corticaux, l'on supprime l'affluence des sucs des parties supérieures aux inférieures. Or, le latex est le seul des sucs de l'écorce qui , en vertu de l'organisation des vaisseaux déjà dé- crits, puisse avoir un mouvement progressif; donc c'est lui qui entretient la nutrition. L'auteur, en faisant écouler une grande quantité de suc laiteux de XAsclepias Syriacaf a empêché cette 268 scHULTz. — Sur les vaisseaux au latex. plante de porter des fruits, et, au contraire, il assure que l'é- coulement de la lymphe du bois ne nuirait point au végétal. Le mouvement oscillatoire des globules du latex établit en- core un point de ressemblance entre cette liqueur et le sang des annnaux, et ajoute une nouvelle force aux raisons que croit avoir l'auteur pour penser que le latex sert à la nutrition des plantes. S IX. Le latex a-t-il un mouvement de translation? Dans beaucoup de plantes où le latex est trouble, d'un blanc de lait ou d'une autre couleur, on peut, à l'aide du micro- scope , observer dans les vaisseaux un mouvement progressif. Mais, pour bien faire ces observations, il faut choisir des par- ties de plantes qui soient en pleine végétation , dans leur par- faite intégrité, et dont le tissu soit fort transparent. Quand on aura étudié la translation du latex dans de telles circonstances, on pourra plus aisément la retrouver dans des parties que leur opacité aura forcé de couper. Si l'on soumet au microscope un pétale de Papai'er somni- ferum , on verra que son parenchyme rouge est partout tra- versé par des veinules blanches faciles à distinguer. Les unes , plus grandes, se portent parallèlement vers le bord du pétale , et là convergent en décrivant un arc; les autres, plus petites , établissent une communication entre les plus grandes. Dans ces différentes veinules, on voit un mouvement de translation, mais il ne s'opère pas de la même manière dans toutes. Par exemple, si la translation se fait en montant dans une veinule , elle se fera en descendant dans la veinule voisine. C'est au bord de la feuille, par le moyen des extrémités arquées et anastomosées des veinules, que se fait le changement des courans. Cependant la régularité que nous venons de «lécrire ne s'observe pas toujours; ainsi, quelquefois dans deux des gran- des veinules les plus voisines, le suc monte en même temps, où descend en même temps , tandis que l'alternance contiime dans le reste des grandes veinules. Quoi qu'il en soit, le même scHULTz. — Sur les vaisseaux du latex. 269 mode de translation s'observe toujours dans les grands vais- seaux; mais il n'en est pas de même des petits; chez ces der- niers, le suc, après avoir pris une direction, peut tout-à-coup en suivre une contraire. L'auteur a observé des mouvemens semblables dans les fo- lioles du calice du Sagittaria sagittifolia. Là, tandis que la foliole se flétrissait, l'auteur a observé que le mouvement ces- sait dans quelques vaisseaux, mais que dans le même moment il continuait encore dans d'autres. Quand la foliole s'est fermée, mais sans être entièrement morte, on peut rétablir le courant dans quelques vaisseaux, en les arrosant d'eau; mais cela n'est plus possible, lorsqu'elle est tout-à-fait desséchée. L'auteur a vu, dans plusieurs espèces â'Jloe, la translation s'opérer de la même façon que dans le Sagittaria. Dans XALoe glauca, il a vu les branches de communication disparaître quel- quefois entièrement, et alors, les vaisseaux principaux se con- tractaient tellement, que bientôt aussi ils n'étaient plus visi- bles ; mais quelque temps après, les courans renaissaient touî-à- coup. Surtout quand le mouvement est très rapide, on voit dans les vaisseaux un élargissement et un rétrécissement notables. L'élargissement s'opère successivement dans un grand espace, sans alternance et sans ondulation, et est quelquefois suivi dans les petits courans d'un rétrécissement graduel qui va même jusqu'à une disparition complète. La rapidité du mouvement général est plus grande dans les petits vaisseaux en état de contraction y et le mouvement est au contraire fort lent dans Xétat d'expansion parfaite. L'observation des mouvemens est bien plus difficile dans des tranches faites artificiellement, que dans les parties entières et transparentes. Elle est même impossible, lorsque les tranches sont prises dans des plantes où les vaisseaux sont fort sinueux. L'observation des tranches faites dans les couches corticales ou pétiolaires a cependant cet avantage , quand cela est possi- ble, que les vaisseaux exposés à nu laissent voir plus aisément ce qui se passe à leur intérieur. Ainsi l'auteur a vu dans une amelle corticale de ÏAcer platanoides , plus distinctement 270 SCHULTZ. — Sur les vaisseaux du latex. qu'ailleurs , que quand deux courans parallèles , marchant en sens contraire, sont réunis par une anastomose, le courant as- cendant ne passe pas entièrement par cette anastomose, pour se réunir au descendant, mais qu'il n'en passe qu'une partie, et qu'il en est de même du courant descendant. Dans les parties intactes qui ne sont point séparées de la plante-mère, on peut observer des mouvemens pendant des jours, pendant un quart d'heure, ou une demi-heure, quand la partie est détachée , et enfin, pendant cinq à dix minutes, quand l'observation se fait sur des tranches faites avec le ra- soir. Dans VA. platanoides, on observe, avant la cessation com- plète du courant, un mouvement alternativement progressif et rétrograde, et, plusieurs fois aussi, un renversement com- plet de la direction. M. Amici, dit l'auteur, a cru pouvoir pro- duire un changement de direction dans le courant par des va- riations de température. L'auteur a cherché à opérer un chan- gement de température, en humectant alternativement les la- melles avec de l'eau froide et de l'eau chaude , et n'a pu con- server aucune variation dans les courans qu'il pût attribuer au froid ou à la chaleur. L'eau chaude rendait en apparence les courans plus lents ; l'eau froide n'opérait aucun changement sensible. Cependant l'eau peut rétablir les mouvemens qui ont cessé dans les feuilles flétries du Chelidonium. La cessation dans les lamelles coupées ne dépend pas de l'écoulement du suc hors des vaisseaux ; le suc s'arrête souvent à des endroits très élargis, et s'éloigne même quelquefois des extrémités cou- pées. L'auteur n'a pu découvrir le mouvement du latex dans toutes les plantes où ce sucest laiteux, ou bien il ne l'a pu voir sur certaines coupes dans des espèces où des parties transpa- rentes et intactes le lui avait laissé apercevoir quelquefois. Mais en revanche, il a vu le mouvement dans des coupes d'espèces où le latex est incolore et simplement muqueux, telle que le Mimosa pudica^ et il pense qu'il a lieu, sans ex- ception, dans tous les végétaux chez lesquels existe le latex coloré ou incolore. Lorsqu'on coupe par les deux bouts un scHULTz. — Sur les vaisseaux du latex. 271 morceau de la tige d'une plante laiteuse, on voit le latex sor- tir aux deux extrémités du fragment, ce qui prouve avec évi- dence qu'il y a, dans le latex , mouvement ascendant et des- cendant ; mais le même phénomène se fait voir dans les plan- tes à latex non coloré; par conséquent j chez celles-ci comme chez les autres , il y a mouvement de translati on dans les deux sens. SX. A quelle cause soit externe soit interne faut- il attribuer le mou- vement de translation ? Il n'y a aucune saison où le mouvement cesse tout-à-fait ; mais c'est en général au printemps qu'il se fait sentir avec le plus de vivacité ; en hiver, presqu'au point de congélation, il cesse à-peu-près entièrement. Cependant la rapidité du mou- vement n'est pas dans un rapport exact avec la température montante ; il est même plus lent les jours très chauds et secs que les jours froids , et l'auteur a observé que , dans un Ficus elastica exposé à 36° R. , le mouvement avait presque cessé . On remarque aussi que la même température n'accélère pas le mouvement du latex dans toutes les plantes à la même époque. Ainsi, dans r^cer /7/<2/^720iV/^5^ la plus grande rapidité s'ob- serve en mai ; elle s'observe en juin dans le Morus alba, etc. Puisque le mouvement n'est pas le même dans toutes les plantes à une température égale, la chaleur ne saurait être en- visagée comme unique cause de ce mouvement; elle ne peut être envisagée que comme stimulant, et les plantes doivent ren- fermer en elles-mêmes les causes de la translation. Il faut donc bien distinguer ici les causes extérieures excitantes et les causes intérieures. La chaleur manifeste son influence sur les mouveraens seu- lement , tandis que la vie existe encore dans les plantes. Un froid de i5 à 20° arrête le mouvement dans X Acer platanoides\ mais si l'on porte les branches encore vivantes de cet arbre dans une chambre à 10 ou 12'' R., le mouvement se rétablit 272 scHULïz. — Sur les vaisseaux du latex. bientôt; il est impossible de le faire renaître, lorsque la branche est privée de vie. Si la chaleur était la seule cause du mouve- ment, il est clair qu'elle devrait le prodmre, tant que les sucs restent dans un état de fluidité. L'eau rétablit le mouvement dans les feuilles qui se flétris- sent; mais elle ne peut le faire reparaître dans celles qui ont été entièrement séchées. Par conséquent , ce liquide n'est comme la chaleur qu'une condition vitale extérieure , et ne peut exciter aucun mouvement sans uw stimulant vital in- térieur. Une des causes intérieures du mouvement est d'abord la con- traction des vaisseaux, résultat d'une irritabilité organique qui se perd par le dépérissement de la plante. Cette contraction, comme l'auteur l'a dit plus haut, n'est point pulsative ou on- doyante ; mais un rétrécissement successif et uniforme d'un vaisseau c[ui, par ce moyen, presse les sucs qu'il renferme. Les vaisseaux en état de contraction et d'expansion commençante sont plus susceptibles de rétrécissement que ceux en état d'ex- pansion parfaite et ^articulation; et l'on a vu que les mou- vemens étaient beaucoup plus rapides dans les premiers que chez les derniers. Cependant la contraction ne peut être la seule cause du mouvement. En effet , lorsqu'on coupe des portions de Che- lidonium majus etc., les sucs ne découlent que des courans qui se meuvent précisément vers la surface coupée , et ceux au contraire qui se dirigent en sens opposé, ne s'épanchent en aucune manière en dehors. Si le mouvement ne venait que de la contraction, ces derniers sucs devraient cependant s'épan- cher, puisqu'ici la contraction a dû cesser, au moins dans un certain espace. La cause qui semble véritablement produire l'impulsion pri- mitive du mouvement des courans est l'oscillation intérieure et organique des globules du latex y oscillation qu'on aper- çoit distinctement à la clarté du soleil , à l'aide d'un grossisse- ment très considérable. L'oscillation diffère essentiellement de tous les phénomènes physiques, et consiste essentiellement en ce que les molécules scHULTz. — Sur les vaisseaux du latex. 273 s'attirent et se repoussent, ou plutôt se réunissent et se sépa- rent mutuellement, mais de telle manière que cette action re- commence toujours d'elle-même, et offre une alternative con- tinuelle de réunion et de séparation des molécules, sans qu'un repos se fasse remarquer au moment de la réunion. L'auteur appelle autosyncrise l'attraction ou réunion organique, et auto- diacrise la répulsion ou séparation. Les parois vasculaires sont composées de molécules organiques semblables à celles dont l'oscillation est produite dans le suc par X autosyncrise et Xau- todiacrise, et l'on observe que l'attraction et la répulsion s'o- pèrent entre les molécules du suc et des vaisseaux, comme en- tre celles du suc elles-mêmes. On observe cette action récipro- que de la manière la plus distincte entre les molécules du latex et les parois des vaisseaux dans les racines transparentes et blanches des Chara, lorsque par l'absorption, on colore le suc du latex. Si l'on rétablit, par le moyen de l'eau, le mouvement quia cessé dans la feuille flétrie du Chelidonium majus, le mouve- ment intérieur de Xautodiacrise commence toujours avant celui des courans. Quand une fois le suc, par ce mouvement intérieur à reçu un mouvement progressif lent , dans une cer- taine direction , la contraction des vaisseaux dans cette di- rection fait que le suc est chassé plus rapidement. Les causes du mouvement du latex sont donc au nombre de deux ; io une force par laquelle s'opère la direction du mouvement et son existence primitive , savoir : X autosyncrise et Xautodiacrise , ft° une force par laquelle le mouvement progressif est accéléré et entretenu dans la direction une fois prise, savoir : la con- traction et l'expansion des vaisseaux. Au phénomène de X autosyncrise et de Xautodiacrise se rat- tachent l'assimilation et la nutrition. Par Xautodiacrise^ les molécules du suc s'échappent des parois vasculaires pour se porter dans les parties qui doivent être nourries, et par l'aM/o- syncrise s'opère l'assimilation de la nourriture. Une preuve de ce qui précède , c'est que la distribution du suc se fait avec plus d'abondance , là où il doit y avoir plus d'accroissement, et que la rapidité des mouvemens est plus VIL BoTAN. — 2»/af. 18 274 SCHULTZ. — Sur les vaisseaux du latex. srandé aux époques du développement, la température restant d'ailleurs égale. L'auteur semble soupçonner que la direction des mouve- mens des sucs pourrait être déterminée par l'excitation de la lu- mière, et il cite, à cette occasion, une expérience qui lui est pro- pre. Il sema diverses graines dans des pots renversés, appuyés SU)- un treillage au-dessus du sol , et , à laide d'un miroir , il fit parvenir la lumière de bas en haut sur l'ouverture du pot : les tiges se dirigèrent vers la terre , et les racines vers le ciel. §XI. Jusquà quel point est-on en droit d'adopter et de rejeter l'opi- nion de quelques physiologistes modernes qui admettent dans les végétaux une circulation de sucs analogue à celle du sang dans ces animaux ? A l'idée de la circulation du sang chez les animaux, on as- socie généralement encore l'idée qu'une telle circulation se trouve avec un cœur placé au centre du système vasculaire. Mais les anatomistes savent aujourd'hui qu'un tel mode de cir- culation ne se rencontre pas chez tous les animaux , et que ceux d'un ordre inférieur sont dépourvus de coeur ; ce sont ces derniers dont la circulation a de l'analogie avec la cy close des plantes. Dans VHirudo vulgaris de Linné , le système vasculaire est sans cœur, et se compose de deux grands vaisseaux latéraux et d'un vaisseau intermédiaire qui, correspondant aux anneaux du corps de l'animal, font voir une rangée de gonflemens. En- tre les vaisseaux latéraux et l'intermédiaire, sont placés des vaisseaux de communication placés transversalement. Alterna- livemenL les deux vaisseaux latéraux s'étendent et se remplis- sent de sang, puis se vident et se contractent. Pendant qu'un vaisseau se remplit, l'autre se vide, et le sang passe succces- sivement de l'un à l'autre par les vaisseaux intermédiaires, se diri- geant tour-à-tour de droite à gauche et de gauche à droite. Ainsi a direction descourans transversaux serenverse alternativement SCHULTZ. — Sur les vaisseaux du latex. ^n^ toutes les fois que la contraction alterne entre les deux vais- seaux latéraux, ce qui s'observe aussi dans les feuilles du Trago- pogon porrifolium ou les pétales du Papaver somniferurriy et en même temps les contractions se font dans Xllirudo , non par pulsations , mais lentement, comme cela a lieu chez les plantes. Une circulation plus ou moins analogue à celle de XHirudo vulgaris s'observe chez d'arstres espèces, comme l'ont remarqué Dugès , Carus , Nordman ; et ce dernier a observé, dans une espèce, que le mouvement continuait trois à quatre heures après l'amputation, ce qui établit encore une ressemblance avec les plantes. Enfin, dans les animaux vertébrés, il y a mouvement du sang dans les vaisseaux avant même que le cœur soit formé, et l'auteur croit que ce mouvement s'opère, comme chez les plantes, par autosyncrise et autodiacrîse. Par conséquent, dit-il, on peut comparer avec la circulation dans les plantes celle qui s'opère chez les animaux d'un ordre inférieur, et même celle que l'on remarque dans les animaux d'un ordre supérieur avant que le cœur soit formé. L'auteur résume son travail de la manière suivante. § Xll. RÉSUMÉ. i^ Les vaisseaux du latex n'existent pas dans toutes les plantes; ils manquent dans toutes celles qui ne se composent que d'utricules. La plupart de ces plantes appartiennent à la classe des Cryptogames de Linné; mais , parmi elles, se trouvent pourtant aussi des Phanérogames , telles que le Straiiotes y la Fallisneria , etc. 2° Les vaisseaux du latex sont placés, dans .les faisceaux vas- culaires, sur le côté extérieur des vaisseaux spiraux; et, dans toutes les parties de plantes où se trouvent des faisceaux vascu- laires, ceux-ci se composent en même temps de vaisseaux du latex et de vaisseaux spiraux, qui sont, souvent entièrement, souvent aussi seulement en partie, environnés de cellules du liber. Où il y a un corps ligneux et cortical, les vaisseaux du latex sont placés dans la couche la plus intime de Fécorce , soit en formant une couche uniforme, soit disposés par faisceaux 276 scHULTz. — Sur les vaisseaux du latex. en cercle. De la partie corticale des faisceaux vasculaires , ou des couches corticales que l'on peut regarder comme le foyer du système vasculaire du latex ^ des vaisseaux du latex isolés se répandent dans le reste du tissu cellulaire et dans la moelle. S"* Les vaisseaux du latex ^ dans Xétat de contraction y sem- blent réunis, chez la plupart des plantes, par des anastomoses latérales. Chez un grand nombre de végétaux, on trouve en- core des anastomoses dans les vaisseaux eu état d'expansion et iS! articulation. En revanche , dans les deux derniers états et surtout dans celui à' articulation ^ on les trouve, chez beaucoup de plantes , séparés et sans anastomoses. 4° Les sucs des vaisseaux du latex tirent très vraisembla- blement leur origine de la lymphe du bois , et se distinguent par une organisation intérieure et une coagulabilité semblables à celles du sang des animaux. 5° On observe un mouvement de translation dans le latex de la plupart des plantes où il est coloré ; où il n'esl pas coloré, on l'observe rarement; mais on peut aussi en conclure l'exis- tence, de l'écoulement du latex par les bouts des faisceaux vas- culaires coupés transversalement. 6" Le mouvement est dû en partie à des causes extérieures qui le produisent par irritation, comme la chaleur, la lumière, etc.; et, en partie principalement, à des causes intérieures, savoir : la contraction des vaisseaux et le mouvement oscilla- toire intérieur des globules de sucs. 7° On ne peut en général admettre, dans les plantes, une cir- culation toute semblable à celle des animaux , parce que , dans le règne végétal même, on rencontre deux espèces toutes diffé- rentes de mouvemens de sucs (la rotation et la cy close) , et parce que aussi, chez les animaux d'un ordre inférieur, la cir- culation est différente de celle des animaux d'un ordre supé- rieur. Toutefois , la circulation du latex est comparable à la cir- culation du sang chez les animaux dépourvus de cœur, et à la partie du système de circulation qu'on appelle chez les ani- maux pourvus de coeur système des vaisseaux capillaires. RABENHOKST. — Suî' le Pimpiiiella nigra. 277 Notice sur le Pimpinella nigra Willd., par L. Rabenhorst. {Flora i836 , pag. 257.) Le Pimpinella rdgra Willd. a déjà donné lieu, à plusieurs reprises, à des discussions concernant sa valeur spécifique. M. Rabenhorst observa, il y a déjà quinze ans, que les collines sèches présentent un Pimpinella qui se distingue du P.Saxi- fraga par les poils dont il est couvert, ainsi que par la teinte bleue qu'affecte l'intérieur de la racine quand on la blesse en l'arrachant de terre. Il ne vit jamais ce caractère sur le P. Saxi- fraga dépourvu de poils. Il continua depuis ses recherches à l'égard de la plante, et, par des essais de culture, il se convain- quit que ce que Willdenow et quelques auteurs appellent P. ni- gra n'est pas une espèce constante, mais qu'elle revient tou- jours à son type, le P,Saxifraga. On ne trouve cette variété que dans un terrain sec, où cependant la marne et l'argile ne manquent point. A la fin de l'été, la teinte bleue de la racine avait souvent disparu. AVilldenow dit de sa plante : « Radix vul- nerata cœruleo lactescit ». Jamais M. Rabenhorst ne lui trouva un « suc bleuâtre » que beaucoup de botanistes y ont cherché en vain. La teinte bleue que la racine affecte ne se fait voir sou- vent que quelques minutes après qu'elle a été arrachée de terre. Cyperographia synoptica , siçe enumêratio Cyperacearuni om-- nium hucusque cognitarum , adjectis characteribus ^ dij/c' rentiis et synonjmis; auct. Carolo Sigism. Runïh. ( t vol. in-8*. 591 p. Stuttgardiae, sumtibus J. G. Cottœ.) Il est téméraire de juger un ou-vrage descriptif au moment où il vient de paraître : c'est seulement à l'user, s'il nous est permis de nous exprimer ainsi, que l'on peut en connaître la valeur: il faut, pour cela, le comparer avec les objets eux-mêmes qui y sont 278 KiiNTH. — Cyperographia synoptica. signalés. Cependant lorsqu'un homme qui, comme M. Runth, a un grand nom dans la science, qui a poussé extrêmement loin l'analyse botanique, parfaitement circonscrit les genres et bien tracé les caractères des espèces; lorsque, disons- nous, un savant du premier ordre fait paraître un livre où il traite monographi- quement un genre ou une famille, ce livre, dès l'instant où il est publié, doit être véritablement considéré comme une bonne for- tune. La nature d'une monographie peut forcer son auteur à recourir souvent à ceux qui l'ont précédé ; cependant il est dif- ficile qu'on ne le retrouve pas souvent avec toute sa supériorité. L'ouvrage que nous annonçons est spécialement consacré â la famille des Cypéracées; mais , quoiqu'il puisse être considéré comme une monographie îout-à-fait distincte, il forme en même temps le second volume d'un ouvrage immense dont V^- grostographia forme le premier tome ,^ et dans lequel l'auteur se propose d'embrasser l'ensemble du règne végétal sous le titre ^Enumeratio planîarum omnium hucusque cognitarum. S'il convient à un botaniste d'entreprendre un travail aussi im- mense, c'est certainement à celui quia eu le courage d'achever le ISot^a gênera, qui a décrit dans les moindres détails des plantes appartenant à-peu-près à toutes les familles connues, et qui a poussé l'analyse botanique aussi loin qu'elle l'a été jus- qu'à présent. Faisons des vœux pour que ses forces puissent le soutenir au milieu de cette entreprise gigantesque, et qu'il trouve tout l'appui et tous les encouragemens dont il est digne à tant de titres. M. Kunth commence son livre par une description générale de la famille des Cypéracées , qu'il divise en six sections aux- quelles il a cru pouvoir donner des noms particoliers , savoir: \° Les Cypereœ^ qui comprennent les genres Cjperush., Mariscus Vahl. , Courtoisia Nées, Kyllingia Rottb. a° Les Scirpeœ,, où l'on trouve Eleocharis Br., Scirpus Br. , Erlophorum Lin., Fuir e na B-otih. , IsokpijS Br., Fimbtisjtlis 'Vâh\, y^bildgaardia \ah\.y Androtrichum Brongp. , Fiçinia Schrad. , Melancranis Vahl. KuNTH. — Cyvcrographia Synoptica. 279 3° Les Hypoljtreœ, qui embrassent les genres Llpocarpha Br. , Hemicarpha 'Nées, PlatylepisKunth.j Hypolytrum 'Rich. y Dlplasia Rich. , Mapania Aub. 4° Les Rhjnchosporeœ y qui se composent des genres Dichro- mena VahL , uérthrostylis Br. , Pleurostachys Brongn. , Ecklonia Steud., Rhynchospora VahL, Cladiumhv.^ Caustis Br., Lepi- sia PresL, Elynanihus Lestib. , Buekia'NeeSj Ideleria Runth , Asterochœte Nées, de i4 autres genres de peu d'étendue, et du Schœnus. 5° Les Sclerineœ , formées des genres Scleria L., Diplacrum Br. , Cylindropus Nées , BecquereUa Brongn. , Fintelmannia R,unth, Calfpfrocarf allées, Chrysitrix L., Chorizandra Br., Lepironia Ricb. , Evandra Br. , Oreobalus Br. 6" Les Caricineœ , qui comprennent les Carex L. , Uncinia Fers., Schœnoxiphium "Nées , Elyna Schrad. , Trilepis Schrad,, Aulacorhynclms Nées- On remarquera que M. Runth. n'a augmenté que de trois genres la famille des Cypéracées. Remercions-le de ne s'être point écarté de la marche si sage qu'il avait suivie dans son Nova gênera ; remercions-le d'avoir respecté ce qu'avaient fait ses prédécesseurs , d'avoir su observer, sans se croire obligé de signaler chacune [de ses observations par une dénomination nouvelle, et d'avoir si peu ajouté à la nomenclature botanique, déjà si surchargée et si repoussante. Voici comment M. Kunth décrit ses trois genres : 1° Plaïylepis. — Spicae multiflorae. Squaraae undique imbncatae, leviter con- vexae , subfotundse, apice angustalo-acumiuatae, subspongioso-coriaceae, interne 2-valves, externe squaraâ multo minore cuneatâ vel lanceolatâ merabranaceâ sufïultae; valvis hyalinis florem obtegentibus. Calyx nullus. Slamina 2 vel 3. Stylus 2-fidus, basi sequalis. Ov. complanatura, Aclieniumobovato-clavatum, bi«- convexum, calvura, breviter stipitatiim, punctiilalum valvis squamae majoris iiUerioris inclus um. '-*" ÏDrxERiA. — Spicftî 3-florae ; flore ulroque hermaplirodito? Squamae pau- cae^dislichae, carinalo-navicnlaics ; inferioies vacuae, Setœ calycinae 5„ capillares, aSo KUJNTH. — Cj^>erographia synopùca. hyalino-albidac , superne pubescentes •■, duae ciulto breviorcs , tenuiores et glabrae. Staminu 6. Stylus 3-fîdus, basi conico-incrassatus , ibique liispidus. 3** FiNTELMANNiA. — Spicaî multifloi'ae ; inferiores cujuslibet laraulimasculae, suj'erioies femineœ. Squainae undique imbricatae, convexae, singulae spicam includentes minorera, reductam ad florem iinicum squaraulis duabus involutum. Setae squamulœque calacinse nullae. Stamina 3. Ovarium disco destitulura ; ovulo erecto. Stylus 3-fidus. M. Kunth ne s'est pas contenté d'indiquer les espèces signa- lées par d'autres botanistes ; il en a décrit une foule de nou- velles. Il caractérise toutes celles qu'il a fait entrer dans son livre par une phrase fort détaillée; il joint à cette phrase une descrip- tion plus ou moins complète, l'indication de la patrie, souvent des remarques critiques, et une synonymie très étendue quand la plante a déjà été décrite. Notre illustre auteur a agi de la manière la plus logique , en appelant épi {spicd) l'inflorescence ou la portion d'inflorescence que les botanistes nomment généralement épilLet (spicula). En. effet, l'épillet des Cypéracées offre deux degrés de végétation, comme le véritable épi des autres plantes , et , au contraire , ce qu'on appelle communément épi, dans les Cypéracées , en pré- sente trois. Mais, pour être conséquent, il faudrait aussi donner le nom d'épi aux épillets, des Graminées; et, comme l'expres- sion à^épillet est consacrée dans une foule d'excellens livres , entre autres dans le I^opa gênera, peut-être vaut-il mieux la conserver, en ayant soin d'en donner une explication précise. M. Runth a extrait les matériaux de son livre d'une foule im- mense d'ouvrages divers. Cependant le Cyperographia n'offre aucune des espèces que nous avons décrites en i833 dans le Voyage sur le littoral du Brésil {\). Nous sommes bien loin d'en faire un reproche à l'auteur; c'est nous peut-être qui au- rions besoin de nous justifier, pour avoir fait entrer autant de botanique au milieu d'un livre où l'on semblait fondé à n'aller chercher que de la géographie et de l'ethnographie. Quoi qu'il en soit, nous allons remplir ici la lacune presque imperceptible que laisse dans le livre de M. Runth l'omission que nous indi- (i) a vol. Paris, ehez Gide. RUNïH. — Cfperogfaphia synoptica. 281 quons, et nous donnerons les phrases des Cypéracées nouvelles que nous avons longuement décrites dans l'ouvrage raeationné plus haut, pensant que, si elles sont restées inconnues à M. Kunth, elles doivent, à plus forte raison, l'être à une foule d'autres botanistes. 1° Carex Brasiliensis, glaberrima, culmo acuto triquetro, aspero; foliis pla- nis, ruarginibus supraque medio asperis, glaucis ; spicâ masculâ lerminali, fe- raineis 6-8 , cylindricis , approximatis , sessilibus, infimâ breviter pedunculatâ, interdum remotiusculâ ; squamis ellipticis, obtusissimis, longiiisculè aristatis, apice breviter rostraîis, rostro subintegro. s!^ Scleria tristis , culmo triquetro, glabro, brevissimo; foliis acutissimis , rigidissimis ; pedunculis ciliatis ; capitulis masculis ovatis. 3° Scleria albo-nigra, culmo iuferne nudo , complanato, dease tomentoso: foliis linearibu s , angustis, canaliculatis , albo-virescentibus, tomentosis, basi densissime îanatis ; pedunculis albo-villosis ; capitulis gîobosis glabriusculisque, vagïnis nigris. k° Abilgaardia hœothryon , glabra ; culmo brevi , aphyllo , basi vaginato j vaginâ superiore ligulatâ; spicâ solitariâ, lanceolatâ. 5° Cypereus cœspitosus , glaberriraus ; culmo brevi, nudo. ?-quetro, laevi^ foliis canaliculatis, acutis, rigidis, marginibus asperis; capilulo terminais ; invo- lucro 4-phyllo ; floribus i-andris. 6° Scirpus decipiens. Species inter S. lacustrem et liUoralem intermedia . Ab utroquc forma stylorum et numéro setarum difFert: a S. lacustri ^ cu\mo 3-quetro ; a litorali, squamis apice ciliatis, setis elongatis, angustis, haud com- pJanatis. (1) A. DE Saint-Hilahîe. (i) Ceux qui voudront connaître quels sont les familles et les genres auxquels se rapportent les espèces décrites par M. Aug. de Saint-Hilaire dans son Voyage dans le District des Diamaiis et sur le littoral du Brésil , peuvent consulter le Clavis botanique de cet ouvrage, qui a été publié par M. Dunal dans les Archives de botanique ,\o\, 2 , 448 et suiv. ( Note des rédacteurs. ) MARïF!\s KT HERiNG. ^— ^4lgue nouvelle. Amansia JuNGERMANNioiDES, AlgUG Houçelle décrite par MM. DE Martens et Hering de Stuttgard. (^Flora i836, pag. i8i, avec une planche. ) Les auteurs exposent rapidement les résultats les plus im- portans obtenus dans les derniers temps sur la distribution des Algues dans les différentes mers qui baignent le globe, et pas- sent ensuite à la description d'une petite plante charmante, parasite, sur des espèces plus grandes à El Tor dans la Mer- Rouge, d'où elle fut envoyée par le voyageur de la société d'Ess- lingen, M. Schimper , et distribuée avec la belle figure qu'en a faite le professeur Bischoff aux actionnaires delà Société. Cette plante appartient au genre Amansia Ag. Les neuf espèces con- nues jusqu'ici habitent les mers intertropicales. Cette nouvelle espèce est donc celle qui remonte le plus vers le nord , puis- qu'elle vient sous le 29° degré de latitude nord. Les auteurs donnent à leur plante le nom ^ A . jungermannioides y pour rappeler sa grande ressemblance avec quelques Jungermannes, surtout avec le J . serpyllifolia Dicks. , et en donne la phrase et la description que nous allons transcrire : Amansia j un germannioides ^ repens, ramosa, ramis sparsis pinnatifidis, lobis alternantibus ,ovatis, apice sœpe penicillatis. C'est une petite plante délicate, de couleur rose à demi transparente, de un à un pouce et demi de haut, à ramifica- tions élancées, irrégulières, formant presque un angle droit. La plante est parasite sur les tiges et les feuilles du Sargassum denticulatum ^ et du Cystoseira Mjrica. La tige, de même que les rameaux, sont ordinairement ap- pliqués contre la plantesurlaquelle cette jolie Algue est parasite, s'y trouvent fixés par de petits organes radiciformes, cylin- driques, épaissis à l'extrémité. Les jeunes rameaux terminaux seuls relèvent librement leurs sommets roulés comme les feuilles des fougères. Le tronc, les branches et les rameaux portent des deux côtés des feuilles ovales confluentes à leur base, ordinairement régulièrement alternes, comme dans le Grammitis Ceterach, et se dirigeant vers la lumière. Ces feuilles MARTENS ET HERiNG. — ^ Igue nouvelle. a 83 sont composées de plusieurs rangées de cellules grandes , vi- sibles déjà sous un faible grossissement, qui jjar leur bord su- périeur plus épais et plus foncé, forment sur les feuilles d'élé- gantes stries transversales en forme d'aï c. Le milieu de la feuille est îraversé par une nervure formée de cellules, et dépasse or- dinairement- le sommet de la feuille en form-mt une petite pointe, et se prolonge assez souvent en un appendice pénicilli- forme divisé en filets dichotomes, et atteignant la longueur de la feuille, MM. de Martens et Hering n'y ont rencontré aucune trace d'organes reproducteurs , ce qui a lieu fréquemment dans les Algues parasites rampantes. D'ailleurs , cette plante paraît être trop jeune pour présenter les granules que Gré- ville {jélgœ hritan. p. xlvi) indique dans XA. multifida. Observations sur quelques espèces de Saccharum ; par le pro- fesseur Tausch de Prague. {Flora, i836, p. Saô.) Sieber rapporta d'Egypte quatre espèces de Saccharum, dont il distribua trois sous le nom de S. œgyptiacum ; les voici : S. spontaneum L. Rheed. Malab. 12. t. 46. (benc convcnit quoad liabitum) : pauicula contracta attenuata basi involiita , glumis calycinis ovatis hyalinis ci- liatis involucro piloso duplo brevioribijs, corolla bivalvi , valvis cusnidalis sub- aequabbus calyce paulo brevioribus , foliis subulato-convolutis. La plante que Palisot de Beauvois a représentée sous le même nom dans la Flore d'Oware et de Bénin, 2, t. io3, ne peut appartenir à cette espèce, et devra porter le nom de -5. Palisotii Tausch. Panicula efFusa, glumis calycinis ovatis cuspidatis ciliatis diaphanis involucro piloso triplo brevioribus , corolla bivalvi subaequali calycem sabc-equante, foliis linearibus planis. •S. œgyptiacum Willd, Panicula contracta pyramidato-attenuata , glumis calycinis lanceolatis cuspidatis ciliatis hyalinis basi corolalis involucro piloso du- plo brevioribus, corolla univalvi, foliis linearibus planis subtus glaucis inar- gine scabris. 284 TAiiscH. — Sur quelques espèces de $accharuni. S. caduçum Tausch. Panicula contracta attenuata Lasi^ inyoluta, glumis ca'-- lycinis ovalis cuspidato-attenuatis ciliatis hyaliais involucro piloso plus dupla« brevioiibus , corolla univalvi, foliis linearibus angustissimis margine scabris. S. speciosissimum Tausch. Panicula effusa ampla , flosculis confertissimis ,, glumis calycinis ovatis ciispidatis ciliatis hyalinis involucro piloso longissimo duplo brevioribus , corolla bivalvi , valvula altéra brevissima , foliis subulato- convolutis. M. Tausch pense que c'est peut-être la Graminée la plus belle qui existe, surtout par ses nombreux involucres très longs et d'un blanc éclatant. Dans toutes ces espèces, les épillets sont disposés de la même manière en épis articulés plus ou moins rameux à leur base, de sorte qu'à chaque nœud de l'axe très fragile il naît un épillet sessile et un autre qui est pédicellé; tous les deux sont mâles, et c'est à raison de ce caractère qu'il faut exclure le S. biflorum Forslî. qui comprend non-seulement toutes les espèces citées, mais même toutes les espèces du genre; on aurait été, par la même raison , dans le cas de rejeter le S. spontaneum L., si , en citant la planche de Rheede, il n'avait indiqué exactement ce qu'il entendait par S. spontaneum. D'après les caractères queM.Kunth,dansson Agrostographie, assigne au S. officinarumy cette plante appartiendrait au genre Imperata. La plante de la Martinique cependant, rapportée par Sieber, ne permet pas cette réunion. Voici la phrase que l'au- teur propose pour cette espèce : Panicula effusa amplissima , glumis calycinis subaequallbus muticis integerri- mis involucro piloso duplo brevioribus : altéra uni-altera bi-carinata, corolla univalvi , foliis plauis margine aculeato serrulatis. DELiLE. — Planteà du Jardin de Montpellier. 285 •SjiMiNA. anni r836, quœ Hortus botanicus réglas Monspelien^ sis, etc. y cum appendice descriptionum plantas quasdam nouas aut minus cogniias illuslrantium ; auctore Delile. Plus d'une fois il est arrivé que les botanistes ont mêlé des observations intéressantes à des publications destinées par leur nature à n'être qu'éphémères. Servant en quelque sorte de lien entre ceux qui cultivent la science des végétaux, les Annales des Sciences naturelles doivent empêcher que de telles obser- vations ne tombent dans l'oubli , et , par conséquent, nous con- sidérerons comme un devoir de signaler aux botanistes les notes dont M. le professeur Delile a enrichi le catalogue des semences du Jardin de Montpellier. Ce savant ne s'est point contenté de donner dans ce catalogue des détails sur quelques plantes déjà connues, savoir : les ^Egllops /namtotoWilld., Cydsus pentago- nus Webb, Erodium cuneatumNiv.^ Festuca pectinella Dill. , Galium capillare Decaisne , Genista rhodopna Webb, , Reseda Lancerotœ Webb et Berth. , Salvia palœstina Benth. ; il a encore décrit plusieurs espèces qui lui ont paru nouvelles. Nous allons rapporter ici les phrases par lesquelles il les caractérise : ^thionema clandestinum. — Gaule basi sufFrutescente ; foliis liaeari-oLo- vatis, superioribus magis angustatis ; florum prflecociorura fertilium petalis con- volulis, clausis, tardiorum fructu dein carenlium patentibus ; ovario apice lanceolato ; stylo brevissimo ; siliculis ovatis , membranâ apice vix emarginatà cinctis. Filamenta staminum quatuor majorum geminatim exti!is dilatata. Planta glauça. Petala rosea. Semina olim accepimus a cl. Fischer. Mihionema leptocarpium. — Gaule suffrutescente , ramoso, contracto ; foliis densiusculis , obovato-linearibus, glaucis ; siliculis suborbiculatis , truncatis, emarginatis ; valvarum carinâ denticulis numerosis incisa. Habitus omnino JJithionemalis coridifoliif sed planta paulo minor et fruc- tus diversi. Semina habuimus ex cl. Fischer. Andropogon Sinaîcum. — CRamis axillaribus, fasciculatis ; spicis linea- ribus, unâ sessili erectâ, altéra pedicellatâ, subhorizontali ; pedicello basi flexo; Talvulis calcinis striatis, hirsutis %S^ UELiLi:. — Plantes du jardin de Montpellier. Accedit piope Andropoi^fin liirtum L. à quo difFcrt spicis duplô lon"ioribu.«, mediocriter villosis, valvulis sub lente tenuiter striatis, et ramis florlferis ad proxiinitalem spicarum piibescealibus, nec barbatis. — Habitat montera Sinaï ex Boyé. Barkhausia Juvenalis. — Gaule spiiliaraaeo, ramoso, fnrcato, siibcor^m- boso; foliis oblongis, dentatis, sublyratis vel pinnatifîdo-lyratis, dentibus acu- lis, caulinis araplexicaulibus ; squamis involiicri costati octonis, subtomentosis, dorso echinatis ;jj akeniis centralibus sub pappo in stipitem clongatis, raargina- libus octo absqne stipite papposis. Receptaculum instrucîum areolis inargine raerabranaceo-laceris, ciliatis. — Planta ad genus Barkliausiam propter iuvo- lucri structuram praesertiru spectans. Dalura Bojeri. — D<; caule erecto, Isevi, 3-5-pedali, dichotorao; foliis latè ovatis, acutis, dcntato-repandis ; disco basi plerîimque inaequali; coroUis folia superiora longitudine sequantibus; limbo 5-dentato ; l'ructibus l'unioribiis echi- nulatis, ereclis^ adultis globosis tubcrculato-muricatis, nutantibus, Viguit pul- chra quotannis in horto Monspeliensi. Dianthus Uneolatus. — Caule in ramos sparsos, vel crectos diviso ; foliis li- nearibus arraato oculo brevissimè ciliatis ; ftoiibus praecocibus longiùs pedun- culatis, tardioribus subterno-approximatis , dichotomias summas terminanlibus ; limbo petalorum basi cuneato trinervato, apicc ovato 5-6 dentato , supernè barbato, nervis tenuibus lineato, subti!is livido-virente. Planta armua et bisannaa, rustica, et cseteris in horto vulgatior facta. Inîer quamplurimas ejusdem generis calice unico distinctissiica ! Calicem videas striis 4o .exaratum, quarum vigenti completae per totum tubum calicinum excurrunt, quaternatim positae , parallelae, brèves , pariter quaternatiàra , dorsum solum den- îium tubi occupant. Nata è seminibus quae in Libano olim legit curiosus et solers peregrinator Bové. Ercdium cuneatom Vivian). — E.NarbonenseJ)e\. InWoïX.lsions^. — Plantam Narbouensem ad. E. cuneatura retuli, suadente D Bubani, Monspelii nune hos- pite, rei herbarige perito, qui Corsicam speciem archetypam bene novit, uostrae- que .simillimara pronuntiavit. Caractères cxstant diligenter positi apud Viviani. Crescit E. cuneatum , mcnse maio, intrà fines continentis florae Gallicœ, in rude- i-atis,ad utrumque latus viae qiiâ ingredimurad peninsulam Sanctae Lticiae prope Narbonara. Lotus gUnoides. — Caule prostrato, difFuso; ramis puberulis ; foliis stipulis- que obovato-cuneatis ; floribus solitariis aggregatisve ad latera ramorum, sub- sessilibus vel nascentibus ad axillam folii trifoliolati exstipulati ramulum abbrc- viatum pedunculiformem terminantis; leguminibus leguminibus cylindricis toru- losis curvulis subrectis. Loto Arahico conformis sed omnibus partibus dimidio DELiLE. — Plantes du jardin de Montpellier. nSj Leguminibus dislinguitur radiatim vulgo expansis, curvulis, subflliformibus nec ut iu Loto Arabico crassiuscuhs. Crescit in insulis Niloticis uudc allata à Bové postfjuani eamdem pro Loti Arabici varietate olim legissem et servatam habuissem. Patiiit tandem speciem G^m ex toto distinctani. Annua, facilliiue culta in borto Monspelliensi. Silène Juvenalis. S. foliis lanceolalis, pubescentibus ; floribus dicLotcnii-:.a- niculatis, termiualibus, subterno-approxiinatis ; caliçibus striatîs, inflatis; iobis petaloruni rotundatis, expansis, calicem laagniludine œquantibus vel supeian- tibus. Habitus Silènes conicœ, sed corolla losea, magna. E campestribus Portus- Juvenalis, inter lanas exoticas oi ta , annua. F'erbascum denùfolium. — Undiquè tomentoso-cinereum ; caule 3-5-pcdali, supernè paniculato ; ramis floralibus virgatis, erectis ; lanâ staminum pallidè vio- laeeâ; foliis caulis lato-lanceolatis , acutis, basi cordato-araplexicanlis^ dissilè dentatis; radicalibus longe petiolatis^ obovatis, obtusis, subspalhulatis, sacpè ré- pandis , subasperato, pannosis. Mansit haec species constans et fertilis, culta in hoilo Monspeliensi, distincta inter alias ejusdem generis circà Portum-Juvenalcm collectas quae adulteratœ, hybridae , aut stériles saepissimè evaserunt. On trouve aussi dans le catalogue de M. Delile des notea sur plusieurs variétés nouvelles. Nous nous bornerons à copier la suivante ; Iva xanthifolia Nuttal. Var. asperifolia. — Foliis nullo modo supra sericeo^ villosis ; quo solo caractère distat à descriptione Nuttalii, cajteriim apprimè quadrat. Planta annua, 3-6-pedalis, prorsùs helianthimorpha prius quam se in ra- mes supernè explicaverit. Caulis rectus, cylindricus. Folia inferiora opposita, petiolata, cordato-ovata , acuminata, duplicato-serrata, trinervia, subtùs minu- tissimâ pube pallescentia ; superiora lanceolata , per ramos alterna. Dimidia pars superior plantae in paniculam evadit promentem spicas axillarcs, simplices, fo- liafsubaequantes, et terminales ramosas. Capitula nutantia. Involucrum hispi- dulura. Floscuîi centrales ochroleuci, stériles. Achaeuia matura, obovata, nigra, armato oculo tenuissimis striis scaberulis caelaîa. Herba rustica, copiam seminum fundens. Crescit, ex Nuttalio, in siccis are- nosis, juxtà arcem Fort-Mandan, ad flumen Missouri. Semina à Principe Maximiliano de Neuwied per Americam septentrionalem pcregrinante missa , nobis largitus est Auguste de St.-Hiîaire. Quant au catalogue lui-même, on sent que nous ne pou- vons en entretenir nos lecteurs : ce genre d'ouvrage donne souvent une peine extrême, et n'est pas susceptible d'analyse; nous nous bornerons à dire que les personnes qui feront usage des Semina, etc. de Montpellier pour i836, regretteront peut- a 8 8 \vir:GivrA]>f. — Cuivre clans diwei'ses espèces de trèfles. être de ne pas toujours trouver à la suite du nom des espèces celui des auteurs qui les ont nommées, ce qui quelquefois pour- rait faire penser que ces espèces sont nouvelles. AuG. DE Saint-Hilaire. Sur la présence nccidentelle du cuivre dans diverses espèces de trèfles , joar Wiegmann {Flora i836, p. 21.) M.Wiegmann annonce que le professeur Sprengelde Bruns- wick a trouvé dans les cendres du Tùfolium pratense trois pour cent de cuivre, et que lui-même a trouvé la même quan- tité de ce métal dans celles du Trifolium pannonicum cultivé dans son jardin, dont le sol est très différent de celui où était venu le Trifolium pratense. Plus tard , M. Sprengel examina les cendres de trèfle venues dans un champ dont la terre ne pré- sente aucune trace de cuivre dans sa composition, et il acquit la conviction que l'existence de ce métal dans les deux premiers essais, n'est due qu'à sa présence dans le terrain où les plantes étaient venues. Le fait constaté par M. Sprengel prouve encore qu'une petite quantité d'une substance nuisible peut très bien être absorbée par les plantes, sans porter préjudice à leur dé- veloppement. Note sur le Polygonum Owenii Bojer, Par C. F. Meisner , Professeur de botanique à l'Université de Bâle. Parmi les plantes découvertes par M. Bojer dans les îles aus- trales d'Afrique, et publiées dans les Annales des Sciences na- turelles, deuxième série, vol. iv, celle qui y est décrite (page 266) et figurée (pi. 9) sous le nom de Polygonum Owenii, a attiré particulièrement mon attention par sa ressemblance frappante avec la plante que j'ai décrite en i832 sous le nom de Cerato- gonam airiplicifolium , comme formant un genre nouveau et c. F. MEisNER. — r SuF le Polygonum Owenn. 289 très distinct dans la famille des Polygonées. Ce genre a été établi dans le 3® vol. des Plantœ asiaticœ rarlores duD^ Wallich, p. 63, mais je n'en ai }3as encore publié de figure , quoique j'en aie fait un dessin analytique détaillé que j'ai présenté dans l'une des séances de la Société helvétique des Sciences naturelles, assem- blée à Genève en juillet i832. Dans ma description, j'avais dîi laisser quelques lacunes et in- certitudes, provenant de l'état incomplet des échantillons que je possédais de cette plante. Ces lacunes viennent maintenant d'être remplies par M. Bojer; car, après avoir soigneusement réexaminé et confronté mes échantillons avec l'excellente figure et description du Polygonum Oivenii, il ne me reste plus de doute sur l'identité de celui-ci avec mon Ceratogonum , qui par conséquent n'appartient pas à la Flore de l'Inde, mais à celle de l'Afrique austro-orientale , d'où il aura probablement été intro- duit dans le jardin de Calcutta par l'intermédiaire de celui de l'île Maurice, comme cela est arrivé pour différentes autres plantes. Il existe cependant quelques petites différences entre les des- criptions de M. Bojer et la mienne, sur lesquelles je me per- mettrai ici quelques remarques. i» M. Bojer ne ftiit aucune mention de ce que les fleurs sont polygames, ce qui est pourtant évident dans mes trois échantil- lons; 2" Les filets des étamines alternes sont représentés (fig. 2 et 4) beaucoup plus dilatés à leur base que je ne les vois ; cette struc- ture m'a paru, d'après mes échantillons, si pou prononcée, que je n'en ai pas même fait mention dans ma description ; 3° M. Bojer décrit le fruit avec ces mois : « nucibus 03seis pe- rianthio destitutis », ce qui est positivement une erreur : le ca- lice est persistant; il s'accroît, ainsi que je l'ai décrit, avec l'o- vaire , et se colle sur celui-ci en prenant une consistance co- riace , ce qui a pu faire croire à M. Bojer que cette enveloppe dure du fruit était le péricarpe même. Sur mes échantillons, le sommet du calice fructifère porte encore les lobes marcescens du Hmbe, tandis que sur ceux de M. Bojer ils paraissent avoir déjà disparu; du moins la figure ne les indique pas, elle montre le fruit se terminant en pointe aiguë. VII. BoTAN. ■— Mat. 19 290 c. F. MEisNEB. — Sur le Polygomim Owenii. 4° Enfin j'ai vu distinctement l'embryon tlroit (voyez ma description!, c.) , c'est-à-dire inverse, et les cotylédons planes, mais non demi ployés comme M. Bojer les représente à la fig. 5, ni « subspiraliler iransversas », tel qu'il les décrit dans le texte. La section transversale de la graine m'a présenté exactement la même figure que celle qu'on obtient , par la même opération , dans le Polygonum, alpinum (voy. notre Monog. gen. Polygoni prodr. tab. m. G. fig. 1 1 ). Ces quatre points à part, la plante de M. Bojer convient si parfaitement avec la mienne par le port , les feuilles , les gaines (oc/zre^), la naissance infra-ochréale des épis, et enfin par la presque totalité des détails donnés dans la description et figure, qu'on ne peut s'empêcher de les croire identiques et de consi- dérer les points discordans des deux descriptions comme résul- tant, non d'une différence réelle entre les deux plantes, mais sans doute d'une erreur d'observation commise d'un côté ou de l'autre.Un nouvel examen de la plante décidera laquelle des deux descriptions aura été la plus correcte ; et dans ce but, l'auteur du présent article, apprenant par une note à la page ^63 de ces Annales, que le P. Oweiiii se cultive dans le jardin de Montpel- lier , se permet d'inviter le savant professeur qui le dirige à faire connaître les observations qu'il aura pu faire sur la plante vi- vante, ou à lui en communiquer, soit des graines mûres et fraîches, soit des échantillons complets en fleur et en fruit. Ces matériaux lui seraient d'autant plus précieux, qu'ils pourraient en outre servir à lever un doute qui lui reste sur la véritable struc- ture du calice des fleurs hermaphrodites, savoir, s'il est réelle- ment tel qu'il l'a décrit (c'est-à-dire à orifice divisé en trois lobes, dont les trois alternes et un peu plus inférieurs sont pétaloïdes), ou bien s'il n'a en tout que cinq lobes, tous pétaloïdes et égaux, ainsi que l'indique M. Bojer. Le limbe du calice de toutes les fleurs hermaphrodites que portent mes échantillons étant déjà fané et très contracté, je n'ai pu m'assurer entièrement de sa véritable structure. Concernant la question , si cette plante mérite de former un genre nouveau, personne ne contestera, je pense , que la na- ture polygame des fleurs , la structure du calice des fleurs her- L. et A. BRAVAIS, — Dîspositîon des inflorescences, 291 maphrodites , le fruit infère, et la position de l'embryon, joint à une inflorescence particulière, sont des caractères suffisam- ment distinctifs et qui ne permettent pas de réunir la plante en question à aucun genre connu de Polygonées. En effet, si d'un côté elle se rapproche àesPolygonum, surtout de quelques Per- sicaires, par le port, les épis , les gaines et le pistil ; d'un autre côté, elle en diffère positivement, ainsi que de tous les genres de la famille, par presque tous les autres caractères. Le nom d^Owenia , proposé pour ce genre par Hilsenberg étant resté manuscrit jusqu'en i835, ne doit pas être préféré celui de Ceratogonum, qui réunit au droit de priorité publique l'avantage d'exprimer l'un des caractères les plus marquans du genre, (i) Essai sur la disposition symétrique des inflorescences. Par MM. L. et A. Bravais. Suite. (Voy. p. 193.) § 6. Cime unipare scorpioîde. %2i cime scorpioîde offre un type d'organisation si remarqua- ble et si fréquent à-la-fois , qu'elle mérite certainement de fixer l'attention des botanistes. Étudions d'abord les phénomènes gé- néraux communs à toutes les cimes scorpioïdes , et nous passe- rons ensuite aux caractères variables qui cessent d'être essen- tiels à cette cime. Continuité du pseudothalle. — Le premier fait dont la con- stance vient nous frapper est l'apparence de continuité qui existe (i) La notice de M. Meisner nous fournit l'occasion de donner quelques renseignemens sur une autre plante décrite par M. Bojer dans le même cahier des Annales. Le Dicerocarjum si- nuatum Boj. 1. c. p. 269. t. lo a pour synonyme le Martjnia zanguebarica de Loureiro, d'a- près un échantillon du propre herbier de ce dernier auteur, conservé dans celui duMuséupt d'Jiistoire naturelle de Paris. ( Note des rédacteurs. ) 19. ic^i L. et A. BRAVAIS. — DisposUiou des inflorescences. habituellement entre les diverses parties du pseudotlialie (i). Ce fait que l'on peut aussi observer dans les cimes des para- graphes 2 , 3 et 5, n'est point nouveau dans la science : on sait que, si une tige centrale venant à avorter ou à fleurir, le nœud supérieur se développe et donne un nouveau rameau , celui- ci usurpera peu-à-peu la place de la branche centrale. Cette fausse continuité devient de plus en plus trompeuse, à mesure que la fleuraison s'avance : aussi est-il préférable de soumettreTa^ l'examen les sommités des pousses les plus jeunes , comme of- frant plus de chances de reproduire l'état normal. La disconti- nuité entre une tige et un rameau latéral tient à la différence en diamètre, et de plus à l'angle axillaire : or, ces deux causes de discontinuité diminuent avec l'âge des cimes, le mouveilierlt végétatif abandonnant de plus en plus les pédicelles pour suivre la direction des axes successifs ; c'est surtout sur les cimes scor- pioïdes que ce phénomène est le plus marqué, et l'examen des Linum et Ruta, à diverses périodes de leur inflorescence , nous le montrera dans tous ses détails. Forme de la cime. — Considérons actuellement ime cime bien conformée (^Linum, Ruta angustifolia^ Pétunia njcta- giniflord) : la dernière feuille M (fig. 17 ) qui précède la fleur a est la feuille-mère d'un nouveau pédoncule; i' et 2' en sont les bractées primordiales, sa spire étant ici sinistrorse; la bractée supérieure o! est la seule fertile, et nous appellerons cT sa diver- gence secondaire. Le troisième pédoncule devant être anti- droiïie , il existera une divergence pareille «T entre sa feuille- mère 2' et sa brac'tée sous-florale supérieure 2", seulement elle devra se compter en sens inverse de la divergence précédente : en vertu de ce double effet , la feuille 2" revient se placer au- dessus dé M relativement à l'axe du pseudothalle considéré pro- visoirement comme une tige unique. Les pédicelles opposés à ces feuilles doivent donc naître aussi en série longitudinale. De même les feuilles 2', 2'", etc., formant une série de feuilles qui (i) C'est celte apparence de parfaite continuité qui a trompé les anciens botanistes. M. Turpin lui-même (Icon. vég. io8) considère l'inflorescence du Myosotis comme mono- axifère. L. et A. BRAVAIS. — Disposition des inflorescences. 293 alterne avec la série précédente et lui est parallèle , les pédi- celles opposés formeront à leur tour une série florale parallèle et alterne avec la série florale précédente , et l'angle que for- ment entre elles les rangées de droite et de gauche mesuré sur la circonférence du pseudothalle, ne sera autre que la diver- gence é^. Les deux séries de feuilles fertiles sont théoriquement distantes entre elles de ce même angle; enfin chaque série de fleurs forme avec la série voisine de bractées-mères un anele supplémentaire du précédent. Tous ces résultats resteraient en- core les mêmes, si, au lieu du second nœud, le premier, le troisième ou tout autre devait continuer la cime ; seulement «T ou la divergence secondaire de la bractée fertile ne serait plus le même. L'estivation quinconciale variera aussi dans ces divers cas : la figure 17 représente la coupe transversale d'un pédon- cule avec les points où viennent aboutir les verticales corres- pondant aux bractées et aux sépales, en les disposant d'après l'angle théorique de iSy'* 1/2 : la feuille M. est sa feuille-mère, et jM' sa bractée sous-florale fertile, bractée-mère du pédoncule suivant. Le pédoncule étant choisi parmi ceux dont la fleur ter- minale appartient à la rangée de droite, sa feuille-mère doit aussi appartenir à cette rangée : nous avons ainsi les positions des sépales relativement à la ligne médiane supérieure du pseu- dothalle, ce qui se concevra mieux encore en supposant le pé- dicelle nul et la fleur sessile sur le pseudothalle [Sedum, Ce- rinthe). La première figure est relative au cas que nous venons d'examiner ; la figure 20 représente la corrélation pour le cas où le nœud inférieur est fertile. La figure 19 se rapporte à l'in- florescence uninodale, et la figure 18 donne la position des sé- pales! pour une cime à pédoncules trinodaux dont le deuxième nœud serait seul fertile. Nous retrouvons un ordre pareil, mais en sens inverse , sur les fleurs de la rangée de gauche. Ainsi : « Dans la cime scorpioïde binodale, à nœud supérieur fer- « tile, l'estivation calicinale est sinistrorse dans la série de droite , « et dextrorse dans celle de gauche; le sépale moyen occupe « l'angle supérieur externe : si le pédoncule avait un troisième « nœud stérile, le sépale moyen occuperait l'angle inférieur, « externe. » a94 ^' ^^ A. BRAVAIS. — Disposition des inflorescences. « Dans la cime binodale, à nœud inférieur fertile, l'estivation « est dextrorse à droite et sinistrorse à gauche ; le sépale moyen a occupe l'angle externe. » « Dans la cime uninodale , l'estivation est pareille ; mais le « sépale moyen occupe l'angle inférieur interne. » Excentricité. — - Une conséquence inévitable de l'enchaîne- ment successif des pédoncules , c'est le développement inégal des faces latérales de chacun d'eux. Faisons naître notre pre- mier pédoncule dans l'aisselle d'une feuille née sur une tige cen- trale : à l'époque de la fructification, il aurait acquis en longueur et en largeur un développement défini qu'il ne dépasserait point désormais. Concevons maintenant que dans sa face de droite se développe un rameau et que celui-ci vienne à croître indéfini- ment: bientôt, quelle que soit l'hypothèse adoptée sur les fibres ascendantes ou descendantes, c'est dans la partie droite du pé- doncule que s'effectuera leur translation principale, et cette face grossira plus que son opposée. Ainsi un même arc transver- sal ( fig. ai ) pourra croître à peine dans la partie gauche, tan- dis que, situé dans la partie droite, il augmentera très notable- ment: de là altération notable des divergences secondaires et dé- viation du pédoncule hors de son axe naturel et hors de l'aisselle de la feuille-mère (^BorragOj Echium). Nous désignons ce phé- nomène sous le nom d'inégalité excentrique , excentricité : il consiste en ce? que le véritable axe du pédoncule diffère de son axe géométrique; chaque point cuticulaire tend à s'éloigner de l'arête sur laquelle est né le rameau, et que nous nommons d'après cette raison arête d'excentricité. Remplaçons actuellement le ra- meau par un pédoncule excentrique lui-même; une ahération pareille va se développer encore, relative à cette nouvelle arête. Quoique chaque pédoncule de la cime scorpioïde ait son arête propre d'excentricité, cependant, comme ces pédoncules naissent sur deux séries longitudinales, il n'existe réellement que deux arêtes distinctes d'excentricité : l'une coïncide avec la rangée des feuilles de droite , l'autre avec la rangée des feuilles de gauche. L'effet excentrique, en éloignant des arêtes les divers organes , éloignera par cela même les deux arêtes l'une de l'autre, c'est-à- L, el A. BRAVAIS, — Disposition des inflorescences', ig5 «lire les deux séries de feuilles-mères entre elles ; le second effet sera de rapprocher les deux séries de fleurs : or, c'est bien là ce que nous observons sur toutes les cimes scorpioïdes. Plus la floraison s'avance, et plus ces effets sont marqués, l'excentri- cité croissant avec l'âge de la cime ; ils le deviennent même assez parfois pour que l'on croie voir, non sans étonnement, les pédicelles successifs naître presque sur ime seule série longitudinale. On peut, du reste, consulter la Note première, où nous avons essayé de traiter cette question géométrique- ment , ce qui nous a permis d'y joindre quelques développe- mens de plus. Dans une cime axillair« simple, la feuille-mère de la cime commence une des deux séries de bractées fertiles : une des arêtes d'excentricité passe donc par cette feuille, et l'autre arête étant située à go" environ de cette feuille-mère , V arête moyenne suivant laquelle se fera le plus fort grossissement des pédon- cules sera située à 45° à droite ou à gauche de la feuille-mère, selon la direction générale de la cime à droite ou à gauche de l'aisselle de la feuille. Il est facile de vérifiier ce fait sur les cimes simples axillaires des Borrago. Dans les cimes hélicoïdes , les arêtes successives d'excentri- cité sont placées symétriquement tout autour du pseudothalle , en le contournant constamment du même angle et dans le même sens. Dans cet état de choses, l'excentricité doit être à-peu-près» nulle , ou beaucoup moins prononcée que dans la cime scor- pioïde , ce qui est d'accord avec l'observation. Enroulement. — La cause de l'enroulement en volute des cimes scorpioïdes ayant été exposée (Dict. organ. art. Terminal) par MM. Seringe etGuillard, nous insisterons peu sur ce fait. Chaque pédoncule penche vers sa feuille-mère en vertu de l'angle axillaire : soit M cette feuille-mère (fig. 16), soit a" la feuille qui la suit dans la même série longitudinale y et considérons la distance entre M et 2" comme un élément du pseudothalle : de 2" à 2", nous trouvons un second élément pareil infléchi dans le même sens que le premier, puisque la position à partir de 2" est la même qu'à partir de M, et que ces deux feuilles sont ag^ L. et a. bravais. — Disposition des inflorescences. placées sur une même arête du pseudothalle; la série de ces élémens successifs doit donc s'enrouler dans un seul et même plan d'enroulement. Il est à noter que cet enroulement si régulier suivant une volute plane est une preuve incontestable de la valeur rigoureusement fixe de la divergence «T sur tous les pédoncules de la cime. On remarquera enfin que l'enroulement diminue avec l'âge de la cime par suite de la diminution de l'angle axillaire*, mais pour les détails de ce fait et quelques dé- veloppemens spéciaux , nous renvoyons à la Note deuxième les botanistes amateurs de la géométrie végétale. Arrivons actuellement aux variétés d'organisation si intéres- santes pour le classement des espèces. Notre travail ne reposant que sur des plantes vulgaires , nous n'avons pu signaler que les principales; aussi serait-ce probablement mal juger de la fé- condité des caractères fournis par l'inflorescence à la botanique descriptive que de le faire d'après un simple essai tel que le nôtre. Inégalité des feuilles. — En étudiant la forme des deux brac- tées d'un pédoncule binodal, on s'aperçoit bientôt que très sou- vent une grande différence existe entre elles selon qu'elles sont supérieures ou inférieures , selon qu'elles donnent ou non nais- sance au nouveau pédoncule. Lorsque les deux nœuds sont à- peu-près également fertiles, ces organes diffèrent généralement fort peu ; la bractée supérieure est parfois un peu moindre que l'inférieure ( Ranunculus, Aquilegia, Potentllla) ; mais si l'un des deux nœuds avorte habituellement, la bractée qui lui corres- pond est souvent bien moins développée que l'autre. C'est ce que l'on peut observer sur l'épi unilatéral du Silène quinquei ulnera et d'autres Silène^ de YHelianthemuin glutinosum, sur les sarmenti- des des Géranium molle etpjrenaicum où l'une des deux feuilles géminées est grande et munie de ses deux stipules, tandis que l'autre est réduite à l'état d'une petite bractée scarieuse. Dans les lllecehruni ^ Herniaria , un fait pareil se présente; mais ici la bractée est trifide, les deux divisions latérales étant sans doute des rudimens stipulaires. Dans le Saxifraga sannentosa, le pre- mier noeud n'est indiqué que par une bractéole rougeâtre très étroite. Sur les Sedum stellatum et reflexuni ^ Echeperla gran- L. et A. BRA.VAIS. — Disposition des inflorescences. 297 diflora, la feuille inférieure stérile diminue très rapidement de grandeur, et se réduit bientôt à un rudiment caduc , piliforme, dont on ne trouve plus de traces dans le haut de la cime. Dans beaucoup de Solanées, où la bractée-mère se soude avec son pédoncule axillaire jusqu'à la hauteur de la bractée sous-florale inférieure de ce pédoncule, on voit aisément que cette dernière est plus petite et plus caduque (Belladonne, Physalis 'ventrico- sa>j'., elle avorte entièrement dans le Datura Stramonium ^ ce qui n'empêche pas son bourgeon axillaire de se développer en rameau feuille. Sur le Capsicum annuiim, cette même feuille est tantôt avortée et tantôt visible, mais petite ; elle n'existe que sur les deux ou trois premiers pédoncules de chaque pseudothalle dans les Hyosciamus albus et aureus, le Sediim villosum : sur les ISicotiana glaucaetTabacum, la feuille inférieure naît au point de séparation du pédicelle d'avec le pédoncule, quelquefois en dessous de ce point, de telle sorte qu'au premier abord la fleur semble naître de son aisselle : cette feuille n'est alors qu'une petite bractée souvent piliforme, souvent réduite à une cicatrice. Dans les cimes du Galium veruni^ la feuille inférieure disparaît avant la supérieure; souvent on en aperçoit le rudi- ment au-dessous et à l'opposite de sa congénère ; toutes les deux finissent par disparaître dans le haut. I/étude de ces faits con- duit naturellement à penstîr que souvent une des deux bractées d'un pédoncule binodal peut avorter habituellement dans les cimes de certaines plantes, sans que rien puisse nous prémunir aussitôt contre cette cause d'erreur. C'est à l'observation des spires calicinales , ou aux règles ordinaires de l'analogie à lever cette difficulté qui se présente entre autres dans les cimes des Borraginées. La bractée supérieure peut avorter elle-même, et la cime cesse d'être feuillée (Héliotrope, Hydrophylluni , Sola- ninn, Aîchemilla^. Parfois alors les feuilles supérieures avor- tent sur certains pédoncules et reparaissent sur d'autres, otat de choses accidentel sur les Myosotis et constant sur le Cyno^ glossujn officinale; enfin, mais rarement, c'est la feuille fertile qui avorte et la feuille stérile qui subsiste, comme on l'ob- serve quelquefois sur les cimes pauciflores de XHyperîcum Jscyron. ^9^ h. et A. BRAVAIS. — Disposition des inflorescences. Des faits analogues ont aussi lieu parfois sur les tiges; ainsi , sur le Ruellia anisophylla, la grande feuille a un gemme fertile à son aisselle, tandis que son opposée en est dépourvue. Les ra- meaux de certains Lycopodes ont leurs feuilles disposées sur quatre rangées, de grandeurs inégales, et ne naissent que des aisselles des deux rangées principales inférieures. Ainsi, tandis que l'étude de la fleur a conduit certains botanistes à penser que i'avortement d'un organe favorisait le développement de ses voi- sins au-delà de leur état normal , bous voyons paraître ici le ré- smltat inverse dans la corrélation d'un gemme et de sa feuille- raére ; mais il est à noter que ces deux derniers organes sont de nature différente , tandis que la loi célèbre du balancement ^organique semble s'appliquer plutôt à l'ensemble de l'organisa- îion de chaque espèce. Soudure des feuilles. — La cause qui coritribue le plus puissamment à modifier Taspect de l'inflorescence centrifuge est la soudure fréquente du pédoncule, soit avec sa feuille- mère , soit avec la tige ou le pédoncule qui lui a donné naisr sance. Ces genres de soudure se présentent çà et là assez fré- quemment dans la ramification végétative ou dans les inflores- cences centripètes (^c/2i7/e« déjà cités, Thesium linophyllum , Samolus Valerandi y Conjza squarrosa, etc.); mais cet ordre de phénomènes s'observe surtout sur les cimes ou sarmentides, no- tamment sur celles des Solanées etBorraginées. Ainsi, dans la plu- part des Borraginées qui offrent des cimes scorpioïdes axillaires, le premier pédoncule de chaque cime se soude plus ou moins avec la tige centrale. Dans les noeuds les plus bas, la soudure est insensible ; mais elle augmente ensuite rapidement ( Borra- gOy Symphitum , Anchusay Myosotis). Sur X Hydrophrllum Magellanicumy ce genre de soudure est vraiment poussé à l'ex- trême; il n'est pas rare alors que le pédoncule se soude dans toute l'étendue de un, deux ou trois raérit halles , et paraisse naître à côté d'une feuille qui par le fait en est fort éloignée ; il faut alors distinguer la spire formée par les feuilles autour de la tige centrale de celle formée par les rameaux , cette dernière étant plus élevée que la précédente. Ce genre de soudure est parfois insensible {Cerinthe , Lithosperniwn arvense): plus ra- L. €t A. BRAVAIS. — DisposUioTi des inflorescences. 299 rement c'est le pédoncule qui se soude avec la fenille-mère {^Cjnoglossum cheirifolmni). Pour que celle-ci soit à son poste dans w'^q cime, elle doit être placée à la hauteur du point où naît son pédoncule axiilaire, point de bifurcation qui produit d'une part \\\\ nouveau pédoncule , et de l'autre le pédicelle floral terminaison du précédent. Or, il est très remarquable que c'est le dernier mode de soudure qui prédomine sur les axes de l'ordre le plus élevé : ainsi il n'est pas rare de voir, dans la suite d'une cime, la feuille-raère pla- cée d'abord en dessous de sa position normale se trouver pla- cée un peu au-dessus sur le pédoncule suivant , puis se souder de plus en 'plus avec son pédoncule axiilaire, et finir par at- teindre la bifurcation supérieure. Aussi voit-on quelquefois à la base des cimes monophytles deux pédicelles consécutifs sans feuille intermédiaire {Borrago \oJficinalis , Rcliium vulgare et planta gineum) : cet effet est constant sur le Cerinthe major ^ et très fréquent sur le minor (fig. 2a). Nous ne connaissons pas d'exemple où le pétiole de la feuille s'étant prolongé jusqu'à la bifurcation supérieure dépasse ce dernier point et se soude avec le pédoncule suivant ou le pédicelle terminal; aussi appel- lerons-nous soudure extrême le mode dont nous venons de par- ier : le pédicelle floral paraît alors sortir un peu à côté de l'ais- selle de la feuille : de là le nom de fleurs extrà-axillaires , qui, comme on le voit, exprimait une simple apparence. Lorsque les feuilles ne se soudent que jusqu'à mi-hauteur du segment du pseudothalle, |la soudure est moyenne {Borrago y Sedum acre , Helianthemum ledifolium ) ; elle est extrême sur les Lithosper- mum y Anchusa, Hyosciamus, Tantôt ces mêmes feuilles ac- quièrent graduellement leur maximum de soudure ( Echium , Borrago) , tantôt elles ne l'acquièrent qu'au second pédoncule, tantôt enfin elles y arrivent immédiatement {Anchusa ari>ensisy Hyosciamus niger , Lithospermum), et, dans ce cas, l'analogie avec des plantes voisines fait ordinairement reconnaître cette dé- viation du type normal. C'est ce qui arrive, par exemple, fré- quemment, si, au moment où la fleur terminale paraît, les deux, trois ou cinq nœuds-vitaux supérieurs se trouvent réunis à même hauteur, à la base du pédicelle terminal. De ces nœuds 5oo L. et A. RiiAVAis. — Disposition des inflorescences. géminés , le supérieur au moins produit un pédoncule qui sert d'origine à la cime terminale; un ou deux des autres nœuds peuvent aussi donner naissance à des cimes scorpioïdes axil- laires, tandis que les noeuds les plus inférieurs seront stériles ou ne produiront que des rameaux à feuilles. Pour ces derniers, la feuille-mère n'éprouve aucune soudure sensible; sur les pé- doncules, au contraire, la bractée-mère se soude aussitôt, et souvent même acquiert ^dès-lors une soudure extrême. Le faux verticille terminal se compose ainsi de branches dont les unes (les rameaux) ont une feuille-mère à leur base, et les autres (les pédoncules) semblent au premier abord en être dépourvus {Atropa BeUadonna^ sarmentides àvi Rivina humilis). Sur les Litliospermum arvense , Asperugo procumbens , Hyosciamus albus, la tige centrale se termine souvent par trois nœuds gé- minés dont les deux inférieurs fournissent des rameaux , et le supérieur seul, un pédoncule commencement de la cime termi- nale. Sur les Lilhospermum tinctorium et purpureo-cœruleum, on trouve aussi trois nœuds géminés ; mais ici le nœud inférieur est le seul à fournir un rameau , et les deux autres engendrent des pédoncules surmontés chacun par une cime scorpioïde. Dans le cas particulier de deux nœuds géminés produisant cha- cun une cime , la fleur terminale se trouve placée à l'aisselle de la dichotomie : cette disposition est assez spéciale et assez fréquente à-îa-fois pour mériter un nom particulier, celui de cime scojpioïde double. Certaines plantes n'offrent que des cimes de cette espèce (^Sjmphitum , Scrophidaria canina. Myosotis perennis, etc. ) ; d'autres n'offrent que des simples cimes {Ce- rinthey Echium) ; d'autres enfin réunissent ces deux modes (^Myosotis annua, Anchusa arvensis). Enfin il existe certaines cimes dont les feuilles ne se soudent jamais avec leur pédoncule axillaire, et d'autres qui présentent le phénomène inverse : c'est ce dont le Linum angustifolium et surtout les Ruta nous offrent des exemples. Des faits analogues peuvent se présenter sur les cimes hélicoïdes, comme nous l'a- vons déjà vu sur YlpomœaBona nox, ou même sur des plantes monocotylédones : ainsi les pédoncules de V Agai'e Americana se soudent avec lems bractées-mères d'une manière très sensible. L. et A. BRAVAIS. —• DisposiUon des inflorescences. 3oi Position des feuilles. — Nous venons d'observer des cimes sur lesquelles les deux bractées sous-florales avortent, et que nous nommerons cimes aphylles ; d'autres où la bractée stérile avorte, et que l'on peut appeler cimes monophjlles , et nous réserverons pour les autres le nom de €imes diphylles. Nous avons vu de plus qu'une cime pouvait être monophylle d'abord et aphylle ensuite; ou bien diphylle dans le bas et monophylle dans le haut. Sur les cimes monophylles, la soudure de la feuille non avortée peut être graduelle ou brusque ; elle peut être aussi nulle , moyenne ou extrême. Lorsque les deux feuilles subsistent , leur corrélation est très sujette à varier. Ainsi ces feuilles peuvent être alternes {^Linum , PeganuîTv Harmala, Talinum crassifolium , Chelido- nium Glaucium) , ou géminées (Silène, Faleriana, Pétunia), ou alternes sur le premier pédoncule et géminées sur les suivans i^Potentilla reptans) ; ou alternes, la feuille stérile inférieure remontant sur son pédoncule de manière à dépasser le point de bifurcation et la bractée supérieure se soudant avec son pédoncule axillaire(i/jo/72rea Bona nox, yEsculus Pai^ia et rubi- cunda) : mais la disposition la plus remarquable est celle que nous mentionnons sous le nom àe feuilles rapprochées : ce sont les feuilles géminées des auteurs qui ont traité de l'inflorescence des Solanées. Cette disposition consiste en ce que la feuille-mère d'un pédoncule se trouve placée à même hauteur que la4fi%ctée sous-florale inférieure de ce pédoncule; en un mot son pre- mier mérithalle est très court. Les feuilles rapprochées peuvent être placées à la bifurcation inférieure; c'est ce qui arrive lors- que la bractée fertile est à son poste tiormal et qu'il n'existe aucune soudure {Saxifiaga sarmentosa j, granulata etc.); elles peuvent être situées entre les deux bifurcations, lorsque la bractée fertile a une soudure moyenne (Sarmentides du Sala- num nigrwn) : enfin elles peuvent être rapprochées à la bifur- cation supérieure, lorsque la soudure de la feuille-mère est une soudure extrême {.Atropa Belladonna, Physalis , R'wina hu* milis , etc.). 3o2 L. et A. EBA.VAIS. — Disposition des inflorescences. Obliquité des feuilles.' — Les bractées d'une cime scorpioïde sont parfois un peu obliques relativement à l'axe du pseu- dothalle; de sorte que ia nervure moyenne semble déjetée soij; en haut, soit en bas. Il est facile d'expliquer ce fait par le dé- jettement des axes successifs. Si , dans une cime de Borra- ginée, où la feuille supérieure est seule fertile, on admet, da- près certaines raisons d'analogie, que les pédoncules dextrorses sont déjetés à droite , et les sinistrorses à gauche, la nervure centrale des feuilles de la rangée de gauche doit se diriger à gauche de l'axe des pédoncules, et par suite aussi de l'axe du pseudothalle : cette nervure moyenne se dirigera donc alors du côté inférieur de la volute formée par la cime, et il en sera de même pour les feuilles de l'autre rangée : c'est ce que l'on re- marque en effet sur les Cerinthe , Echium vulgare, Borrago ^ Anchusa undulata^ etc. Nous remarquerons, en passant, que souvent alors les deux parties du limbe sont inégalement déve- loppées : cet effet est très marqué dans \Anchusa undulata , où la portion supérieure est deux ou trois fois plus grande que l'autre : mais souvent ce déjettement apparent des feuilles est insensible {Lithospermum aivense). L'excentricité seule ne sau- rait produire cet effet ; car elle ne change point la direction de i'axe du pseudothalle, et ne fait que le transporter parallèle- ment à lui-même : du reste, nous aurons occasion bientôt de voir ces déjettemens jouer un rôle plus remarquable dans l'in- flore^^nce. Longueur des mérithalles. — Le plus ou le moins de lon- gueur des mérithalles influe beaucoup sur la forme de la cime. Tantôt c'est le pédicelle floral qui est nul {Sedum., Centran- thus , Ecliium^ Lithospermum an>ense): beaucoup de Solanées offrent aussi cette disposition {^Datura Stramonium ., Hyoscia- mus)'^ alors la cime sera dite à fleurs sessiles. Tantôt c'est la partie inférieure du pédoncule qui se contracte, et le pseudo- thalle devient très court, organisation déjà observée sur les Tra- descantia, JVarcissus, Amaryllis (j). Quelquefois enfin les pé- {' (i) C'est ]e fascicule simple de M. "Rcsper; mais, avec le célèbre auteur de l'Organogra- phie, nous adoptons de préférence le terme de cimg contractée. L. et A. BRAVAIS. — Dififositiou des inflorescences. 3o3 «doncules sont alternativement longs et courts [Asperugo pro- cumbens ) , d'où résulte que cette plante a été quelquefois décrite comme ayant les feuilles supérieures opposées. La cime contractée est susceptible de la plupart des modi- fications de la cime ordinaire à pseudothalle allongé ; mais toutes les fleurs paraissant naître presque du même point, elle est un peu plus difficile à étudier. Après avoir reconnu quel est le pédoncule qui commence la cime, les règles données ci-dessus pour l'estivation calicinale serviront, si cette estiva- tion est distincte , à indiquer la nature de l'inflorescence , et presque toujours c'est à la cime scorpioïde par le nœud supé- rieur qu'elle viendra se rapporter; telle est la cime àes Erodium^ Les pédoncules allernent entre eux et fleurissent dans l'ordre de leur plus grand éloignement de la base de la cime , et la tor- sion en volute est encore sensible, si la cime n'est pas, comme celle des Malva, dans une position trop gênée. Les cimes contractées sont fréquemment doubles, parle déve^ îoppement du nœud de la bractée inférieure sur leur premier pé- doncule. Les demi-verticilles de fleurs placés à l'aisselle des brac- tées de beaucoup de Labiées sont dans ce cas {^Lamium, Salifia): ils y offrent même le plus souvent la particularité d'être à fleurs sessiles. Il est important de noter que, dans les cimes contractées, les deux bractées de chaque pédoncule sont placées à la même liauteur, lorsqu'elles existent toutes les deux ; il ne reste plus ici que l'estivation ou des raisons d'analogie pour déterminer le sens de la spirale sur les pédoncules et pour distinguer l'un de l'autre le premier et le second nœud. Du reste ces cimes sont quelquefois aphylles (Alchemilla) ^ ou monophylles , et le& bractées de la même série peuvent alors se souder latéralement en une collerette multinervée plus ou moins découpée {Ero-^ dium , Aphanes arvensis, ) Il arrive parfois qu'une cime contractée a son premier pé- doncule d'une longueur sensible ; alors elle est dite pédonculée {Erodium^ Oxalis): les cimes contractées biflores des Géranium, celles des Xylosteum sont dans ce cas. Il ne faut pas confondre ce mode d'inflorescence avec la cime à /leurs pédicellées ; une 3c4 L. et A. BRAVAIS. — Disposition des inflorescences. différence pareille existe entre la cime sessile, et la ci/ne à/leurs sessiles. Sur \e Géranium îuberosum, les cimes sont pédonculées dans le bas de l'inflorescence et deviennent sessiles dans le haut: il paraît même qu'une cime contractée peut être pédonculée dans son milieu par l'allongement anormal d'un des segmens du pseudothalle : c'est du moins ce que nous avons observé sur les Alchemilla vulgaris et Alpina (fig. 23); V ^sperugo pro- cumbens déjà cité se rapproche de cette organisation. Si les dernières fleurs d'une cime scorpioïde avortent , leurs pédoncules cessant de se développer, la cime aura pour termi- naison une cime contractée formée de fleurs aborîives ; c'est le cas que présentent les Symphilum où, même dans les aisselles des feuilles inférieures, l'on voit sortir des cimes dont toutes les fleurs sont abortives. Mais parfois l'avortement des fleurs n'em- pêche pas les pédoncules de se développer et de se ramifier comme à l'ordinaire, ainsi qu'on peut le voir sur certaines cimes rampantes du Poientilla reptans. Quelquefois enfin la cime est contractée avant la floraison , et elle cesse ensuite de mériter ce nom par l'allongement de ses pédoncvdes successifs {Paliurus aculeatiis^. 'Nombre de fleurs d'une cime. — Rien de plus variable que le nombre de fleurs d'une cime sur les diverses plantes , et souvent sur la même, suivant les circonstances où elle se trouve. Nous nommons cimes biflores celles où le premier pédon- cule en produit un second dont les nœuds latéraux restent stériles ; tels sont les Géranium français , le Mercurialis peren- nis femelle ; cimes triflores , celles où ce même pédoncule en produit deux latéraux auxquels s'arrête le développement de la cime : cette disposition n'est point rare {honicera Caprifo- lium, Salvia pratensis, Glechoma hederacea, Psoralea bitw minosa, Acer pseudo-Plalanus ^ Tilia europœa, Thesium lino- phyllum, etc.). Il est probable que le Xylosteum se rapporte à cette même inflorescence dans laquellepa fleur centrale aura avorté. Nous ne pouvons admettre avec M. De Candolle (Or- gan. veg. i. 629.) qu'il faille y reconnaître une soudure de deux pédoncules en un seul: dans le Xylosteum flexuosum , par exemple , comn.e dans îe Lonicera Peryclimenum , les deux L. et A. BRWAis. — ■ Disposition des inflorescences. 3o5 fleurs sont garnies de deux bractées décassées avec la feuinc- mère, et de plus chaque fleur partielle est munie de deux autres bractéoles sous-florales décussées avec les ])récédentes;il semble que le Xjlosteum ne diffère du Lonicera qu'en ce que l'avorte - ment de la fleur centrale a déterminé rallongement du pédon- cule commun par une sorte de balancement organique : on pourrait appe'er ces cimes géminifiores, pour les distinguer de la cime biflore ordinaire. Les Polyanthes tuberosa, Euphorbia Milii ont souvent des cimes géminiflores ou l'on reconnaît très bien l'avortement de la fleur terminale: les cimes inférieures de V Asparagus officinalls (voyez fig. 6) sont absolument pareilles. Ajoutez une fleur d'un côté à une cime triflore, vous aurez une cime quadriftore ; faites ensuite la même addition du côté opposé, la cime sera quintiflore. Au-delà de ces nombres, il n'existe plus de règle bien fixe, et la cime devient multiflore. Si le nombre de fleurs varie au contraire entre i et 5, la cime sera paucjflorp. Exemples: les Rhamnus infectorius, Alcœa rosœa , Cobœa scandens , Géranium sanguineum ont des cimes i -a-flo- res : les Sida mollis, Celtis australis ont des cimes j-3-flores et peut-être aussi les Convallaria Polygonatum et bifolia : celles du Beta vulgaris et du Phjtolacca decandra sont 2-4-flores; les Rumex Bucephalophorus , Diospjros Lotus en ont de 3-4-flores et le Rhamnus volubilis de 3-5-flores. Ainsi nous sommes con- duits à admettre, avec le célèbre botaniste de Genève (Organ. i. 420), des cimes uniflores, lorsque les bractées sous-florales du premier pédoncule cessent à-la-fois de produire des gemmes axillaires fertiles. Dans les diverses cirties d'un thyrse, le nombre des fleurs diminue habituellement, à mesure qu'on s'élève a des noeuds supérieurs : ainsi le Rumex Bucephalophorus a des cimes quadriflores dans le bas et triflores dans le haut; celles du Ta- mus communis sont de même. Les cimes du Dracocephalwn Canariense ont io-i5 fleurs dans le bas et deviennent triflores dans le haut. IJ Asparagus officinalls (fig. 6) semble faire ex- ception à celte loi: au point où les pédicelles floraux vont se métamorphoser en rameaux filiformes privés de leur fleur ter- minale , l'inflorescence est géminîflore ,• en s'élevant dans le VIL BoTAN. — Mal. 3o6 L. et a.'br.\.vais. — Disposilion des inflorescences. thyrse, on trouve d'abord des nœuds-vitaux d'où sortent trois pédicelles stériles, puis d'autres où le nombre de ceux-ci est cinq ou sept, ou même pbjs considérable encore. Le nombre floral des cimes contractées de V Oxalis corni- cidata varie beaucoup suivant les circonstances plus ou moins favorables où s'est trouvée la plante soumise à l'observation. Souvent la cime est uniflore, le pédoncule étant muni vers son milieu de deux bractées géminées stériles; elle est biflore,si le nœud supérieur se développe seul; triflore, si les deux nœtids se développent, et enfin 5-8 flore quelquefois, chacun des deux nœuds du premier pédoncule fournissant une petite cime scor- pioïde simple, et l'inflorescence devient alors identique avec celle d'autres espèces du même genre (Oa;«/M ieiraphylla ^ etc.). Position de la cime. — Une cime peut être axillaire ou termi- nale, et cette différence en produit souvent une autre plus réelle dans l'organisation. Lorsqu'une cime scorpioïde par le nœud supérieur est terminale (Cerz/z^^e majorât minor(ûg. 20), JLinujn maritimum , etc.), le pédoncule de la seconde fleur de la cime ne se trouve pas dans les mêmes circonstances que les pédoncules suivans nés à-la-fois du second nœud et du nœud le plus élevé des pédoncules précédens : il provient, il est vrai, du nœud lé plus haut d'un pédoncule multinodal, mais ce n'est plus de son second nœud vital. Il n'y aurait donc rien de sur- prenant, si le pédoncule de la deuxième fleur ne suivait pas exactement les mêmes lois d'homodromie ou d'antidroraie, et c'est ce qui arrive en effet fréquemment. Ainsi sur le Cerinthe major ^ ce pédoncule né du dernier nœud de la tige centrale est toujours homodrome ; il en est de même, à ce qu'il paraît, des cimes terminales simples du Cistus Moni>peliensis ; sur 3{ cimes de Linwn angustifolium , nous avons trouvé 16 cas d'ho- modromie et i5 d'antidromie; nous avons aussi des motifs pour croire que les cimes des Lasiopetalum commencent par une homodromie. Mais la régularité habituelle reparaît, si l'on con- sidère la cime comme une cime axillaire provenant du nœud le plus élevé d'un pédoncule multinodal : tous les pédoncules de la cime redeviennent binodaux et placés entre eux dans des circonstances analogues. L. et A.. BRAVAIS. — DisposHioii des inflorescences. 3o^ Considérons maintenant une cime axillaire. Le premier pé- doncule étant habituellement pareil aux autres, on ne doit point y retrouver les variations de la cime terminale, et cette prévi- sion est encore vérifiée par l'expérience : ainsi, sur les cimes axillaires simples du Cisius Monspeliensis ^ les deux premières fleurs sont hétérotrop€s entre elles , contrairement à ce qui a lieu sur les cimes terminales de la même plante; sur le Cerinthe minor^ la cime terminale commence par l'homodromie, et la cime axillaire provenant de l'avant-dernier nœud suit l'antidro- mie habituelle. ]Sous devons conclure de là : i" «que la simili- « tude de position qui détermine le sens des spires doit se « compter de bas en haut, et non de haut en bas ; 2" qu'ainsi « on peut juger de la valeur d'une cime biflore si elle est axil- u laire, mais non si elle est terminale; S*» que, tout en con- « servant le nom de cime terminale, pour mieux fixer les idées, « il est convenable d'entendre par ce terme une cime axillaire, « et d'exclure de la cime la première fleur. » On peut en dire autant des cimes doubles terminales, et les considérer comme formées de deux cimes distinctes simples et axillaires nées dans les deux derniers nœuds du pédoncule mul- tinodal, ou tige centrale; les premiers pédoncules de chacune de ces deux cimes conservent l'un par rapport à l'autre une corrélation fixe , corrélation qui n'a point lieu avec la tige cen- trale. Nous avons déjà trouvé un résultat analogue dans les cimes doubles terminales des plantes monocotylédones (Ré- sumé, page i4) : dans ce dernier cas la fleur centrale avortait habituellement , et cet avortement est plus rare dans les cimes doubles terminales dicotylédones; néanmoins on peut l'observer sur les Symphitum ^ \Anchusa arvensis^ etc. De même que certaines plantes n'offrent que des cimes sim- ples ou doubles, de même elles peuvent n'en offrir que de ter- minales ou d'axillaires. Ce dernier cas est le plus fréquent et renferme toutes les plantes dont l'inflorescence est un thyrse. Dans la première classe se trouvent certains Lininn , les Cerin- the, etc. L'inflorescence d'autres végétaux réunit ces deux modes d'organisation [Echiwn herbacés, Saxifraga ^ Sedum , Eche- veria grandiflora^ Solanum Dulcamara , etc.), et elle peut 3o3 L. et A. lîRAVAi.s. — Disposition des inflorescences. alors être considérée dans son ensemble comme une cime miii- tinodale à cimes partielles axillaires scorpioïdes , et, si les nœuds sont verticillés [Seditm, Cornus Canadensis . sempeTvivum^ elle aura en commençant un aspect polychotome- Torsion des pédoncules de la cime. — Il est digne de re- marque qu'assez souvent, surtout dans une floraison un peu avancée, chaque axe successif éprouve une torsion alternative, soit sinistrorse , soit dextrorse , dont l'effet est d'augmenter la divergence secondaire de la bractée fertile. Cette divergence ten- dant à se rapprocher de la demi-circonférence, la cime scorpi- oïde tendra à devenir distique , les séries florales tendront à s'écarter l'une de l'autre et à se rapprocher des séries de feuilles fertiles; enfin l'enroulement de la cime devra diminuer. Sur les Ranunculus aquatHis , Sedum acre ^ sur les sarmentides du Gé- ranium molle y cet effet peut se constater aisément; mais c'est surtout dans les Scrophularia qu'on peut l'observer. Sur le Scro- phularia canina^ les séries florales sont presque ojiposées. On retrouve un effet pareil dans les cimes contractées des Labiées : nous n'avons qu'à jeter les yeux sur les coupes transversales des cimes à cinq fleurs des La\>andula{^\2^. 24), à sept fleurs du La- iniiim lœvigatum (fig. ^5) , et à neuf du Lamium amplexicaule (fig. 26), pour voir que les angles que forment entre elles les bractées fertiles surpassent notablement 90". Quoique la torsion ne puisse se constater, à cause de l'état de contraction , elle n'en est pas moins très probable , et lorsque les segmens du pseudothalle sont un peu plus longs que de coutume, elle de- vient visible et mQ.ow\.QS\dkAQ.{^Melissa ISepeta'). Une autre cir- constance qui nous avait frappés depuis long-temps sans que nous eussions pu réussir à l'expliquer , tend à confirmer cette manière de voir : les plans de symétrie des corolles dans les trois fleurs d'une cime triflore de Labiée sont presque parallèles entre eux. Nous savons déjà (voy. page i8j que ces plans doivent passer par les bractées-mères : il résulterait de là que ceux des fleurs latérales, au lieu d'être suivant les lignes ip^ ^'p (fig. 24), devraient être dirigés suivant les lignes iq, l'q : n'est-il pas probable que c'est une torsion de leur pédoncule, s'effectuant dans le sens indiqué par les flèches, qui altère ainsi la position L, et A. BRAVAIS. — Disposition des inflorescences. 809 îhéorique de ces plans de symétrie ? Nous en dirons autant des cirées triflores du Psoralea hiluminosa. Dans les cimes doubles multiflores des Labiées, le même effet doit encore avoir lieu : car, il est évident qu'en vertu des lois de l'estivation cnlicinale (voyez page 24) les plans de symétrie des corolles doivent être paral- lèles dans toute la même série florale d'une cime scorpioïde simple , et ainsi toutes les positions des divers plans de symé- trie d'une cime scorpioïde double se réduisent à celles des trois premières fleurs 2, 1 et 1' . Cimes entremêlées de rameaux. — Il arrive parfois que la cime est entremêlée de rameaux analogues à la lige centrale de la plante. Ces rameaux peuvent, il est vrai, se terminer par une fleur et jouer le rôle final de pédoncules; mais, dans ce cas même, ils ont un nombre plus ou moins grand de nœuds la- téraux dont les inférieurs sont ordinairement stériles, et en cela ils diffèrent beaucoup des autres pédoncules de la cime. Aussi il est inutile de considérer comme bipare une cime où le nœud inférieur de chaque pédoncule produit habituellement de pa- reils rameaux, et il est plus simple d'en faire d'abord abstrac- tion dans l'étude de la cime. On remarquera ensuite que c'est toujours dans l'aisselle de Xql bractée inférieure, et jamais de la bractée supérieure, que se développent ces rameaux [Datura, Peganum quelquefois, sarmentides du Lasiopetalwn solanaceum, Capsicum an- nuwuj etc.). Ceci est un corollaire de la loi suivante que nous aurons bientôt occasion de vérifier et qui n'offre que d'acci- dentelles exceptions : « lorsque divers pédoncules se dévelop- « peut aux aisselles des bractées qui précèdent une fleur ter- « minale, les inférieurs portent toujours au moins autant de « nœuds-vitaux latéraux que les pédoncules supérieurs de « même ordre. » Cette loi peut être utile quelquefois pour re- coîinaître la bractée inférieure parmi deux bractées géminées, lorsque l'une d'entre elles fournit un pédoncule et que l'autre fournit un rameau {Potentilla reptans. Pétunia, Cuphea vis- cosissima ). Les cimes contractées elles-mêmes peuvent être entremêlées de rameaux, comme on le voit 'Jans quelques Mali'ajjjlves tris. 3io L. et A. BRAVAIS. — Disposition des inflorescences. Nicœensis, etc.). Nous nous sommes assurés qu'ici c'était le nœud supérieur qui continuait 1» cime par l'examen de la spire de l'involucre externe (voyez § 4)- C'est donc encore ici le nœud inférieur qui produit le rameau; l'autre produit un pédoncule floral hétérotrope qui, à son tour, doit donner naissance à un rameau d'une part et à un pédoncule f^^oral de l'autre, etc.: de là l'apparence représentée fig. 27. Nous trouvons ainsi jusqu'à trois rameaux à feuilles de plus en plus petits naissant autour du groupe formé par les pédicelles, et les derniers d'entre eux avor- tent entièrement. Parfois le rameau axillaire au premier pédon • cule est seul visible ( Lavatera maritima , Sidu rhonzbi/olia , et quelquefois Malva Capensis et Sida mollis)': le groupe floral femelle du Mercurialis annua nous paraît organisé de même. Les rameaux latéraux au pseudothalle d'une cime unipare n'ont pas toujours l'origine que nous venons de signaler, lis peuvent naître quelquefois entre le pédoncule et sa feuille- mère; ainsi il n'est pas rare de trouver un bourgeon raméal à l'aisselle des bractées fertiles, entre elles et le pseudothalle {Scrophularia aquatica , Echium vulgare , Lilhospermum ar- vense, Atropa Belladonnd). M. Rœper(Mém. sur l'Infl., note j) a déjà remarqué qu'un ou plusieurs gemmes (i) pouvaient se développer en série longitudinale, à l'aisselle d'une même feuille,^ les plus récens étant ordinairement les plus rapprochés de cette feuille. La cime scorpioïde sera donc alors entremêlée de ra- meaux accessoir's- Ces deux espèces de rameaux peuvent aussi se retrouver dans la même cime , comme nous l'avons observé sur les sarmentides du Solanum nigruni : ils y sont ordinaire- ment bien développés l'un et l'autre, celui qui provient de l'aisselle de la bractée stérile l'emportant toutefois sur le rameau accessoire. Irrégularités de la cime. — Nous terminerons par nous adres- ser les trois questions suivantes; « une cime peut-elle être scor- tf pioïde dans une partie de son cours, et hélicoïde dans une « autre ? Ces deux modes peuvent-ils se rencontrer dans divers (t) Ce sont ces gcmnins ijue M, Link a norumés gemmes accessoires. Voyez § i3. L. et A. BRAVAIS. — DispositloTi des inflorescences. 3i i « individus d'une même espèce ? Le nombre des nœuds sous- « floraux d'un pédoncule est-il toujours invariable ? » Il est sans doute difficile de saisir à priori pourquoi tous les pédoncules d'une même cime sont ou hétérotropes, ou homo- tropes: nous ne saurions donc être surpris si cette régularité cessait d'exister sur certaines plantes, et si nous retrouvions sur leurs pédoncules cette espèce d'indifférence à l'ordre dex- trorse ou sinistrorse qui existe le plus souvent sur les rameaux de la végétation {olisicée.U Hj-pericum quadrangula/e , la Silène arenaria nous ont offert des cimes où ces deux modes étaient évidemment entremêlés : l'un de nous pense qu'il existe un mé- lange pareil dans les sertules (hélicoïdes?) de \Agapanthus. Nous avons aussi trouvé des changemens d'ordre accidentels sur les Linum ienuifolium, strictuni et Narbonense., ConvoU'u- lus althœoides, Oxalis corniculata^ et à la base des cimes héli- coïdes axillaires des Yucca filamentosa et Tanius communis ; mais ils sont rares sur ces végétaux, et la cime revient aussitôt après à son état normal habituel. Certains épis floraux dans lesquels l'ordre d'insertion des pé- dicelles nous a paru peu compatible avec les modes connus , doivent peut-être s'expliquer de la même manière : tels sont l'épi floral mâle de la Bryone et celui de certains Sida. D'autres inflorescences bizarres pourraient aussi venir se grouper dans la même catégorie {BUtumy Urtica^ Xanthium, Chenopodium rubrum, etc. ). L'état d'une cime binodale étant une loi fixé d'organisation, et ces sortes de lois se retrouvant presque toujours les mêmes dans tous les individus de la même espèce (i), nous pensons qu'on peut résoudre négativement la seconde question, en excluant toutefois les cas exceptionnels dont nous venons de parler. C'est à une observation plus approfondie à décider en dernier ressort. Quant au nombre de nœuds- vitaux des pédoncules, il est évi- dent que ce nombre est parfois susceptible de varier. Ainsi sur (i) Les végétaux dioïques font , il osl vrai , exccpiion à celle règle ; mais la loi générale n'«i subsiste pas moius. 3 12 L. et A. BRAVAIS. — Dispositloii des inflorescences. 108 pédoncules de Z,mw772 tenuifohuniy 106 étaient binodaux, un était muni de trois nœuds latéraux , et l'autre de quatre. Sur le Sedum acre, nous avons observé trois exemples de pédoncules trmodaux; le premier nœud était stérile, comme à l'ordinaire, le second nœud antidrome et le troisième homodrome. Nous avons même trouvé un pédoncule trinodal sur VJEchiumvuhare, cas fort rare dans cette famille : il doit rester bien entendu qu'il ne s'agit ici que des pédoncules placés dans le cours de l'inflores- cence; car le nombre des nœuds est souvent moins fixe sur ceux qui commencent une cime, même lorsqu'elle est axillaire. (Voyez pour ce dernier cas le § 11.) Avant de passera la cime bipare, nous avons aussi à parler de la cime unipare distique ; celle-ci paraît fort rare dans la na- ture, et la fig, 28 est propre à nous donner une image de sa structure pour le cas du second nœud fertile qui est le seul connu de nous : c'est dans ce groupe que viennent se ranger les inflorescences contractées diQ la plupart des espèces du genre Statice. Du pied du pédoncule axillaire a naissent les bractées j et 2; à l'aisselle de la feuille 2 naît b, qui produit à son tour 1' et 2- : entre sà' et b naît c qui produit i" et 1". Parmi les bractées 2 , a', a", les plus internes avortent fréquemment. Or- dinairement la bractée a est grande, engainante (voyez fig. 28 bis): sa forme et sa grandeur, la forme et la grandeur des bractées F et i, l'absence où la présence des bractées j', 1" , le sens dans lequel est déjeté la bractée i , le chevaucbement possible d'un des bords de la bractée i sur la bractée 2 (comme dans \gs Statice graminifolia y globidaricefolid) j tels sont les ca- ractères qui nous paraissent pouvoir être employés avec succès pour débrouiller la confusion qui existe parmi les espèces de ce genre intéressant, (i) (i) Les cimes de ces planles sont souvent uniflores {S.artlculata, pubescens, ncerosa) , Liflo- res {S. Limonium, sinuata, Tripteris) , biflores avec avortement de 2' (S. /lexuosa, speciosa,gra- minifolià), triflores {S.palmaris), triQpres avec avortemeut de 2*' {S.bellidi/olia, reticulata?) , iriflores avec avortement de 2' et de 2" {S. aiirea); on trouve quelquefois jusqu'à six fleurs ( S. oleœfoUa) ; mais souvent ce nombre de fleurs est peu constant. Les fleurs se déjettent d'un jiifcme côté, ordinairement vers le ciel, rnielquefois vers l'horizon {S. sinuata); c'est ce to!é que nout nommons le colé lult-rne. La bradée i est rarement bien adossée à l'asej L. et A. BRAVAIS. — Dispositiou des inflorescences. 3 1 3 Nous pouvons maintenant résumer les deux précédens para- graphes : i" La cime binodale unipare est commune dans les plantes dicotylédones. 2° A la bractée supérieure appartient ou paraît appartenir constamment le nœud fertile. 3° La cime peut être hélicoïde ou scorpioïde , selon que les pédoncules sont homotropes ou hétérotropes ; elle est distique, si l'ordre distique règne sur les pédoncules. 4" Elle peut être allongée ou contractée selon l'état du pseudothalie, sessile ou pédonculée, à fleurs sessiles ou pédi- cellées, simple ou double. 5" Elle peut être axillaire ou terminale : dans ce dernier cas , oji peut la considérer comme formée d'une ou deux cimes partielles axillaires et d'une fleur centrale terminale. 6° Dans une cime scorpioïde , les estivations des fleurs de chaque rangée ont une relation fixe propre à indiquer la na- ture de la cime. 7° L'enroulement est une suite nécessaire de l'angle axil- laire. 8° Les séries florales sont opposées organiquement aux sé- ries de bractées fertiles ; mais l'inégalité excentrique les rap- proche, et écarte au contrane ces dernières l'une de l'autre. 9° La bractée stérile est souvent plus pttite que la bractée fertile, souvent elle avorte; elles peuvent aussi avorter toutes les deux. I o° La bractée-mère se soude fort souvent avec son pédon- cule axillaire. les Statlce artiadata, aurea, pubescens, diffusa et surtout Jerulacea en offrent cepen- dant des exemples : souvent elle est déviée du côté externe (J. graminifoUa, globidariœfoUa , speciosa , pruinosa , aceiosa)- plus souvent encore elle est déviée du côté interne comme dans la plupart des autres espèces; on suit entre ces divers états tous les modes possibles de varia- tion. Il nous est donc bien permis de croire que cette bractée i est réellement née à i8o° de la bractée-mère, et que sa déviation est produite par un agent physiologique. Ainsi la cime binodale des Statice doit être considérée comme exactement distique dans son type , malgré ces déviations de position de la bractée i ^ déviations qui pauvent être parfois fort considéra- bles (5 Tripteris, graminiJoUa). 3i4 L. et A. BRAVAIS. — DispositioTi des inflorescences. ii'^Le nombre de fleurs est souvent variable ; il diminue dans le haut des thyrses, et la cime peut devenir uniflore par suite de celte diminution. 12° Les pédoncules ont parfois une torsion dans le sens d*^ la divergence secondaire de la bractée fertile ; cette torsion tend à ramener les pians de symétrie florale au parallélisme. i5° Il peut naître sous le pédoncule un rameau accessoire y analogue à la tige centrale : il peut naître un rameau analogue à laisselle de la première bractée. iZj" Les exceptions accidentelles aux règles précédentes se. rencontrent çà et là; les végétaux sur lesquels cet état excep- tionnel est constant sont fort rares. § 7. Cime binodale hipare descendante, La cime bipare embrasse la cime dichotome des botanistes, et quelques autres peu étudiées jusqu'à ce jour. La grande loi de toute cime bipare consiste dans l'antidromie des deux pé- doncules de même ordre ; l'un est toujours homodrome, et l'autre toujours anlidrome. On peut établir deux sortes de coupes parmi ces cimes, et les diviser en ascendantes et descendantes, ou bien en directes et inverses. (Voyez les définitions.) Les deux nœuds paraissant quelquefois d'un développement à- peu-près égal, et l'analogie seule pouvant alors servir de guide, on pourrait croire qu'il existe un passage insensible entre la cime descendante et la cime ascendante qui rend cette coupe ambiguë sur certains végétaux. Il n'en est rien cependant, et cette pre- mière coupe conserve mieux les ordres naturels que la seconde, laquelle offre pourtant à l'esprit une idée beaucoup plus précise. Ainsi il n'est pas très rare de trouver dans la même famille, dans le même genre, et même quelquefois dans la même plante des exemples de pédoncule antidrome devenu homodrome, ou réciproquement; tandis que nous n'avons pas encore d'exemple constaté des deux ordres ascendant et descendant se trouvant réunis dans une même famille. Ainsi nous admettrons parfois que toutes les plantes d'une même tribu naturelle appartien- nent à l'un de ces modes, dès qu'il aura été reconnu dans cor- L. et A. BRAVAIS. — Disposition des inflorescences. 3i5 tains genres ou certaines espèces de cette trihii; nous conve- nons d'avance que cette supposition est gratuite, mais nous croyons utile de la signaler comme importante à vérifier. Cime descendante directe. — Cqs,\. principalement sur les Ca- ryophyllées à calice polysépale qu'il est convenable d'étudier cette disposition : quoique les feuilles soient géminées, l'esti- vation généralement bien distincte du cidice rend facile la dis- tinction du' premier et du deuxième nœud, et celle du sens de la spirale génératrice. Le tableau de la fig. 29 nous représente l'enchaînement mutuel des divers pédoncules supposés par la pensée tous ramenés dans le même plan. L'un des nœuds a un développement moindre : c'est ici le premier nœud , le nœud homodrome; il finit souvent par avorter dans le haut de la cime, et les pédoncules hétérotropes subsistant seuls, la cime finit par devenir unipare scorpioïde. Plusieurs Caryophyllées à calice gamosépale sont dans ce cas : tels sont les Silènes à épi unilaté- ral (6'i7^/z^ quinquevulnera, pisiformis,'eX.c.) (Organ.vég. I, 4ï5). La cime est quelquefois plus ou moins contractée, comme on le voit dans les Dianthus prolifer, barbatus et autres : il est à croire, d'après la règle ci-dessus, que, dans le cas où l'estivation n'est plus distincte, c'est toujours le nœud de plus grand développement qui doit être considéré comme étant le nœud supérieur (i). Les sarraentides des Géranium français sont presque toujours bi- pares au commencement et finissent par devenir unipares par suite de l'avortement du nœud inférieur. Nous voyons ainsi que les cimes scorpioïdes doubles dont nous avons parlé au § précédent sont, pour la plupart du moins, des cimes descendantes directes qui, après une seule dichotomie , passent immédiatement à l'état de cimes uni- pares. La division des cimes en unipares et bipares n'est donc avantageuse que pour l'étude, et ce n'est point un caractère naîui^l. Il serait même possible que toutes les cimes uni- pares ne fussent que des cas particuliers de la cime descen- (1) Ainsi on nes'éloiinera pas si, une fois ou deux, le Dianlhus proUfer, dans les extrémité» parfois unipares de ses cimes , nous a offert des cas d'hoinodromie , tandis que l'état le plus- «ousiaut est celui de pédoncules antidromes. 3i6 L. et A. BRivAis. — Disposition des inflorescences. dante; du moins nous ne connaissons pas encore de cime unt- pare qui soit une dérivation de la cime bipare ascendante, ce qui revient à dire que , i" si le nœud inférieur est le nœud ma- jeur, il n'empêche pas le nœud supérieur de se développer; 1° le développement prédominant du nœud supérieur entraîne au contraire fort souvent l'avortement du nœud inférieur. Ainsi l'analogie des Personées avec les Solanées, dont l'ordre ilescendant est manifeste, nous conduit à admettre cet ordre dans les Personées. L'analogie des Labiées avec les Borraginées d'une part, et les Personées de l'autre, nous conduit à étendre ce résultat jusqu'aux Labiées. Les cimes scorpioïdes doubles contractées et axillaires des Labiées seront donc les analogues des cimes pareilles des Borraginées ,^ et proviendront de la cime descendante directe. Ceci posé, arrêtons nous un instant à un point commun de la structure de ces cimes: il consiste en ce que (fig. 26) , « la première fleur ou fleur centrale appartient « à-la-{'ois à chacune des deux cimes scorpioïdes partielles de « droite et de g;iuche, et prend rang sur chacune dans la série « la plus voisine de la feuille-mère. » De ce fait d'observation nous concluons : 1° que les pédon- cules latéraux 2 et 1' appartenant, chacun dans sa cime par- tielle, à des rangées de nom différent sont antidromes entre eux (voyez ci-dessus § 6); qu'ainsi l'un d'eux est homodrome et l'autre antidrome; 2*" que, la cime passant de l'état bipare à l'état unipare scorpioïde, le pédoncule homodrome avorte dans ce passage, et qu'ainsi ce pédoncule est de moindre développement que l'autre. Mais il nous reste encore à dé- terminer si ce pédoncule provient du premier ou du second nœud. Dans le premier cas, la cime appartiendrait à l'ordre des- cendant direct, et dans le second, à l'ordre ascendant inverse. D'après les analogies indiquées précédemment, nous devons nous décider pour la première de ces deux suppositions; si nous pouvons de plus reconnaître que l'estivation de la fleur 2 est dextrorse, et celle de la fleur 2' sinistrorse, cette opinion se changera en certitude, et c'est ce qui arrive en effet pour les cimes axillaires doubles du Cistus Monspeliensis. C'est ici le lieu d'examiner les cimes plus ou nioiiis confuses L. et A- BRAVA îs. — DlsposUlon dûs inflorescences. 3i^ de certaines Labiées [Marnibium , Pldowis ^ Monarda, etc.), devenues telles par suite de l'état bipare de la cime prolongé plus que d'habitude. Au lieu dune seule dichotomie , on en trouve deux dans le Dracocephalum Canari en se , trois dans le Marruhiuni vulgare, et jusqu'à cinq dans les Monardes. Il est facile d'étudier cette disposition sur la première de ces plantes, les entre-nœuds ainsi que les bractéoles ayant ime grandeur sensible. En suivant de haut en bas l'inflorescence du thyrse, nous trouvons des cimes à trois, cinq, sept, puis à neuf fleurs: ces dernières cimes offrent dans leur coupe iiorizontale l'appa- rence de la fig. 3o ; les pédoncules 2 et 2' sont devenus bipares à leur tour, et cette inflorescence par le développement ulté- rieur de ses cimes partielles pourra se changer en celle de la fig. 3û bis. La fig. 3i représente la forme des cimes très contractées et très serrées du Monarda didyma : nous, y avous numéroté 'les fleurs appartenant à la cime scorpioïde double ordinaire , et l'on reconnaîtra de plus que les pédoncules de ces fleurs sont les seuls habituellement susceptibles de devenir bipares. Il est fort rare de voir des dichotomes reparaître dans le haut d'une cime bipare devenue unipare!: cependant ce fait paraît quelquefois se présenter ( Heliotropiiim Peruvianurn , Tourne- fortia heliotropioides) : dans ce cas, la cime partielle latérale nous a paru provenir d'un gemme accessoire né entre le pédon- cule précédent et sa feuille-mère. (1) La cime bipare est bien plus régulière dans sa forme que la cime unipare, et il n'est pas sans intérêt de les comparer l'une à l'autre sous ce point de vue. Sur la première, le pseudothalle cesse d'être distinct, il se divise sans cesse à chaque nouvelle dichotomie; seulement, si la différence de développement des deux nœuds est grande , le pédoncule le plus faible est déjeté latéralement de même côté que la fleur terminale, et le pseudothalle redevient distinct, quoique coudé en divers sens et de distance en distance. (i) Nous avons en ce moment sous les yeux une cime scorpioïde àe Ruta graveolens t^wi nous offre , après sa première fleur , une bifurcation analogue , mais produite par le développe- ineiil du nœud inférieur. 3i8 L. et A. BR.WAis. — Disposition des inflorescences. L'effet de l'excentricité est insensible pour les cimes bipares «laiis toute leur longueur. Il n'en est plus de même pour celles qui ne sont bipares que dès le principe: le pédoncule bipare peut lui-même devenir plus ou moins excentrique, selon qu'il est plus ou moins rapproché de la partie unipare de la cime. Considérons d'abord (fig. 3i) une cime double de Borragi- née. Si la cime partielle de gauche n'existait pas, l'arête suivant laquelle aurait lieu le grossissement maximum se- rait située 45° à droite de l'insertion de F . Si, au contraire, la cime de gauche existait seule, cette même arête serait si- tuée l^b° à gauche. De ces deux effets combinés il résulte que le pédoncule de la fleur centrale est excentrique du côté de sa feuille-mère. Ce fait, peu important du reste, est nécessaire pour expliquer l'anomalie suivante relative au sens dans lequel est déjeté le pédicelle floral non excentrique d(î la fleur a. Lors- que la cime est bipare dans toute son étendue, l'excentricité étant nulle, le sens de ce déjettement est déterminé par le plus grand des deux angles supplémentaires que forment les deux pédoncules latéraux géminés : or ce grand angle regarde vers la feuille-mère (j) : le pédicelle floral quittant la position du plan central se déjettera donc vers la feuille-mère , comme il est facile de s'en assurer par l'examen des Caryophyllées {Arenaria peploides ^ Siellaria Holostea et média (fig, 11), Saponaria Vac~ caria, etc.), des Galium, Chenopodïum Botrys , Campanula Erinus, des sarmentides binodales des Géranium et Dahlia, qx.c. Dans les cimes scorpioïdes, au contraire {Symphitum, An- chusa , fig. 6i\ le pédicelle terminal est déjeté du côté de la tige centrale , conformément à l'effet excentrique combiné du pédoncule central et des deux pédoncules des fleurs b et b'. Dans le cas de deux dichotomies successives, la suite du raison- nement précédent nous montre l'effet excentrique sensible- ment nul sur le pédoncule de premier ordre, à moins que les deux cimes partielles ayant un inégal développement ne ren- dent l'arête d'excentricité de leur pédoncule commun un peu latérale à sa feuille-mère, et dans ce cas l'effet produit sera très (i) La valeur théorique de cet angle est 360° moins tS;" i/a ouaia^ip; mais sa valeur réelle est moindre. L. et A. BRAVAIS. — Disposition des inflorescences. Srg faible. On peut suivre ces variations sur les cimes 2-3 fois di- chotomes du Centranthus ruber, et l'on y verra la fleur sessile terminale naissant d'abord au centre de la dichotomie se trou- ver placée dans des points de plus en pins éloignés de la feuille- mère , en arrivant aux aisselles des dichotomies supérieures, (i) Les bractées peuvent être inégales dans les cimes bipares, et nous en avons déjà cité des exemples (sarmentides de certains Géranium, lllecehrum , Hemiaria, etc.) : c'est la plus petite qui correspond alors au nœud de moindre développement. Elles peuvent aussi avorter toutes les deux, comme on le voit sur le Chenopodium Botrys , ou se réduire à l'état de bractéoles abor- tives {Rhamnus Frangula , Briicea ferruginea). Les feuilles peuvent aussi se souder avec le pédoncule né à leur aisselle: cette soudure est extrême sur les cimes des Pa- liurus aculeatus et Bignonia Catalpa, les feuilles remontant jus- qu'à la dichotomie suivante ; elle est moyenne sur le Tilia euro- pœa. Elles peuvent être alternes ( Chelidonium glaucum , Pega- num Harmala, N ierenibergia filicaulis) , on géminées, ce qui est le cas le plus fréquent , ou alternes d'abord et ensuite gé- minées (^Potendlla, Fragaria, Campanula Eriniis\ Le nombre des fleurs est aussi très variable dans les cimes bipares : on peut les distinguer en multiflores, triflores et uni- flores. Dans le premier cas, on peut se servir avantageusement du nombre des axes successifs, et distinguer avec M. Turpin (Icon. vég. p. io8) ces inflorescences en biaxifères, triaxifères, etc. : ainsi les cimes axillaires du Budleia Madagascariensis sont triaxifères dans le bas du thyrse, et monoaxifères ou uniflores dans le haut. Une cime bipare peut être terminale ou axillaire comme une cime unipare. Ce que nous avons dit de cette dernière s'ap- plique aussi à la cime bipare terminale ; nous ne sommes plus (i) Dans les cimes unipares à feuilles géminées, souvent l'excentricité n'est pas assez puis- sante pour déjeter la fleur du côté opposé à la feuille-mère , dji côté du petit angle ; c'est ce qui arrive dans les Pétunia, Scidzanthus pinnatus et Ciipkœa •viscosissima ; souvent le pédi- celle semble sortir de l'aisselle de la bractée stérile ( Helianthemum lœvipes, Nicotiana gîauca. Silène ùrachypetala); quelquefois enfin ( Silène hirsuta) la fleur semble placée du côté du petit angle. 3ao L. et A. BRAVAIS. ' — Disposition des inflorescences. en droit craffirmer que les pédoncules nés du dernier et de Tavant-dernier nœud d'un pédoncule multinodal conserveront la même corrélation qiie le deuxième et le premier nœud des autres pédoncules binodaux, et par suite une cime bipare ter- minale doit plutôt être considérée comme étant l'ensemble de deux cimes bipares axillaires. Néanmoins sur certaines plantes appartenant principalement à la famille des Borraginées ( Cyno- glosswn officinale j Myosotis perennis, Echium plantagineum^ Lycopsis arvensis^ Cistiis Monspeliensis). le dernier nœud nous a paru constamment homodromc et l'avant-dernier antidrorae. Sur les cimes dichotomiques des Pelargonium, c'est la disposi- tion inverse que l'on voit exister, aussi bien que sur les cimes parfois dichotomiques et terminales du Sedum acre. Sur une plante de la même famille que celle-ci [Echeueria grandiflord) nous trouvons le même mode que dans les cimes des Borragi- nées. Ainsi, dans Iv^s cimes doubles terminales et surtout dans les véritables cimes bipares, il n'existe pas de règle fixe à cet égard, si ce n'est l'antidromie corrélative des deux pédoncules qui commencent les cimes axillaires; et même nous avons trouvé des exceptions à cette dernière loi, une fois sur le 5o- lanum tuherosiun ., une fois sur le Cerinthe jninor, etc. On observe aussi quelquefois sur les cimes bipares une tor- sion analogue à celle que présentent certaines cimes uni pares déjà étudiées sous ce point de vue; mais ce fait se rencontre presque toujours sur les plantes à tiges couchées, dont le pseu- dothalle se ramifie latéralement et dont les rameaux devien- nent en apparence distiques : telles sont les cimes des Illece- brum, Herniaria incana , Arenaria rubra, Frankenia lœvis y diverses Euphorbes, etc. Cime descendante inverse — Les cimes axillaires des Ipomœa et HypericLwi citées au § 5 rentrent dans cette division : ces cimes commencent souvent par une dichotomie, dans laquelle le pédoncule né du nœud inférieur est antidrome et le supé- rieur homodrome : c'est ce dernier dont le développement pré- domine. Ces cimes passent immédiatement après à l'état de cimes unipares. C'est sur les cimes axillaires souvent doubles àeV Ipo- mœa Bona nox qu'il est convenable d'étudier cette disposition. L. €t A. BRAVAIS. — Disposition des inflorescences. 821 Cette cime est remarquable par sa tendance à passer à l'état hélicoïde. Du reste , les plantes de son ressort sont voisines d'autres plantes qui appartiennent au mode précédent; ainsi à côté de Yllypericum perforatum on trouvera d'autres Hyperi- cum scorpioïdes ^ à côté des T^o/Tz^a hélicoïdes viennent se pla- cer les Convohulus , et le Linum strictum fait exception parmi tous les autres Lins que nous avons examinés. § 8. Cime binodale hipare ascendante. Cime ascendante directe. — Nous n'avons encore observé de cimes pareilles que sur les plantes suivantes: Bomplandia ge- miniflora, Phlox Carolina , paniculata , ovata, etc., apparte- nant à la famille des Polémoniacées, Asclepias Vincetoxicuin et mgra, Vinca rosea^ JSerium Oleander appartenant à celle des Apocinées : de plus toutes ces inflorescences sont organisées d'une manière uniforme et forment ainsi un groupe très naturel. Ck)mmençons par les cimes des Asclepias , des Phlox et du JNerium (fig. 33). Chaque pédoncule porte deux bractées souvent géminées (iVor2h3Sc procera , omnium quœ in eleganti Fioiâ œquinoctiali superbiunt longe augustis- sima, botanico improbis laboribus oppresse prœbet spectaculum admiratione dignissimum spis- sis latèque iimbrosis foliorum comiset undique interjectis floribus maximis formosissimis pur- pureo et niveo colore fulgentibus. Noctu flores aperit sponte deciduos, quos jam primo solis exortu amittit, verum et ab aviculis, veluti invidiâ accensis, rostris avulsi flores latè spargun- tur. Indesolum,staminibussangulneis, pulcherrimœ siragis vestigiis consitum est. Nuclei fruc- tuscomminuti a piscaloribusescae admixli et in mare abjecti viribus toxicis pisces inebriant eadera rationequa etCocculi indici, Galcgapiscidia, multse aliœplantie littorales idem praestant. Truncus excelsus, crassus , erectus , cortice cinereo fusco , glabro , rimulis' exarato. liaml pa- tentes, leretes , amplissime extensi , subflexuosi, varié divisi , cortice rimoso tecti , apice foliis et frucliûcalionibus^onusti. Folia sparsa, conferta, summa subverticillata , sessilia, cuneato-obo- vata, obtusa, integerrima, patentia, pedalia vel etiam bispilhamea , crassa, coriacea , glaber- rima, lœvia, splendentia saturatèviridia, venisflavis rachique intermediaflava,crassa,basis3epè rubicunda notata. Thyi-sus terminalisramulorum , solitarius, erectus, pedalis. Pedunculus teres, laevis, subangulosus , nubflexuosus , pedalis. Pedicelli uniflori, 5-2o, sparsi, teretes , laeves, paten- tes, palmarès, crassitiepennae c^cm. Bracteœ subrotundae, laeves, integerrimae, sessiles,deciduae, solitariae ad basin pedicellorum. Flores speciosissimi, maximi, pellucenti-candidissimi. Cal. Periantbium dipbyllum superum, foliis subrotundis, concavis coriaceis , persistentibus, polli- caribus , patulis. Cor. Pefala quatuor, candida, ovata, œqualia, calyce triplo majora, patentia, coriacea. Nectarium monophyllum, tubulosum, conicum, styli basin ambiens , subcoriaceiim , poli Jcare (quasi e rudimentis filamenlorum connatis) apice denticulispluribus, subulatis , inse- qualibus connivenlibus. Scam. Filamenta nuroerosissima, monadelpha, imâ basi in cylindrum ( 2 lineas longum ) receptaculo insistenlemcoalita, Oliformia, apice setacea , longissima, petalis duplo longiora, divergentia infiguram bemisphericam, candidissima , basidiaphana, apice pur- purea. Antherse subrotundae ,aureae , margine canaliculatae, subbivalves, déhiscentes. Pist. Germeu tubinatum , infernm, 4-loculare, Stylus fiiiformis, erectus, candidus, apice purpureus , staminibus ferè longior. Stigma simplex depressum. Drapa magna, conico-quadrangularis sive pyramidalis, stylo persistente calyce que coronata , pulpa dura, ligneo-carnosa viridi , postea exsiccata rufo - fusca. Sem. Nuxossea, ovata, obsolète quadrangularis, extus rugoso-fibrosa , quadrilocularis , plerumque unilocularis, reliquis germinis loculis abortivis exoletis. Nucleus ovatus solitarius, rugosus , mole ovi gallinacei , totam nucem explens, puUis ad parietes et deletis caeteris tribus loculis. Loc, Indiaorientalis, ab oris australioribus Chiuae per omnes insulas Moluccas, usque ad VII. Bot AH. — Juin. 23 354 J. B. A. GuiLi.EMiN. — ZcphyriUs Taitensis. Taheili et Marcliionis, Mendozœ, insulas Maris Pacifici ; ad littora Oceani et fUiminum ostia. Colitur ia liorto gubernatoris insul.'e St.-Helenœ. Syn. Huttum Amboinensibiis. Huttii , seu Hudu , aW'vi Fndu Taheitensibus. (Forst. mss. ) 3oo. Crosscstylh hijlora Forst. Char. geti. t. 44. Prodr. n 256. DC. Prodr, .3. p. 2g6. — Ins. Soc. Raietea (Forst.) Cauîis arboreus. Rami patentes, leretes , scabriuscuU , articulât! ; articulis pollicaribus. Folia obovala, obliisa, integerrima, opposita, petiolata, glabra, patentia, palmaria, lucide viridia. Pe- tiolilœves, semi-teretes, apice articnlationum inserti, decussatim oppositi, 1/2— pollicares. Pe- dimculi axillareset ramei, brèves , vix i;4 pollicis longi, teretes> Iseves, apice divisi. Pedicelli duos. Ires,1rarius quatuor, ex apice pedunculiuniversalis, teretes, Iseves, basi linea elevatacincli, oedunculo commun! duplo majores, medio articulât!, sœpius nulantes, uniflori. Flores y iridiés , semipollicares. Cal. Perianthiumturbinatum , quadrangulare, quadrifidum, basi germiaiadna- tum, laciniisovatiSj a(îulis, palenlibus, persistentibus. Cor. Pelala 4 eUipt!ca,cum lacini^ caly- cisallernantia, eorumque longitudine, alba, ungueangusto calyc! inserta. Nectarium : Coirpus- cula brevia, fillformia, ciliata, circiter 20 inler stamlna ex eorum urceolo? Stam. Filamenta 20 el^ullra, alblda, filiformia, fere longit. calycis, basi anirorsum crassaet in urceolum connata. Antherte parvœ subrotundœ. Pist, Germen convexum, superum. Stylus cylindricus, longitudine staminum, persistens. Stigma : corona exiaciniis quatuor, pateulissimis, trifidis. Dacca hemis- phœrira, muUistriala, supera, albida, unilociilaris. Sent, plura , subglobosa , circa receptaculum colûmnare in centro baccœ coUocata. (Forst. mss.) MELASTOMACE^. 3oi. Melastoma taitense DC. Prodr. 3. p. i44. Me'astoma maiabathricn Forst. Piodr. n. ig3. non Linn. — Taili (Bert. et Mœrenh.) Vulgo Motu. Frutex or^ynVis, ramis erecto-patentibus, teretibus, papilUs piliferis appressis scabrlusculns. 7?«w« superiores hirti. Folia opposita, peliolata, ovato-Ianceolata, acuminata, 5-nerv!a , nervis tribus niediis prœstantioribus, integerrima, pilis brevissimis rigîdis aspera ciliataque, subtripol- licaria. Petioli teretes, hirti, semunciales. Peduiiculi axiilares et terminales, subumbellati seu cyniosi, birli,erecli, breviuscuii. Pediceili uniflori circiter 4 s. 5, teretes, patentes, rubentes, asperi. Calyx. Perianthium globosum , inferum, 5-fidum , laciniis ovatis acutis, squamatum , squamulis lanceolatis aculis brevibus, asperum, rubens. Coroila : Petala 5, ovata, calycis mar- giui interiori adnata, alba. Nectarium : Squaniulœ 10 germini infra stamina aduatœ , ovatse, acutse , persislentes , a germine minioium separabîles. Stamina, Filamenla 10, calycis margini iuteriori infra petala affixa, erecla, compressa ; 5 alterna, reliquis paullo longiora, infra apicem processu bifido horizontaliter introrsum porreçto acuta,et inde ad apicem exirorsum curvata; 5 reliqua processuum rudimenta sola habent subipso apice. Antherae erecta;, oblongae, curvse. Pist. Germen inferum. Stylus simplex longiludine staminum, apice parum incurvus. Stigma simplex. Bacca calyci accrela, ejusque laciniis ooronata, 5-loculariSj pulpa purpurea. Sem. numerosa, nidulantia. ( Forst. mss. ) 3oo. Co nos tegia glabra Don Mem. Soc. Wern. 4. p. 3 16. DC. l. c. p. 176, — Melastoma glabra Forst. Prodr. n. 194^. — Ins. Soc. (Forst.) Taili (Bert. et Mœrenh.) j, B. A. GuiLLEMiiv. — Zephyrïtïs Taitensis. 355 Caulis arboreus, ramosus, Rami patentes, oppositi, decussati , bnimiei, scabriusciili. FoUa opposita , petiolata , ellipticc-lanceolata, acuminata, inlegerrima , trinervia , glaber- rima, splendide viridia, bipollicaria, patentia. Pelioli leretes, patentes, supra unisulci, loii- gitudine internodiorum, seu fere pollicares. Corymbus terminalis, patens, trichotomus. Pedun- ck// partiales semipollicares , teretes, patentes, semper terni. Pedicelli teretes , i/4 pollicis longi, semper terni ex apice pedimculorum partialium, albidi. Flores candidi, ante errtiptio- nem calyce integro operculati- Cal. Perianthium turbinatum , obovatuni , Iseve, candidum, in- feruni, apice quadrifidum rarius quinquefidum, laciniis irregularibus laceris. Cor. Petala qua- tuor (rarius 5} subrolunda, concava, calycis fauci inserta. Neclarium plane deest in hoc apice. Stam. Filamenta octo (in nonnuUis floribus lo )subulata, compressa, latiuscula, erecta, Ion giludine fere petalorum absque processu in medio. Antherœ triquetrœ, extra corollam nu- tantes, carina dorsali versus apicem in planitiem desinente , punctis albidis poUiniferis con- spersam. Pist. Germen superum. Stylus filiformis, staminibus brevior ? Stignaa obtusum. Bacca ovalo-oblonga , quadri-seu quiuquelocularis. Sem. nidulantia. (Forst. mss.) Les échantillons de cette plante n'ont que des fleurs en bou- ton. Les ayant comparés avec la plante fructifère de Forster conservée dans l'herbier du Muséum, je n'ai pu trouver de dif- férences essentielles dans les branches , les feuilles et le mode d'inflorescence. COMBRETAGE.E. 3o2. Terminalia glabrata Forst. Prodr. n. 389. PI. escul, 52. Hedrœoca^ ryum racemosum G. Forst. mss. — Ins. Soc. (Forst.) Taiti (Beit5ro et Mœ- rcnli.) Vulgo Autara. ,, .; Caulis arboreus, erectus, altus, crassitie corporis humani, ramosus. Rami patentes, '^ï^'' chotomi, teretes, Ijeviusculi, apice foliati. Folia terminalia, conferta, petiolata, ovato-laii- ceolata obtusiuscula, inlerdum obovata , integerrima , patentia, glabra, lœvia, spilhamea.i'e//o// teretes, patentes, vix unciales, pube brevi rufa tecti. PeduncuU &^\^ix^% foliorum summo- rum.simplices, teretes, filifornjies , erecti, apice deflexi, glabri, spitbamei. Racemus simplicis- si mus, filiformis, floribus sparsis sessilibus albidis. Cal. Perianthium monophyllum, pedirel- latum; pedicellus filiformis, basi ampliatus pro germine, horizontalis , limbo longior, inanis ; limbus campanulatus, quinquefidus , jaciniis erectis, acutis. Cor. nulia, nisi calycem dicas. iV'ec^fl/vMm.-Corpuscula cingenlia,ossea, ovata, parva, tota pilis villisque obsita, calycis limbo dimidio breviora, intra stamma posita. Stam. Filamenta decem , subulata , erecto-patentia , fuudo limbi campanulati adnata, 5 exteriora longitudine calycis , interiora minora. Antherse ovato-erectae. PisL Germen infeium, globosum, in pedunculo universali sessile, superius abiens in pedicellum calycinum filiformem deciduum. Stylus filiformis, erectus, longitudine slamiuum, vilto nectarii cinctus, ex pedicelli apice ortus.Stigma simplex. Drupa ovata, sessili « acuminata, apice compressiuscula , viridis, monosperma. JNux ossea, oblonga, nucleo albo. (Forst. mssO LYTHRABIEiE. 3o4. Ciiphea Parsonsla Rob. Brown. Lytliium Parsonsia Lmn. Sp. 64i. — Ins. Societ. ( Lay et Collie. ) "''•>^>^-> ^i»'. 2 3. 3jr) j, B. A. GUiLLEMiN. — Zeplifiitls Tiàtcpsis. LEGUMINOS^. 305. Sop/wra totnenlosa Liun. Spcc 533. Lam. Illuslr. t. 325. f. 2. ~ Ins, Soc. (Forst. Lay et Gollie.) Taiti ( Bertero et Mœrenh.) Vulgo Poatuàudà. ' 306. Indigofera tinclorla Linn. Spcc. 1061. /. indicalaavû. Dict. 3. p. 245! — Taiti ( Bert. et Mœi enh. ) Cette espèce est cuitîvée à Taïti, et y a probablement été in- trodiiite, car je ne lui ai pas trouvé de synonyme vulgaire dans fherbier de Mœrenhout où les échantillons n'étaient pas en très bon état pour la détermination précise de cette espèce qui est devenue très litigieuse attendu la confusion que la plupart dés botanistes ont faite entre elle et 1'/. Anil. Notre plante est tout-à-fait semblable à l'i. indica Lam., conservé dans l'her- b:er du Muséum. 3o6. Tep/irosia piacatoria Pcrs. Enchir. 2. p. 329. DG. prodr. 2. p. 262. T. to.rJcaria Gaudicb. in Ficyciii..Bol. p. gS (absque «lia descriptione)? Ga~ lega liUoralis Forât. Prodr. n. 277. non Linn. — Ins. Societ. ( Lay et Collic) Taiti (Bert. et Mœrenh.) Vulgô liora. Càulis suffruticosus, 3-4-pedalis. Rami teneri , quadrangulares , striatuli , patentes, axil- lares. FoUa pinnata cum impari, circiter qiiinque s. septemjuga : foliola opposita, obovata , apice emarginala, interdum cnspide brevissime in emarginatura notata , inlegcrrima , dorso pubescenlia , horizontalia , semipollicaria. Pelioli universales allerni, compressi, j>almares, pa- tentes, snpia canaliculati , subtus carinati , pubescentes. Partiales opposili , brevissimi, téreles, villo scabro albo tecti. Pedunculi axillares , teretiusculi , erecti, pahiiares, paiiciQori. Pedicelli spatio poliicùri vel sesquipoUicari in ptdunculo uiùversali remoli , per paria posili , te- retes, palentes, brèves, pilosi ; horum par infimdm in ipsa axiila Folii. Siipalœ siibulalie brè- ves ad basin pedice'.loruni. Flores parvi albi. Cat. Perianlhium 5-fidum , villosuni , canipanu- lalum, laciniis subaequalibus , subulatis, aciitis , duabus superioribus ascendentibus, vexillo incumbentibiis , minus divisis, approsimalis, tribus inferioribus dellexis. Cor. papilionacea pe- rianthio duplo major. Vexillum orbîculatum, obsolète emargiualum , retnsam, cordatum , lingue brevi cuneiformi. Alae ovatae , obtusai , oblique ascendentes , vexMlo parte tertia mino- res, Carina ad médium usque bifida, maguiludine dimidii vexilli , ascendens , unguibus 2 11- nearibus, inde coalitis ventricosis. Stam. Filamenla dlàdelpha, ascendenlia : sinjplex planuni paulo supra basln , utrinque lobo dilatalum ; novenifidnm paullo supra basin lobo s. glan- dnla utrinque notatum, cuni lobo filam. simplicis conniveule. Anîberœ aubrolundœ. Pist. Germen liueare erecturn. Stjbis staminibus iungior, ad angulum reclum flexus , utrinque com- planalns. Sligma crassiusculum , superne retrorsuni barbatum piiis aiiquot raris. Legumea lineare , compressum ,ao,uminatum, 2-valve , i-locii!are, polyspermnm. Scm. aliqnot giisea, re- nit'orniia, venis bruuneis niarmorala. (r'orst. mss.) 3o8. Agati coccinea Dcsv. Jeiirn. bot. 3. p. 120. .^scJiyiwmene cvccinea .T. B. A. GUiLLiiMiN. — Zephyiilis Taîlcnsis. 367 Litin. f. sup[»l. 33o. ForSt. Prodr. n. '2f\'5. Coronilla coccinea Willd. Spcc. 3. }). Ii45. Sesbania coccinea Poiret Eiicycl. — Ins. Societ. (Forst.) Cntw//.f arborescens. ^^wi lignosi , (ereles, laeves, patentes, longi. Fo/, solitarii ,crassi, teretiusculi , laeves, palmarès. Panicula pauciflora, brevis. Pedicelli 4-6 uniûori , tenues , brèves. Flores, ampli , coccinei, bi- pollicares. Cal. Peranthium monophyllum , compressum , subbiiabiatum. Lab. snperius bidenlatum, emarginatum : lab. inferius tridentatum, denticulo medio proJuetiore. Cor. te- trapetala, papilionacea , magna, coccinea. Vexilluni subrotundum, emarginatum > a cafinâ et alis recedens, raarginibus reflexis, uugue lincari crassiusculo. Alà; oblongae , cymbiformes, apice conniventes, vexiUo breviores, superins basi calcaratae; uugues lineares torti. Carina alis paullo brevior latiorque , ejusdem figuras, etiam calcarata , apice tanlum cohaerens. Ungues unguibiis alarum. duplo longiores , lineares, non torti. Stam. Filamenta decein , ad- sceudentia, diadelpha (simplex brevius et novemfiJum). Anlherse simplices. Porus nectari- férus ad basin filamentorum. Pif///. Germen oblongum. Stylus adscendehs. Stigma sirriplex. Legumen pedicellatum, cylindraceum , parum arcuatum, subarticulatum , uniloculare, bi- valve, spilhameum. Sem. pluru, oblonga, cylindrica , pulpa iuler se dislincta. ' (Forst. mss). .uibi-ri* -■ : ^Ogl'Desmodium polycarpum DC. Prodr. q. p. 534. Hedysàrum poty- carpum Poiret Dict. 6. p. 4i3! Desrnodium parpureiim ^iîdk. ei kvxx.^oX. voy. Beech. p. 62.? Hedysàrum heterocarpon Forst! Frodr. n. '2']b'?? DesmodiumToretoren Bertero in li£rb. — Ins. Societ. ( Lay et Çollie). Taiti (Bert.. et MœrenR) Vulgo P/z-j/j/rOj ToJiarea, Tpbtoto...,^^^^y^^^^^^^^.-.^ '^^^^^,,^ ,,],.;, Cette espèce est bien cerXcimement Y Hedysàrum pàïycarpu^ de Poiret dont j'ai vu le type dans l'hierbier du Muséum. Je suis presque certain que le Desmodium purpiueum de MM. Hooker et Arnôtt doit lui être rapporté, quoique dans là phrase spécifique ces auteurs ne donnent que 5 à 6 articles au fruit de leur espèce, tandis que le nombre des articles est tou- jours plus considérable dans la plante que Berlero et M. Mœ- renhout ont recueillie a Taïti. Ixiiiîog, àiïKawvïi «avVoswmx' 3io- Desmodium Scorpiur us Desv. 5 ouvn. bot. 3. p. 122. DC, 1. c. 2. p. 333. — Hedysàrum Scorpiurus Swartz fl. ind. occ. p. 1228. — Ins. Societ. (Lay et Collie). 3» 1. Ahrus precatorius Linn. Syst. 533. DC. 1. c. 2. p. 38i. — Ins. Societ. (Forst. Lay et Collie.) Taiti ( Bertero et Mœrenh. ) Vulgô Pepitio. 3 12, Wiynchosia rosea DC. Prodr. 2. p. 387. Glycine rosea Forst. Prodr. n. 271. — Ins. Societ, (Forst. j 353 j. B. A. ouiLLEMiN. — Zepkjritis Taîtensis. Caulis volubilis , teres , pilosus , versus apicem villosus. Folla petiolata ternata. Foliola ovata , acuta, integenima , laeviuscula , subtus vix pubescentia , venulis reliculala, semipal- luaria. Petioli communes basi clavati , inde ;filiformes , teretes , laeviusculi , supra canalicu- lati , alteriii , internodiis paullo minores. Proprii brèves , petiolo universali crassiores , pubes- centfls, supra canaliculali, ii4 pollicis longi, horum unus terminalis , a opposili pone médium petiolo comn(iuni inserti. Pec^««cM/i nniversales, solitarii , axillares , pollicares, pubescentes. Pedicelli terni , brèves , uniflori. Flores ampli, carnei. Cal. Perianthium bilabiatum , lœve ; lab.superius majus , rotundatum , emarginatum ; 1. inferius brevissimum , tridentatum,denti- culis oblusis. Cor. papilionacea purpurea. Vexilium magûum , subrotundum , emarginatum, versus basin lobis haud callosis ! alas comprimens. Alœ oblongae,longitudine vexilli. Garina magnitudine alarum.Sfam. Filamenta diadelpha (simplex et novemûdum ] , adscendeutia. An- iherse subrolundae. Pist. Gprmen compressum , adscendens. Stylus teres. Stigma simplex. Le- gumeii ovatum , acuminatum mucrone subulato longo , compressiusculum , dorso tricarinatum , villoso-pubescens , bivalve , monospermum , rugosum , nigricans j bipollicare. 5'e/K. unicum ovale, compressum, margine superiore quo carinam siliquœ spectathilo longitudinali nota- tum , interdum arillo iavolutnm. (Forst. mss.) /,t3i3. RhyncJwhia liicida DC. 1. c. Glycine liicida Forst. Prodr. n. 272. — 1ns. Societ. (Forst.) Caulis scandens volubilisque , suffrutescens, teres, laevis, inermis. Folia ternata, al- terna, petiolata. Foliola ovata, acuminata, integerrima, laevia, patentia , saturate viridia. Pe- tioli universales remoli, alterni, patentes, laeves, sesquipalmares , intusstriis elevatis notali. Partiales brèves i/4 pollicis longi , semiteretes , inferiores oppositi. Stipulée longitudine petio- lorum , lanceulatœ , subtus ad basin petiolorum inferiorum solitariœ, supremi duae opposilae. Racemus terminalis , sesquipalmaris. Pedunculus universalis filiformis , sesquipalmaris , glandu- lis alternis parvo spatio remotis notatus. Pedicelli brèves, teretes, uniilori, ex singula glan- dula terni. Pe/-ia«ï/tJwm tubulosum , bilabiatum , labio superiore breviore emarginato, infe- riore crenato, crenis tribus rotundatis , miuiaceum , fundo poro mellifero instructum. Cor. papilionacea, aurantiaca.Vexillum reflexo-palens,ovato-cordatum, aculum, basi utrinque plica câllosa, ungue brevi. Alœ cymbiformes, brèves, vexillo duplo minores, calyce vix duplo majo- es. Carina alis duplo longior, cymbiformis, dipetala, inferius coalita, acuta, non emarginata. 5/rtTO. Filamenta diadelpha (simplex et novemfidum) , longitudine carinœ, incurva. An Jherœ o vatœ. Pist. Germen subulatum, subpedicellatum , in; stylum attenuatum. Stigma simplex. Legumen ovatum , inflato-compressum , glabrum, uniloculare, bivalve , bipollicare , acumine recurvo semipollicari. Sem. duo , reniformia. (Forst. mss.) 3i4. Phaseolus aniœnus Soland. ex Forst. Prodr. n. 533 (absque charact.) — Ins. Societ. (Banks et Soland.) 3i5. Dolichos luleolus L. Jacq. Hort, vind. p. Sg. t. 90? Forst. Prod. n. 26g? D. Pipi Forst. mss. An Dolichos luteus Swartz FI. ind. occ. 3. p. 1246? Hook. et Arn. Bot. Beech. p. 8i ? — Ins. Societ. ( Forst. Lay et Coll.) Taiti ( Bertero et Mœrenh.) Vulgo Pipi ex Forst. Caulis herbaceus , prostrato-volubilis , teres, saepe striis exaratus , longissimus , ramosus. Rami cauli similes, volubiles, teretes, striati. Fo/m alterna, petiolata, ternata, patentia , spilhamea. Foliola petiolata, obovato-orbiculata, utrinque glabra, patentia, aequalia, sub- j. lî. A. GUiLLEMiN. — Zepyhrltis Taitensis. 369 j)almana Petioli communes erecti , terelts, glabri, subsiriati , spitliamei, spatio spithamœ a se invicem remoti. Partiales folioriim brèves . teretes , piiosi. Stipulœ binse patentes, li- neares , reflexœ , parvœ, ad basin singuli petioli partialis. PeJuncuU axillares, solitarii , teretes , substriati, crassitie petioloriim, dodrantales , apice floriferi. Racemus simplicisst- nius oblongus, vix palmaris Pedicelli iiniflori, patentes, bini îernique, brevissimi, te- nuissimi, remotiusculi. Flores aà alterum latus flexi , lutei. Cal. Perianthium monophylliim, campanulatum, ore sub-bilabiato : lab. siiperius roliindatum, lœvissime emarginatum : lab. iu- ferius tridentatum , dente iutermedio productione. Corolla papilionacea. Vexillum cordatum , amplum , patens, basi supra unguem callis duobus linearibus notatum. Alœ oblongo-ovalse, erectae , longitudine vexilli, basi interiori dente auclae. Carina erecta, supra gibba, a basi ad médium bifida , ovata , longitudine vexilli, Stam. Filamenta decem ,fdiadelpba. Annherse oblougae erectœ. Put. Germen cylindricum. Stylus filiformis , adscendens, medio ad angulum rectum inflexus, longitudine stamimim. Stigma apice adscendens, callosnm , su!)lus ciim styli parte longiludinaliter barbatum. Legumen rectiusculum , torulosum, lineare, subcylindri- cum j apice leviter recurvatum, vix acuminatum, uniloculare, polyspermum. Sein, cylindrica, iilriaque obtusa , brunnea. ( Forst. mss. ) Outre cette espèce que je rapporte avec doute au D. lateolusj car les échantillons sont dépourvus de fleurs et de fruits, M. Moerenhout a recueilli une autre plante qui paraît être éga- lement un Dolichos f mais qui est dans un état trop impar- fait pour pouvoir être déterminé avec précision. 3j6. Mucuna giganlea DC. Prodr. 2. p 4o5 ? — Dolichos giganteas Willd. Sp. 3. p. io4i. — Huaheine (Forsl. mss).Taiti(BertPro et Mœrenhout.) Vulgo : Tu Tai Buaa. M. Moerenhout n'a envoyé que des rameaux sans fleurs et à feuilles désarticulées de cette] plante que je crois être le M. gigantea DC. , d'après la comparaison que j'en ai faite avec un échantillon authentique de cette dernière espèce. Dans les ma- nuscrits de Forster, j'ai trouvé la description d'une espèce sous les noms de Do lichos urens et pruriens y et trouvée par lui à i'ile d'Huaheine qui me paraît devoir encore être rapportée au M. 317. Caj'anus flai-'us DC. Çrodr. 2. p. 4o6. Cyùsus Cajan Linn.Spec. io4i •— Ins. Societ. (Lay et Collie) Taili (Beitero et Mœrenh.) 3 18. Erythrina indica Lamk. Dict. ^. p. 39 1 var. a. E. Comllodendron |3. Linn. Spec. 992. DC. 1. c. p. 4i2, —Ins. Societ. (Forst. Lay et Collie) Taili (Bel t. et Mœrenh.) 819. Acacia myriadena Bertero mss. An Mimosa glandulosa Forst. Prodr. n. 565? An illimosa granulosa Labill. Serst. Austr.-Galcd. tab. 64? — ïaiti (Bert. et Mœrenh.), Vralgô Fai-fai. 36o j. B. A . GuiLLEMirc. • — Zcphyritis Taitensis. Une seule feuille de cette plante est trop insuffisante pour qu'il soit possible de se faire une idée exacte de l'espèce que Bertero avait crue nouvelle et qu'il avait nommée acacia my riadena. Cette feuille bipinnée a le rachis long d'environ un demi mètre, cylindroïde, cannelé, couvert de poils ras nombreux et de couleur rouillée. A la base de chaque pinnule on voit une petite glande cupuliforme. Les pinnules se composent de i5à 20 paires de folioles, la plupart alternes, inéquilatères, à-peu- près rhomboïdales , glabres en dessus, couvertes d'un duvet roussâtre très court en dessous. Cette feuille ressemble à celle du Mimosa granulosa de Labillardière. Serait-ce le Mimosa glandalosa de Forster, cité seulement dans son Prodromus , sans aucune description? 320. Acacia insularum Sp. nov. — Taiti (P. Lesson. Bertero etMœrenh.). Vulgô Toroire. A inermis, ramis striatulis, glabiis, pinnis i2-i5-jugis oblongo-lineaiihus subcuneatis valdè approximatis glabris , glandulâ sphaericâ umbilicalâ ad basin pinnarum , capitulis pedunculatis axillaribus solitariis, floribus decandris, le- gumine oblongo-lanceolato contortuplicato. compressissimo , Nob. Rami ligaosi, teretes , striatuli , glabri , cortice nigro vestiti, dense foliati. Fo- lia alterna, bipinnata ; petiolo commimi 8- 10 poil, longo subangulato, pilis rarîs apice praesertim consperso, ad basin pinnarum glandulâ crassâ sphaericâ umbili- calâ notato ; pinnis 1 a-iS-jugis, circiter 3 poil, longis; foliolis 3o-35 jugis , oblongo-linearibus, subcuneatis, apice brevissime mucronulatis , valdè approxi- matis, invicem sese tegentibus , 3-lin, longis j i-lin. latis , glabriusculis , vires- centibus in sicco nigrescentibus. Stipulée filiformes, patentes, 2-3-lin. longae, deciduse. Flores miuimi , in capitula sphaericâ cerasi magnitudine ad apicem pcdunculorum axillarium solitaria dispositi ;pcdunculis 112-1 poil, longis, apice infrà capitulum bracteolis 2 parvis ovato-acutis instructis. Calyx turbioatus, membranaceus, 5-fidu5, lobis obtusis cochlearibus , calloso-brunneis. Coro//a 5-petala ; petalis liberis calyce paulo longioribus apice lanceolatis fusco-rubris. iStomJwa 10 exserta; 5 petalis opposita , 5 cum iis alternantia, vix perigyna ; fîlamentis longis tortilibus ; anthcris didymis. Ovarium lineari-oblongum , cultri- forme stylo longo arcuato et stigmate punctiforrai supsratum. Legumen charta- ceum, breviter stipitatum, oblongo-lanceolatum valdè compressum, contortupli- catum,utriaque ad suturas margine membranaceo parvo intègre cinctum, bivalve, valvis venoso-reticulatis^2-3 poil, longum, i|2 poil, latum; epicarpio tenui, sa- pa rabile, utito ta planta extusnigrescenti; endocarpio chartaceo, flavido. Semina 10-12, biserialiter suturaj internae valvarum inserta, funiculo lineari tenuissimo horizonîali sufFulta , ovato-compressa, lentis magnitudine, fusca. Nob. j. B. A. GUiLLEMiN. — Zephyrîtis 7hitensis. 36 1 Cette espèce ne se trouve pas mentionnée dans les auteurs. Elle a cependant été rapportée des îles de la Société par divers voyageurs. Je l'ai reçue , il y a une dizaine d'années , de M. Pri- mevère Lesson qui m'a assuré que c'était la seule espèce d'aca- cia indigène de ces îles. Cependant il faudrait y ajouter l'espèce précédente , encore bien peu connue. v Notre plante a des ressemblances , quant au port, avec les ^. decurrens, mollis et dealbata ; elle diffère de la première par sa glabriété, ses folioles plus rapprochées, ses fleurs décandres en capitules solitaires ; elle s'éloigne des deux autres par sa gla- briété, la forme de ses folioles et ses capitules solitaires. Selon M. Boivin , qui a étudié avec soin les Acacia, notre plante est voisine de T^. leucocephala. 321. Poinciana pulcherrima Linn. Spec. 554. DC. Prodr. Syst. veg. a. p. 48 1. — Taiti (Berlero et Mœrenh.) 322. Tamarindus indica Linn. Spec. 48. DG. 1. c. p. 488. — Taiti (Bertero et Mœrenh.) 523. Cassia occidentalis Linn. sp. 539. DG. l. C. p. 497. Vogel. Syn. Cass. p. 21 . — Ins. Soc. ( Lay et Gollie ) SURTANE^. 3%^.Suriana maritima Linn. Spec. 284. Forsl. Prodr. n. 199. — ïns.Societ. (Lay et CoUie.) TEREBINTHACEiE. ''• ''f''! jT" 325. Rhus taitensi's Nov. Sp. R. foliis 10-jugis, rachi teretiusculâ immarginatâ puberulâ, foliolis lanceolato- oblongis vix acuminatis apice obtusiusculis integris supernè lucidis subtus nervo excepto puberulo glabris, fructibus apice ramonim laxè paniculatis. Nob. Rami lignosi, cortice cinereo lenticellis consperso. Folia alterna , iinparipin- nata, rachi i2-i5 poil, longâ, basi incrassatâ, nudâ, teretiusculâ , puberulâ ; foliolis petiolulatis approxiraatis, inferioribus oppositis minoribus 2-3 poil, lon- gis i-poU. latis, superioribus alternis oppositisve sensim majoribus 4-poll. cir- citer longis i5-lin. latis, subtus nervo medio nervulisque pinnatis prominen- tibus notatis. Flores desunt. Fructus in paniculam amplam laxam apice ramo- 362 J. B, .4. GUiLLEMiN. — Zephyritis Taltensis. rtim disposili; diupacei, epicarpio nigro laevi, lucido ; nucleo osseo quasi la - [»ideo irrcgulariter gibbosulo. Nob. Crescit in ins. Taiti (Bertero et Mœrenh). Obs. Par la confusion des étiquettes, cette espèce était nom- mée dans l'herbier de MM. Bertero et Mœrenhout acacia my- riadena Vulgô Faifai, et probablement elle a été communiquée sous ces faux noms aux botanistes , mais il leur sera facile de reconnaître cette erreur. Notre nouvelle espèce paraît avoir de Taffinité avec le R. juglandifolia Willd. et Runth Nov. gen. am. 7. p. 6. t. 6o3 et 604. 326, Spondias dulcis Forst. Prodr. n. 198. DC. Prodr. Syst. veg. a. p. 76. Spondias cytherea Sonnerai it. 2. t. laS. Chrysomelon pomiferum Forst. mss. — Ins. Societ. ( Forst.) Vulgo E Vee ex Forst. Arbor procera, crassitie corporis humani, erecJa, raooosa. /{awf diffusi, patentes, tereles, lignosi, cortice brunneo, scabro. Folia pauca, alterna, apice ramuloriim, petiolala, composila, pinnata , parib;is circiter sex cum impari. Foi iola oblonga, ianceolata, acuminata , serrata, glabra, venis simplicibus a rachi média ad marginem parallèle excurrentibus , patentia, pal- maria, pallide viridia. Petiolus communis pedalis , laevis , teres. Pelioli partiales subop- positi , compressiusculi , semipoUicares. Pedunculus universalis in apice ramuli terminalis , pedalis , teres , laevis j erectiusculus." R acemiis magnus , composilus. Pedunculi partiales al- terni ? teretes, glabri, horizontales, palmarès, superiores sensim minores. Pedicelli uniûori brevissimi, sparsi. Cal. Peranthium inferum brevissimum, quinquepartitum , laciniis aequa- libus acutis, pallide virentibus. Cor. Petala quinque Ianceolata , sessilia , cum calycis laciniis alternantia , brevia , patentissima , infera , virentia. Stam. Filamenta decem subulata , petalis minora. Antherae ovatae, ereclo-incumbentes. Nectaiium : annulus torulosus flavus. germen ciugens. P«/. Germina quinque basi coalila, globosa. Styli quinque cylindrici , basi approxi- mati, apice recurvi, longitudine staminum. Stigmata obtusa. Powm/k ovale, anrei coloiis , maguitudine maximi Mali nostratis; cute exteriore tenui, amariuscula , subfœlida; pulpa car- nosa, sapidissima^ fragrante; capsula intus dura, lignosa, fibrillosa , fibris duris, pun- genlibus, imdique in pulpam excurrentibus, quinquelocularis , parietibus membranaceis. Setn. ovata, compressa, in que vis loculamento solitaria, quam plurimum aborlieutia. ( Forst. mss. ) SAMYDEtE. 327. Casearia ? impunctata Hook. et Arn. Bot. Bcech. p. 61. — Ins. So- ciet. (Lay et CoHie.) RHAMNEiE. 328. Colubrinaasiatica Ad.Brongn. Monogr. Rbamn. 62. Ceanolhun asia- llcus Linn. Spec. 284. Cav. le. v. 5. t. 44o. f. 1. Ceannthus capsularis Forst. Prodr. n. 112.— Ins. Societ. (Forst. Lay et Gollic) Taiti (Bert. et Mœrcuh.) j. B. A. GDiLLEMin. — Zephfritis Taitensis. 363 329. Gouania domingensis Lian. Spcc. i663. — Ins. Societ. (Lay et CoUie). 3?o. Pomaderris zizyphoides Hook. et Arn. Bot. Beech. p. 61. Rhamnua zizyphoides Soland. ex Forster Prodr. n. 5io. — Taili (Banks et Sol. Lay et Gollie). CELASTRINE^. 33i. Celastrm crenatus Forster Prodr. n. ii3. — Ins. Societ. ( Lay et Gollie \ Ca«/w arboreus. Rami patentes, teretes , brunnei. Folia alterna, patentia, ovaia, acuta, crenulata, glabra, laete-viridia, palmaria et ullia. Petioli alterni , borizontales , supra plani, striati , subtus teretes, pollicares , versus apices ramorum sœpe conferti , pollicares. Pediinculi universales axillares, brevis«imi. Cjma parva, pauciflora,brevis, axillaris. Pedicelli rubicundi, teretes, patentes, tenues, subclavati, çemipollicares. Flores parvi,albi, magn. florum Pruni Padi. Cal. Perianthium brevissimum, planum , quinquepartitum, laciniis 5 rubicundis , ovalis ,obtu- sis, brevibus. Cor. 5 petala cnm calycis laciniis alteniantia, oblonga, sessilia, patentia, calyce quadruple longiora , margine denticulato-crispata. Nectarium : capilli circiter decera ad bases petalorum per paria inter stamina collocata , staminibus 3-pio breviora. Slam. Filamenta quinque subulata calyci inserta, ejus laciniis opposita , magnitudine calycis. Pist, Germen coni- cum superum. Stylus brevis cylindricus. Stigmasimplex, apice inœqualtler sulratum, saepius levi- tertrifldum. Capsula obovala, brunnea, trilocularis , trivalvis, trisperma, dehiscens. Sem. soli- taria , bruunea, sub globosa, basi tecta calyptra carnosa ovàta, rugosa, laioata , alba , fundo capsulae adnata. ( Forsl. mss. ) OXALIDE^. 332. Oxalis comiculata Linn. Spec. 625. — Ins. Societ. ( Lay] et Collie ). Taiti (Bert. elMœrenh.}. 333. Oxalis reptans Soland. ex Forst. Prodr. n. ôig. — Ins. Societ. (Banks et Sol. ) — An eadem ac praecedens ? SAPINDACE^. 334. Cardiospermum Halicacabum Linn. Spec. gaS. — Ins. Soc. (Forst. Lay et CoUie } Taiti (Bert. et Mœtenh.) Vulgo Pomtaou. 536. Dodonœa viscosa Linn. Mant. 238. Fwst. Prodr. n. i64é Dodoncea spathuîata Smith in Rees. Cycl. xii. a. — Ins. Societ. (Forst. Lay et CoUie) .Taiti (Bert. et Mœrenh.) Vulgo Apiri seu Apirri. Viscositatem non observavi, quum fruticulus monlium juga aridissima sub sole ntmium fu~ rente amet, ejusquehumores omnes ibi exsiccentur, menseaugusti 1773. Ad bas insulas meose aprili 1774 redux, plantam nondum exustam sed potius pluviis frequentibus irrigatam valde viscidam, et in altissimis montibus arboream reperi, (Forst. mss.) 564 J. B. A. GuiLLEMiR. — ZepHytitis Taitensis. 336. Nep hélium pinnatum Gambess, in Mena. Mus. Paris, xvm. 3o. Pome- tia pinnata Forst. geu. 55. Prodr. n. 392. Aport^lica pinnata DG. Piodr. p. 610. Hook. et Arn. Bot. Beech. p. 61. — Ins. Soc. ( Lay et Collie). Arbor !^-%. 5-orgyalis , ramosa. ^a»ji tereies, patentes, fusci. Folia petiolata, patentia , allerna , absque impari , circiter 5-s. 6-juga ; foliola ovato-cordala , acutiuscula , integerrima , undulata , rigida , patentia , veiiis pluFÏbus parallelis transversis notata , salurate viridia, subtus nonnihii exalbido-virentia , palmaria. Petiolus communis pedalis , obsolète angulosus, sulcatus, patens , Jaevis. Pelioli partiales brevissimi, vix ulji,crassi, suboppositi , patentes. Racemus supradecompositus , terminalis , pedalis. Pedunculus universalis erectiusculus , subr angulatus , striatus , flexuosus , glaber. Racemi partiales plures , sœpe gemini ex eodem puncto , spithamei , nutantes , cylindrici. Pedunculi partiales subanguiati , tenues , nutantes , apice filiformes , saepe per paria ex ped. universali alternatim prodeuntes. Racemuli brevis- simi, sparsi, conferti , 4-7-flori. Pedunculi partialissimi et pedicelli brevissimi, teretes , filiformes patentes. jP/o/-e5 minuti , rufescentesi, magniliidine florum 7îmw -^ Caulis arboreus. Rami lignosi, teretes, glabri, cortice cinerascenti-olivaceo tecti, punctis ele- vatis albis aspersi, foliati, summi herbacei villosi. Folia alterna, yietiolata, ovata, acuminata, cre- nata, patentia,scabriuscula, supra lucide virentia, subtus paulio pallidiora, palmam s. spithamam longa. Petioli alterni, erecto-patenles, teretes, brèves, crassiusculi , tomentosi, semi-poilicares. Pedunculi axillares, gemini, teretes, patentes, tomentosi , apice trifidi , unciales. Pedicelli uni- flori, patentes, figura et magnitudine peduuculorum. Bracteœ minutai, lanceolatae, aculae, ad divisuram pedunculi, una allcrave sub singulo pedicello, facillimc deciduic. Cal. PeHanthium T. B. A. GuiLLHMiN. — Zephyritis Taiteiisis. 365 qiiinquephyllnm, foliolis ovatis lanreolalis, ciassls, patentissimis, extus scahriuscu'is , subslria- lis, inlus albo-coloiatis, concavis, marginibus elevalis, praecipue ad apicem. Cor. Petala 5 ob- loiiga, acuta, alba, erecto-patentia , lenula, calyce triplo breviora, basi caruosa, medio villos». Stam, Filamenta plurima (4o s, 5o) filiformia, receptaculo piloso iiisidentia, erecta, corolla duplo longiora. Ântherœ siibrotuiidae. Pist. Germen villosum, ovatiim, superum, quadrifidum. Stylus cylîndricus, erectus, staminibiis dimidiobrevior. Stigma depress um quadrilobum, obtusiusculum. Drupa depressa , hirsutissima, quadrilocularis , tetracocca, divisuris globosis. Sem. Nuclei soli- tarii, ovali. ( Forst. niss. ) ZZq. Triumfetta procambens Forst. Prodr. n. 2o4. — Ins. Soc. (Forst. Lay etCollie). Ca«//j suffrutesceus, prostralus, simplex. Rami simplicissimi , ereclo-adscendeutes, to- mentoso-lanati. Folia petiolala , alterna, subrolunda, cordata, subtriloba, serrata, serraturis obtiisis , tomentoso-villosa , imprimis in pagina .iaferiore , bipoUicaria , dependentia. Pelioli tomentoso-laoatij, patentes , leretes, longitudine foliorum. /'e^MrtfH// axillares , solitarii , bre- vissimi , subtomentosi, Irifidi. Pedicelli très, uniflori, semipoliicares. Cal. Perianthium pen- tapliyllum , foliolis linearibus, cuçullalis, dorso apice acuminatis, tomentosis , semunciali- h\i%. Cor. Petala 5 oblonga, obtusa , basi attenuata; iinguibus intus ad basin pilosis, ima basi callosis, flavis, patentibus, longitudine calycis. Stam. Filamenta 16-20, subulata , erecta, longitudine petalorum. Antherae subrotundœ , incumbentes. Pist. Germen globosum, muri- catum. Stylus filiformis, erectus, longitudine staminum. Stigma simplex acutum. Capsula globosa, aculeis uncinàtis tecla, sexiocularis , loculaœento uno allerove abertiente. Sem. solitaria , ovata , angulata. (Forst. rass. ) BYTTNERUCF.E. 340. Commersonia echinata Forst. Gen. 43. t. 23. DC. Prodr. 1. p. 48/. Rurnph. herb. Amb. 3. t. 119. — Ins. Socict. (Forst. Lay et Collie) Taiti (Bert. et Mœrenh.) Coulis arboreus, ramosus. Rami patentes, lignosi, cortice rubicundo scabriusculo , teretes, versus apicem tomentosi. Folia alterna, petiolata, cordato-lanceolata, acuminata , lobo altero aiigustiore, altero productiore, serrato-dentata , subtus tomentoso-albida, supra saturate viridia, aspera exsetis minutisstellatisreraotiusculis, palmariaPe^/o// teretes, patentes, tomentosi, exal- bido-virides. Pa«/«//a axillaris, brevis, patens , pauciflora. Pedunculi et pedicelli, omnes tere- tes , tomentoso-albidi, poUicares. Flores parvi , albi. Cal. Perianth. monophyllum , patens, senii-5-fidum , coroliiferum, laciniis ovatis, acutis, utrinque tomentosis. Cor. Petala 5 calyce infeiins inserta, cum ejus laciniis alternanlia iisque breviora, linearia, basi utrinque lobo paululum inflexo-dilatata , palentia, vix tomentosa. Nect. 5-partitum, intra stamina positum, laciniis lanceolatis petalis brevioribus tomentosis, erectis ; corpuscula filiformia 5 villosa , sta- minibus opposita , e divisuris emissa. Stam. Filamenta 5 , brevistima , ad bases petalorum, Autherae parvae, subroluudae , didymœ. Pwf. Germen minutum, globosum, villosum, torulis 5, Styli 5 approximati , filiformes , ncclario multo breviores. Stigmata globosa. iV«.r gloLosa ,• dura, ossea,5-Iociilaris , echinata setis longis rigidiusculis, plumosis, bruueis, lociilamentis dispermis saepe abortientibus. Sem. duo, ovata, brunnea. Loc. Insularum Societatis nemorosi montes. ( Forst. mss. ) 34 1. IValtheria aniericana^ indien Litiu. Spcc. gn. — Ins. Soc. (Forst. Lciy et Collie). 366 j. B. A. GUiLLEiviiN. — Zephyritis Taitensis. 342. Melochia hispida llook. et Arn, Bot. Beech. p. 60. — Ins. Sociel. (Lay et Collic). MALVACE^. 343. Paritium iiliaceum Adr. Jiiss. in FI. Bras, merid. 1. p. 1 ^5. — Hibiscus tiliaceus Linn. Spec. 976. Forst. Prodr. n. 261. Cavan Diss, 3. t. 55 f. 1. — Ins. Societ. (Forst. ) Taiti (Bert. ctMœrenh). 3i4. Paritium tricuspis. — Hibiscus tricuspij Cavan. diss. 3. t. 55. f. 2. — H. hastatus L. f. Suppl. Forst. in herb. Mus. Par ! Prodr. n. 255. non Cav. — Ins. Societ. (Forst. Lay et Collie) Taiti (Éert. et Mœrenh.) Vulgo Bu- rau Teruere. Arbor trî-s. quadriorgyalis , ramificatione frequentius à caudice incepta. Raml tereles , li- gnosi , arliculati , patentes, apicem versus tomentosi, aibi, bisi brunei, articulalioDibus summis pollicaribus. Folia oblongo-lanceolala , acuminata , obtusiuscula , undulata , ssepe Iriloba subbastata , lobis basi parvis , patentibus cum folio intermedio hastam formantibus , ssepe etiam perfecte hastata , foliolo utriuque îanceolato, ab intermedio omnino diviso, pa- tentia, supra glabra, nervis flavescentibus pluribus ex basi notata, supra laete viridia, subtus ex ville albida , palmaria et ultra. Petioli teretes , patentes , alterni , fera longitudine foliorum , subtomeiitosi , basi crassiuscuU , summo apice intus dilatato-canaliculati. Pedunculi axillares (foliorum snperiorum ) et terminales dichotomi , rarius trichotomi, teretes , tomen- tosi , semipedales. Pedunculi partiales patentes, teretes, uniflori , pollicares. Brac/eœ 2 , ovalîe, obliquae, acufîK , opposiiae, deciduœ , ad basin divisurarum pedunculi. Cal. Perianthium duplex: exterius brève decemfidum, laciniis lauceolatis acutis : inlerius 5-partitum, semipoUi- care , laciniis lauceolatis acuminatis acutis. Corolla. Pelala quinque sulphurea, bipollicariu , cuneata, subtrifida, divisuris iterum fissis, obtusis , basi interius saturafe hysgina. Stam. Fila- menla plurima monadelpha. Antherœ subrotundœ. Pist. Germen ovatum. Stylus longiludine corollœ, erectus, apice quinquefidus,villosus, purpureus. Stigmata capitata. Çapu/a subglobosa, apicestyli rudimento brevissiœo acuminata, 5-valvis , decem-locularis. Sent, plura reoiforœia. <^Forst. BIS8.) Cette plante me paraît devoir être réunie au genre Paritium de M. Adr. De Jussieu, dont elle offre les caractères essentiels. 345. Thespesia populnea Corr. Ann, Mus. 9. p. 290. DC. Prodr. i. p. 456. Hibiscus populneus Linn. Spec. 976. Cav. Diss. 3. t. 5S. f. i. Hibiscus bacciferus Forst. Prodr. n. 260. — Ins. Societ. ( Banks et Sol. Forst. Lay et Col- lie) Taiti (Bert. et Mœrenh.) Vulgo Miro. 346. Abelmoschus moschatus Mœnch. — R. Biown. in Wallich. PI. rarior. Asiat. p. 39. Perrot. et Guill. Flor. Seneg. p. 61. Hibiscus Abelmoschus Linn. Spec. 980. Cav. Diss. 3. t. 62. DC. Prodr. 1. p. 452. — Ins. Societ. ■ (Forst. ) Var. flore minori, pcliolis elongatis , foliis 5-angularibus quandoque pro- fundè incisis. Nob. An specics propria? — Taiti (Bert. et Mœrenh.) Vulg Fduùa. j. B. A. GUiLLEMiN. — Zephpîtis TcùteTisis. 367 347. Hibiscus Maniliot Liun. sp. 980. Rot. mag. t. 1703. — Ins. Soc. ( Lay et Collie ). 348. Hibiscus Rosa Sinensis Linn. Spec. 977, Cavan. Diss. 5. t. 69. f. 2. — Arclîip. Soc. (Lay et CoUie). 349. Hibiscus escuientus Linn. Spec. 980. Forsl. Prodr. n. 264. Cav. Diss. 3. t. 61. f. 2. — Ins. Societ. (Forst.). 350. Sida rhombifolia Linn. Spec. 961. Cav. Diss. 1. t. 3. f. 12. Sida sa- licifolia Forsl. in herb. Mus Par. ! S. bracteolata Bertero herb. non DC. — • Ins. Societ. (Lay et Collie) Taiti ( I3erî. et Mœrenh.) Vulgo Burume. Bertero, dont toute la bibliothèque botanique à Taïti ne se composait que du Systema de Sprengel et du Prodromus de M. De Candolle , avait rapporté cette plante au Sida bracteolata de ce dernier ouvrage. Après un examen comparatif dans les herbiers, je me suis convaincu qu'on ne pouvait la séparer du S. rhombifolia L. qui est une espèce répandue sur un espace fort étendu du globe. Le S. salicifolia de Forster, conservé dans l'herbier du Muséum, semble au premier coup-d'œil, une autre plante, à cause de l'aspect grêle de ses parties, mais il est facile de s'apercevoir que cet échantillon n'est qu'un ramus- cule du iS*. rhombifolia. 35i. Abutilon periplocifolium Endlich. FI. der Sudseeins. p. iS^- Sida pe- ripiocifolia Linn. Spec. 962. Cavan. Diss. i. t. 5. f. 2. — Ins. Societ. (Lay et Collie). 352. Urena lobata Linn. Spec. 974. DC. Prodr. i. p. 44i. Bot. Mag. t. 3t)43. ~ Ins. Societ. (Lay et Collie) Taiti (Bert. et Mœrenh.) Vulgo Pi- ripiri. Var. foliis minoi'ibus, plerisque integris Nob. La plante de Taïti diffère de l'espèce ordinaire par ses feuil- les plus petites, la plupart entières. 353. Gossrpium barbadense Linn. Spec. 975 (ex Hook. et Arn. Bot. Becch, p. 60.) An G. indicum Lara. Dict. 2. p. i34. DC. Prodr. i. p. 456 (ex herb. Mus.) ? sed descriptio non congruit. — Ins. Societ. (Lay et Collie) Taiti ( Bert. et Mœrenh.) Vulgo Vavai. Peu de plantes sont aussi difficiles à débrouiller que les espè- ces de GossjDium. Elles ont été si mal caractérisées par les au- 368 j. B. A. GuiLLEwiN. — Zephjnils Taltensis. teurs qne l'on ne peut les déterminer, lors même qu'on en ren- contre des échantillons identiques dans les herbiers, parce qu'a- lors ces échantillons ne présentent pas les caractères attribués aux espèces dont ils portent les noms. Ainsi, la plante de Taïti m'a paru être la même que celle qui est nommée G. indicum Lam. , dans l'herbier du Muséum, et qui a été collationnée avec l'échantillon du propre herbier deLamarck; mais on ne saurait la reconnaître par sa phrase spécifique qui|lui attribue des feuilles obtuses et une tige hérissée , tandis qu elle a au contraire les feuilles acuminées et la tige glabre seulement ponctuées de glandes noires. Ces ponctuations noires se font au reste remar- quer dans d autres espèces de Gossjpium , et notamment dans le G. punctatum de la flore de Sénégambie qui est très voisin du G. herbaceum. La plante de Taïti est très hgneuse ; elle a été rapportée au G. barbadense j par MM. Hooker et Arnott, dans la botanique du voyage de Beechey. Peut-être l'espèce suivante est-elle un double emploi de celle-ci ? 354. Gossypium rellgiosicm Linn. Spec. 976. Cavan. Diss. 6. t. i64. f. i. — Ins. Societ. (Forsl). PITTOSPORE^. 355. Pittosporum undulatum Andr. Repos, t. 383? — Taiîi (Bcrt. etMœr.) Vulgo Paura. Les feuilles de la plante de Taiti sont plus grandes que dans le P. undulatum de la Nouvelle-Hollande, qui d'ailleurs lui res- semble beaucoup. Malheureusement, les échantillons rapportés par M. Mœrenhout n'offrent que des fleurs en boutons très jeunes qui sont insuffisans pour décider si on doit en former une espèce distincte. CAPPARIDEiE. 356. Gynandropsis pentaphylla DC. Prodr, 1. p. 238- Cleome penta- phylla Linn. Spec. 938. Bot. Mag. t. 1681. Gynandropsis affinis. Blunie Bijdr. p. 5i. Decaisne Herb. Timor, descript. p. 97 — Ins. Soc. (L.iy et Gollie), Taiti. (Bertero et Mœreuh. } M. De CandoUc met en question l'indigénat de cette es- j. B. A. GUiLLEMiN. — ZephyHtis Taitensis. 869 pèce en Egypte et dans l'Inde. Je puis l'affirmer pour cette der- nière région , en ayant vu des individus indiqués comme spon- tanés par quelques voyageurs , et conservés dans l'herbier du Muséum. Quoique M. Moerenhout n'ait accompagné sa plante d'aucune note, je ne vois pas de raison pour penser qu'elle ait été introduite, cette espèce n'offrant aucun intérêt soit comme plante économique , soit comme plante d'ornement. 357. Cratœva religiosa Forst. Prodr. n. 2o3. PI. esc. i4. DC. Prodr. 1. p. 243. Capparis ternata Forst, mss. — Ins. Societ. ( Forst. Lay et Gollie). Taiti (Bcrt. et Mœrenh.) Vulgè Pua raau. Trunciis arboreus, mediocris. Raml patentes, adscendentes , lignosi, teretes, cortice oliva- ceo punctis elevatis albidis asperso. FoUa sparsa, petiolala, ternafa : foliola ovato-lanceolata , acuta, acuminata, integerrima, glabra, tenera, venis phirimis reliculata, spithamea. Pelioli com- munes sparsi, patentes, laeves, semi-tereles , palmarès. Petioli partiales brevissimi. Cjma termi- nalis, brevis, subcorymbosa, semi-palmaris. Pedunculi uniflori, teretes,l8eves, laxi. Cal. Perianthium semunciale, quadripartitum, laciniis lineari-oblongis, acutis, longitudinaliter rugosis , margiiia inflexo receptaculum basi umbilicans. Cor. Petala quatuor alba, ovata, petiolata, foliis simillima, integerrima, rachi dorsali venisque reticulata, laxa, tenera, bipollicaria : petioli petalorum ca- lyce paullo breviores, \||j^ntes intus canaliculati extus convexi. Stam. Filamenta i6 filifoimis rubicunda petalis paullo longiora. Antheraj flavœ, oblongœ, versaliter, inclinatœ. Pist. Germen obiongum, pedicellatum, pedicello staminum longitudine, filiforrais,post florescentiam excrescens in longitudioem palmarem. Stylus nullus. Sligma sessile , planum, obtusum. Capsula oblonga, bivalvis, uniloculariSj'pedicellata.Nonnisi juniorem baccam vidi. Sem. oblongo-ovata, valvula- rum parieti affixa. (Forst. mss.) 358. Capparis sandwichiana DG. Prodr. i. 245. — Ins. Soc. (Lay et Collie). CRUCIFERiE. 359. Cardamine sarmentosa Forst, Prodr. n. 629. DC Syst. veg. 2. 265. Prodr. 1. p. i53. — Ins. Societ. (Lay et Collie. Forst.) Taiti (Berl. et Mœrenh. ) Vulgô Potoa vel Paloa. 360. Lepidium piscîdium Forst. Prodr. n. 249. DG. Syst. veg. 2. p. 546. Lepidium bidentatum Montin. Act. nat. cur. 6. 234. t. 5. — Ins. Societ. (Bcinks et Sol. Forst. Lay et Gollie). CauUs herbaceus bipedalis. Rami patentes, teretes, adscendentes, lœves. FoUa alterna, ob- longo-spathulata, acuta, laxa, patentia, integerrima, bipollicaria : inferiora caulis basielongata angustiore, f ère ut petiolata. Racemi terminales, sol i larii , si mplices. Peû?K«ctt/z« universalis, teres, lîEvis, simplex, erectiusculus, bipalmaris. Pedicelli patentes, sparsi, filiformes, interstitico longiores, laeves, duas lineas longi, terminales confertiores, subcorymbosi. Flores parvi. Cal. Perianthium tetraphyllum : foliolis concavis, ovalibus, intus albicantibus, erectiusculis. Cor. Petala quatuor, cruciata, alba, aequalia, spatulata, calyce longiora angustiora, cum ejus foliolis alteroantia. Nectarlum : glandulœ sex miniilae compressa virides, cum slaminibus alternantes. VII. BoTAN. — Juin. 24 S^o J. B. A. GuiLLEMiN. — Zephyritls laitensis. Stam. Filamenta sex subulata, longitudine calycis, horUm duo carinis germinis opposita, paulio minora. Antherse minutse. Pist. Germen oblougum, compressum, utrinque carinatum, Stylus cylindricus brevissimus. Stigma simple\ excavatum. Silicula ovalis, compressa, leviter emargi- nata, bilocularis, valvulis uavicularibus compressis, carinatis. Sent, subsolitaria, ovata, apice angustiore, pedicello mininio apici valvulœ affixœ. Diagnosis facillima certior infer n.mium affinia L. piscidium et oleraceum forte à figura si- liculae sumenda est : qiiœ piscidio est ovalis, apice eniarginata, et oleraceo ovala apice angus- tior seu subcordata. ( Forst. mss.) MENISPERMACE^. 36i. Cocculus Forsieri DC. Syst. veg. i. p. 517. Prodr.i. p. (^Ç). Meni- spermum japonicum Forst. Prodr. n. 378. — Ins. Societ. (Forst). PLANTA INCERTJIi SEVIS. 363. Meryta hmceolaia Forst. Char, gen, 60. Prodr. n. 55à. — Ins. Societ. ( Forst. ) Caulis arboreus, habitu negleclo. ^awi lereles , fragiles, cicatricibus ex casu foliorum no- tati. FoUa conferla, petiolala, oblongo-lanceolata , patentia, obversa seu disco inferiore coarc- taliore, integerrima, glabra , margine subcartilagiiiea , unduiata, pedalia et ultra, pallide vi- ridia; rachicrassa, lata. Petioli teretes, approximati, glabri, pateiUi-horizontales, apice ex marginibus folii decurrentibus duris ancipites, bipoUicares. Pedimculus terminalis, crassus, teres , palmaris, apice etlatere llorum capitula gerens. Capitula conica , irregularia , aggregata, composita flosculis uunierosis, minulis, arctiisinie cohœrentibus. Flores tnasculi aggregati , demersique in capitulis, (7a/. Periantbium 3 s. 4-partitum , laciniis ovatis, acutis, parvis , al- bidis. Cor. nulla. Stam. Filaraenta 3 rarius 4, longitudine calycis. Antberae oblongse, 4-sulcse. Flores fœniineos non reperi. (Forst, uiss.) 363. Xylosma suaueolens Forst. Prodr. n. 38o. Myroxylon suaveolens Ejusd. Char. gen. 63. n. x. — Ins. Societ (Forsl.) Truncus sxhovexii j ligno duro, suaveolente, rubente. /fi^m lignosi, subdichotomi, habitu Oeglecto, cortice scabro ferrugineo. Folia alterna, petiolata , ovata, acuta, subserrata , serra- turis callo terminatis , glabra , patenlia, bipoUicaria. Petioli alterni , teretes, supra unisulci patentes , lœves, rubi:'undi, semipollicares. Co/j/n/^w^ axillaris, parvus , semipoUicaris. Pe- dicelli Iceves, i;4 poil, longi, bractea I i. Srac/eœ squamaceae, solitariae, ad basin exferiorem pedicellorum. Flores masc. Calyx. Perianthium monophyllum, 5-fidum, laciniis brevibus, patentibus, acutis, villosis. Corolla nulla. Stam. Filamenta plurima (5o-6o) calyce dupk» longiora, ex ejus fundo orta. Aniherse parvœ, subrotundae. Flores foemin. in diversâ ar- bore. Calyx. Perianthium 5-partitum, laciniis ovatis, acutis, sericeis. Corolla nulla. Pist. Ger- men ovalum. Stylus cylindricus, brevissimus, seu vix uUus. Stigma obtuse 3-fidum. Peric. An drupa .3 Incolae hoc ligno oleum Cocos nuciferœ odore fragranteinficiunt, eoque rapillos ir.angunt. (Forst. mss.) A. DE SAiJVT-HiLAiRE. — Sur Ics Résédacées. 871 DfinxiÈadE MÉMOIRE sur les Résédacées y corrigé et augmenté par M. AuGTJSTE DE Saint-Hilaire. Paris , J. B. Baillière. Ce Mémoire avait été imprimé parmi ceux de l'Académie des Sciences, lorsque M. Auguste de Saint-IIilaire était malade à Montpellier. Mais des fautes de copiste ont malheureusement rendu les idées de l'auteur souvent inintelligibles. Il a donc fait réimprimer son mémoire sous ses yeux , avec toutes les correc- tions nécessaires et des additions nombreuses. Il croit devoir déclarer qu'il n'avoue que cette seconde édition , et c'est elle que nous annonçons ici. Nous nous bornerons à en donner un sommaire très abrégé, et nous commencerons par rappeler en peu de mots le premier mémoire que M. Auguste de Saint-Hilaire a publié sur la même matière, passant sous silence les sujets accessoires traités par l'auteur. La structure des plantes de la famille des Résédacées avait été mal comprise : M. Auguste de Saint-Hilaire commence son premier mémoire par une description générale de l'ensemble de leurs fleurs. Les auteurs sont peu d'accord sur la nature de la corolle. M. Auguste de Saint-Hilaire ne partage l'opinion d'aucun d'eux. H observe la nervation des pétales, suit leur développement dans le bourgeon, les compare chez différentes espèces, et ar rive à conclure que : chaque pétale , excepté ceux des R. alba et propinquay se compose de deux pétales opposés et soudés, ou, pour mieux dire, que la corolle de la plupart des Résédacées est formée de deux verticilles opposés l'un à L'autre. M. Auguste de Saint-Hilaire passe ensuite aux verticilles qui entourent immédiatement le pistil. On a dit qu'il existait au centre de la fleur des Résédacées un support surmonté d'un disque latéral, et de plus des étamines et de l'ovaire; mais cette description n'est point exacte. Dans la plupart des espèces , le support est creusé à son sommet, et forme une sorte de godet dont la partie supérieure embrasse la base du 24. ô'j7. A. DE SAINT-1I1LA.1RE. — Sur les Résédacées. pistil. Par la comparaison et la dissection , l'auteur est conduit à conclure que le godet est formé de deux verticilles soudés l'un sur Vautre ; que le veriicille extérieur se compose décailles nec- tariennes soudées entre elles y égales en nombre à celui des péta- les ^ alternes avec eux ., et que le veriicille intérieur est formé de la base soudée des étamines réellement monadelphes. Quelquefois le limbe de toutes les écailles nectariennes se dé- veloppe; plus souvent un «eut se développe, et les autres avor- tent. Dans tous les cas, l'alternance se conserve. Le Reseda luteola L. fait cependant en aj)parence une exception à cette sègle; car le lin>be de la seule écaille entièrement développée, y est opposé à Tuu îles pétales. M. A. de Saint-Hilaire montre que ce pétale, en apparence simple, se compose de deux péta- les soudés latéralement, et que par conséquent, encore ici^ il y a alternance. Cette observation le mène à conclure que , dans la fleur- type du Réséda ^ les additions ont lieu à la partie infé- rieure , et les suppressions à la partie supérieure. Arrivant au verticille staminal^ l'auteur le considère d'abord isolément et ensuite dans ses rapports avec les pétales. Il fait voir que les mouvemens qui s'opèrent dans les étamines du Ré- séda ne sont point le résultat des lois générales de la physique, mais celui d'une force vitale qui échappe à nos moyens d'ob- servation; il indique quelques phénomènes analogues dans d'autres végétaux, entre autres dans le Dapilla rugosa. Il mon- tre par l'examen du Reseda alba, que le nombre lo est le type du verticille staminal des Résédacées, et que ce nombre qui offre tour-à-tour alternance et opposition, est déguisé, dans les diverses espèces , par des multiplications ou dédoublemens. Il cite un exemple fort remarquable de ces balancemens d'organes dont un illustre zoologiste a fait une loi pour le règne animal. Là finit le premier mémoire de M. A. de Saint-Hilaire. Nous al- lons passer au sommaire abrégé du second. Dans le premier, il avait passé en revue les parties de l'an- drocée ; dans le deuxième , il traite du gynécée. Après avoir exposé les caractères généraux de l'ovaire du Réséda, il se livre à des considérations générales sur la Uciture de l'ovaire. A. DE SAINT-HILAIRE. SllT IcS RésédclcéeS. ?>'jZ Avec Brown et Mirbel i! regarde l'ovaire imiloculaire, irrégu- lier, à style latéral, à ovules attachés sur deux rangs le long d'une suture longitudinale, comme le type de tous les fruits. Pour lui comme pour De Candolle, Dunal, Turpin, Rœper, cet ovaire- type est une feuille modifiée tiont les bords , tous deux séminl- fères, se seraient rapprochés; et le fruit multiloculaire serait composé d'autant déloges qu'il y aurait de ces feuilles ovarien- nes ou carpelles soudées par leurs bords autour d'un axe ra- tionnel. Que la feuille ovarienne se déploie, en conservant une lé- gère courbure, on aura une valve dont les bords étalés présente- ront chacun une série de semences, et si l'on rapproche trois de ces valves, par exemple, autour d'un axe rationnel, on verra se former un fruit uniloculaire à trois lobes et à trois placentas dont chacun sera formé de semences appartenant à-la-fois aux bords de deux feuilles différentes. Ainsi, le friiii uniloculaire ^t- lobé diffère du fruit à trois loges, uniquement parce que les trois feuilles oi^ariennes sont , dans le premier ^ moins courbées que dans le second. Si, dans le Viola, le Datisca^ etc. , la déhiscence ne se fait point par le uulieu des placentas, c'est-à-dire entre les bords de deux feuilles ovariennes contigués, c'est que ces bords con- tractent l'un avec l'autre plus d'adhérence que n'en ont les deux moitiés d'une même feuille. Le placenta occupe dans les Viola, par exemple, le milieu de la valve, mais cette valve se com- pose de deux moitiés de feuilles ovarienn(;s. De tout ceci, dit l'auteur, il résulte que le placenta axile d'un ovaire pluriloculaire digère du placenta pariétal d'un oi>aire uniloculaire plurii^alve, en. ce que le premier est constamment formé par les deux bords d'une même feuille ovarienne , et le second, sauj les exceptions probablement fort rares y par deux bords appartenant à deux feuil- les différentes. Un placenta axile , dans un ovaire pi uriloculaire , se compose de la moitié des ovules de chacun des deux bords de la feuille ovarienne; le placenta pariétal cVun ovaire unilocu- laire plurivalue est formé de tous les ovules des deux bords conti- nus de deux différentes feuilles oi>ariennes. L'auteur^ après avoir établi ces principes, passe à rexamen 374 A. DE SATNT-1T1LA.IRE- — Sur les Résédacées. de la question suivante : de même que les bords des feuilles peu- vent être séminifères, leur milieu ne pourrait-il pas l'être égale- ment? Dans la fleur complète, le calice, la corolle , les étamines, les nectaires et les feuilles ovariennes représentent le système appendiculaire, et lesystèmeaxile est représenté par le réceptacle et par les nervules qui donnent naissance îiux placentaires et aux cordons ombilicaux. Quand l'ovaire est pluriloculaire, à placentas placés dans l'angle des loges , le système axile y est droit. Chez les plantes à placentas pariétaux ^ les cordelettes séminifères, continuation de l'axe, comme celle du placenta axile, ne font que s'écarter pour aller passer dans les bords non ren- trans des feuilles ovariennes. Si les nervules ne sont, dans toutes les positions, qu* une continuation du système axile plus ou moins déifié /\\ est évident qu'il est , anatomiquement parlant , assez égal pour qu'ils se combinent avec les bords ou le milieu des feuilles ovariennes. Aucun auteur n'a signalé d'exemples de ce dernier cas ; ce- pendant il en existe. M. A de Saint-Hilaire décrit comme il suit l'ovaire d'un nou- veau genre de Caricée qu'il appelle vasconcellea. . . . . Ovarium S-gonumy b'ioculare, polyspermum; ovula in quovis loculo parietaUuy biserialia; angulo internovacuo. Mais ce n'est pas seulement une plante peu connue qui pré- sente ce singulier caractère. L'auteur le retrouve dans une foule de Mesembryanthemum ^ et il en cite même un qui présente à-la- fois des placentas axiles et des placentas pariétaux. Ayant établi l'existence réelle de ce caractère, il examine si on le trouve chez les Résédacées. Cette recherche le conduit à étudier, avec le plus grand détail, l'ovaire de plusieurs espèces, et, s'il ne se prononce qu'avec une extrême réserve, sur la posi- tion médiane des placentas dans la plupart d'entre elles, il éta- blit avec la dernière évidence V existence de cette position insolite chez le Réséda sesamo'ides qui a son ovule unique placé non sur le bord de son carpelle , mais bien sur le milieu. Il compare ce carpelle avec ceux des autres Résédcaées, et en- suite il examine les anomalies que présentent, dans leur fruits A. DE SAmT-HiLAiRE. — Sur Ics Réséducées. Syo diverses plantes de la même famille, savoir le Reseda lùteola, l'O- chradenus et le Reseda canescens. Trouvant, dans les carpelles de ce dernier, des caractères extrêmement remarquables, il dit que, si l'on admet le genre Astrocarpus pour le R. sesamoides de Linné, il faudrait aussi faire du R. canescens un genre qu'il décrit de la manière suivante : caylvst jL.Cal/x.B-partiius. Petala 5du- pla. Nectarium S-lobujn.Staminasiibnumerosa. CarpellaÇ>, sti- piti longo gracilique insidentia , basi coalita, margine interiori aperta, vacua. Ovula receptaculo centrait inserta subhœmisphe- rico, carpellis Interposito. Ayant fait connaître dans son premier mémoire l'androcée et dans le second le gynécée des Résédas^, il en compare les diffé- rens verticilles avec ceux de la fleur-type, et il forme le tableau suivant. FLEUR-TYPE, FtEUR DE RESEDA. 1^ Calice 1° Calice. 2* Pétales alternes avec le calice . 2° Pétales alternes avec le calice. 3" Etamines opposées aux pétales . 3** 2^ Rang de pétales opposé au premier. 4° Etamines alternes avec les pétales 4° Verticille d'écaillés nectariennes al- ternes avec le double rang de pétales. 5° Nectaires 5° Verticille staminal. 6° Gynécée G" Gynécée. On voit par ce t.ibleau, dit l'auteur, que le calice, la corolle pro- prement dite et le gynécée occupent la même place dans la fleur du Réséda et la fleur-type; mais le second rang de pétales du Ré- séda répond aux etamines opposées de la fleur-type, les écail- les nectariennes aux etamines alternes et enfin le verticille staminal s'est placé dans le Réséda, là où l'on voit un nectaire dans la fleur-type; par conséquent, ajoute M. A. deSaint-Hilaire, j'ai avancé avec raison que l'extrême mobilité de l'organisation végétale permettait à diverses parties de la fleur de changer de place entre elles. M. A. de Saint-Hilaire prévient les objections que l'on pour- rait faire contre la comparaison qui vient d'être détaillée, et il détruit ces objections, tant par le raisonnement que par des observations empruntées à MM. Dunal , Lindley, Rœper, et par les siennes propres. Il examine ce qu'on doit entendre par 37^ A. DE SAiNT-HiLAiRE. — Sur Ics Résédacécs. dédoublement ;'\\ montre ce que c'est que Varille\ et, combinant les idées de MM. Brown, Richard père et Pelletier d'Orléans, il définit ce dernier organe, une expansion du cordon ombilical inférieure au hile , qui se développe postérieurement à la fécon- dation et demeure ouverte à son sommet. Les faits que M. Auguste de Saint-Hilaireà empruntés à M. Dunal et Roeper, pour justifier le tableau comparatif qu'il a éta- bli, le conduisent naturellement à quelques réflexions sur la raa-^ nière dont ces auteurs ont considéré la fleur. Appliquant aux or- ganes floraux les distinctions Qn gynécée ti en androcée extérieur et intérieur^ il établit que, dans la fleur du Réséda, l'androcée extérieur est entièrement stérile, tandis qu'il est fertile dans la fleur-type; et que l'androcée intérieur, entièrement stérde chez cette dernière, est tout entier fertile chez les Réséda. Il prouve la vérité de quelques principes établis par M. Dunal relativement à la distinction et à la composition des deux androcées; il fait voir que l'intérieur, lorsqu'il est complet et régulier, est formé comme l'extérieur, de deux verticilles dont les parties sont éga- les en nombre à celles du calice, que les deux androcées se cor- respondent exactement, et que les écailles nectariennesdes Ré- sédas appartiennent à l'androcée extérieur. M. x\uguste de Saint- Hilaire montre que la position extrorse des étamines n'est point un des caractères généraux de l'androcée extérieur fer- tile, et il explique par quel mécanisme les étamines des Passi- flores, introrses dans] le bouton , deviennent extrorses dans la fleur développée. Enfin il recherche quel est dans la fleur des Résédas leur côté normal , et il reconnaît que, contrairement à la loi générale, il se trouve au côté intérieur. A. UE SAiNT-HiLAiRE. — Sur la végétcition des Scirpus. 377 Observations sur la végétation des Scirpus en général, et en particulier des Scirpus palustris {Eleocharis palustris Br.) et multicaulis [El. multicaulis Dietr.). Par M. Auguste de Saint-Hilaire. Dans l'important ouvrage que M. Runth a récemment pu- blié, sous le titre de Cyperographia , il dit (p. 149), que Smith et moi [Brit. j, 48, Bull, de la Soc. d' Orléans , '6" année., n. 28, c. tab.) , nous avons indiqué le Scirpus multicaulis ( Eleocharis multicaulis Dietr,) comme ayant une racine fibreuse, et que je lui ai envoyé des échantillons où la racine est certainement rampante. Cette apparente contradiction sera bientôt expliquée par un passage écrit depuis long-temps, et tiré d'un traité général de morphologie végétale , ouvrage que j'ai commencé il y a plu- sieurs années, interrompu , repris, et qui aura pour épigraphe, si je le publie jamais , cette phrase empruntée à l'un des plus illustres botanistes modernes , l'auteur des Elementa philoso- phiœ botanicœ : Quamquam multas observaveritn plantas et se- dulo quidem, tamen non conjîdo me semper veritatern invenisse, et cautus sum in sententiâ meâproferendâ. Voici de quelle manière je m'exprime relativement aux Scirpus. a On a dit que le Scirpus palustris avait une racine rampante « d'où naissent des tiges en touffe. Lorsqu'on arrache la plante « dans le moment de la floraison , on trouve, au milieu de la « touffe, un bourgeon assez épais, revêtu d'écaillés et con- cc tinu avec la prétendue racine. Ce bourgeon commence à se « développer à l'époque même de la floraison , et il prolonge « la racine, en suivant la même direction qu'elle. De distance « en distance, il est articulé, et à chaque articulation ou nœud, « il émet une écaille ovale et engainante , comme le sont toutes « les feuilles des Cypéracées. On voit que nous avons ici des or- « ganes foliacés ; donc la partie prise pour une racine est une « véritable tige. Les racines véritables sont des fibres qui nais- 378 HAMPE £T SCHLECHTENDA.L — Sur les Equisetum , etc. « sent des articalalions , et les prétendues tiges sont des pé- « doncules axiilaires. Chaque année , un nouveau bourgeon « terminal se développe , et la prétendue racine se trouve com- « posée d'une suite de tiges de plusieurs années , successive - « ment allongées par le développement d'un bourgeon ter- ce minai. a Ici je ne puis m'empécher de faire observer combien a été « négligée jusqu'à ces derniers temps la botanique comparée. « On a dit , d'une partie des espèces vivaces du genre Scirpus , « qu'elles avaient des racines rampantes 5 et des autres qu'elles a avaient des racines fibreuses comme ^ par exemple, \e Scirpus « multicaulis. La seule différence qu'il y ait entre ces plantes « consiste en ce que , dans la première , une touffe de pédon- « cules fleuris est précédée d'un grand nombre d'articulations « fort écartées , ce qui a dû nécessairement produire de très « longues souches , tandis que chez le Scirpus multicaulis^ les « noeuds sont très rapprochés , la tige par conséquent fort « courte , et les pédoncules florifères , ainsi que les fibres radi- « cales , en espèce de faisceaux. » D'après ceci^, il est bien évident que ces plantes ont, dans la réalité , une végétation absolument semblable, et si nous sup- posons qu'un terrain meilleur ou quelque autre circonstance rendejun *peu plus vigoureuse la tige du Scirpus multicaulis , ses entrenœuds prendront plus de longueur et l'on pourra dire que la^plante a une racine qui rampe. Notices sur les Equisetum umbrosum et pratense, par Hampe, {Flora i836, p. a68), et par SGm.Eciii:\.^vtM.[Ibid. p. 274.) M. Hampe expose succinctement l'opinion qu'Ehrhardt émit quand il fonda son Equisetum pratense. Au moment où il cueillit la plante, elle était déjà dans un état assez avancé, trois ra- meaux de feuilles s'étant développés aux individus portant des fleurs. Oi'dinairemenl ks fleurs tombent avant le développe- HAMPE ET sciiLECHTENDAL. — Sur les Equïsetum, etc. 379 meut des feuilles. M. Hampe conclut des recherches qu'il a laites que les deux plantes citées ne forment qu'une seule et même espèce. M. Schlechten(lal,qui les avait admises toutes les deux dans la Flore de Berlin, reconnaît, après un plus mûr examen, que son E. pratense n'est qu'une des nombreuses formes do VE. palustre , voisine de celle que Schranck a appelée E. nodosum. VE. pratense de Sprengel, d'après un échantillon authentique, est \'E. elongatiim Willd. qui se retrouve encore dans d'autres parties de l'Allemagne, quoiqu'il ait généralement été méconnu. Après avoir examiné avec soin tous les ouvrages qui traitent de VE. pratense ou umbrosum, l'auteur reconnaît que VE. pratense Ehr. , datant de 1788 , a été souvent confondu avec d'autres es- pèces , et que son nom a disparu de la plupart des ouvrages pour se voir remplacé par celui (X E. umbrosum Willd. établi seulement en i8!0, quoique les deux plantes soient absolument identiques. Les recherches très savantes de M. Schlechtendal lui ont fait voir que VE. arvense ^ Fl. dan. t. \l\(^i appartient, comme XE. Drummondii Hook. Brit. flor. , à XE. pratense. Cette plante ne vient en général que dans le nord de l'Europe. Elle a été re- trouvée sur le versant septentrional des Alpes et dans les Py- rénées. Outre XE. pratense , il existe encore dans la Flore de l'Alle- magne quelques autres espèces qui méritent un examen plus attentif: telles sont XE. elongatum W. , XE. variegatum Schlei- cher du sud-ouest de l'Allemagne, XE. campestre SchnXtz. Mais les espèces les plus répandues sont loin d'être mises au clair, et quelques-unes d'entre elles exigent encore de nouvelles re- cherches. 38o c. GAY. — bar la végétation de Coquinibo. Extrait dune lettre de M. C. Gay, datée de Valparaiso le \ "^jan- vier ïSSy, contenant quelques détails sur la végétation de Coquimbo au Chdi. La végétation de Coquimbo est extrêmement rabougrie. Ou n'y voit ni arbres ni arbustes élevés ; il faut aller dans le fond des vallées et sur les bords des rivières pour en rencontrer quelques-uns, et encore sont-ils d'une hauteur très médiocre. Ces arbres sont : le Litrea venenqsa {^Rhus caustica Hook. et Arn.), le May tenus Boaria , le Salix chilensis , et une espèce de Carica ou un genre nouveau que l'on trouve assez loin des lieux aquatiques. Le Porliera hygrometrica e^t dissez commun dans les montagnes, ainsi que diverses espèces de Colletia el même une espèce de Larrea , genre que je n'avais pas encore rencontré dans le Chili. Mais, par contre, X acacia Cavenia y est assez rare et le devient de plus en plus, de même que le Dry- mis chilensis qui semble vouloir disparaître. Le Quillaia Sa^ ponaria y le Kageneckia ovatd y XAristotelia Maqul ., le Peu-r mus fragrans et le Laurus Lingue ne s'y trouvent déjà plus; ils n'ont pu franchir le Serro de los hornos et se sont arrêtés les trois premiers par Si" l\i' latitude sud, et les deux autres par 3i° 53'; ce sont là leurs limites nord. Je n'ai pu déter- miner leurs limites sud ; mais je crois que \ Aristotelia, s'a- vance jusque près le détroit de Magellan; du moins par 43° il est encore très commun. Le Laurus Lingue se trouve encore par 40°, mais il est aussi extrêmement rare; je crois qu'il ne dépasse pas cette latitude. Quant aux autres^ on ne les trouve déjà plus à Valdivia qui peut être regardée comme la région des Protéacées américaines. Mais si les arbres sont rares aux environs de Coquimbo, les plantes herbacées, au contraire, y sont très communes. Au printemps, on voit les prairies naturelles couvertes d'une infi- nité de fleurs d'une beauté remarquable. Ce sont principale- ment des Liliacées, des Sida et autres Malvacées, des Loasa e^- trêmement élégantes, des iSé-^/^/t^/wm, des Calceolaria et surtout G. MUNBY. — Sur le Menziesia cœrulea. 38i des Talinum e(. Calandrinia dont les espèces sont abondantes et très variées. Mais la famille qui paraît la plus nombreuse et qui semble même l'emporter sur les Composées, c'est celle des Solanées. Cette famille, en effet, fournit une infinité d'espèces excessivement nombreuses en individus et qui appartiennent aux genres Nierembergla y Fabiana , Solanuin, Phjsalis, Ly- ciwn, Cestrum, etc. , et notamment des Nolana^ genres dont mes herbiers se sont enrichis de plus de dix espèces bien distinctes. On trouve encore à Coquimbo un représentant de la famille des Malpighiacées, et beaucoup de Légumineuses, parmi les- quelles je vous citerai plus de i 5 espèces (\^Adesmia genre qui envahit tout le pays, du bord de la mer jusqu'au sommet des plus hautes Cordillères. C'est le genre qui s'élève le plus haut avec quelques Oxalis , Hexaptera ^ Mulinumet Nassauvia. Ce dernier genre est beaucoup moins commun ici que dans la par- tie centrale de la République du Chili. On pourrait presque en dire autant des autres Perdiciées (Nassauviées). Quoique tou- jours assez communes, elles ne le sont pas autant que sur les cordilières des environs de Santiago et de San-Fernando. Ce- pendant mes herbiers comme vous le verrez bientôt, en ren- ferment quelques-unes assez intéressantes. ^xî'B.kiT d'une lettre de M. G. Munby, relatwe au Menziesia cœrulea , plante nouvelle pour la Flore française. Je crois avoir ajouté ces jours-ci une plante nouvelle, non- seulement pour la Flore des Pyrénées, mais aussi pour celle de France. Je vous en envoie ci-joint un échantillon, et, si je ne me trompe, ce?>\.[Q Menziesia cœrulea ouErica cœruleal^. (i) Je l'ai trouvé au sommet de la vallée de Medassoles près Ba- gnères-de-Luchon, à côté du Carex capillaris L., qui est une autre plante non indiquée dans ce pays. Dans le printemps, j'ai trouvé une autre plante nouvelle pour les Pyrénées, le Carex s tri go sa Hudson. (i) Nous' avons en effet comparé la plante des Pyrénées avec le Menziesia camlea de Lapo- nieetdu Kamtchatka et nous n'avons trouvé entre ces plantes aucune différence, {Note des rédacteurs. ) 382 Publications nouvelles. Synopsis Generis cassis. Juctore Th. Vogel D. Ph. (in-8. 80 p. Berolini 1837-, apud G. Logier). L'auteur de cet ouvrage ayant eu à sa disposition un grand nombre d'espèces brésiliennes du genre Cassia,2L été conduit à étudier intégralement ce beau genre qui depuis la publica- tion du Prodromus de M. De Candolle, a reçu un accroissement considérable. Il se propose de publier prochainement les des. criptions détaillées des nouvelles espèces, mais en attendant , il présente dans ce Synopsis les phrases caractéristiques essen- tielles et la synonymie de toutes les espèces connues. Leur nombre s'élève à 253 bien déterminées, sans compter 24 es- pèces peu connues. Il n'a pas admis les genres Cathartocarpus et Chamœcrista , formés par M. E. Meyer aux dépens du Cas- sia^ mais il a partagé ce genre en 7 sections dont 3 sont en- tièrement nouvelles. Le livre de M. Vogel nous a paru bien ré- digé. Ses phrases caractériques sont comparatives et précises, et sa synonymie clairement établie. En un mot , ce Synopsis pourra être fort utile aux botanistes pour l'étude et laclassifica- tion des nombreuses espèces de Cassia qui chaque jour sont apportées des contrées tropicales par les voyageurs. Herbier de Mauritanie, par N. Bov^. Après un séjour de trois années à Alger, M. Bové, déjà connu par ses voyages en Egypte, en Syrie et en Arabie, vient d'arriver à Paris pour y passer quelques mois et retourner en- suite explorer les contrées septentrionales d'Afrique. Il a rap- porté plusieurs collections de plantes récollées aux environs d'Alger, et qui ont été nommées d'après Therbier de M. Des- fontaines et les autres herbiers du Muséum. Ces plantes for- ment environ quatre cents espèces, et sont offertes aux bota* nistes au prix de 25 fr. la centurie. S'adresser à M. Bové, rue Copeau, n° 4. TABLE DES ARTICLES CONTENUS DANS CE VOLUME. OKGANOGUAPHIE, ANATOMIE ET PHYSIOLOGIE VEGETALES. Notice historique sur ce que Von a écrit en France de 1806 à 1816, sur les mots Conducteurs et cordons pistillaires,\iaï: M. Aug. de St-^ Hilaire ^4 Essai sur la disposition des feuilles curvisériées, {lar MM. L. et A. Bra- vais 42 Mémoire sur l'accroissement en grosseur des exogènes, par M. Girou de Buzareingues 129 Essai sur la disposition symétrique des inflorescences, par M. L. et A. Bravais igS et 291 Mémoire de M. Schultz de Berlin sur les vaisseaux du latex (Extr. par M. Aug. de St. -Hilaire). . . • . . . . c 267 Observations sur la végétation des Scirpus j par M. A. de St-HilairiÇ. . 877 MONOGRAPHIES ET DESCRIPTIONS DE PLANTES. Note sur le genre Stephanoiis de la famille des Asclépiadées, par M. Ad. Brongniart 28 Description du nouveau genre Archimedea, par feu le P. Leandro do Sacramento, prof, de botanique à Rio de Janeiro, précédée d'une No- tice sur ce botaniste, par M. Aug. de St.-Hilaire 3i Note sur le genre Polycnemum et sur une nouvelle tribu de la famille des Paronychiées, par M. A. Moquin-Tandon 33 Précis des observations sur la famille des Hypoxylons, par M"' Anne Li- bert. . » •..•.. 121 Matériaux pour servir à l'Etude des Algues, par J. N. de Suhr 17 1 Observations d'Esprit Fabre sur la structure et le développement des or- ganes générateurs d'une espèce de Marsilea trouvée dans les environs d'Agde par M. F. Dunal 22» ^ QÛce smvXq Pimpinella nigraVl'ûà. , par L. Rabenhorst 277 Deuxième Mémoire sur les Résédacées , par M. A. de St.- Hilaire (Extrait). 87 1 Notices sur les Equisetam umbrosuin etpratense, par Hampe et Sclilech- tendal 3/8 FLORES ET GEOGRAPHIE BOTANIQUE. Zephiritls Taitensis. Enumération des plantes découvertes par les voya- geurs dans les Iles de la Société principalement dans celle de Taïti ; par J, B. Guillemin ( suite et fin) . 177, 2^1 cf 349 384 TABLE DES ARTICLES. Flora germanica exsiccata, curante Lud. Reichenbach . 287 Note sur deux rectificalions à faire dans la notice sur les cryptogames à ajouter à la Flore française , par M. Montagne. 288 Amansia J ungermannioides j Algue nouvelle décrite par MM. de Mar- tens et Hering 282 Observations sur quelques espèces de Saccharum, par M. Tauscli. . . 283 Plantes nouvelles du Jardin de Montpellier, par M. Delile 285 Note yur le Folygonum Owenii, par C. F. Meisner 288 EXTRAITS d'ouvrages GENERAUX ET MÉI^ANGES. Notice historique sur Ant. Laur. de Jussieu, par M. Ad. Brongniart. 5 Note explicative d'un passage de la notice historique sur Ant. Laur. de Jussieu 128 Histoire de l'Indigo, depuis l'origine des temps historiques jusqu'à l'année i883, par M. Aug. de St.-Hilaire • no Gênera plantarum Flores Germanicœ iconibus et descriptionibus il- /as^rato, «Mc<. Th. Fr. Lud. Nées db Esenbeck 120 Cyperographia synoptlca, A.nci, Qi.Si.KxxuXh, 277 Sur la présence accidentelle du cuivre dans diverses espèces de Trèfles, par Wiegraann 288 Lettre sur la végétation deCoquirabo, par M. Gay. ........ 38o Synopsis generis Cassiœ, Auct. Vogel 382 Communications sur Java faites à MM. Wirtgen et Nées d'Esenbeck, par M. Junghuhn 167 Note sur la Liane des voyageurs, par M. A. Poitcau 283 Notice sur les Phyteuma scorzonerœfolium et betoniccefollum. . . . 255 Réclamation de M. Turpin, au sujet d'une publication de M. Panckouke. 266 Herbier de Mauritanie , par M. N. Bové • 382 TABLE DES PLANCHES RELATIVES AUX MEMOIRES CONTENUS DANS CE VOLUME. PL I. Portrait d'ATi:^9ine-Laur. de Jussieu en 1789. PI. 2,3. Insertions fèiatives des feuilles. PI. 4, ô, 6. Accroissement des exogènes. Pi. 7, 8, 9, 10, II. Disposition des inflorescences. PI. 12, i3. Marsilea Fabri et détails de ses organes reproducteurs. FIN DE LA TABLE DU SEPTIÈME YOLUME. -.:/7i/v. déé Sa£n£e(S naàws/^, Z^Seris^. ^^.^Tom^/J'U \X\AXx>V\AJi/ XcUAA4l\AÀy Od^ «Jll>iM«/l v(1/8Q) ^^2f^^^ LiiK de Thiern- Prères . Bot. Ton,.. 7,1'/ 1 Fi(f.2. X --A-^ iU2-\ >'^ % ~i-7' ^ Y.^ fi <^6'T^^^ I Af/'n ■ i/o.f SràvH- nui ■ 2!' ^fci Bol7'om. 7 Pr. fur. 7. iy.8. >4-0- -X^'- -/&- J^i^ .27 \ -is-- *->-*'■" M-'^--'' --ip ^0—-i- I^. '27 / ^ /'- . '12 / 'J3 -'7- t Eç.JO. k .n' Fic/.U. -->^-g^^^ hKcerfioru' rv/almM c/cr^ /oufV/û^- . A\flr '■<-'. -^m ^^ a i ^' l^,V'\ \f>'% Jiot ..Tom j,Fl.lf.. a 1/ b CL c O' c b a h u, »>.,^ \ I. « * H! , \ ^^^ Fi^.2. •m . accroissement c/es Kxoçénes ■ / a5" A/m .,/,v Sci\-m-/nit.,2'^ Se/if /}■<;. 3. /io/.:/hni.7.FL 'yki-M'izi-j'f'' Juçf.â. b l> c ,/ <• 4' <- ./ AciTûissi'/ne/i/ i/i\f /Juvj/c/w, ->A m^^ Jnn.,/fj- J',w,c-./,a/..l'''J',r,<' . /lof. Tom - Pl./>. .■ /' a c & c ri (f # * ♦ # # ^ "S % r,oj//fûr7 (/r.i- m/^/orcva'r/re^r . \i y Jtuv. des Scteru: ■ nat-., 2f Série . £ot.Torrv.yTL,9. ^ Il ^^■ Fi^.zS M^.zS"- ^^:=-^ J^.,i. F^.i^ bis J?ùpojrf/ûn (/<\f m/7ûrt\fci yv J/i/i . t/ej Scienr . mrf.. 2f Je/ve.. :Bot..rom.^.Pl.p- ûù/iw^-àu'n des i/i/h resc^rwe \J^:'^:-/ ^nn ■ decT Scùne ■ nat-.^^Se'He- £ot..Torfi.y,Fl.zo. 5 Fi^.26 '^■^7- \d Fl^.2^- Fi^.32. o3' o_ o -^ . o-« »* i ô-o* i ,° ?f D(spositio/> i/<\r mffonvivn^i'o "■^??/""'x^.. Arm ■ des Sctenc . Tiat ., 2f Se, Bot.,Tom.7.I'l. DisDOsit^'o/i (7eif m/lorcd-re^icûs. f .'///// . :,/.7.,m. -./'/. Jlff//,t//^a /v///7 f^^ Jn,i. /( . SfiÉÉi^É^âig